‹ Monument à la gloire de MarieChapitre 29 sur 69 · VIRGO POTENS, ORA PRO NOBIS · texte numérisé non relu

VIRGO POTENS, ORA PRO NOBIS

Si Jésus-Christ, comme Dieu, possédait par nature la toute-puissance; si, comme homme, il la tenait de son miion personnelle avec la divinité, dès l'instant de l'incarnation , la manifestation éclatante qui en fut faite au monde après sa résurrection , devint le prix de ses souffrances et de sa mort : c'est ce qu'il indiquait à ses disciples, lorsqu'il leur disait : «Tout « pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre K » Ce pouvoir souverain, le divin Fils de Marie l'a communiqué à son auguste Mère avec une merveilleuse abondance. La coopération de Marie aux mystères de l'Homme-Dieu, et sa participation intime à ses douleurs et à son sacrifice sur le Calvaire , ne devaientelles pas, en effet, lui mériter le privilège d'être associée au domaine de Jésus sur toute créature? Ne fallait-il pas , d'ailleurs , que celle qui dans ce monde avait si longtemps exercé à son égard les droits de mère, et en avait si admirablement rempli les pieux devoirs, conservât, dans le ciel, linlluence que doit

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naturellement avoir la plus parfaite des nnères sur le cœur du plus tendre des fils , en sorte que , « pour « elle, être entendue de lui, ce fût toujours être exau- « cée*?» Ne convenait-il pas, enfin, que cette puissance incomparable d'intercession portât, dans une telle mère , des caractères éclatants de grandeur et d'universalité, dignes de celui qu'elle a mis au monde?

Aussi, les faits les plus frappants ré\è!ent-ils, dans l'univers catholique , ce pouvoir de la très-sainte Vierge. S'agit-il des plus grands intérêts des rois et des peuples? Glorieux souvenir de Lépante, vous attestez à toutes les générations l'admirable victoire qui prit son vol du pied du trône de Marie , pour aller s'abattre terrible, écrasante, sur la flotte formidable des infidèles, sauver la chrétienté, et avec elle la civilisation de l'Europe entière ! Et toi , héros magnanime, qui, dans le noble élan de ta foi, t'écriais à la tête de tes braves : «Marchons, nous avons pour guide « la Mère de Dieu , » ne nous dis-tu pas assez haut, par là même, illustre Sobieski, à qui tu fus redevable de ton triomphe sur cette ceinture compacte d'ennemis qui serrait de si près les murs de Vienne ?

Mais vous aussi, ennemis ardents de la vérité catholique, n'êtes-vous pas réduits à servir comme d'autant de trophées à la gloire de la Vierge puissante?... L'Eglise la félicite solennellement « d'avoir terrassé « toutes les hérésies dans le monde entier - ; » et il a plu à Dieu, surtout au xn" siècle, de donner l'éclat le plus merveilleux à la puissance de Marie contre 1 erreur. Une hérésie redoutable sétendait alors dans

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tout le midi de la France, renversait les autels et les temples, égorgeait les ministres du Seigneur, mettait tout à feu et à sang, A cette secte impie, dévastatrice, vient s'opposer l'humble saint Dominique. De quoi donc s'armera-t-il ce nouveau David? Sera-ce au moins de la fronde du berger?... Non, c'est un rosaire à la main qu'il arrête, qu'il dompte, qu'il gagne les ennemis les plus aveugles et les plus acharnés de l'Église.

Et qui pourrait énumérer les traits signalés de la puissance de Marie en faveur de tous ceux qui ont pieusement imploré sa protection ! Ah ! que de tristesses elle a consolées ! que de morts funestes elle a prévenues ! que de tentations violentes elle a fait vaincre ! que de grâces de toute espèce elle a obtenues à ceux qui ont réclamé son secours sur la terre et sur l'Océan ! Ils le proclament avec une voix imposante, irrésistible, ces monuments élevés à sa gloire, ces monuments si célèbres par les souvenirs miraculeux que la foi el la reconnaissance y ont consacrés.

Que de faits , d'ailleurs, que de faits admirables sont restés, et restent encore tous les jours, cachés dans le secret des âmes ! Aimable et saint évêque de Genève, nous savons bien que vous avez dû à 3Iarie la victoire sur une affreuse pensée de désespoir; et vous , saint André Corsini , votre conversion et vos grandes vertus; et vous, noble martyr du sceau de la confession , immortel Népomucène , le courage et la force qui vous ont acquis tant de gloire; mais ce ne sera que dans le ciel que nous pourrons voir et admirer les innombrables effets de cette puissance prodigieuse que Dieu lui a d(»nnée pour éclairer, guidei".

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soutenir, guérir les âmes rachetées du sang de son divin Fils, et pour abattre l'empire de ce serpent infernal dont elle a été destinée « à écraser la tète ^. »

Recourons donc à la très-sainte Vierge dans toutes nos peines , dans tous nos dangers , dans tous nos besoins, et faisons-nous un pieux devoir d'exalter en tout temps sa puissance.

Oui, nous aimerons toujours à proclamer, auguste souveraine de l'univers, que «le bras du Seigneur a « fait éclater en vous son pouvoir ^ ; que dans votre « main réside sa force et son empire ^ ; qu'en lui tout « vous est possible ^ ; » que la gloire des Jahel et des Judith ^, triomphant des ennemis du peuple de Dieu, n'est pas même une ombre de celle dont vous resplendissez. Ah! daignez abriter constamment sous votre protection ceux qui veulent ne jamais cesser de vous invoquer. Surtout, quand le moment décisif arrivera, quand notre àme tremblante sera près de paraître devant son juge , daignez la défendre contre ses ennemis, l'encourager, la fortifier, et, à son entrée dans l'éternité, la recevoir dans vos mains maternelles pour la présenter à votre divin Fils.

Vierge puissante, priez pour nous: — Virgo potens, ora pro nobis!

' Gen., m, 15. — ^ Luc, i, 51. — M Paralip., xxix, 12. — ■ Philip., IV, 13. — Jng-, iv, — Judith, xiii.

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