D1TITI
r.HRISTE ELEISON !
L'ànie qui sent profondément sa misère, et qui regarde la majesté du Seigneur, de qui seul elle peut attendre son soulagement, sa force et son salut, ne l'implore qu'en tremblant ; elle reste comme abattue aux pieds de son infinie grandeur. L'Église relève son courage dans la seconde invocation , où elle voile, en quelque sorte, la distance infinie qui sépare Dieu de la créature, et ne lui fait envisager celui à qui cette invocation s'adresse que sous le point de vue qui le rapproche de nous, et qui peut le mieux ouvrir notre cœur à l'espérance. Que dit, en effet, le nom de Jésus-Christ à l'oreille de la foi catholique? « Le Verbe « fait chair qui a habité parmi nous, plein de grâce et « de vérité 1 ; le Médiateur entre Dieu et les hommes ^ ; « l'agneau de Dieu qui porte les péchés du monde ^, qui « a subi comme nous toutes sortes d'épreuves, hormis «le péché^, qui nous est devenu semblable en tout.
' Jean, i, li. — - l Tiiiioth., ii, .1, (i. — ' Juan, i, '2'.l. — ' Hclu., IV, l.i.
Ji MÉDITATIONS SUR LES LITANIES.
« afin de ressentir pour nous une pitié fraternelle *, » afin de compatir à notre triste situation comme ayant été le compagnon d'infortune de l'homme; « le grand «Pontife, Fils de Dieu, qui est monté au ciel 2, qui « tient la clef de David , qui ouvre sans que personne « puisse fermer '\ »
En plaçant sur nos lèvres le nom de ce divin Pontife, l'Église nous propose donc le motif le plus propre à dilater nos cœurs resserrés par la crainte ; elle les invite, de la manière la plus efficace, à s'abandonner au sentiment de l'espérance chrétienne, qui tient l'àme également éloignée du désespoir et de la présomption. Comment présumer de la bonté de Dieu , quand on croit que, « pour effacer le décret de « notre condamnation, il a fallu que Jésus-Christ l'at- « tachât à la Croix ^? » Comment désespérer de sa faiblesse ou du pardon de ses fautes, quelque énormes • qu'elles puissent être, quand on croit que « Dieu a tant « aimé les hommes qu'il leur a donné son Fils unique, « afin que tout homme qui croit en lui ne périsse « point, mais qu'il ait la vie éternelle^ ?... » Ah! cette foi en Jésus-Christ nous ne l'apprécions pas assez, nous en estimons trop peu les admirables avantages. C'est un don surnaturel qui dépasse non-seulement toutes les forces, mais toutes les idées humaines, et tous les désirs que peut former notre nature. C'est un don sans lequel il n'est pas possible d'arriver au bonheur céleste ; car, « sans la foi, il est impossible de plaire « à Dieu *^, » et comment celui qui ne plait pas à Dieu pourrait-il être jugé digne d'entrer en participation
' Hebr., ii, 17. — ' Holir., iv, I 1. — ' Apoc, m, 7. — ' Coioss., Il , I i. — ' Jlmii, III, Ki. — " llclu ., \i, li.
de SOU éternel bonheur? Cest un don qui ne vaut rien moins que la vie éternelle, l'élernelle possession du souverain bien ; car le divin Maitreadit que «connaî- « tre pour seul vrai Dieu Jésus-Christ aussi bien quece- « lui qui l'a envoyé, c'est la vie éternelle ^ . . » Et même dans ce monde, n'est-ce pas la seule vie véritable? « Celui qui écoute ma parole et qui croit à celui qui m'a «envoyé, a dit encore l' Homme-Dieu , est passé de la c( mort à la vie"-;» c'est donc une mort que la vie de ceux qui n'ont pas la foi au Sauveur Jésus. En effet, être esclave du «prince des ténèbres -% » être sans lumière infailhble au milieu des incertitudes cruelles de l'intelligence sur les devoirs de l'homme et sur sa destinée; être sans guide, sans pilote au milieu des écueils, sans consolation au milieu de toutes les tristesses de la terre, sans force contre les assauts des passions, de l'inforlune, de la douleur; être privé de la douce et pure vérité des enseignements du Verbe incarné, de la puissance incomparable de ses exemples, des ressources inépuisables de ses mérites, des magnifiques espérances dont sa parole est le gage : quel sort, hélas ! mille fois déplorable ! . . . Mais de là quelle obligation n'avons-nous pas au Seigneur, qui nous a gratifiés du trésor inestimable de la foi !
0 Jésus, ô Prêtre éternel, Pontife adorable, adorable victime de notre salut, c'est vous qui nous avez donné la foi que nous avons en vous; soyez-en mille et mille fois béni par tous les battements de notre cœur! Quelles actions de grâces pourront égaler jamais «une faveur que vous n'avez pas accordée, comme «à nous, à des nations entières^, encore assises
Ucan, XMi, '.i. — - Jean, V, -ik — '■"■ Eplips., vi, 12. — '' Ps. cxlvii, !».
« dans les ténèbres et dans les ombres de la mort^ ! ... » Ah ! daignez « ne pas laisser imparfait ce que vous avez « commencé en nous ^ ; » daignez faire fructifier le don que nous avons reçu de votre libéralité infinie. «Aidez, augmentez notre foi^, faites ^w'elle agisse «par la charité^.» Il est vrai, nous avons abusé de votre bonté, nous avons par nos ingratitudes irrité votre justice, provoqué ses redoutables arrêts. Mais souvenez-vous que nous sommes « vos frères ^ ; « que vous ne voulez pas qu'aucun périsse, mais que «tous retournent à vous par la pénitence*'. » Voyez, d'ailleurs , entre vous et nous votre divine mère , « sous la protection de laquelle nous nous réfu- «gions'» dans notre détresse. La voix de Marie n'est-elle pas encore plus puissante sur votre cœur que celle de Bethsabée ne le fut autrefois sur le cœur du roi Salomon ? Et si ce prince disait à sa mère : « De- « mandez : je ne saurais vous faire éprouver un refus^, » combien plus céderez-vous aux instances de celle dont une parole suffit, pendant votre vie mortelle, pour vous faire devancer «l'heure de vos miracles^. » Elle interpose ici sa prière pour nous défendre de « ces flèches « dévorantes ^ '^ » que votre cœur adorable désire tant de voir changer, par notre componction, en traits enflanmiés du divin amour. Pleins de confiance en son crédit de mère, nous osons vous dire, « des profon- «deurs de notre abîme ^^: »>
Christ, ayez piliédenous! — Christe eleison.
1 Luc, 1 , 7il. — 2 ps. Lxvii, id. — •' Marc, ix, 23 ; Luc, xvii, 5. — '•Galat., V, ().— ' Jean, xx, 17. — ^' Il Pier., m, 9. — ' Sub tuum prœsidiuni, etc. — « 111 Rois, ii, 20. — " Jean, ii, 3, i. — "' Job, vi, i. — " Ps. cxxix, 1.
'jjj «uij î'j'i/iJu-i Jii! jit , 'riitl iiio' r Ji'ji ii( •ilt|iiii^ ■jiii) iij' 11, Il Il -II;-! , liuhiitiiu uti .ji-jK. nV. ■ lilt im yJ Jiiijfciihri 'jiii id iioisiilin) ■ .î .v^'ii\ .111 viàuhi auvi 'jl> jIjîij I -^i;' I lii;n< 'n .•tl(iiK< :i!4f>r/ ,noih3lon| iiltiy ïucw «îiiollam euoii îIK'/
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' Il ai ijii une simple |iriei e ;i vous luire , ut; nie eouvrez pas de eiiiitiisiDii eu me relusaiil. Le rui ilil : .Ma Mère, (leiiiaiidc/. , ear il ne .-eiail pus juste (le \'jus reliiser. ni. Rei/. 3.
!Smis nous mêlions sous volic pioleelioii, Vieifrc sainle.