‹ Monument à la gloire de MarieChapitre 49 sur 69 · REFUGE DES PÉCHEURS, PRIEZ POUR NOUS · texte numérisé non relu

REFUGE DES PÉCHEURS, PRIEZ POUR NOUS

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MÉniTATIOX XLIII.

UEFUGILM PECCATOULM , OHA l'UO NOBIS.

Il est dans la nature de l'homme, d'appréhender grandement de paraître devant celui qu'il sait avoir offensé, fût-ce même pour lui témoigner son repentir et lui demander grâce, surtout si le coupable est notablement inférieur et s'est montré fort ingrat envers un bienfaiteur signalé. Ah ! quel soulagement, quelle consolation pour lui, quand un ami commun, un ami dévoué, influent, vient lui offrir son heureuse entremise, et faciliter sa réconciliation!

Mais si c'est la mère elle-même de celui dont il sent le besoin de solliciter la clémence, qui daigne interposer en sa faveur son puissant crédit auprès d'un fils plein de tendresse pour elle , quelle joie! quel bonheur!

Pécheurs, qui que vous soyez, bénissez, bénissez la divine Marie qui vient, avec une bonté merveilleuse, se placer entre vous et son adorable Fils, dont vous avez méconnu les bienfaits incomparables, l'amour

infini, dont vous avez audacieusement offensé la majesté suprême. Ah ! sans doute , vous êtes trop coupables envers lui. Si vous ne regardez que le Dieu Sauveur que vous avez pu, hélas! tant outrager, ne serez-vous pas tentés de fuir o devant la face de TA- «gneau^.» devant «le lion vengeur de la tribu de « Juda-,» et de vous précipiter dans l'abîme du désespoir? Mais voilà que son auguste Mère ouvre sur

vous des yeux pleins de douceur et de miséricorde, et qu'ehe invoque en votre faveur le souvenir des jours bénis où l'Homme-Dicu reposait dans ses bras, comme pour la rendre dépositaire du trésor infini de ses grâces. Fussiez-vous mille fois plus coupables, prenez courage : elle est assez puissante pour obtenir votre pardon, et sa bonté la porte à le demander.

Peut-elle ignorer tout ce que le cœur de son divin Fils renferme de miséricorde ineffable pour les infortunés enfants d"Adam devenus esclaves du péché? Ah ! jamais, sur la terre, nul ne leur témoigna un aussi tendre intérêt que Jésus : il le poussa si loin que ses ennemis lui en faisaient un sujet de reproche et d'accusation ^. Mais sa douce Mère n'est-elle pas entrée dans ses sentiments d'une manière plus intime que toute autre créature? et, en montant au ciel, n"at-elle pas emporté dans le sein du bonheur ce cœur si bon et toujours si sensible à la perte des âmes, rachetées par un sang dont elle connaît tout le prix? «Sa miséricorde, dit saint Bonaventure, n'a fait «que s'accroître avec sa gloire; maintenant qu'elle « règne avec Jésus, cette commisération est d'autant

' Apoc, VI, 16. — - Apoc, V, 5. — ' Malth.. ix, ii ; — Luc, vu, 34.

« plus grande, que Marie voit plus à découvert le iiial- « heur des hommes * » qui méconnaissent l'admirable mystère de la rédemption.

Aussi, les saints docteurs, en parlant de sa bonté compatissante envers les pécheurs, l'exaltent-ils, pour ainsi dire, sans mesure. Saint Éphrem l'appelle « la «plus puissante ressource de tous les pécheurs, le « port assuré de tous ceux qui ont fait naufrage -. Vous « êtes leur unique espoir, ô Marie ! s'écrie saint Aua gustin ^ ! Qu'il ne soit plus fait mention de votre «miséricorde, dit saint Bernard, j'y consens, si ja- « mais quelqu'un peut dire l'avoir en vain implorée ^ ! « 0 Marie ! dit encore saint Bonaventure, le pécheur, « fùt-il devenu le rebut du monde entier, ne vous fait « point horreur ; mais vous l'accueillez avec une tente dresse maternelle, et ne le quittez point que vous «ne l'ayez réconcilié avec son redoutable juge ^. »

Admiration, louange, bénédiction éternelle à Dieu, qui a ouvert à la misère si profonde du pécheur un si précieux asile ! Confiance, confiance sans bornes, confiance constante en Marie, et quand nous la prions pour le pardon de nos péchés, et quand nous la prions pour la conversion de nos frères, et quand nous la prions pour la guérison de nos infirmités spirituelles. Confiance encore, et sans bornes, et constante, quand le découragement on même le désespoir menace de ruiner nos saintes résolutions et notre bon vouloir pour la vertu ; écrions-nous alors avec l'Église : « Salut, ô Beine, ô mère de miséricorde! 0 notre vie ! «0 notre douceur! 0 notre espérance ^!»

1 In specuL B. Virg. c. o. — '^ De laudis B. Virg. — "' Serui. de Annuntiat. — ' Serin, de Assuitipl. — ' In Psalt. — *"' Solv, Reg.

i80 MÉDITATIONS SUR LES LITANIES.

Comme l'apôtre saint Pierre, dans un ravissement d'esprit, vit jadis une foule d'animaux impurs aux yeux de la loi judaïque , purifiés par la puissance du Seigneur, et retirés dans le ciel ^ , ainsi nous voyons, ô Marie! avec admiration, une multitude d'àmes que le crime n'avait que trop souillées, converties par votre intercession, lavées de leurs crimes, et « conduites au port du salut éternel 2.» Ah ! vous êtes vraiment, pour les plus grands pécheurs, un asile bien plus sûr que ne le fut jadis «la ville deBethsurapour « ceux qui avaient abandonné la loi du Seigneur ^ ; » plus sur que l'autel qu'Adonias tenait embrassé pour échapper au ressentiment du roi Salomon ^. Que de fois, oh! que de fois le juste juge, désarmé par votre favorable entremise, a pu vous dire comme David à Abigaïl : « Sans vous, aujourd'hui, j'aurais frappé de mort «ce coupable^!» Que de fois vous avez bien voulu « vous souvenir du faible tribut d'hommages que vous « avaient offert des cœurs trop dignes d'être comparés à. «là pécheresse Rahab ou aux enfants de Babylone*", » et les sauver de l'éternel abîme! Multipliez, ô Marie! multipliez sans cesse les traits de votre bonté admirable pour tant d'aveugles et d'insensés, qui courent à leur malheur éternel ; ils sont, par les liens étroits de la charité chrétienne, comme « des membres de nous- « mêmes ^,» et c'est pourquoi nous vous disons :

Refuse des pécheurs, priez pour nous I Refugiuin peccaloruni , ora pro nobis I

' Acles des Ap., x. — 2 P.s. c, vi, 30. — = Macliab., x, 1 i. — ■' m Rois, 1 , fin. — M Rois, xxv, 33.— " Ps. l.kxxvi,4 — ' 1 Cor., xii , 27 .

JIEDITATIO\ .\L1V.

CONSOLATRIX AFKLICTORLM, ORA PRO NOBIS.

Où sont les âmes sans afflictions, les cœurs sans angoisses ou les yeux sans larmes? Ce monde nest pour l'homme qu'une école d'infortune, oîi il doit apprendre à s'élever à Dieu, à s'humilier devant lui, à le prier, à aspirer vers un monde meilleur, vers la féhcité du ciel ; et à toutes les tristesses de la vie se joint l'horreur naturelle de la mort, inévitable pourtant, et qui, presqu'à chaque pas, se présente à nous sous des formes diverses et semble nous dire : Bientôt ce sera votre tour. Ah ! si l'on n'envisageait que les chagrins, les déceptions cruelles, les douleurs profondes, les deuils inconsolables, les déchirements de l'âme que Dieu seul connaît, et qui la réduisent presqu'au désespoir, ne serait-on pas tenté de s'écrier, en empruntant la pensée de Bossuet sur le trépas : 11 faut vivre , que cela est triste !

Maispournous, chrétiens. Dieu, dans son admirable providence, a daigné préparer, à côté de ces peines, une intarissable source d'ineffable consolation; c'est

le cœur de Marie : un cœur plein d'une compassion immense; un cœur de mère comme il n'y en a jamais eu, comme il n'y en aura jamais ici-bas ; un cœur de mère qui s'identifie avec ses enfants, qui s'oublie en quelque sorte elle-même pour «pleurer avec ceux qui « pleurent^, » et pour soulager, par les épanchements les plus tendres, les divers maux qui les affligent.

Oh ! quel doux présent du Seigneur vous êtes pour nous, ô Marie! pour nous «qui sommes pleins de gé- « missements et de larmes -\» Mèrebien-aimée, que votre souvenir seul est puissant pour alléger le poids qui oppresse le cœur, pour adoucir l'amertume dont il déborde, pour cicatriser les plaies cruelles qui le dévorent! Vous avez été si excessivement affligée vousmême, vous si sainte, vous Mère auguste de notre Dieu ; vous avez eu à boire un calice capable de renverser toute force humaine ; vous avez été plongée « dans un « océan si ;;ro/oHrf de douleur^» crucifiante! Et dans cette extrémité, à nulle autre égale, vous avezétési résignée, si calme; vous vous êtes si admirablement abandonnée à la volonté divine ! Quel est le pécheur (et qui de nous n'est pécheur?) quel est le pécheur qui ne se sente relevé dans ses afflictions, en voyant que, malgré votre innocence, vous avez eu votre si large part de chagrins cuisants, de souffrances morales véritablement inexprimables? Quel est celui, d'ailleurs, qui ne goûte un sentiment de pieuse consolation en pensant à tout ce qu'il y a dans votre cœur maternel de tendre intérêt pour nous, de vive sympathie, de dévouement, de charité compatissante et secourable?

' Uom., XII, I.). — •' Salv. Heg. — ' Laïuent. Jôréin., ii, 13.

Oui, notre divine mère a pour nous , malheureux affligés, une douceur e.vpansive et bienveillante qui ne se peut comprendre. L'Époux céleste compare la bonté, la suavité dont toutes ses paroles étaient empreintes pendant son séjour sur la terre, h tout ce qu'il y a de plus doux dans la nature : « Vos lèvres, dit-il, sont le rayon «qui distille le miel; le lait et le miel découlent de «votre langue ^.)) Et ailleurs, voulant nous exprimer tout ce que cette douceur de Marie a de ravissant pour nous, il en est comme tout ravi lui-même : «Le- « vez-vous, venez, ô ma bien aimée! que votre voix se « fasse entendre à mes oreilles ; car votre voix est la « douceur même-. » Saint Bernard a donc bien sujet de dire, «que tout en elle respirait la bénignité, la « bienfaisance , qu'elle se faisait toute à tous, et mon- « trait à tous une charité surabondante ^. 0 Marie! «s'écrie ce saint docteur, ô mère d'une amabihté « indicible, toujours, oui toujours, votre seul nom pé- « nètre le cœur d'une sainte émanation de cette suavité « divine dont le Seigneur a enrichi votre belle âme ^! » «Non, non, il n'y a pas au ciel, parmi tous les « saints, ajoute saint Antonin, il n'y a pas un seul cœur « qui compatisse à nos misères comme cette bienheu- «reuse Vierge Marie ^. »

Allons donc à cette céleste consolatrice dans toutes nos peines, surtout dans les peines spirituelles; épanchons-les dans son cœur maternel : elle ne trompera pas notre confiance; car «elle est le plus doux sou- «lagementdes angoisses, dit saint Jean Damascène,

' Ciint., IV, II. — - Cant., ii , 13, 14. — ^ Serm. de verbis Apoc. Signum magnum. — ^ Serm. Paneg. li. M. T. — ^ P. 4, t. 15, c. 2.

iU MÉDITATIONS SUR LES LITANIES.

« le plus sûr remède des souffrances morales * . » Qui pourrait, ô Vierge bénie! mesurer «la longueur, « la largeur, la hauteur et la profondeur ^ » de votre miséricordieuse bonté ? « La compatissance est née avec « vous ; elle s'est accrue avec vos années ^ ; » elle a été pour les hommes, avant la fondation de l'Église, « com- « me l'étoile du matin dans les nuages ; après, comme «la lune dans tout son doux éclat; et depuis que vous « êtes montée au ciel, elle a brillé avec toute la splen- «deur de l'astre du jour ^.» 0 vous ! que nous aimons à appeler, après Dieu, «la consolation de notre vie ^, « notre espoir dans nos peines^, » vous de qui le Seigneur se sert pour changer en joie nos jours de cha2:rin et de deuil, comme autrefois il se servit de la pieuse Esther, pour consoler et secourir son peuple, soyez aussi toujours notre soutien dans nos désolations, dans nos souffrances ! Nous irons à vous avec cette foi vive, cette piété sincère qui doit caractériser vos véritables serviteurs. Faites que toujours les larmes, les peines, les tribulations, les douleurs tournent au plus grand bien de ceux qui vous disent dans l'effusion d'un cœur filial :

Consolatrice des affligés, priez pour nons! CoDSOialrix afflictorum , ora pro Dobis !

' Orat. 2 de dormit. Deip. — " Ephés., ni, 18. — " Job, xxxi , 18. - ' Eccles., 4, 0, 7. — ''' Tob , x, i. — ^ Jérém., xvii , 17.

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" 2U0M auoi SBiRq .eàouiiA 23a 30ihtajo2moo

Sa luiiiièro est douce ((nniiie cdU; du l'iiloile du matin dans l'obs.-uriU' .

comme celle de lu Innc dans tout son éclat, comme celle du soleil dans

toute sa splendeur. Eccl. l, 6.

Vous êtes mou espérance au jour de l'affliction. Jérém. xvn, 17.

C'est elle qui ma consolé dans mon liumiliation. Pu. cxviii, 50.

lîlle n changé, pour cpux qui ont rmplori! sa protecHun, le jour do 1 al-

flictionel du deuil en un jour d'allégresse. Eslh. xvi, 21.

CONSOLATRICE DES AFFLIGÉS, PRIEZ POUR NOUS i»

SALUS ÎNFIRMORUM.

P J CAMUS, Editeur, Rue Casselle, 20

\t. cciili insuracnli ^uycr êf""" lueuni Domimi'

' OM\IU OIIIUIVOU U'^ Mlldlrïllll 111 01- JudOKfK

AIAILIUM fHRISTIAPiORLM.

H,,.. ,-.. = „ti, 50

Elle esl Dour nous un bouclier invincible. Sa(j.^ v, 20.

C'est li qu'elle a brisé la puissance des aies de nos ennemis. l's. Lxxv, li.

Mallieuv à la nation qui s'élève contre mon peuple ; car le Seigneur loul-

puissanl se vengera d'elle. Judith., xvi, 20.

SECOURS DES CHRÉTIENS, PRIEZ POUR NOUS- i-J

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