‹ Monument à la gloire de MarieChapitre 59 sur 69 · DIT\TI0.\ LUI · texte numérisé non relu

DIT\TI0.\ LUI

RFX.INA SANr.TORL'M OMMLM , ORA PRO NOBIS!

• Les saints ont illustré l'Église par de belles et admirables vertus : ils ont étonné le monde par l'héroïsme de leur zèle, de leur courage, de leur dévouement, par les prodiges de leur humilité, de leur patience, de leur charité; ils sont entrés «dansla demeuré « éternelle ^ » avec une abondante moisson de mérites, que le Seigneur « a pesés, jusqu'au moindre, dans la « balance de sa justice 2, et quil a dotés d'une récom- « pense inappréciable^. »

0 Marie ! vous êtes leur Reine : si les saints ont été, parmi les fidèles , comme autant de magnifiques fleurs, qui ornaient le jardin de l'épouse militante de Jésus-Christ, dans ce jardin mystique vous avez brillé comme la Reine des fleurs ; vous avez fait éclater au dehors , par vos incomparables exemples, « cette « richesse immense de grâces dont vous aviez été « remplie , richesse incompréhensible à tout esprit « humain, à tout esprit angélique ^ ! »

^ Kcclés.,.\ii, 5. — 2 Job, XXXI, 6. — ' Hébr. , x, 35. —'Saint Bernardin, Scrm, 5, de Nativ. B. V., c. 12.

Les saints ont pu faire paraître en eux, d'iuie manière plus ou moins sensible, quelques traits de la vie de leur divin Maître ; en chacun a éclaté quelque vertu particulière, et, « dans la demeure du Père cé- « leste , où les trônes et les couronnes sont diversift fiés *, » chacun reçoit la part de gloire spéciale qu'il a conquise pendant son temps d'épreuve.

0 Marie ! vous êtes leur Reine : ce que chacun a eu de mérite particulier, vous Tavez, vous seule, possédé sans partage; tous les traits de Jésus, notre adorable modèle, vous les avez retracés en vous aussi fidèlement que le pouvait une créature; toutes les vertus vous les avez pratiquées, et à un degré si haut, si parfait, que saint Anselme a dit de vous « qu'après « la sainteté du Saint des saints, il n'en est pas, et l'on « ïie peut en concevoir de semblable à la vôtre ^ ! » Et maintenant, dans la patrie céleste, vous êtes revêtue d'une gloire proportionnée à votre mérite sublime; toute la magnificence des couronnes de tous les saints forme votre couronne ; ce n'est point assez : votre gloire surpasse toute la leur, d'autant plus que toutes leurs vertus sont inférieures aux vôtres, et que c'est par les mérites de celui que vous avez donné au monde, que le don de ces mêmes vertus leur a été accordé.

Les saints ont auprès de Dieu un merveilleux crédit en notre faveur : «Le Seigneur, dit saint Léon, « est vraiment admirable en nous les donnant, non- « seulement pour modèles , mais aussi pour protec- « leurs pleins de puissance ''^ . » Des milhers de faits

' Jean, xiv, 2. — - De excel'.en!. Virg. — ^ In Satali S. Laurent.

MEDITATIONS SLIi LES LITANIES. 211)

éclatants publient , dans l'univers, «qu'ils régnent « aux siècles des siècles * dans la cité de Dieu ^, » et que, du haut de leurs trônes sublimes , ils régnent aussi sur la terre par une influence mystérieuse.

0 Marie! de tous ces puissants intercesseurs, de tous «ces rois immortels ^ » vous êtes encore la Reine. Vous ne priez pas. comme eux, mais « vous comman- « dez en ([uelque sorte : car serait-il possible, ô bien- « heureuse Vierge! que celui qui est né de vous, quoi- « que tout-puissant, résistât au pouvoir de mère qu'il « vous a donné sur lui ^? » Oui, « vos demandes sont « presque des ordres, dit saint Antonin^, et ce que « vous voulez , dit saint Anselme, infailliblement se « réalise ^ ! »

Ah ! puisse un jour cette admirable Vierge 5, à laqi-ielle tous les saints font hommage de leurs coul'onnes, être aussi notre Reine! Pour cela que fautil? être saint sur la terre. Or, être saint c'est vivre de « la vie même de Dieu '', » selon la magnifique pensée de l'Apôtre des nations ; c'est posséder sa grâce , et travailler constamment à la conserver et à l'augmenter en soi ; c'est aimer Dieu sincèrement « de tout son « esprit, de tout son cœur, de toutes ses forces ^ » : car celui qui aime Dieu de la sorte est uni à Dieu d'une meunière ineffable ; et, « s'il persévère, il sera sauvé ^, » il deviendra éternellement, dans le ciel , « partici- « pant de la nature, de la gloire et de la béatitude ((même de Dieu ^^. » Oh! « élevons, dit saint Au-

' Apoc, xsii, .">. — 2 itiifl., m, 12. — ^Ibid., v, 10. — ''Saint Pierre Dainien , serin, de Sativ. B. V. — "T. 2, in 'Spart, lecf. 2. — ^ De p.rcpll. Virri.jQ. 12. — ' Kphés., IV, 18. — M.uc, x, 27. — ' Matth., wiv, l'i. — ''^ Il Piei'., I, i.

« gustin , élevons nos espérances et dirigeons tous nos « désirs vers cette possession éternelle de Dieu, qui « est le souverain bien et la source de tous les vrais «biens *.» Gardons-nous de mériter l'anathème réservé à ceux « qui dédaignent la véritable terre pro- « mise, si digne de tous les élans de notre cœur - ! » 0 Marie! qui en vous seule avez réuni tous les mérites de tous les saints d'une manière si admirable; ô vous qui les avez tous surpassés, en ce monde, par vos vertus autant que par vos privilèges , et qui , dans le ciel, leur êtes si supérieure par votre gloire et par votre puissance, avec eux, avec tous les heureux habitants de la Jérusalem éternelle, nous nous inclinons devant vous, Mère auguste du Sauveur, qui «siégez à « sa droite, revêtue d'or et d'un manteau royal d'une ri- « cliesse vraiment divine ^ ! » Vous dominez tous les élus, ô « demeure vivante de Dieu ^ ! comme le som- « met d'une montagne qui voit toutes les autres au- « dessous d'elle ^ ! » Si nous ne regardions que votre srandeur merveilleuse, nous n'oserions lever les veux vers vous, céleste Reine; mais nous savons toute votre charité, toute votre bon,té , toute votre miséricorde , et notre confiance en vous est sans mesure : par votre secours nous espérons mener une vie sainte, et gagner une part de ce royaume de Dieu où nous nous réjouirons, atout jamais, de vous avoir dit ici-bas avec une piété tendre, digne de votre douce majesté :

Reine de tous les Saints, priez pour nous! Regina Sanctoruiu omnium , ora pro uol)is !

' In Psalm. 102. — - Ps. cv, 24. — * l's. XLiv, 10. — ^ Éplié?., ii: 22. — *.Mich.. IV, l.

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