‹ Monument à la gloire de MarieChapitre 60 sur 69 · MÉDITATION LIV · texte numérisé non relu

MÉDITATION LIV

nF.OlNA SINE r.ABE CO^C.EHTA, ORA l'RU !SOBIS

C'est à la haute piété de nos Évêques , qui en on t fait la demande au Saint-Siège, dans ces derniers temps, que nous devons la douce consolation de pouvoir saluer Marie comme Reine conçue sans péché. L'Écriture appelle Dieu, d'une manière absolue, «le Roi^,» pour exprimer l'excellence de sa Majesté suprême ; ne convenait-il pas d'honorer la souveraineté de celle qui «est « au-dessus de tout, Dieu excepté 2,» en l'appelant Reine proprement dite? Et après l'invocation qui l'implore comme Reine de tous les saints , quelle autre pouvait être mieux placée, que celle qui honore à la ibis sa royale grandeur el le privilège unique de son exemption du péché d'origine? privilège qui seul la distinguerait (le tous les élus, quand même, à tant d'autres égards, elle ne serait pas au-dessus d'eux ; privilège que proclama toujours la voix de la tradition de l'Église, écho fidèle des enseignements apostoliques.

Dans son discours au proconsul Égie, saint André

' Ps. xi.iv; cxt.iv. — -Snint Hernarti , srnn. fi, f. <••

lui-même donne à Marie le lilre « d'immaculée ; il la compare « à cette terre dont fut formé le premier « homme , laquelle n'avait pas reçu encore la malé- « diction du Seigneur, suite et cliàtiment de la faute «primitive*.» Origène, qui touche d'assez près au siècle des Apôtres, l'appelle «formée dans la grâce, « exempte du souffle pestilentiel de Satan ^ ; » saint Amphiloque , « sans tache et sans péché ^ ; » saint Épiphane, « plus belle par sa nature que toute l'armée « des Anges, brebis immaculée qui a mis au monde «l'agneau divin ^;» saint Éplirem, «Vierge sans « tache, sans souillure, sans corruption, absolument « étrangère à tout péché, à tout défaut ^ ; » saint Cyrille, « préservée de la tache originelle ^. » Qu'est-il besoin de citer d'autres organes de la transmission de la croyance primitive à cet égard? Qui ne sait que saint Jérôme '', saint Augustin ^, saintFulgence^, saint lldefonse *^ , saint Jean Damascène*^, saint Pierre Damien*-, saint Anselme ^^, saint Bonaventure **, et même saint Thomas '^^, garantissent également sur ce point la tradition non interrompue de l'Église; qu'aux témoignages des saints docteurs s'unissent les monuments des églises d'Orient et ceux des églises latines, les paroles de la liturgie sacrée, les usages des diocèses , les coutumes des ordres religieux ; en-

* Actes du martyre de saint André ( Dissertation polémique sur l'Itnmac. Concept., par le cardinal Lambruschini.) — - Horaél. vi tra Ltic. — * IV Disc, in S. Deip. — '' De laudib. Virg. — ' Orat. in S. Dei Gen. — ^ In Evang. Joan. 1. vi, c. 15. — ' In ps. 77. — * De nature et gratta, c. 36. —^ Serra, de laudib. M. — "> Disput. de V. M. — 1' Orat. (Ir Xat. B. V. M. — ''^ Or. 12 deNat. M. — " De concept. V., c. IS. — '■' Srrm. Il de li. V. — ^' bi Ub. I snil . dise. U, rj. 1, arl. 3. ,

(in, que, sur l'invilatiory de l'illuslre Pie IX *, les divers Évèques de la catholicité lui unt attesté naguère, d'une manière authentique, l'attachement des lîdèles à cette croyance , en sorte que cetle vérité a pour elle l'antiquité, l'universalité, la perpétuité , qui sont la base principale des dogmes du christianisme?

Qui ne comprend, d'ailleurs, que, si Tuiiion personnelle de la nature humaine avec la nature divine en Jésus-Christ a rendu absolument nécessaire la conception de l'Homme-Dieu dans l'état de grâce , la maternité divine , « qui approche de cetle union le « plus possible 2, » n'aurait pu se concilier avec la conception de Marie en état de péché?... Quoi! celle que Dieu avait annoncée, dès l'origine du monde, comme devant être menacée en vain de la morsure du serpent infernal , comme destinée même « à lui « écraser la tête ^ , » aurait commencé par être blessée de son dard, par être « sous sa puissance ^? » Celle qui devait être comme la réparatrice de la chute d'Eve, et la véritable « mère des vivants ^, » aurait été inférieure à Eve, créée en état de grâce? Celle enfin qui devait vivre, pendant neuf mois, d'une même vie corporelle avec le Verbe incarné , aurait été, dès le premier instant de son existence, frappée de la disgrâce divine, odieuse au Seigneur, « enfant de colère <^? » Oh! non, mille fois non, il n'a pu en être ainsi, Vierge si tendrement chérie de Dieu et des hommes! Ah! celui-là le comprend et le sent bien, qui a du péché, de la grâce, et de la sainteté infinie de Dieu,

* Encyclique du 2 lévrier 1849. — -Diouys. Carlh. /. 2 de laud. V. — ^Geu., m, 1 j. — ^ Ibid. — H'olos., i, 13. — '''Épliés., ii, 3.

l'idée que nous en donne le Christianisme : celui-là aima à proclamer, à la face du ciel et de la terre, qu'il n'est pas vrai, qu'il n'est pas possible qu'un seul moment le Fils de Dieu ait eu à détourner ses legards de celle qui devait être sa mère, comme d'un objet insupportable à ses yeux. Mais celui-là aussi attache à la fuite de tout péché une importance sans égale ; celui-là estime, comme Marie, au-dessus de tout, le bonheur d'être en grâce avec Dieu ; celui-là « veille et prie ^ » assidûment pour conserver le trésor de l'amitié divine; celui-là s'efforce, par ses bonnes œuvres, d'en resserrer chaque jour les liens sacrés, d'en augmenter chaque jour les fruits inestimables.

0 Marie! ô bienheureuse Reine! ô Reine par excellence ! ô Reine conçue saiis péchél voilà le dernier élan de notre cœur vers vous; voilà le dernier rayon de gloire que, sur la terre, nous ajoutons à votre couronne! Quel bonheur pour nous de pouvoir vous dire a que le Seigneur vous a possédée, par sa grâce, « dès le commencement 2 ; »que vous êtes « immacu- « lée, toute belle, et sans tache aucune ^ ! » Ah ! soyez, soyez toujours la Reine de nos cœurs , ô vous qui avez eu « riionneiir insigne d'être exemptée de l'anathème i( originel qui frappe tous les homtnes^',^) et afin que l'empire vous en soit agréable, faites qu'ils s'attachent, de plus en plus, à servir Dieu avec pureté, avec ferveur.C'est pour obtenir cette grâce que nous vous disons, avec le plus d'humilité, le plus de confiance et d'amour qu'il nous est possible :

Reine conrne sans péché, priez pour nous! Regiua sine labe coQcepta, ora pro nobls !

'Marc,xin,3.1.— -Piov.,viii,22.— 'Canf. v,2;iv,7.— 'Eslh.,xv,13.

■■^UOlt niiD'J î^iyn '^u'^'ïa aun^ ->ii.^..^.

JMJ3S eHAe 3U0MO0 311I3B

Dès le coininenienient j'app.irtoiiiiis au Sei^nieur. Prov., Yiii, 22. Cette loi, qui a été faite poMr tous les .lutrcs, ne saurait vous atlpiiniiw

Est., XV, i:î.

En vous on ne troutc que beauté, en vous il n y a nulle tarlie. Caiit. iv, ".

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