‹ Monuments anciens et modernes (volume 2)Chapitre 37 sur 97 · SPHINX, LIONS ET BÉLIERS · texte numérisé non relu

SPHINX, LIONS ET BÉLIERS

Après les sphinx à tète humaine, les androcéphales, viennent ceux à tête d’animaux , les sphinx criocèphales , c’est-à-dire à tète de bélier, animal consacré au dieu Amraon, et les sphinx hiéracocèphales , c’est-à-dire à tète d épervier , emblème de Pliré ou le soleil.

La figure 6 de la planche jointe à cette notice représente un des criosphinx de l’avenue du grand palais de Karnac. Sa longueur totale est d’environ dix-sept pieds , et la longueur de la tète de trois pieds onze pouces. Le Musée de la Bibliothèque royale contient une tète de bélier trouvée dans ces ruines de Thèbes , et rapportée par les savants de l’expédition. A en juger par le trou qui se trouve sur le sommet de la tète de ces criosphinx, taillés dans un seul bloc de grès rougeâtre , ils devaient tous porter une coiffure , probablement le pschent, qui, ayant été fait d’un autre morceau, a disparu avec le temps (*).

Le sphinx hiéracocéphale de notre planche a été dessiné d’après un petit sphinx en calcaire , trouvé dans le grand spéos d’Abousembil , en Nubie.

On rencontre encore en Égypte , mais sur les bas-reliefs seulement , divers mélanges d’espèces autres que celles dont on se forme ordinairement l’idée sous le nom de sphinx. Ainsi on en voit dont le corps de lion porte une tète qui ressemble un peu à celle du tapir, et dont la queue se termine quelquefois comme une fleur de lotus ; ce sont des symboles de Set ou Noubi. Les Égyptiens ont encore représenté des béliers à quatre tètes, emblèmes d’Amon-Ra , l’âme des quatre éléments ; des crocodiles à tète d’épervier, symboles du dieu Horus ; des truies à tète humaine, symboles de Opt ; des griffons composés d’un corps de lion avec la tète et les ailes de l’épervier , symboles du dieu Mandou , etc. Comme ces diverses représentations sont toutes hiéroglyphiques et n’ont jamais été employées d’une façon monumentale , nous ne nous y arrêterons pas.

Après les sphinx viennent les animaux proprement dits , que les sculpteurs égyptiens ont su reproduire avec autant de vérité que de grandeur, et dont ils ont aussi décoré les dromos de leurs temples. Mais ces belles imitations de la statuaire sont presque exclusivement des images de lions et de béliers. La figure 8 de notre planche représente un des lions transportés de Gebel-Barkal , l’ancienne Napata, au Musée Britannique, dont il est un des plus beaux ornements. Ces deux lions de granit rose sont d’un admirable travail, et probablement le chef-d’œuvre de la plus belle époque de la sculpture égyptienne. Ils reposent, l’un sur le liane gauche, l’autre sur le flanc droit, la tète tournée vers le spectateur, les pattes de devant croisées, et l’une des pattes de derrière retournée. Il y a un naturel parfait dans ce repos et une mollesse étonnante dans les chairs de ces lions de syénite : ils semblent pétrifiés. L’un d’eux était brisé ; mais les fragments ont été réunis avec soin, et, ainsi restaurés, ils nous offrent ce que l’art égyptien a laissé de plus beau et de plus noble en ce genre. Ces morceaux portent diverses inscriptions : la plus ancienne est d’Amounôph III, qui la fit sculpter pour orner probablement le temple de Soleb , d'où ils ont été transportés à Napata par un roi éthiopien nommé Amounasro , qui fit graver son nom sur les pattes de l’un et sur le cou de l'autre.

Le n° 2 de notre planche représente un des béliers de l’avenue du temple de K bons , à Karnac , où cet .mimai était révéré comme un emblème d’Ammon, divinité éponyme de Thèbes. La plupart des béliers ont été mutilés , leurs têtes sont brisées , et le globe orné d’urœus qui les couronnait gît enfoui sous les sables ou les débris. La figurine en gaine qui soutient leur barbe et s’appuie contre leur poitrail est une image d’Amounôph 111, qui les fit tailler dans les belles carrières de grès de Silsilis, où l'on en retrouve encore quelques-uns qui ne sont qu’ébauchés, et qui devaient être terminés sur place (**). Cet animal sacré était principalement adoré dans les villes de Thèbes, Hypselis, Sais, et dans la partie libyque de l’Égypte.

Le nombre de sphinx placés sur les dromos qui liaient les différents édifices de Thèbes ( l’Oph oriental) est incroyable, et confirme ce que les anciens historiens nous avaient appris de l’emploi des sphinx pour former les avenues des édifices sacrés. La direction de ces avenues est clairement tracée (* * *) par les nombreux restes de ces figures colossales, dont la plupart sont encore entières, et par d’autres sans doute enfouies sous les monticules de décombres qui couvrent l’emplacement de cette ville monumentale. Ces avenues forment souvent de légers coudes ou se brisent à angles droits pour relier entre eux des édifices élevés à différentes époques , et sans plan bien arrêté à l’avance , comme cela se voit partout. L’une d’elles est entièrement bordée de béliers , une autre de criosphinx , une troisième de sphinx ; quant aux lions , animal consacré à Phtha , ils ne se voient guère qu’aux portes des temples dédiés à ce dieu, ou à la porte des palais dont les fondateurs portaient son nom.

(*) Voy. dans la Description de l’Égypte, Antiquités, t. III, diverses représentations de ces criosphinx.

(**) Voy. Belzoni, Narrative ofthe operations and recent discoveries in Egypt and Nubia, pag. 552.

(***) Voy. Description de l’Égypte, Antiauités t. III, pl. XYI, plan de Karnac. — Wilkinson, Topographical survey oj Thebes,

— STYLE ÉGYPTIEN

Tous ces sphinx sont monolithes et à peu près de même dimension ; ils sont placés sur deux lignes parallèles, les uns en face des autres , et chacun sur un piédestal décoré de légendes hiéroglyphiques qui rappellent le nom et les titres des rois qui les firent ériger.

En résumé, voici à peu près 1 échelle ascendante des diverses formes de sphinx qui décorent les monuments et appartiennent à l’ornementation architecturale des Égyptiens :

1° Le lion , animal consacré à Phtha , instituteur des gouvernements.

2° Le bélier , animal consacré à Ammon, le roi des dieux , et à Chnouphis.

3° Le lion avec une tête de bélier , sphinx criocèphale ou le criosphinx.

4° Le lion avec une tête d 'épervier , symbole de Phré, sphinx hiéracocéphale ou hier aco sphinx.

5° Le lion avec une tête d'homme , sphinx androcêphale ou androsphinx.

6° Le lion avec une tête de femme, le sphinx des mythes grecs.

7° Le corps du lion avec une tête et des mains humaines , comme sur la plupart des bas-reliefs.

Au reste , toutes ces monstrueuses sculptures ont en Égypte un cachet artistique dont le bon goût n’est pas blessé ; dans les monuments indiens , au contraire , elles sont si extravagantes qu’elles répugnent. Chez tous les peuples qui ont employé ces symboles, ils donnent à leur architecture un caractère primitif dont la physionomie porte manifestement ! empreinte du génie et des notions mythiques qui ont présidé à la construction des édifices. En Égypte, lart était, avant tout, un moyen puissant, indestructible, de peindre la pensée ; il ne tendait qu’à l'expression d’un certain ordre d’idées, et devait seulement perpétuer, non le souvenir des formes , mais avant tout celui des êtres et des choses ,• aussi l’écriture , le dessin , la sculpture et l’architecture marchèrent constamment de front vers le même but. Cette union intime des beaux-arts avec le mode de représentation hiéroglyphique explique naturellement les causes de l’état de simplicité naïve dans lequel la peinture et la sculpture persistèrent toujours dans cette contrée, et l’association des formes hybrides constamment usitées dans la caste sacerdotale, comme propre à exprimer le mieux les combinaisons qu’enfantait la théogonie à laquelle elle servait d’organe.

— BIBLIOGRAPHIE

1° Description de l’Égypte, publiée par.ordre du gouvernement. Paris, 1809-1810. Texte in-4° et atlas in-folio.

2° Grobert. — Description du Caire et des pyramides de Gyzeb. ln-4° avec planches.

3° Belzoni. — Narrative of the operations and recent discoveries within the pyramkls, temples, tombs and excavations in Egypt and Nubia ■ London, 1821. In-8° et atlas in-folio.

4° Gau. — Antiquités de la Nubie, ou monuments inédits des bords du Nil, entre la première et la seconde cataracte. Paris, 1823. 1 vol. in-fol.

5° Champollion le jeune. — Lettres au duc de Blacas, relatives au Musée royal égyptien de Turin. Paris, 1824. In-8».

0° Wilkinson. — Topographical survey of Thebes ■ London, 1835. 4 feuilles in-fol»

7° N. L’Hôte. — Lettres écrites de l’Égypte en 1838 et 1839. Paris, 1840. 1 vol in-S° avec vignettes.

8° Lenormant. — Musée des antiquités égyptiennes. Paris, Leleux, 1841. 1 vol. in-folio.

9° Sir Gardner Wilkinson. — Modem Egypt and Thebes, being a description of Egypt. London, 1843. 2 vol. in-8° with woodcuts and a map.

10“ Owen Jones et Jules Goury. — Vieivs of tlie Nile from Cairo to the 2 d cataract, drawn on stone, witli historical notices of the monuments. London, 1843. 1 vol. in-folio.

11° Champollion le jeune. — Monuments de l’Égypte et de la Nubie. Paris, 1845. 4 vol. grand in-folio.

12° Champollion le jeune. — Notices descriptives conformes aux notices autographes rédigées sur les lieux. 1 vol. petit in-folio.

13° Prisse d’Avennes — Monuments égyptiens, etc., pour faire suite aux monuments de l’Égypte et de la Nubie de Champollion le jeune. Pai is, 1847. 1 vol. grand in-folio.

Wo/uane/itj' Anciens ei- Modernes. 1 Par Pu les Pat/kalaud

PALAIS DE MÉNEPHTHAH (MÉNEPHTHEEM), A THÈBES

En abordant à Thèbes, le premier monument qui attire l’attention des voyageurs sur la rive gauche du Nil est un vieux palais appelé dans le pays Qasr er-Roubayq (*). Il est situé à l’extrémité occidentale d’une butte couverte d’arbres et de décombres, parmi lesquels on aperçoit çà et là quelques restes de constructions qui jadis se liaient à l’édifice principal, belle ruine jaunie par l’ardeur d’un soleil brûlant, desséchée comme les montagnes qui bornent l’horizon. Les débris d’un propylon annoncent que l’enceinte générale de ce palais s’étendait de ce côté à 102 mètres du portique qui le précède. Ce propylon de grès, qui porte les légendes de Ménephthah Ier ou Seteï et de son fils Rhamsès II, avait jadis sa façade intérieure ornée de deux sphinx colossaux à tète humaine, coiffés du pschent (**) entier; une des bases, que des fouilles ont mise à découvert, étale une série de captifs avec leurs écus blasonnés et une longue légende de Ménephthah. De cette porte à l’entrée du palais, il existait jadis un dromos (***) divisé en deux parties par un autre propylon ; mais on ne distingue plus les débris des sphinx qui le bordaient probablement. A ces deux propylons, aujourd’hui isolés, se rattachaient jadis d’énormes murs de briques crues qui formaient autour du palais deux enceintes plantées d’arbres, appelées temenos , et semblables à celles qui renferment chacun des grands monuments royaux de Thèbes. A cet enclos devaient se rattacher jadis d’autres constructions liées sans doute au palais pour les besoins du service royal, annexes indispensables dont il 11e reste plus aujourd’hui que des arrachements de murailles rasées et cachées sous des monticules de décombres et des bouquets de palmiers.

Le plan de cet édifice ne ressemble en rien à ceux des autres monuments égyptiens : il 11’y a point de pylônes, ni de cours, ni de vastes péristyles ; la distribution, l’élévation des salles, le grand nombre de petites pièces , tout semble annoncer que l’architecte s’est occupé ici de construire une habitation commode et appropriée aux besoins les plus habituels de la vie des Égyptiens. C’est en effet la demeure d’un souverain, de Ménephthah 1er, ainsi que le disent toutes les légendes; mais c’est aussi un temple dédié à Ammon, tant le culte était lié à la royauté, tant les rois, dans la vie privée, étaient assujettis au rituel que leur imposait en quelque sorte la caste sacerdotale.

La façade de la demeure de Ménephthah , ou du Ménephtheum , est décorée d’un portique de plus de 50 mètres de longueur, formé de 10 colonnes (de 7,50 de hauteur sur 4,50 de circonférence) dont les fûts figurent un faisceau de tiges de lotus et les chapiteaux un bouton de cette plante, tronqué pour recevoir le dé. L’ordre employé dans ce portique appartient aux vieilles époques de l’architecture égyptienne, et ne le cède, sous le rapport de l’antiquité, qu’aux seules colonnes cannelées, prototypes du vieux dorique grec (****). La colonnade se termine de chaque côté par des unies qui ont à l’extérieur le talus des murs latéraux, ce qui donne à cette façade l’aspect trapéziforme de tous les édifices égyptiens. Le mur du fond est orné de bas-reliefs représentant diverses offrandes à la grande triade de 'Thèbes et autres divinités du panthéon égyptien. Le registre inférieur qui leur sert de soubassement représente les deux Nils (les hautes et les basses eaux) et les deux Égyptes (la haute et la basse), portant des offrandes au roi Ramsès le Grand et à son père Ménephthah 1er : les Nils offrent de l’eau et des lotus; les Égyptes, du pain et des fleurs, pour célébrer les panégyries solennelles du palais.

I rois portes conduisent de ce portique dans l intérieur de l’édilice , qui est divisé en trois parties indépendantes les unes des autres. La porte principale, qui correspond à l’entre-colonnement médial, donne entrée dans une grande salle soutenue par six colonnes lisses, mais du reste semblables à celles du portique, et ayant de chaque côté des chambres ouvertes sur la pièce principale, qui prend ici le nom de Manoskh , salle d’as-

(*) J'ignore la signification exacte de ce mot, qui , je crois, se rapporte aux Sarrasins , premiers conquérants de l’Égypte. Selon une tradition qui existe encore parmi les habitants de Gournah, ces Roubayq faisaient des fouilles pour chercher for renfermé dans les tombeaux; ils ouvraient les hypogées, dépouillaient brutalement la momie de ses bandelettes auprès du cou seulement, pour y chercher les bijoux, puis l’abandonnaient. On trouve dans les tombeaux qu’ils ont ouverts des statuettes brisées par eux. Mais , heureusement, ils ont épargné, dans leur dédain grossier, bon nombre d’objets précieux que l’archéologue recueille avec empressement.

(**) Pschent , coiffure symbolique des dieux et des rois égyptiens. Elle se composait de deux parties superposées, l’une blanche, emblème de la haute Égypte; l’autre rouge, emblème de la basse Égypte.

(***) Avenue pavée appelée drome ou dromos, du grec Sp6[j.o- le cours. La longueur et ia largeur des dromes, ainsi que leur décoration, variaient suivant l’importance et la destination des édifices.

(****) Voy. Champollion le Jeune. Lettres écrites d’Egypte et de Nubie , pag. 75.

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semblée , ou prétoire de justice , salle qui avait la même destination que celles qu’on a désignées sous le nom de salles hypostyles (*) dans les autres palais de Thèbes.

Derrière les colonnes, cette pièce s’agrandit de toute la profondeur des petites salles latérales, et forme une espèce de vestibule où sont percées cinq portes donnant dans quatre salles d’inégales dimensions, et dans un corridor qui conduit à une large chambre, soutenue par quatre pilastres décorés à leur base du nom du roi, alternant avec des papyrus et des lotus, symboles de la haute et de la basse Égypte. On 11e voit derrière cette salle, à (leur du sol, aucun arrachement qui légitime la restauration d’un sanctuaire, comme l’ont avancé quelques archéologues, et je suis presque certain qu’il n’y a jamais rien eu. Le manoskh et une grande partie des salles latérales subsistent encore , mais le reste de l’édifice a beaucoup souffert dans le cours des siècles.

Les deux autres portes, percées sous le portique, sont placées à des distances inégales, et conduisent aux parties latérales du palais. La partie gauche a une distribution analogue à celle des appartements du milieu, et sa décoration est due entièrement à Ramsès II, qui a consacré un petit sanctuaire à son père Ménephthah et à son aïeul Ramsès Ier, chef de la XIXe dynastie. La partie droite, presque entièrement détruite, parait avoir différé beaucoup des deux autres. Un vaste emplacement, entouré de murs décorés de bas-reliefs, parait n’avoir jamais été couvert, et contient encore un large soubassement, probablement la base d’une statue (ou d’un groupe) dont on ne voit aucun débris. Le reste de cette partie du palais était occupé par une cage d’escalier et par de petites pièces pour le service particulier.

Le palais de Gournah fut fondé par Ménephthah Ier , qui fit construire, dit la dédicace, cette habitation des années (c’est à-dire ce palais) en pierre de grès blanche et bonne , et un sanctuaire pour le seigneur des dieux (Amon-Ra). Ramsès II acheva l’édifice de son père; il fit exécuter une partie des bas-reliefs et entourer l’édifice d’une enceinte de briques crues ornée de propylons de grès. C’est ce qu’apprennent les légendes des diverses parties du monument , et en particulier celles du plafond de la salle hypostyle et la légende dédicatoire gravée sur toute la longueur de l’architrave du portique. Quelques inscriptions sculptées sur l’épaisseur des portes et des soubassements appartiennent à Ramsès 111 (Meiamoun) et à Ménephthah II (**), qui y firent des embellissements ou des réparations.

Il est probable que toute la terrasse de ce palais était occupée par des constructions en bois d’une légèreté et d’une richesse dont les représentations des hypogées (***) de Psinaula (Tell-Amarna) et les édicules qui renfermaient les images des dieux peuvent nous donner une idée. Cette partie de l’édifice, appropriée aux exigences du climat et à tous les besoins de la vie orientale, 11e servait que pendant la nuit et durant les heures les plus fraîches du jour.

La caste sacerdotale, qui tenait le monopole des sciences, était chargée de la construction des édifices. Les membres qui faisaient de l’architecture leur principale occupation, les arpédonaptes , les hiérolatomes, etc., n’ont jamais gravé leur nom sur les monuments qu’ils élevaient : l’individu disparaissait devant le collège qui réglait peut-être le plan, l’ordonnance et l’exécution. Aussi, c’est à peine si nous connaissons le nom de deux ou trois architectes égyptiens, celui d’Imaï, chargé de la demeure de Schoufou et probablement de la grande pyramide (****), et celui de Phori , basilico-grammate (secrétaire royal), chargé de l’exécution du palais de Ramsès-Meiamoun (*****). a ces deux noms, je puis ajouter celui de 3Iandouôph , scribe royal, chargé des constructions du palais de Ménephthah, intendant du mobilier, etc. Le tombeau de ce haut fonctionnaire se voit dans la vallée d’El-Assassif.

Il existe encore à Thèbes deux autres édifices moins vastes, moins complets que celui-ci, mais qui fournissent quelques détails sur la distribution, l’ordonnance et l’ornementation des palais égyptiens. L’un est un petit palais d’Amounôph II, situé près des propylées du Sud à Karnac ; il est à demi ruiné, et ne présente plus qu’un portique soutenu par d’élégants pilastres, un petit manoskh et quelques appartements

(*) Du grec {j-oc-uXo; olv.oç. Ces salles sont ordinairement très-vastes et soutenues par de nombreuses rangées de colonnes : la salle hypostyle du palais de Karnac en contient cent quarante.

(**) Champollion a remarqué sur les parois intérieures, a droite et à gauche du manoskh, les variantes du cartouche de Ramsès IF, Dont il a fait un autre lils et successeur immédiat de Ménephthah; mais ce sont les variantes des légendes d’un seul et même prince.

(***) Terme formé de deux mots grecs, c mo et pi, qui signifient sous terre. On l’emploie généralement pour désigner les sépultures creusées dans le roc.

(****) Yoy. Lenormant. Éclaircissements sur le cercueil de Mycérinus, pag. 17.

(*****) Voy. Champollion le Jeune. Lettres écrites d’Égypte et de Nubie, p. 187.

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