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Monuments anciens et modernes

L’antique ville étrusque Augusta Perusia, aujourd’hui Perugia, capitale d’une des provinces de l'État romain, située sur une montagne voisine du lac Trasimène et du Tibre, contient de riches et anciennes églises. Elles sont pour la plupart ornées de peintures et de sculptures dignes de fixer l’attention des voyageurs ; mais on en remarque une qui, par l’ensemble et le luxe de sa façade de marbre, par le bon goût qui règne dans l’architeeture et la sculpture dont elle est décorée, bien que d une étendue médiocre, présente un chef-d’œuvre de l’art du XVe siècle en Italie. Cette façade fait le sujet des deux planches jointes à cette notice : l’une en présente l’ensemble, l’autre les détails d’architecture et d’ornementation.

L’église de Saint-François-des-Nobles, à Perugia, est située à l’ouest de la ville moderne, au pied de la colline sur laquelle on voit encore les restes des murs antiques d’Augusta Perusia. Nous ignorons lepoque de la fondation de ce monument, et les parties les plus anciennes, encore debout, datent du moyen âge. L’édifice est peu considérable ; il ne présente qu’une seule nef, sur les parties latérales de laquelle sont disposées de nombreuses chapelles. Les constructions anciennes sont établies avec des marbres de deux couleurs, placés de manière à former des compartiments variés. Un porche, décoré de colonnes, donne accès dans une partie de la nef; auprès s’élève un clocher fort simple, de construction moderne, et qui n’est pas eu harmonie avec le reste de l’édifice.

La noblesse de Perugia fit construire la façade en marbre de cette église, en 1461, comme le note l’inscription placée dans la frise supérieure. Un tableau remarquable, qui se voit dans la nef et qui date de cette époque, indique une cérémonie religieuse qui aurait eu lieu lors de la consécration du monument. On y voit la noblesse en grand costume; deux personnages importants y assistent : l’un parait être un prince , à en juger par son long et riche manteau ; l’autre , très-simple, pourrait être l’architecte. Des religieux , des femmes, un évêque et son clergé assistent à cette cérémonie, qui est accompagnée de musique militaire; la façade de l’église occupe tout le fond de la scène ; elle est reproduite avec le pl is grand soin.

L’ensemble de l’architecture se compose de quatre marches qui s’élèvent au-dessus du sol , d’une immense arcade dont le fond est clos et très-orné de sculptures. Deux portes, de dimensions ordinaires, sont percées au-dessous del imposte, et donnent entrée dans la nef ; des contre forts peu saillants occupent les angles de la façade, et supportent un entablement complet , surmonté d’un fronton. Le tout est protégé contre la pluie par un toit très-saillant, aujourd’hui fort simple, mais orné autrefois do riches caissons en bois, peints en rouge et en bleu, et placés deux à deux entre les pièces de charpente. Ces détails de l’ancienne couverture se voient dans le tableau dont nous avons déjà parlé.

Les corniches qui encadrent le fronton offrent de beaux profils, dont les moulures sont découpées en oves et en denticules. Les dimens:ons qu elles présentent sur la première planche nous ont fait juger superflu c’e les reproduire en grand sur la planche des détails. Le tympan qu elles en aloppent est entièrement peint en bleu; au milieu, le sculpteur a figuré le Christ assis et bénissant de h main droite; sa tête est nimbée, et des rayons lumineux qui l’entourent forment une auréole elliptiqu e ; deux auges sont en adorat.on à ses to.és. Ces figures sont en marbre blanc.

Au-dessous de l’entaùlement complet qui porte le fronton , se présentent les deux contre-forts saillants placés aux angles de la façade. L’un et l’autre se décorent de quatre niches ornées de colonnes torses, de frontons et de coquilles; quatre statues remplissent les refouillmnents semi-circulaires : ce sont un ange, une sainte, deux évêques ; chaque niche est supportée par trois consoles que séparent d. riches ornements. Un détail de cette partie de la façade est gravé pl. II, fig. 4; il concerne le rez-de-chaussée. Les colonnes torses sont toutes surmontées, au-dessus de leurs chapiteaux, d’un vase arabesque, dent la lig. 9 fait connaît 3 la forme. Au-dessous des niches supérieures sont de petits bas-reliefs représentant des scènes religieuses ; les fonds sont peints en bleu. A rez-de-chaussée , la partie inférieure des contre-forts est décorée d’un caisson carié, contenant une large couronne de feuilles et de fruits, dont le milieu est occupé par une chimère, assemblage fantastique de l’aigle et du lion. La fig. 11, pl. If, en fait voir la dispos., on et le style. Un riche soubassement, orné de guirlandes (fig. 10), est commun aux contre-forts et aux piliers de la grande arcade centrale ; les profils de la lig. 8 sont ceux de cette base générale de la façade.

La clef du grand arc est une console, qui, sur le devant, porte une belle feuille d’acanthe; l’archivolte, dont la moitié externe est en marbre blanc, et le reste, en marbre rouge, se décore d’oves et de denticules, comme la corniche supérieure. L’arc-doubleau contient de nombreux caissons carrés, ornés de rosaces, d’oiseaux, de vases, sculptés en blanc sur fond bleu. Dans les angles formés par les contre-forts et le cintre de l’archivolte

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