‹ Monuments anciens et modernes (volume 3)Chapitre 2 sur 55 · MONUMENTS DE LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

MONUMENTS DE LA RENAISSANCE

sont deux larges couronnes de feuilles contenant des lions ailés portés sur des consoles; une guirlande relie chacune de ces couronnes à la clef de la voûte.

Le milieu du cintre est occupé par une statue de saint François entourée d’une auréole déformé elliptique, des âmes en prières se dirigent vers lui, et de nombreuses têtes ailées les accompagnent ; toutes ces sculptures, en marbre blanc, se détachent sur un fond peint en bleu.

Le cintre est soutenu pat une imposte qui règne sur toute l’étendue de la façade, et contient des tètes d’anges reliées deux à deux par des guirlandes de feuillages ; les deux pieds-droits de l’arcade présentent, comme l’arcdoubleau, un léger ébrasement, et sont divisés chacun en six panneaux , dont trois sur le devant, et un même nombre sur la face biaise. La sculpture orne toutes ces divisions ; on y a figuré des anges faisant de la musique, et des vertus chrétiennes. Les motifs placés à l’extérieur sont simplement encadrés de moulures ; les autres ont été placés dans des niches très-ornées, que limitent des pilastres en marbre vert, dont plusieurs chapiteaux sont gravés sur la planche II, fig. 1, 2 et 3. Toutes ces sculptures sont d’une exécution remarquable, tant par kur effet, qui est produit avec très-peu de relief, que par la pureté du dessin et l’inspiration chrétienne qui les caractérise; la finesse et la légèreté des plis ne peuvent se comparer qu’à celle qu’on admire dans les sculptures de Jean Goujon. On remarque particulièrement deux de ces sujets : l’un , situé à l’extérieur, représente des figures ailées qui jouent de la mandoline et du tambourin ; l’autre sujet, placé dans une niche, représente la Prière sous les traits d’une jeune femme svelte et drapée avec élégance; les mains sont jointes, et la tète, légèrement dirigée vers le ciel, présente une expression de ferveur parfaite. Le sculpteur , pour compléter sa pensée , a mis auprès de cette femme un enfant et un chien , qui s’attachent en divers sens à ses vêtements, les tirent chacun de leur côté, sans la déranger de ses pieuses pensées. Nous regrettons que les dessins de ces sculptures, que nous avons recueillis comme les autres détails, n’aient pu trouver place dan» ia seconde planche jointe à cette notice.

Le sol compris entre la marche supérieure et le pied de la façade est pavé en marbre formant une mosaïque, dont le dessin, gravé à la fig. 13, se compose de deux tons : les étoiles sont jaunes, et les croix qui les séparent, rouges. Dans l’épaisseur de l'ébrasement formé parla grande arcade, le dessin du pavé change; la fig. 12 le reproduit : les trèfles sont rouges et les intervalles jaunes. Après avoir franchi ces deux zones de pavage, on arrive à deux portes semblables ; les chambranles sont ornés de rinceaux sortant de vases richement sculptés; on en voit un fragment à la figure 5. Ces feuillages se réunissent au milieu du linteau, auprès d'un cercle contenant une croix grecque. L’épaisseur des chambranles contient des palmiers (fig. 6), autour desquels grimpent des lierres. Latéralement aux chambranles, pendent de l’imposte deux larges guirlaudes de fruits et de Heurs, représentés à la fig. 7. Trois bas-reliefs contenant des sujets religieux occupent le champ qui sépare le sommet des portes de la ligne d’imposte ; les figures s’y détachent sur un fond bleu.

La gravure de la façade reproduit, autant que l’a permis le burin, les différents tons que présente ce monument. L’ensemble de la construction est en marbre rouge; les membres de l'architecture sont blancs; les bas-reliefs, blancs de même, ont reçu tous une teinte bleue dans les fonds ; cette polychromie produit l’effet le plus agréable, probablement parce que l’édifice, situé dans un lieu retiré de la ville, y est environné d’une riche végétation, et s’harmonise avec un beau fond de montagnes et un vaste horizon. Placé dans une rue, au milieu de maisons, et privé d’air, il serait tout autre. Devant ce monument, plus que partout ailleurs, on peut avoir une idée exacte de l’effet que devaient produire dans l’antiquité les temples de l’Asie, de l’Afrique et de la Grèce, lorsque la polychromie, y répandant les plus vives couleurs, les mettait en accord avec le beau ciel et les riches végétaux de ces contrées.

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