‹ Monuments anciens et modernes (volume 3)Chapitre 34 sur 55 · TOMBEAU DE LOUIS XII A SAINT-DENIS · texte numérisé non relu

TOMBEAU DE LOUIS XII A SAINT-DENIS

tes ornés de tables en marbre vert. 11 est orné de bas-reliefs bien connus, représentant les campagnes de Louis XII en Italie. On y remarque surtout la bataille d’Agnadel et le triomphe du roi entrant à Gènes. Les figures de ces bas-reliefs portent un costume de convention, dans le goût antique.

Sur le soubassement, s’élève un ordre composé d’arcades laissant voir le sarcophage, que recouvre une voûte plate à caissons. Ces arcades sont au nombre de quatre sur chaque grande face, et de deux seulement sur les petites. Elles portent sur des piédestaux dont le dé est orné d’arabesques. Leurs pieds-droits sont garnis, sur leurs quatre faces, de pilastres à base attique, dont les fûts sont aussi couverts d’arabesques généralement maigres et d’une exécution peu habile, mais dont les motifs sont nombreux. On y voit des instruments de musique, les armoiries de France, des canons, des arquebuses en même temps que des vases antiques, des tètes de victimes, des casques, des arcs, des flèches et jusqu’à l’inscription des étendards romains, parodiée de cette façon: S.P.Q.F. Les pilastres latéraux sont moins hauts que ceux de face ; ils sont couronnés par une imposte qui reçoit la retombée d’arcs plein cintre, dont les clefs sont en agrafe etles tympans ornés d’arabesques et de figures de renommées.

Les chapiteaux des pilastres sont capricieusement composés ; quelques-uns le sont avec élégance. Ils sont tous garnis de feuilles d’acanthe dont les contours sont mous et peu gracieux. Au centre de leur tailloir est un fleuron , et les ornements de leurs angles sont contournés en volute. L’entablement sur lequel les pilastres font ressaut a son architrave ornée de perles, d’olives et de feuilles d’eau, ainsi que sa corniche d’oves et de gousses Sur la frise on lit l’inscription suivante :

LVDOVICVS XII DEI GRATIA FRANCOR VM REX OEIIT ANNO SALVTIS MDXV ANNA BRITANNIÆ DVCIS FIEIA VXOR LVDO VICI XII OMIT ANNO SALVTIS MDXIV.

Le sarcophage, de forme scaphoïde, est aussi en marbre blanc, moins la corniche, qui est en marbre gris. Il est orné de godrons saillants et porte au centre sur un sphéroïde uni, et à ses extrémités sur des pattes de lion.

Les statues qui ornaient le mausolée étaient au nombre de vingt : t° les deux statues de Louis et d’Anne, en costume royal, agenouillés les mains jointes devant un prie-Dieu. Ces figures sont des portraits et conséquemment d’un grand intérêt ; 2° les deux statues des mêmes persounages tels qu'ils devaient être après avoir séjourné dans le tombeau. Ils sont représentés couchés sur leurs suaires , la tête renversée en arrière et les mains croisées comme les ont ordinairement les cadavres. L’artiste a voulu rendre la mort dans ce qn’elle a de hideux ; il l’a fait avec un rare talent. Ces chairs affaissées, ces traits flétris, cette ouverture béante pratiquée au bas du thorax pour l’embaumement et d'où s’échappent des vers (*), tout cela est rendu avec tant de vérité, qu’on ne peut se défendre, en le regardant, d’un sentiment d’horreur, que la raison transforme bientôt eu admiration profonde; 3° les quatre vertus cardinales, placées d’abord sur les angles du soubassement, puis enlevées, et aujourd’hui placées sur des piédestaux à l’entrée du chœur. Ces figures lourdes ne nous paraissent pas dues aux mêmes ciseaux que les autres. Elles sont caractérisées : la force, par une colonne sur laquelle elle s’appuie et la peau de lion qui couvre ses épaules ; la justice, par un globe et une épée ; la tempérance, par un frein et une horloge ; la prudence, par un serpent et un miroir ; 4° les douze apôtres : saint Pierre avec ses clefs ; saint Barthélemy et saint Paul, tous deux avec une épée et un livre ; saint Philippe tient un cailloudans sa main : il fut lapidé ; saint Jacques le majeur porte la panetière ; saint Matthieu, son évangile; saint Jacques le mineur a sa massue ; saint André, sa croix; saint Thomas, patron des architectes, tient une équerre dans sa main gauche; saint Mathias est caractérisé par une lance et un livre; saint Jean, par son évangile, et enfin saint Simon, par sa scie. Toutes ces figures sont horriblement maniérées ; elles affectent des poses impossibles, et présentent des fautes nombreuses de dessin : le saint Jean a le cou si démesurément long qu’il en est grotesque. Les tètes manquent complètement de noblesse, à l’exception d’une ; celle de saint Philippe est même si ignoble, qu elle est un sujet de plaisanterie pour le vulgaire.

Quatre épitaphes, gravées sur des lames de plomb, fondues en 1793, existaient dans le caveau pratiqué audessous du monument et destiné à renfermer les corps. ÏXous citerons seulement les deux suivantes ; on peut trouver les autres, qui sont beaucoup plus longues, dans l’ouvrage d Al. Lenoir.

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