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CATHÉDRALE D’YORK
Depuis une époque fort reculée , la cité d’York a occupé une des premières places parmi les villes de la Grande-Bretagne. Peu de temps après la conquête des Bomains, elle fut choisie comme siège du gouvernement impérial. Parmi les motifs qui lui valurent cette distinction, il faut sans doute compter son heureuse position sur une rivière navigable, se jetant dans la seule des mers d’Angleterre qui fut parcourue par les vaisseaux romains. York, d’ailleurs, était une excellente station pour les armées destinées à repousser et à réduire les farouches habitants de la partie septentrionale de l'ile. Placée sur le vaste territoire des Brigantcs, qui s’étendait d’une mer à l’autre, elle reçut sans doute une garnison dès que Petilius Cerealis, débarqué vers l’an 71 , sous le règne de Vespasien, eut soumis ces peuples après de nombreux et sanglauts combats, dont parle Tacite. Cependant, on ne la trouve positivement désignée par son nom latinisé Eboracum , que vers la fin du troisième siècle : il est néanmoins fait mention d’un Eboracum dans l’itinéraire d’Antonin.
Sous la domination romaine, la ville d’York acquit progressivement une grande importance. C’est dans ses murs qu’en 214 fut enterré l’empereur Sévère, après sa malheureuse expédition contre les Calédoniens. C’est également après une campagne contre ces peuples, que l’empereur Constance Chlore y fixa sa résidence et y mourut en 306, laissant l'empire à son fils Constantin le Grand, qui y fut déclaré empereur.
Quoique tout porte à croire que la religion chrétienne se répandit dans la Grande-Bretagne, peu de temps après la conquête, il n’existe cependant aucune preuve incontestable qu’elle y ait acquis une certaine stabilité avant le règne de Constantin. Mais elle fit vraisemblablement de grands progrès sous cet empereur, car lorsque, à propos de l’hérésie des Donatistes, il convoqua à Arles, en 31 4, un concile général, parmi les prélats assemblés s’en trouvèrent trois anglais, dont un, Éborius, était évêque d’York.
Toutefois, ce n’est qu’à la piété d’Edwin, le roi saxon de Northumbrie, qu’est due la fondation de la cathédrale. Converti à la religion chrétienne par l’influence d’Ethelburga, sa femme, qu’avait accompagnée, depuis la cour de son père, un prêtre étranger nommé Paulin , il fut baptisé par ce dernier en présence d’une foule de peuple, le jour de Pâques, 12 avril 627, dans une chapelle en bois construite à la hâte et dans ce but. De cette époque date l’établissement régulier d’une église dans la ville d’York, car, à*l’oratoire en bois, Paulin obtint du roi qu’on substituerait une église plus vaste, qui fut commencée immédiatement.
La conversion d’Edwin eut les plus heureuses conséquences : une multitude de ses sujets furent instruits et baptisés par Paulin, dont les succès ne cessèrent de récompenser le zèle, jusqu’au moment où son protecteur, ayant eu ses États envahis par Cadwalla, roi de Galles, allié à Penda, roi des Merciens, fut tué dans un combat livré près d’York, événement qui eut lieu en octobre 633. La tète de l’infortuné monarque fut portée à l’église, qu’on était alors en train de bâtir, et elle y fut dévotement enterrée dans l’aile ou portique du pape Grégoire.
La mort d’Edwin, qui fut suivie d’épouvantables massacres , fut un coup terrible porté à l’existence du christianisme dans l’Heptarchie. Cependant, il y avait déjà poussé des racines trop profondes pour être anéanti complètement, et l’église d’York, après être restée une trentaine d’années sans pasteur, devint de nouveau florissante lorsque Oswald eut délivré son pays. Le célèbre Wilfrid, dont la vie fut marquée par une suite singulière de vicissitudes, contribua beaucoup à ce résultat. C’est sous le gouvernement de ce prélat que commença la querelle entre les archevêques d’York et ceux de Canterbury, querelle dont il fait bien souvent mention dans l’histoire des deux diocèses, et qui avait pour objet la suprématie en matière de juridiction ecclésiastique- Cette contestation ne fut jugée définitivement que sous le règne de Guillaume le Conquérant. Ce prince ayant uommé Thomas, son chapelain, au siège d’York, celui-ci refusa l’obéissance à Lanfranc, archevêque de Canterbury. Les deux prélats se rendirent alors à Rome pour y plaider leur cause devant le pape; mais celui-ci renvoya l’affaire à la décision du roi, qui assembla un concile à Meden, où Thomas fut définitivement condamné.
L’équité de cette sentence ne parut point incontestable à Gérard, successeur de Thomas, car il refusa longtemps de s’y soumettre, et s’il le fit, à la fin, ce ne fut que sur l’ordre exprès du Saint-Siège. L’archevêché d’York doit beaucoup aux libéralités de ce prélat. Ce fut lui qui obtint du roi le bénéfice inféodé de l’église de Lauglon, et ajouta à son diocèse les églises de Driffield, Killam, Pocklington, Pickering et Burgh. Thomas II, qui vint après lui, montra la même résistance au jugement du concile de Meden ; il fut également obligé de se soumettre, mais non pas toutefois sans avoir été excommunié par le pape Anselme, qui mourut en le laissant sous le coup de 1 interdit. Cet archevêque fit de nombreux règlements dans son diocèse; il établit deux prébendes, plaça des chanoines à Vexham, et fit de nombreuses donations de terres au collège de Southwell, pour lequel il acheta du roi les mêmes privilèges dont jouissaient les prébendes d’York, de Ripon et de Beverley.
— STYLE OGIVAL DE L’OCCIDENT
L’histoire du diocèse d’York ne présente plus qu'un intérêt secondaire jusqu a l’époque de la réforme. On vit alors (en 1 5 1 4) le fameux Thomas Wolsey , installé par procuration sur le siège d'York ; mais le cauteleux prélat tout entier aux intrigues qui finirent par sa disgrâce, ne visita jamais officiellement cette ville. Sous son successeur, Edward Lee, l’aliénation générale des biens du clergé priva le siège d’York des manoirs de Beverlev, Southvvell, Skidly et de Bishop Burton. Lee ne paraît pas avoir favorisé la nouvelle religion ; mais il en fut autrement de Bobert Holyate, qui le remplaça et qui fut dévoué à Henri VIII. Dépossédé sous la reine Mary, il fut contraint de céder sa chaire à Nicolas Heatb, dont l’élection fut confirmée par une bulle du pape Paul IV, datée de juillet 1555; c’est la dernière de ce genre que possèdent les archives de l’archevêché.
Parmi les autres prélats qui se sont succédé jusqu’à nos jours, on distingue encore Thomas Young, le premier qui a ouvertement professé le protestantisme ; John Williams, sous la république, qui, tour à tour, se montra partisan et ennemi de la royauté; et enfin Acccpted Frewen, fils d’un ministre puritain, qui dépensa quinze mille livres à réparer les ravages que la cathédrale avait soufferts pendant le protectorat.
Nous avons déjà dit qu’à la prière de Paulin, Edwin, pour remplacer le petit oratoire construit en bois, où il avait reçu le baptême, fit commencer autour uu édifice de plus vastes dimensions ; mais les murailles en étaient à peine élevées lorsque ce roi mourut, et ce ne put être ainsi que son successeur Oswald, mort en 642, qui acheva la nouvelle église. Elle présentait, dit Bède, une forme quadrangulaire, disposition qu’offraient vraisemblablement toutes les églises saxonnes, et n’était sans doute qu’une bien chétive construction, puisqu’elle tombait déjà en ruine du temps de Wilfrid , élu évêque en 669. Il résulte, eu effet, du témoignage d’Eddius, qui écrivait vers 720, que les poutres de la toiture étaient alors pourries, les murailles dégradées, les fenêtres dégarnies de vitraux, de sorte que l’intérieur de l’église était exposé à toutes les intempéries de l'air et servait de refuge aux oiseaux. Wilfrid, qui ne fut pas seulement un prêtre éminent, mais qui possédait encore, comme tous les autres prélats de son époque, des connaissances en architecture , et bâtit les églises de Bipon et de Hexham, dont la grandeur et la richesse firent naître l'admiration de ses contemporains; Wilfrid déploya beaucoup de zèle dans la restauration de sa cathédrale. Il consolida les murailles, rétablit la charpente du toit qu’il revêtit de plomb, remplaça les vitres des fenêtres et blanchit les murailles (*).
En 741, le monument réparé par Wilfrid devint la proie des flammes. Quelques années après, l’archevêque Egbert en entreprit la reconstruction, terminée seulement sous son successeur Albert, dont la mort eut lieu dix jours après la consécration de l’édifice. La direction des travaux avait cette fois été confiée à Eanbald, qui, plus tard, fut élu évêque et devint célèbre sous le nom d’Alcuin. Il a laissé dans un de ses ouvrages (**) la description de la basilique dont il avait doté sa ville natale : il la dépeint comme étant d’une hauteur considérable, soutenue par des colonnes et des arcades, couverte d’une voûte et percée de larges fenêtres.
Depuis ce moment et pendant près de trois siècles, on ne trouve plus de documents historiques relatifs aux changements et aux réparations qui durent avoir lieu à la cathédrale ; mais il est à croire que, de même que les autres églises, elle eut cruellement à souffrir des ravages exercés par les Danois durant cet intervalle.
Eu 1069, les habitants de la Northumbrie ayant sollicité l’assistance de ces féroces guerriers pour secouer le joug que faisait peser sur eux Guillaume le Conquérant, une révolte terrible éclata. La garnison normande, réfugiée dans le château d’York, y fut assiégée par les alliés. Forcés alors de démolir les maisons voisines qui gênaient leur défense, les Normands eurent recours au feu pour les détruire; mais l’incendie qu’ils avaient allumé, s’étendit bien au delà des limites dans lesquelles on voulait le contenir ; il anéantit la plus grande partie de la ville, et l’église métropolitaine fut enveloppée dans la ruine générale.
Peu de temps après ce malheur, Thomas, chanoine de Bayeux et chapelain du roi, fut nommé archevêque. Grâce à ses efforts, la cathédrale se releva de ses ruines plus vaste et plus élégante que jamais ; mais cette ère de prospérité ne dura pas ; la malheureuse église fut de nouveau détruite par un incendie effroyable, qui consuma en même temps l’abbaye de Sainte-Mary et trente-neuf églises paroissiales.
Les successeurs de Thomas, désireux de rebâtir leur métropole, s’efforcèrent de trouver l’argent nécessaire
(*) Nam culmina antiquata tecti distillantia, fenestræque apertæ avibus nidificantibus vitro et foras volitantibus , et parietesincultæ omni spurcitia imbrium et avium horribiles manebant.Vidensque liæcomnia sanctus Pontifex noster ( IVilfridus }, secundum prophelam Danielem, « horruit spiritus ejus » in eo quod donutm Dei et orationis quasi speluncam latronum factam cognovit, et mox juxta voluntatem Dei emendare excogitavit. Primum culmina cornipta tecti renovans, arlificiose plumbopuro tegens, per fenestras introitum avium et imbrium vitro prohibuit, per quodtamen intro lumen radiebat. Parietes qvoque lavans, secundum Prophetam, « super nivem dealbavit. » — Vit a S. JVilfridi Epis. Ebor., auctore Eddio Stephano.
(**) De Pontificibus et sanctis Ecclesiæ Eboraccnsis.
- CATHÉDRALE D’YORK
pour mettre à execution leur projet; ils eurent recours, pour cela, à la vente des indulgences, source abondante à laquelle on puisait toujours en pareil cas. Cependant ce ne fut qu’en 1171 que les travaux furent recommencés. C’était la cinquième fois qu’on se mettait à l’œuvre. L’arclievèque Roger vivait alors ; il réussit à bâtir le chœur avec ses voûtes. En 1227, Walter Grey, au moyen d’une nouvelle émission d’indulgences, parvint à élever le croisillon du sud. Celui du nord ne le fut que sous le roi Henri III ; son érection est duc à John le Romaine, trésorier de l’église , qui l’acheva en 1260, et qui fit également bâtir , sur la croisée , une belle tour qu’a remplacée celle que l’on voit aujourd'hui. Son fils John leRomayne, qui fut archevêque d’York, jeta les fondements de la nef, le 7 avril 1291 ; son successeur poursuivit activement les travaux, qui durèrent environ quarante ans, comme l’indique cette inscription qu’on a conservée dans la sacristie :
AN. DOM MCCXC1.
INCEPTUM NOYUM CPUS CORPORIS ECCL. E1JOR.
PER JOHANN EM ROMANUM ARCHIEPUM EJUSDEM ET INFRA XL ANNOS QUASI COMPLETUM PER W1L LIELMUM DE MELTON ARCLTEPISCOPUU.
Ce dernier prélat contribua, dit-on, à la dépense, pour une somme de sept cents livres. La libéralité dont il fit preuve trouva de nombreux imitateurs, au nombre desquels il faut mentionner Robert de Yavasour, qui consentit à ce que l’on prit dans la carrière qu’il possédait près de Tadcaster , non-seulement toutes les pierres nécessaires à la construction de l’église, mais encore celles dont on aurait besoin plus tard pour la réparer. Robert de Percy, lord de Bolton, fit une concession semblable pour les bois que produisait sa forêt de Bolton : ils furent employés dans la charpente des combles. Pour reconnaître une pareille générosité, des statues furent élevées à ces deux seigneurs en même temps, à l’extrémité orientale de la cathédrale et à son portail occidental. Ils y furent représentés, l’un portant une pièce de bois et l’autre un bloc de pierre. Ces statues étant devenues très-frustes, on a eu, en 1813, la déplorable idée de les descendre de leurs niches et de les remplacer par des neuves.
L’archevêque, John Thoresby, à son avènement, qui eut lieu en 1352, prit la résolution de démolir le vieux chœur de l’archevêque Roger, et de le remplacer par une construction plus en harmonie avec l’élégance des autres parties de l’église. Dans ce but, il publiaun bref, daté du 1er mars 1352, pour solliciter et recueillir des aumônes. S’étant ainsi procuré une somme considérable, le vieux chœur fut abattu en conséquence d une détermination prise par le chapitre, et, le 29 juillet 1361, l’archevêque posa la première pierre du nouveau (*). Dans la même année, il accorda une indulgence de quarante jours à tous ceux qui contribueraient à son œuvre par leurs libéralités, et, plus tard, il fut encore aidé par le pape Innocent VI, qui accorda des indulgences de deux ans et de deux fois quarante jours, applicables aux mêmes fins. Dans le même dessein, le chapitre établit aussi un impôt du vingtième sur tous les bénéfices ecclésiastiques de sa juridiction. Urbain V accorda une indulgence d’un an en 1366, et Urbain VI attribua au doyen et au chapitre, pendant l’espace de dix années, les revenus de l’église de Misterton. Enfin, Walter Skirlaw, alors archidiacre d’East Riding, fit une large donation, et Thoresby lui-même dépensa plus de dix-sept cents livres de son propre argent. Il consentit également à ce que les matériaux provenant de son manoir de Shireburn, qui était alors en partie ruiné, fussent employés dans les travaux du nouveau chœur.
Ces ressources et d’autres de même nature permirent à l’archevêque et à ses successeurs , non-seulement de construire le chœur qui existe encore aujourd’hui , mais aussi de démolir la vieille tour centrale, élevée par John le Romayne, et de la remplacer par l’élégante tour en forme de lanterne, placée au-dessus de la croisée. Celle-ci fut très-probablement bâtie par Walter Skirlaw, prébendier de Feuton, et à ses frais ; ses armoiries se voient à l’intérieur, dans les tympans des grands arcs de la croisée. Le reste de l’édifice, à l’exception des tours de la façade, à l’ouest, fut achevé entre l’année 1405, époque à laquelle l’archevêque Bowett, dont on retrouve les armes sculptées et peintes sur des vitraux, fut nommé au siège d’York, et l’année 1 426, où le doyen et le chapitre firent don du dixième de leur revenu pour servir à l’enti’etien de la nouvelle construction. Les
(*) Une inscription rappelant ce fait et ainsi conçue se voit encore dans la sacristie:
AN. DOM. MCCCLXI. INCEPTUM EST NOVUM
OPUS CHORI ECCL. EBOR. PER JOHANNEM DE THllRSBt
ARCIIIEPISCOPUM.
Jours du portail ont probablement été élevées par John de Birmingham, vers 1402. Son nom, avec une figure d’ours, est sculpté sur la face occidentale de la tour du sud.
Aucun document historique n’établit positivement la date de l'érection de la magnifique salle capitulaire, laquelle est généralement attribuée à l'archevêque Walter Grey, dont on croit voir la ligure dans une verrière au-dessus de la porte d’entrée. Cependant cette partie de la cathédrale, et la galerie qui y conduit, sont évidemment postérieures à la mort de Grey.
La salle qui sert de sacristie était primitivement une chapelle que, vers 1350, l’arcbevêque Zouch fonda avec l’intention de s’y faire enterrer; mais il mourut avant son achèvement. L’ancienne construction a été démolie à l’époque de la rééducation du chœur, et celle qui existe maintenant fut bâtie à sa place par les exécuteurs testamentaires de Zouch, qui la dotèrent comme chanterie.
L’ancien pavement de l’église, qui renfermait jadis un grand nombre de pierres tombales, ayant été complètement dégradé pendant les guerres du seizième siècle et du dix-septième, on a été dans la nécessité de le remplacer. Celui qu’on voit actuellement, et qui n’est nullement en rapport avec le style de l’édifice, est l’ouvrage d’un M. Kent, qui l’a exécuté eu 1730, sous la direction de lord Burlington.
Un grand nombre de fenêtres c!e l'église possèdent encore des vitraux de couleur, et tout porte à croire quelles en possédaient toutes dans l’origine. La plupart des verrières datent de l’époque même où furent construites les baies qu’elles garnissent. On conserve encore dans les archives de la cathédrale un document qui établit l’époque, 1 405, et les conditions de l’exécution de celles qui ornent les grandes fenêtres de l’est.
La bibliothèque actuelle était d’abord une chapelle appartenant au palais épiscopal. Laissée longtemps dans un état de ruine, elle a été restaurée il y a quelques années, par le doyen et le chapitre. C’est maintenant un beau et curieux spécimen de l’architecture ogivale primitive. La première bibliothèque de la cathédrale a été fondée par Albert ; elle renfermait la collection de son prédécesseur Egbert, et Alcuin, dans le poëme que nous avons déjà cité, en fait l’éloge. Elle fut détruite avec l’édifice qui la contenait, dans l’incendie allumé par les Normands, en 1069. Une autre, formée par les soins de l'archevêque Thomas, éprouva le même sort en 1137. A partir de cette époque, il n’est plus question de la bibliothèque de l’église jusque sous le règne de Henri Vïll, où Leland la dépeint comme ne possédant presque aucun bon ouvrage. Elle a été, depuis, beaucoup augmentée par des dons particuliers.
La cathédrale d’York, autrefois dédiée à saint Pierre, passe, avec raison, pour la plus magnifique basilique de l’Angleterre. C’est, en effet, un des types les plus grandioses et les plus parfaits de style ogival, qu’on puisse trouver dans ce pays. Placée sur un terrain uni, sa niasse gigantesque s’élève, dit M. Britton, - comme une montagne au milieu d’une plaine. » Ce n’est toutefois qu’à une assez grande distance qu’on peut jouir de ce spectacle, en embrassant l’ensemble de l’édilice, car ses abords encombrés ne permettent pas qu’on juge de près de l’effet que sont destinées à produire ses grandes lignes.
Son plan, d’une régularité remarquable, qu’accidentent à peine quelques adjonctions, a la forme d’une croix latine, dont la branche transversale, ou transsept, a, environ, la moitié de la longueur totale de la branche longitudinale. La nef, qui offre cette disposition rare, qu’elle est un peu moins longue que le chœur, est, comme ce dernier et comme le transsept, divisée en trois ailes, dont celle du milieu a, en largeur, le double de chacune des autres. L’église est dépourvue d’apside; elle se termine carrément à l’est, et son axe ne présente aucune déviation. Les dimensions générales du monument sont (hors-œuvre), delà façade occidentale à l’extrémité orientale 157'" 50, de la façade du croisillon nord à celle du croisillon sud 73m 25.
La façade offre la disposition trinitaire habituelle. Les parties latérales, formées par les bases des tours , sont flanquées d’énormes contre-forts , carrés en plan , ornés de quatre rangs de niches élégantes superposées, et terminés par des frontons aigus dont, de même que tous ceux de la façade, les rampants sont garnis de crochets, et le sommet est couronné par un fleuron. En élévation, les bases des tours sont divisées en quatre étages : le premier, formé par des portes eu ogive dont les pieds droits sont garnis de colonnes engagées , disposées sur un plan biais ; le second , par une fcuètre à trois jours , dont les meneaux sont reliés par des arcs trilobés, et dont le réseau est composé de trois roses tétralobées. Cette fenêtre est surmontée d'un riche fronton. Au-dessus règne une rangée de dix niches; et le quatrième étage est formé par uue fenêtre à quatre jours, avec fronton, et dont le réseau porte le cachet du style flamboyant français. Des créneaux, ornés de panneaux, complètent cette partie de la façade. Ce genre d’ornement, car il est bien évident ici que ces créneaux n’ont point été construits dans un but de défense, ce genre d’ornement, disonsnous, est très-caractéristique des monuments anglais d’une époque avancée.
— CATHÉDRALE D’YORK
Les tours, butées par des contre-forts à trois retraits successifs, n’ont qu’un étage percé d’une grande baie en ogive, surmontée d’un arc en talon garni de crochets et qui se termine par un pédicule fort élevé. Ces baies, divisées dans leur largeur par deux meneaux, et dans leur hauteur par une précinction horizontale ornée d’arcs subpolylobés , présentent un réseau intéressant , en ce qu’il est propre à l’architecture anglaise. Il est formé particulièrement par quatre petits arcs aussi subpolylobés, dont les pieds droits ne sont que la continuation des meneaux, qui atteignent ainsi l’intrados de la baie, circonstance très-caractéristique, puisqu’elle est celle sur laquelle Rickman s’est fondé pour proposer la dénomination de style perpendiculaire, qu’il applique à celui qui fut en usage dans la Grande-Bretagne depuis la fin du XIVe siècle jusque vers le milieu du XVIe. Les tours se terminent, non par une balustrade, comme cela aurait lieu en France, mais encore par des créneaux ornés, soutenus par une corniche. Des merlons des angles et de ceux du milieu des faces s’élèvent de gracieux pinacles ; mais malheureusement ceux des angles sont plus élevés que les autres, de sorte que l’ensemble, au lieu de pyramider, comme c'est le génie de l’architecture à ogives, fait exactement le contraire. Les tours d’York sont élevées de 59m60 ; elles ressemblent beaucoup à la célèbre tour de Bolton (*).
La partie centrale de la façade n’a que trois étages. Le premier consiste dans la porte, divisée en deux par un trumeau formé de colonnes engagées qui reçoivent la retombée de deux arcs secondaires subtrilobés , et dont la sübtrilobure est encore garnie de contre-lobes; bizarrerie qu’on ne rencontre pas en France. LTne rosace vitrée et dont les meneaux dessinent trois grands et trois petits trèfles à lobes cymatiformes, est percee dans le tympan de l’arc principal dont la voussure est garnie de violettes, d’enroulements et de petites niches. Au-dessus s’élève un fronton dans le champ duquel sont pratiquées cinq niches d’inégale hauteur, et dont la plus haute , naturellement placée au milieu , abrite une figure d’archevêque tenant d’une main un modèle de l’église et bénissant de l’autre. A droite et à gauche du tympan sont les statues de Vavasour et de Percy. Près d eux sont sculptés des écussons, et au-dessus de ces écussons sont deux figures assises et en haut relief. Les dimensions de la porte centrale semblent mesquines, parce qu’elle est en quelque sorte écrasée par la grandeur considérable de la fenêtre qui se trouve au-dessus. Celle-ci , divisée en huit jours par sept meneaux, dont celui du milieu est plus gros que les autres , est d’un magnifique effet ; cependant son réseau 11e nous semble que médiocrement heureux quant au motif ; elle est surmontée d’un fronton fort élégant dont le sommet dépasse une balustrade crénelée qui continue celle de la base des tours. En retrait de cette balustrade est placé un gable obtus, crénelé aussi, et dont le sommet porte un pinacle.
En somme, la façade de la cathédrale d’York est une des plus riches qui existent. N’ayant point une seule des parties de son parement qui ne soit décorée de panneaux ou de niches dont peu, au reste, ont jamais été garnies de statues , elle offre , par la multiplicité des sculptures dont elle est chargée , un aspect magnifique , mais qui néanmoins prête à la critique par trois grands défauts : la gaucherie de l’amortissement des tours, la petitesse de la porte principale, et l'énorme saillie des contre-forts.
La nef est divisée en sept travées (**). Chacun de ses piliers , formé d’une réunion de seize eolonnettes de quatre grosseurs différentes (voyez la coupe, planche Ire), reçoit la retombée d’un grand arc ogive, dans les tympans duquel sont sculptés des écussons. Au-dessus de ces arcs est une galerie étroite, dont chaque travee est divisée en cinq parties par la prolongation des meneaux de la fenêtre placée au-dessus. Les nervures de la voûte sont plus multipliées qu’à la même époque elles ne l’eussent été en France. En effet, indépendamment de leurs arcs doubleaux et de leurs croisées d’ogives, elles ont de grandes liernes et des croisées d ogives supplémentaires, curieuses à étudier. Toutes ces nervures, ornées de clefs sculptées, à leur intersection, et annelées à une certaine hauteur, portent sur une triple perche qui s’élève du pilier inférieur. Les voûtes ont sous clef 19m. Les bas côtés ont de simples croisées d’ogives ; leurs fenêtres sont semblables à celles du deuxième étage de la base des tours, mais plus hautes ; leur allège est ornée d’une riche arcature qui se reproduit, surmontée d’une autre, sur la face postérieure du mur de la façade. A l’extérieur, ces fenêtres sont couronnées par des frontons, et séparées par de lourds contre-forts que relie, à leur sommet, une balustrade crénelée. A la naissance du toit qui recouvre la nef centrale, est également une balustrade crénelée, à jour, et divisée en travées par des pinacles qui ne sont que la terminaison des petits contre-forts placés entre les fenêtres de la claire-voie. Celles-ci sont en ogive équilatérale , elles se divisent en trois parties : l’une centrale, de moitié moins large que les autres, subdivisées en deux par un meneau, de sorte que la baie offre cinq jours. Le
(*) Il en sera publié plus tard une vue et une coupe.
!**) Il y en a huit, si l’on compte celle qui empiète sur le transsept.
— STYLÉ OGIVAL DE L’OCCIDENT
réseau, à l’exception de quatre petits arcs trilobés , rayonnant du centre de la rosace, est dans le goût de ce qu’on appelle assez improprement gothique rayonnant. Il n’y a pas d’arcs-boutants pour soutenir les murs de la grande nef; c’est une disposition très-digne de remarque.
Le transsept présente à son centre quatre énormes piliers qui soutiennent la tour placée au-dessus de la croisée, c’est-à-dire, de l’espace qu’ils circonscrivent. Chacun des croisillons est divisé dans le sens de sa largeur, en d’autres termes, de l’est à l’ouest , en une nef principale garnie de collatéraux , et dans le sens de sa longueur en quatre travées inégales. La première correspond aux grands bas côtés ; les piliers qui la forment sont, du côté de la nef, reliés par un petit mur assez peu élevé et percé d’une arcade Tudor; la seconde travée, qui est fort étroite , a aussi ses piliers reliés par une muraille , mais cette dernière est massive, et n’est sans doute qu’un travail de consolidation exécuté après coup. La troisième et la quatrième travée sont complètement ouvertes et d’inégale longueur. En élévation, les croisillons présentent trois étages comme la nef : le premier, formé par des arcades à ogives, dont les pieds droits sont dissimulés sous des colonnettes en faisceau annelées ; le second, par une galerie divisée en quatre baies en lancette, réunies deux à deux sous des arcs ogives que couronne un autre grand arc, en plein cintre dans la plus large des travées, et en ogive dans les autres, différence de forme résultant de la nécessité de les faire tous ranger à une même hauteur. Les tympang de ces arcs et ceux des arcs secondaires qu’ils embrassent sont percés de rosaces à quatre ou cinq lobes. Au-dessus est la claire-voie consistant en cinq baies étroites et peu élevées , dont les deux latérales sont aveugles dans chaque travée. Les nervures multiples de la voûte, dont la hauteur est de 28 mètres, sont garnies à leur intersection de clefs ornées, qui, en plan, sont disposées en quinconce. Les bas côtés ont seulement des croisées d’ogives avec arcs doubleaux pour nervures. Leur muraille extérieure, que butent des contre-forts, offrent deux fenêtres sans réseau par chaque travée. Une arcature trilobée règne au-dessous de ces fenêtres.
Les croisillons ne diffèrent entre eux que par leurs façades. Celle du croisillon nord est percée de cinq grandes lancettes. Le mur au-dessous de ces fenêtres est orné d’une arcature ogivale à l’extérieur et trilobée à l’intérieur. Le gable offre sept baies également en lancettes , et dont la hauteur est graduée par rapport à 1 inclinaison du toit; les deux plus petites seulement ne sont point ouvertes. Des tourelles octogones, butées par des contre-forts et qui semblent incomplètes, flanquent l’ensemble de la construction.
La façade du croisillon sud, décorée, comme l’autre, d’arcatures dans sa partie inférieure, est percée d'une porte qui , placée en avant-corps , forme une sorte de porche par sa profondeur. De chaque côté se trouvent deux fenetres en lancette. Au-dessus s’en trouvent trois autres beaucoup plus élevées et dont la principale est subdivisée en deux jours par un trumeau, mais c’est là sans doute une addition postérieure. Le gable qui termine ce front est percé d’une vaste et belle rose , ornement peu commun en Angleterre. Les meneaux sont formés de deux rangées de petites arcades trilobées. Dans l’encadrement, on remarque trois rangs de violettes, et dans la pointe extrême du gable se trouve une autre rose à découpures et dont la forme générale est celle d’un triangle curviligne. De chaque côté du gable se voient deux tourelles crénelées et pannellées qui sont d’une époque beaucoup plus avancée, de même que la petite flèche placée en retrait de son sommet.
Au-dessus de la croisée, s’élève la tour centrale. Elle forme, en plan, un carré de 21 mètres de côté. Chacune de ses faces est percée de deux baies presque exactement semblables à celles des tours de la façade principale. Un parapet crénelé et découpé à jour la termine. Elle a de hauteur 60m 20.
Le chœur est remarquable par une particularité qui ne peut être indiquée sur le plan par terre. C’est une sorte de transsept secondaire, comme à Salisbury ; ce second transsept n’est en avant-corps que par rapport à la muraille de la grande nef, car il ne dépasse pas la ligne du mur extérieur du bas côté. Il est percé de fenêtres semblables à celles de la claire-voie du chœur, si ce n’est que celles de ses façades ont leur appui presque de niveau avec celles des bas côtés, ce qui leur donne une hauteur considérable que dissimulent un peu leurs trois précinctions horizontales.
Le chœur a le même nombre de travées que la nef. A l’intérieur, il ne diffère de celle-ci que par ses détails: sa voûte est aussi plus haute de 2m,25, et les nervures en sont plus multipliées. A l’extérieur, la différence ne consiste également que dans les détails , qui sont d’un style moins avancé dans la nef que dans le chœur. Ce dernier est divisé en deux parties : l’une formée par le chœur proprement dit, et qui est terminée à ses deux extrémités par de magnifiques clôtures à jour, d’une extrême élégance, et dont l’une, celle de l’ouest , soutient les orgues (*) ; elle contient l’autel , la chaire épiscopale, et une suite de stalles anciennes et fort riches. L’autre
O On la trouvera , décrite et illustrée, dans une autre partie de eet ouvrage.
— CATHÉDRALE D’YORK
partie est comprise entre la clôture orientale du chœur et l’extrémité de la cathédrale. Elle constitue une sorte de chapelle, nommée quelquefois chapelle de Notre-Dame. La façade orientale a pour trait saillant une fenêtre de dimensions considérables , qui l’occupe presque entièrement. Cette fenêtre , qui , en hauteur et eu largeur, présente trois subdivisions principales , appartient au genre de celles dites composées , quoiqu’elle n’en puisse être considérée comme un type bien caractéristique ; son archivolte , en forme d’ogive , est surmontée d’un arc en talon dont le pédicule est très-élevé. De petites arcatures à jour, surmontées d’un fronton et formant un ensemble très-léger, mais médiocrement heureux d’effet , s’élèvent au-dessus du sommet de la muraille, qui est horizontal. Deux contre-forts carrés, ornés de niches et terminés par de petites flèches octogones à crochets , la séparent de ses deux ailes que forme l’extrémité des bas côtés , et qui sont flanquées de petites tourelles octogones , surmontées de flèches de même forme. Ces ailes ont chacune une fenêtre semblable à celles des collatéraux. Elles se terminent aussi par les arcatures à jour dont nous venons de parler.
Au-dessous de l’autel, existe une crypte d’architecture anglo-normande, qui doit être du XIIe siècle. Elle est divisée en quatre travées. Les colonnes, qui n’ont que lm,67 de hauteur, ont leurs chapiteaux historiés ou ornés d’entrelacs, de godrons, etc. Les voûtes sont d’arête et renforcées de lourdes nervures. Le pavé est formé de briques carrées émaillées et alternativement peintes en bleu et en blanc jaunâtre. On remarque dans la crypte les restes d’une piscine qui appartenait à un des trois autels dont on retrouve les traces , un lavatorium et un puits. Un autre puits, nommé puits de Saint-Pierre, existe aussi dans une des sacristies.
A l’angle nord-est du croisillon septentrional, se trouve la galerie coudée en équerre, qui mène à la salle capitulaire. Ce joli édifice, buté par des contre-forts très-saillants, est régulièrement octogone. Chacun de ses pans est percé d’une grande fenêtre, à l’exception d’un, toutefois, où la fenêtre n’est que figurée. La voûte est à nervures et fort hardie. Dans les parois intérieures, sont sculptées quarante-quatre stalles en pierre, qui étaient destinées aux chanoines composant le chapitre.
Il n’y a dans la cathédrale d’York qu’un petit nombre de tombeaux curieux sous le rapport archéologique ; les plus intéressants sont celui de l’archevêque Bowett, qui date du commencement du règne de Henri VI ; il est composé d’un soubassement tréflé , surmonté d’une arcade surbaissée à jour, que couronnent des pinacles d’une grande légèreté; celui de l’archevêque Thomas Savage , du commencement du XVIe siècle ; il est formé d'une niche dont les détails sont riches et nombreux, et qui renferme la statue couchée du prélat ; et enfin celui de Walter de Grey, placé dans l’aile orientale du croisillon du sud ; c’est un petit édicule, dont une voûte à frontons, supportée par des colonnettes, recouvre le soubassement, sur lequel est représentée l’image de l’archevêque, bénissant d’une main et tenant de l’autre sa crosse.
On remarque encore la jolie statuette en albâtre de William de Halfielfl, deuxième fils d’Édouard III, et les tombes des archevêques Roger, William de Gremfeld, Richard Scrope, ainsi que celle de John Haxby, ancien trésorier de l’église , qui mourut en 1 424 ; sur cette dernière se font encore parfois des payements en vertu d anciens contrats.
Le,trésor de la cathédrale était jadis riche en mitres, calices, encensoirs, croix et reliques ; parmi celles-ci les plus célèbres étaient des os de saint Pierre, une partie de la chevelure de saint Guillaume, un bras de saint Wilfrid , renfermé dans un bras d’or ; deux épines de la couronne de Jésus , une dent de sainte Apolline , une portion du crâne de saint Étienne , et un drap teint de sang de l’archevêque Scrope. Dugdale , dans le Monasticon Anglicanum (vol. Ier, p. 169 et suivantes), a donné le catalogue des nombreux vases et ornements d’or ou d’argent, ainsi que des autres trésors qui appartenaient à l’église avant l’époque de la Réforme. La plupart de ces objets ont été dispersés, mais il en est resté quelques-uns qui sont pleins d’intérêt. Ainsi, il y a dans une des sacristies une sorte de grand bahut dans lequel on conserve, avec beaucoup d’actes et de vieux registres de l’église , plusieurs objets anciens fort curieux, entre autres une tète de plomb, trouvée lors du remaniement du pavé de la tombe de l’archevêque Rotheram. On suppose que, comme ce prélat mourut de la peste, il dut être enterré à la hâte et sans cérémonie, et que plus tard on enterra solennellement dans l’église sa statue recouverte des insignes de sa dignité. Le bahut renferme également trois calices d’argent trouvés dans des tombeaux d’archevêques; plusieurs anneaux, trouvés dans ceux de Serval, Gremfeld, Bowett, Ne vil et Lee; une superbe crosse d’argent, donnée en 1687 par Catherine de Portugal, reine douairière d’Angleterre , à Smith son confesseur ; un dais d’étoffe d’or et deux petites couronnes d’argent doré, donnés par la ville pour le service de Jacques Ier, lorsqu'on venant d’Écosse, il passa à York pour se rendre à Londres. Mais le plus curieux et le plus important monument est une grande corne d ivoire, qui était jadis élégamment enrichie d’ornements en or et suspendue par une chaîne de même métal. Cette corne porte uue
— STYLE OGIVAL DE L’OCCIDENT
inscription établissant qu’elle est un don que Ulphus, prince de West-Deira, fit à la cathédrale en y joignant celui de tous ses biens et revenus.
La cathédrale possède aussi une coupe intéressante qui provient de l'archevêque Scrope. Dans le fond de cette coupe sont ciselées des armoiries, et sur le bord est une inscription en vieil anglais, qui dit que l’archevêque Scrope accorda une indulgence de quarante jours à ceux qui y boiront. On voit encore dans la sacristie un siège employé lors de l’ordination des archevêques , et qui a , dit-on , servi au couronnement de plusieurs rois saxons.
Les Anglais sont, avec raison, fiers de la cathédrale d’York; c’est en effet un des plus vastes, des plus beaux et des plus riches monuments qui existent dans le monde, et il suffirait seul pour démontrer jusqu a l’évidence l’aveuglement ou la sottise de ceux qui traitent le moyen âge de barbare ; cependant, tout en rendant justice à la hardiesse de sa construction, au luxe de son ornementation et à ses proportions grandioses, nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître que le goût des détails et particulièrement l’agencement des grandes lignes sont presque toujours supérieurs dans les cathédrales de France. A York, il faut le dire, les grandes lignes sont généralement monotones, froides ; le monument manque de ce sentiment pittoresque et pyramidal qui charme tant à Reims, à Amiens; il manque surtout de silhouette. Malgré cela et peut-être même à cause de cela, c’est un sujet d’étude très-intéressant pour l’archéologue, car, en résumant l’art ogival à son apogée en Angleterre, il permet de comparer cet art à celui qu’on retrouve en France à la même époque, et de mesurer ainsi la distance existant ainsi entre ces deux rameaux d’un même tronc, qui furent confondus à leur origine.
1° The antiguities ofYork City, etc., by James Torre ; York, 1719, in-8°.
2° The ancicnt and modem history of tlie fainous City of Yor/î , by T. G.; York, 1730, petit in-8°.
3° Eboracum ; or the history and antiguities of the City ofYork; Londres, 1736, in-f° avec planches.
4° An accurate description and history of the metropolitan and cathédral churc lies of Canterbury and York; Londres, 1756, in-P, avec centdix-sept planches.
5° Monasticon Eboracense , York, 1758, in-P.
6° The most délectable, scriptural, and pions history of the fanxous and niagnificent Great E aster n Window in Saint-Peter' s cathédral, York, by Thomas Gent, 1762, in-8°.
7° An accurate description and history of the cathédral and metropolitan churches of Saint-Peter, York; York, 2 vol. in-12, avec quatorze planches.
8° Eboracum, or the history and antiguities vf the city ofYork ; York, 1788, 2 vol. in-8°, avec dix-sept planches.
9° Gothic ornaments in the cathédral church ofYork, by Joseph Halfpenny; York, 1795, in-4°, avec cent cinq planches.
10° Twelve perspective views of the exterior and interior parts of the metropolitan church of York, by Charles Wild ; Londres, i 809, in-4°.
1 1° A guide to the cathédral church of Saint-Peter’ s, York; York, 1815, in-12.
12° History and antiguities of the cathédral churches of Great- Britain, by James Storer. La cathédrale d’York y est décrite et illustrée par huit planches. Elle l’est aussi dans l’ouvrage de Wiihs, intitulé Survey of cathedrals.
13° The history dnd antiguities ofthe metropolitical church ofYork, illustrated by a séries of engravings of views, élévations, plans and details of the architecture ofthat édifice, by John Britton, F. S. A. — Londres, 1819, in-4°, avec trente-cinq planches. Cet ouvrage, fort complet, résume tous les autres. Il est seulement à regretter que, parmi les dessins, il n’y en ait qu’une douzaine de géométraux.
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Elévation de la Façade
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