Hérodote, liv. V, ch. cxui
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^2. — LA irONDACHE «PL. IX).
I>i«que de tole de bronze de o*.3o5 de diamètre et 1/2 millimètre d'épaisseur. Un cône allongé et pointu formé parla feuille même du métaL n^ais brisé maintenant, servait d ombilic, de o*-07 à o*,o8 de saillie.
En chacun des quatre points du pounour. équidistants et près du bord, sont deux trous, percés à o*,o23 Tun de Tautre. Ils servaient, je pense* à fixer par des fils de bronze le disque luimême, sur une armature analogue à celle des rondaches orien taies des musées modernes.
I^s ornements ont été esquissés au repoussé et terminés par un trait de gravure. Les plus importants sont : i* la double torsade mystique que nous venons de voir sur la patère et que celle d'Idalie présentait aussi ; 2*" la zone formée d'une suite de groupes représentant le lion solsticial dévorant le taureau équinoxial, sujet fréquent sur les monnaies et les monuments de rOricntchaldéen. Parmi ces groupes est un emblème qui me paraît représenter le soleil (figuré en demi-pâquerene comme celui de la nef isiaque) s'épanouissant en sortant du calice d'un lotus, symbole de Teau et dlsis. C'est la naissance d'Har-Pe- Krati au solstice d'hiver '.
I. li cftt curieux du constater qu'aujourd'hui encore, dans les armoiries du (IliAliin-C.hAii, le lion persan est surmonte d^une moitié de soleil dont les rayons H'ini Ri-parc-H par couples. Ces couples ne se terminent point par des lignes con« vrxcs lOMinic dans la nef d'Isis ou les lotus du bouclier, mais par des queues ir.u'diidc. Ces tri>'s soleils sont tous de même style et de même figure : éventail ou ipiciic lie pno:i employée.
Cette rondache est identique à celle des Sarrasins, encore usitée en Syrie dans la joute au sabre, et qui paraît fort ancienne. Elle ressemble, en effet, beaucoup à la cetra antique. Celle-ci était ronde % sonore et bruyante, c'est-à-dire en métal *, tantôt ciselée^ tantôt peinte ^, et quelquefois même recouverte de peau d'éléphant 4. La cetra faisait partie de l'armement des Bretons ^, des Celtibériens ^, des Ibériens 7, des Espagnols et des Africains ^ (elle se trouve évidemment dans les mains des deux guerriers qui, sur la patère, montent à l'assaut de la forteresse, et me paraissent appartenir à l'Afrique). Connue dans toute l'Asie, elle dut être apportée par les Phéniciens Jusqu'en Bretagne par l'Afrique, l'Espagne et les Cassitérides. Il est probable que ce furent les Ibères qui en firent le plus important et le plus constant usage et lui donnèrent son nom, car cetra ou cœtra est, selon Freund [Dict, lat.)^ un mot espagnol, traduit d'ailleurs d'une manière très indécise par les Grecs (xaiTp&tt, xaÎTpai, x^Tpai, xopTtai), Dans tous les cas c'était un bouclier très maniable dont on pourvut, dans l'infanterie romaine, les soldats armés à la légère appelés cetrati (Ces., De bello civ.^ VI, 39 ; I, 70).
La rondache d'Amathonte est un rare spécimen, le seul peutêtre, d'un prototype des petits boucliers orientaux (sarrasins,
1. Lips., Analect,, De mil. rom., lib. III, dial. i; cf. Varro ap. Non., 82, xtiii; Dîod. Sic, lib. V, c. xzxiii.
2. Lucan., Phars., lib. III, v. 348; lib. X, v. 23i ; lib. XVI, v. 3o.
3. Lucan., Pkars., lib. III, v. 278; Lips., Analect., De mil, rom,, loc. cit.; Silius Italicus. — Pour recevoir la peinture, le bouclier devait au préalable être recouvert de toile ou de peau.