‹ Monuments antiques de Chypre, de Syrie et d'ÉgypteChapitre 63 sur 99 · I. Revue archéologique t XXXI II, p. i et suiv · texte numérisé non relu

I. Revue archéologique t XXXI II, p. i et suiv

5oo mètres au-dessus du niveau de la mer et presque inaccessible de trois côtés.

Au sud et à l'est le rocher a été taillé perpendiculairement ou à pic, et la surface en est toute percée d'ouvertures donnant accès dans des tombes disposées sur trois rangs. Les unes sont voûtées en four, les autres sont des cellulœ carrées. On en voit beaucoup d^autres pareilles aux collines avoisinantes.

La ville était complètement entourée d'un mur de i'",20 d'épaisseur. Des degrés taillés dans le rocher donnaient , au sud, accès à une porte dont les traces sont encore visibles. A rouest,.une autre porte, ayant vue sur la mer, était probablement la principale. Elle était flanquée de deux tours de 25 pieds anglais de diamètre (7"*,65), servant plutôt de vigies que de défense.

La superficie de Curium parut au général de Cesnola dépasser celle d'Amathonte et offrir autant de débris au chercheur que Néa Paphos.

Au-delà des murs étaient encore des habitations dont les traces sont apparentes. Et à dix minutes de l'enceinte, au nordest, se trouve un vaste hippodrome dont le périmètre est encore très visible. Sa longueur était d'environ 394 mètres; l'entrée regardait la ville, — A l'est de ce monument sont les restes d'un aqueduc.

A vingt minutes de chemin au nord-ouest de l'hippodrome, dans un lieu que les habitants d'Épiscopi nomment Apellon^ sont des ruines que M. de Cesnola reconnut pour être celles d'un grand temple.

M. Charles MuUer place dans cette région, sur sa carte de Cypre (Atlas des Petits géographes grecs)^ dans un site dit Apollonie (Apellon ?), la ville de Hj^le^ celle dont fait mention Etienne de Byzance (v. "if^r.), et où Ion adorait Apollon Hylates {teste Lycophron). Il se pourrait que M. de Cesnola ait découvert là les ruines d'un sanctuaire célèbre dont le dieu était

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encore adoré à Tembrus (Tejjiêpo;), Amamassus ÇAïunuLaoéç) et Érystheia (*Epuc6eia), au dire du géographe grec Dionysius de Samos (troisième livre des Bassariqiies^ 'Epuo6eia).

Dans Tenceinte des murs et à cinq minutes de la porte du midi, les ruines d'un théâtre (hémicycle de 236 mètres de tour); puis beaucoup de décombres réunis en amas (dont M. de Ccsnola compta jusqu'à dix-sept) et indiquant, vu la richesse des matériaux (granit et marbre), d'importants édifices.

Rien n'est resté debout. — Quelle est la cause de ce bouleversement? Un tremblement de terre ou les terribles représailles des Juifs à l'époque d'Hadrien ? L'un et les autres, ajoutés aux excès du fanatisme chrétien, ont sévi dans toute l'île et n'ont pas plus épargné Curium que les autres cités.

Curium s'appelait en grec Koiîptov ou Koupiàç, de Koupéoç, fils de Cinyras selon Hérodote. La voluptueuse Curium^ disait-on de la ville et de la contrée. Œuvre d'un Cinyrade, la ville aurait été phénicienne; c'était une colonie argienne, d'après Hérodote et Strabon. Elle possédait un temple fameux dédié à Apollon, et un bois sacré peuplé de cygnes et de cerfs '. Les profanateurs de ce sanctuaire vénéré étaient jetés dans la mer du haut des rochers d'un cap voisin. Pendant la guerre de l'indépendance des Grecs contre les Perses, les Curiens et leur roi Stésénor trahirent l'insurrection à Salamine et la firent avorter *. Enfin, d'après des inscriptions que j'ai publiées dans la Revue archéologique (février 1875) 3, on aurait adoré à Curium une divinité nommée /^^r^e///é [(nEP2ETTH), qui| pourrait bien se rapprocher de Persée (patron d'Argos).

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