‹ Monuments antiques de Chypre, de Syrie et d'ÉgypteChapitre 70 sur 99 · V0 CM · texte numérisé non relu

V0 CM

CM

Les inscriptions sont gravées sur le fut, et généralement d'une exécution hâtive et négligée.

Ces cippes étaient posés sur le sol ou sur un soubassement, ou encastrés dans celui-ci au moyen d'une tige (rarement).

Voici la description de ceux de ces monuments que j'ai pu recueillir. Presque tous appartiennent à la colleaion de Cesnola.

Hauteur, o",775.

Sur le fût et dans un médaillon creux et ovale est sculpté, en haut relief, un buste d'homme. Figure imberbe, cheveux courts; les plis de la tunique montent jusqu'au cou. Travail médiocre.

Au-dessous, cette inscription :

APTCMIAOPeXPHCTeXAIPe

Au premier mot le graveur a mis un O pour un CO. (Voyez

EPIGRAPHIE i85

Hauteur, o'",75.

Sur le fût, et dans un médaillon creux et d'un ovale plus allongé que le précédent, est sculpté, en haut relief, un buste de femme. Figure âgée, coiffure en bandeaux. Au cou, un collier. Travail médiocre.

Sous le portrait, cette inscription mal gravée :

KPATHAXPHC THXAIPe

Kpaxyla est une forme dialectique de Kpareia. Cippc trouvé avec le précédent.

Hauteur, i'",i3.

Le haut du fût est entouré d'une couronne sculptée en très haut relief, fermée par un disque ou rosace formant chaton et composée de pommes de pin géminées.

Dessous, rinscription suivante :

APTeNIACOPe KYNHreXPHCTC XAIPE

Au premier mot le graveur a mis un N pour un M .

Hauteur, i",o8. (Voir pi. XI, n" i.)

Le haut du fût est orné d'une couronne pareille à la précédente.

Au-dessous :

GN YACniANe

xPHCTexepe

i86 CHYPRE

Au premier mot on serait tenté de suppléer : GMTYMC Mais il est plus probable que les six dernières lettres sont les finales d'un nom propre qui ne s'est pas rencontré Jusqu'ici '.

Au dernier mot le premier C remplace la diphtongue AI. Cette substitution se trouve répétée deux fois sur une stèle funéraire trouvée en Syrie (collection Péretié). Voici cette stèle ' :

Hauteur totale, o",32. Fût rond terminé par une couronne de feuilles d'eau et posé sur un socle carré portant cette inscription :

AMMIAXP HCTHKCAA

Ynexep£

Le graveur a conformé son orthographe à la prononciation, ce qui prouve que, comme aujourd'hui. Al et € avaient dans certains pays, surtout à l'époque impériale, un son identique.

Hauteur, o",775. (Voir pi. XI, n** 2.)

Sous la base est une tige courte servant à la fixerdans l'alvéole d'un socle.

Au milieu du fût est un listel plat, et, entre celui-ci et le chapiteau, cette inscription :

evvvxi fw

XIANCOY AlCAGANA TOC

Les caractères sont négligemment tracés.

Le premier mot est CY^YXl, « sois tranquille d'esprit ». — Le second est un nom propre, à moins, ce qui est d'ailleurs peu probable, qu'il ne soit pour un mot CYCOXIANC^ impératif de eùwj^iovû), dérivé de eùwyia, et tout à fait inconnu jusqu'à présent.

* I. Peut-être : OATMIIÎANE?

* 2. Cf. E. Renan, Mission de Phcnicie, p. 397.

KPIGRAPHIE 187

Le sens de ce verbe serait « festoyer », ce qui donnerait à Tépitaphe un sens trop gai. Le précepte s'adressant au mort comme le démontrent les inscriptions suivantes, eùwyiavg est donc de toutes façons impossible à suppléer ici.

Mais pourquoi cette apostrophe à un mort ? Le point de départ de la conception de cette formule est, je pense, l'idée de la satisfaction qu'exige Vœtl de l envieux^ idée qui aurait existé en Orient Jadis comme aujourd'hui : l'àme du défunt jalouse les survivants. Inquiète, il faut la calmer : « Dors en paix, un tel, personne n'est à l'abri de la mort. »

On peut supposer également que l'épitaphe fait allusion à la prochaine réunion du mort avec les êtres chers qu'il a laissés sur terre. Toutefois l'autre hypothèse me paraît plus plausible.

Hauteur, o",435.

Architecture grossière et bâclée. L'inscription est tracée à la pointe en caractères hâtifs, informes et peu visibles :

KAAAAICON

evyvxiovAic

AGANATOCCN

O05i; est ici pour où^ei;. EN est probablement l'âge du défunt, 55 ans.

Hauteur, o", 60.

Cippe grossièrement taillé. Un petit cône renversé le surmonte. Inscription mal tracée :

cYyvxi

APICTO NIAINHOY AICAGA NATOC

iSS CHYPRE

Hauteur, o",35.

Facture grossière.

Un petit cône renversé surmonte le cippc.

L'inscription, tracée à la pointe, dénote une incroyable négligence. Plusieurs lettres sont de travers ou tout à faithorizontales, et à peine reconnaissables.

e<-6<XIA e?OAICIA 0<AlCA<t>AMA TOC

La lecture est facile.

La forme du p est curieuse : une barre verticale terminée par un petit rond. Le a la figure d'un ç majuscule. Quant au « du second et du dernier, la prolongation à droite des deux traits qui forment Tangle de gauche donnerait la figure de l'aleph phénicien.

Cette épigraphe dénote une grande inexpérience des caractères grecs. Si Ton fait attention à ce fait que ce monument, ainsi que le précédent, vient de Citium, il est supposable que l'ouvrier qui a taillé la pierre et tracé Tépitaphe était ou un étranger ou un Phénicien de la ville même.

Hauteur, o™,74.

TIMCON

XPHCTE

XAIPE

Gros caractères. Inscription plus soignée que la précédente. Les £ ne sont pas lunaires, mais anguleux.

Hauteur, o'",64.

épigraphil: 189

AnOACO NIAH XPHCTE XAIPE

Même remarque pour les e.

Hauteur, o'",49.

N* ji.

ncNrcNiA

XPHCTH

XAipe

Hauteur, o'",59. (Voir pi. XI, n° 3.)

Le sommet est un cône tronqué très évase et très bas.

MAPKNNA XPHCTHXePe

Le premier mot est sans doute MAPKIANA. Au dernier mot E remplace Al. (Voir plus haut, n** 4.)

Hauteur, 1 ",!().

ONHCIKPA THXPHCTC XAIP£

Caractères soignés et terminés en queue d'aronde.

Fragment. Partie supérieure.

Hauteur. o^.Sj.

KYPIAC XPH£Te

Le dernier mot XAIPE manque. Au deuxième, on a mis un C pour un C.

Hauteur, i",io.

Le fût, la base et le chapiteau sont surchargés de moulures [baguettes, filets, tores, gorges. etc.\

RACII /THXPHCTC XAIPe

Le premier mot est sans doute lenomTTACIKPATHC.cité dans Plutarque, Alexandre, 29. (Voy. encore Phot Codd- 200; Mionnet, 3. i66-iq6.;

Fragment Partie inférieure.

Hauteur, o^.SS.

<t>IAOKP

XPIHC

XAIPE

Le premier mot est probablement <t>IAOKPATHC. Au second mot, TE doit être ajouté à la fin et I effacé.

Fragment. Partie inférieure.

Hauteur, o™,26.

AHNHTPIA XPHTHXePe

Lettres informes, peu lisibles, bâclées, tracées à la pointe.

Au premier mot, N est pour M. Au deuxième mot, le C a été omis. Au troisième, E pour Al.

Inscription reproduite moins exactement par Sakellarios (p. 49).

Sur la base carrée d'une stèle ronde surmontée d'une couronne de feuilles d*eau. — Brèche de couleur rosée, et dure. Hauteur, o",45.

AzT-nAmMovr

AAIOYCXPHCTE

KAlAAOmE

XAIPE

AfF iz 36i . Année d'une des ères usitées à Chypre.

TTANHMOC (qui s'écrit aussi par un A et par un E à Rhodes et à Corinthe) est un mois commun à plusieurs calendriers doriens et à celui de Macédoine.

ï = 10. Quantième du mois.

AAIOYC est pour AAIOC, nom propre qu'on retrouve dans Homère [Odyss,^ Vin, 119).

A l'avant-dernier mot, 01 est évidemment mis pour Y, en vertu probablement d'un iotacismc du dialecte local. Les E sont anguleux, et, chose remarquable, les O et les C aussi.

Quelques personnes m'ont dit que ce monument venait de Caramanie.

LARNACA.

Petit piédestal en brèche rouge et blanche. Ce morceau semble avoir été la moitié longitudinale d'une stèle de o™, 1 1 environ

de diamètre, montée sur une base ronde de o",i25 de diamètre, et dont la stabilité était assurée par un évidement de o'°,07 de diamètre.

La hauteur du fût égalant son diamètre (o™,! i) et la base ayant 0^,075 de haut, la longueur de ce petit monument est donc de o'",i85.

Le fût a été retaillé en doucine; sur Tévasement de ladoucine pose un abaque dont les côtés ayant o", 1 1 lui donnent la forme carrée.

La portion de piédestal me paraît avoir été destinée à être encastrée dans un mur et à tenir ainsi en saillie le petit piédouche sur lequel devait être fixée une statuette.

Le côté droit du bandeau de Tabaque et la partie antérieure de celui-ci et de la doucine portent, tracée en lettres allongées et maigres (époque impériale), l'inscription suivante :

APTCMIAIIIA AAlAOAYMniA

NOCCYAAIMCON YnePeYTATPlAHC

BCPIANHC

Lecture de M. Piérides, de Larnaca.

Ce monument a été trouvé aux Salines, où s'élevait probablement un temple à la Diane des rivages ('ApT£(jLi5i napaXia), divinité tutélairc des sauniers » et des caboteurs citiens.

Petite stèle carrée en marbre rouge. Hauteur totale, o™,o9. Elle se compose d'un dé carré de o",o3 de haut sur o"", 075 de large, reposant, par un évasement, sur une plinthe de o",095

I. « Ad Citium in Cypro... cxtrahunt (salcm) e lacu, dein sole siccant. » Plin., Hist. nat.y lib. XXI, c. xxxix. EnliSjo on a découvert en ce lieu une jarre contenant 1400 statcres d*or d'Alexandre et de Philippe.

de long. Celle-ci se raccorde par une surface inclinée à une base de o",o3 de haut sur o", i35 de long.

OHAONI

MEAANGini

KATArPA<D02

YnEPTOYYIOY

KATArPA<DOY

CYXHN LC

Provenance : les Salines.'

Là était vénéré et avait peut-être un sacellum le Mélanthus susmentionné : était-ce un des premiers colonisateurs de l'île et son nom serait-il devenu légendaire à Citium comme celui de Teucer à Salamine, de Golgus à Golgos, etc. ? Rien ne l'indique. Toutefois Ovide, dans ses Métamorphoses (3, X), cite un Mélanthus parmi les pirates d'Acestes, à bord duquel se trouvait Bacchus, aux parages de Naxos :

Hoc Libys, hoc fiavus, prorse tutela, Mélanthus, Hoc probat Alcimedon

{Hoc désigne ici le projet de dépouiller le dieu dont la clairvoyance détourna le péril, et qui changea les voleurs en dauphins.)

Que signifie cette légende ? i" Que Mélanthus, compagnon de route de Bacchus, était pirate ; 2'' qu'il était blond (flavus), c'està-dire de cette race dorienne qu'on retrouve encore en Crète ; 3® qu'il fut, lui et les autres matelots d'Acestes, transformé en animal utile, c'est-à-dire pris à solde par le conquérant indien. Mon hypothèse qui fait de ce personnage un des colonisateurs grecs de Chypre est donc vraisemblable, et d'accord d'ailleurs avec l'inscription et l'assertion d'Hérodote sur la population de l'île (vu, 90).

KaToypaçoç signifie proprement : « ci-dessus gravé ». Désigne-t-il l'image du père et du fils représentés sur une plaque

surmontant le monument, ou est-il employé comme nom propre (ce dont il n'y a point d'exemple jusqu'ici) ? Cettedernière hypothèse me semble la plus conforme aux usages et par conspuent la plus probable'.

Le chiffre qui suit EYXHN est mal tracé. Il paraît se composer d'un A et d'un Ç zz 36. Age d'un des personnages ?

Petite stèle de marbre blanc. Même provenance que la précédente.

Hauteur, o",i7.

Colonnette de 0^,09 de diamètre à quinze cannelures à arêtes vives. Lerbas du fût est lisse sur une hauteur de o",o5 pour recevoir l'inscription. Il se raccorde par un plan incliné à une base ronde de o",i6 de diamètre. La surface inférieure de cette base est légèrement concave ; elle porte à son centre un trou carré et tout autour une légende en caractères martelés et illisibles. Monument rond.

API2TArOPA2 ZnZANAPON TONEAYTOYYION OnAONIMEAANein EYXHN

Un I a été omis après l'avant-dernier mot.

Morceau quadrangulaire de o",2 1 de haut, en pierre calcaire et grossièrement taillé en forme de statuette. La tête manque. Les mains, réunies sur la poitrine, soutiennent un vase.

* I. Par la suite Tauteur penchait plutôt pour la première hypothèse.

Largeur aux épaules, 0°, i o ; aux pieds, o"',o8 ; dos plat. Trouvé aux Salines. Sur le ventre, inscription mal tracée et peu lisible :

N I KAN A POCYneP TOYYIOY TIMAPXOY

athiénattJ (golgos).

Grtii&to sur bloc de calcaire (grand temple).

AHMHTPi , OAAnN

T'MOAnPOC

Graffito sur bloc de calcaire (grand temple).

APIMOKIA TIMOAnPC

Le premier mot est peut-être AHMOKPAfTHZJ.

Piédestal double en pierre'calcaire.

Longueur, o"',72; hauteur, o",3o; largeur, o'",i9. — Provenance : grand temple.

Graffito. Caractères mal tracés et, assez profondément gravés.

Dans le champ, à gauche, quelques caractères chypriotes tracés à la pointe.

TIMOAQPOYACK AP.IMOKIAABIenPIATO-»-

Fragment de pierre calcaire légèrement convexe (éclat de colonne), de o",25 de haut sur o°',29de large, portant une inscription en caractères assez négligés et ébauchés seulement au pointillé aux trois premières lignes.

Au bas de l'inscription sont deux couronnes juxtaposées entre deux palmes.

eiceeoc

TOM£riCTA WONTOCMAOjO (Ta)TONONOMA

BOHernACiAeo Meee

Dans la couronne de droite est le mot

HAIOC

La forme des M est remarquable et affecte celle d'un H. A la troisième ligne le Z a la forme archaïque d'un . A l'avant-dernière ligne BOHei est pour BOHOEI.

Inscription trouvée à Athiénau et évidemment chrétienne. — Il y avait à Ch3rpre un évêque de Golgos.

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