‹ Monuments antiques de Chypre, de Syrie et d'ÉgypteChapitre 84 sur 99 · I. PI. XV · texte numérisé non relu

I. PI. XV

che tendre de la côte, qui n'est que du sable agrégé, est un rectangle de r o^igî de long sur 7'°,3o de large et o'^So d'épaisseur. Il supporte, sur chaque grand côté, quatre colonnes espacées

entre elles de i",i5, et deux seulement, espacées entre elles de i",i7, sur chacune des deux faces ou petits côtés.

L'entrée du temple regardait l'ouest, c'est-ù-dire Alexandrie. Le soubassement en cet endroit n'existe pas, et les colonnes s'appuient sur des dés de pierre de niveau avec le soubassement

susdit et de même épaisseur, et laissent entre elles un passage de plain-pied donnant accès à l'intérieur.

Aux angles du monument, le toit s'appuyait sur quatre massifs de maçonnerie, carrés et présentant dans l'alignement des colonnes des fûts identiques engagés à moitié. Deux de ces piliers ont disparu : celui de droite en entrant et celui de gauche

au chevet de l'édifice. La première des quatre colonnes du côté droit a également été rasée. Les autres sont plus ou moins brisées, sauf une seule, la quatrième à droite, au fond, qui a conservé encore la moitié de son chapiteau. Sa hauteur, qui nous donnera celle de toutes les autres, est de 5 mètres environ ; son diamètre à la base est de o"',7o5, sa circonférence de 2",2 1 5.

Depuis leur base jusqu'à une hauteur de i^iSS, les colonnes étaient revêtues d'une chemise de mortier ou stuc blanc, lisse, et effritée en grande partie sous l'influence des brises de mer. De ce point au chapiteau, vingt cannelures à arêtes vives ornent le fût, qui s'évase à son sommet pour recevoir une abaque ou table carrée sur laquelle reposaient les solives.

EGYPTE

C'est à l'ordre dorique du Parthénon qu'appartient ce temple, 1 et la sévère élégance de ce style était parfaitement en harmonie avec le lieu isolé et mélancolique où on l'a bâti.

A trois pas du temple, un silo ou citerne en maçonnerie, bouché maintenant, servait peutêtre aux besoins du culte '. La côte tout autour est éboulée en plusieurs endroits, et les sables et roches désagrégées forment des talus en pente vers la mer.

Comme nous l'avons vu, Dinocharès ne put exécuter le plan qu'il avait conçu. II est

* I. Ce passage donna lieu plut tard à u tion sans fondement, que réfute la lettre suivante publiée dans le tome XXXVl de la Revue archéologique, p. 390

(décembre 1878) :

s Monsieur le Directeur,

a En parcourant récemment le d* i3 du Bulletin de rinstitut égyptien (années 1874-1875), je fus surpris d'y voir mon nom cité plusieurs fois par NérouCsos-Bcy ce ce à propos du temple de Vénus Arsinoé, décrit par moi dans une notice de la Revue archéologique (datée de 1868),

( Voici comment s'exprime Nérouisos-Bey : ■ Cepcn- I dant il ne faut pas s'y méprendre, comme cela est arrivé t dans le temps avec Colonna-Ceccatdi, qui désigna comme t crypte ou chambre mortuaire le silo en maçonnerie qui • se trouve ù une distance de quelques pas de l'entrée du

■ petit temple, et qui n'est autre chose qu'un four i chaux E tris moderne, datant de onze ans. »

n Mon mémoire porte sitnplement ceci : f A trois pas du n temple, un silo ou citerne en maçonnerie, bouché

■ maintenant, servait peut-£tre aux besoins du culte. » a De tombeau, pas un mot.

■ Néroulsos-Bey parle peut-être sans avoir vu le mo-

le Directeur, de vouloir bien insérer cette rec' le ma considération la plus distinguée.

<• G. CoLONMA-CECCkLDI. •

permis de supposer que Ptolémée II, qui avait décerné Tapothéose à Arsinoé, réduisit son plan à de plus modestes proportions, lorsque le temps eut un peu refroidi son enthousiasme. A moins, toutefois, que Ptolémée III Évergète, fils de sa première femme, ne se soit chargé de la construction du sacellum, plus peut-être par respect pour la mémoire ou les dernières volontés de son père que par dévotion pour la nouvelle déesse. Cependant, Pline dit expressément (liv. XXXIV, ch. xiv)que Philadelphe ajouta le nom de Zéphyritis à celui de Vénus. Le monument du cap Zéphyrium serait alors véritablement son œuvre, et les matériaux dont on se servit furent primitivement, sans doute, plus riches que ceux dont on voit les restes aujourd'hui.

Quoi qu'il en soit, cette chapelle, dont la silhouette blanche s'apercevait d'assez loin, était, par sa position sur le cap le plus rapproché d'Alexandrie en venant de Canope, un point de repère pour les navigateurs. Ce fut sans doute pour cela que, réparé et entretenu avec soin, il subsista jusqu'à présent dans un lieu où des bourgs populeux et florissants, des villes même, n'ont pour ainsi dire pas laissé de traces.

La terre à pots est excellente à Chypre, et les fabriques de céramique y prirent un très grand développement. Aujourd'hui encore, on exporte des poteries du pays sur tout le littoral de la Syrie et de TAsie Mineure, et si les produits des fabriques actuelles sont moins élégants peut-être et moins ornés que ceux d'autrefois, beaucoup de modèles néanmoins (grandes pièces principalement) sont restés les mêmes qu'il y a trois mille ans.

Les vases indigènes se reconnaissent à leurs ornements caractéristiques, parfois bizarres et sauvages, n'appartenant spécialement à aucun style, mais dont quelques-uns portent les traces évidentes d'une influence étrangère, assyrienne et égyptienne principalement.

Le trafic avec les peuples circonvoisins amena l'introduction dansl'ile de poteries étrangères, grecques, syriennes, romaines, égyptiennes même, dont les dernières fouilles ont fourni de nombreux spécimens de toutes grandeurs et de toutes formes.

Une particularité curieuse à noter c'est que, dans la plupart des tombeaux où Ton a découvert des poteries, les anciens avaient enfoui avec leurs morts non seulement des vases à usage

* I . Étude et fragments inédits retrouvés dans les papiers de Tauteur.

et de dimensions souvent respectables, mais encore des réductions de ces mêmes vases fabriquées probablement dans un but purement funéraire et par un motif d'économie.

Page 1