‹ Monuments antiques de Chypre, de Syrie et d'ÉgypteChapitre 97 sur 99 · PAT ERE DE COP-IUM · texte numérisé non relu

PAT ERE DE COP-IUM

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INSCRIPTION DU CAMP DECESAR A NiCOPOlliS

DIVERSES ANTIQUITÉS DE CHYPRE 3o5

des peuples conquérants? Ce qui est certain, c'est qu'en mtm^ temps que ces représentations en pierre calcaire, on a trouvé des têtes en terre cuite de grandeur naturelle, coloriées, au nez allongé et un peu arrondi par le bout, aux lèvres bien accentuées, dont les traits généraux enfin rappellent tout à fait le type chypriote de nos jours. Ces têtes, qui faisaient partie de statues de grandeur naturelle, sont bien conservées; quelques-unes sont ornées de lauriers ou de casques, ou de sortes de coiffures rondes avec ornements en forme de perles.

Enfin, il a été trouvé sur la même colline d'Ambelliri par M. Ceccaldi, à une profondeur d'environ un mètre, une statue de femme, en pierre calcaire, de grandeur naturelle (j "^64), d'une magnifique conservation. Le type est grec, la physionomie est belle et austère ; la main gauche tient un oiseau ; au côté gauche pendent des attributs qui semblent être un disque ou un miroir et une équerre.

Tels étaient les résultats obtenus par les fouilles de Chypre quand, au mois de janvier dernier, les ouvriers employés par le consul de France découvrirent une autre veine. A mi-côte d'une hauteur près de Dali, ils trouvèrent des tombeaux grossiers creusés dans le sens horizontal et contenant les objets suivants : de grandes écuelles en terre blanchâtre, ayant la forme d'une moitié de noix de coco ; des plats très communs, des vases en terre cuite et autres ustensiles de ménage, paraissant avoir été à l'usage de pauvres gens.

En continuant les fouilles pendant les mois suivants dans la plaine de Dali, on découvrit nombre d'autres sépultures contenant des objets de plus en plus variés, dont voici l'énumération succincte :

Des vases de moyenne grandeur (lo à i5 centimètres), représentant des animaux bizarres, des boeufs avec des ramures de cerf ou d^élan, des oiseaux en forme de bateau, des gourdes ter-^ minées par des têtes de lièvre ou de chauve-souris, etc., etc.;

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une vingtaine au moins de ces objets ont été recueillis intacts;

De grandes jarres atteignant dans leurs dimensions jusqu'à 65 et 70 centimètres, de couleur jaunâtre ou rougeâtre avec des raies rouges et noires et des cercles concentriques, d'autres fois avec des hachures diagonales ou rectangulaires sur leur pourtour: beaucoup dintactes;

Des vases de toute forme, coupes, aiguières, flacons, lacn^matoires, etc., dont quelques-uns sont ornés de fleurs, d'autres, mais rarement, de représentations d'animaux, et dont certains, d*une poterie roiige extrêmement fine, ont les formes les plus élégantes ;

Des bardaques ou sortes de vases à panse ronde, à col et à goulot sortant de la panse; le col est une tête de femme coiffée de grandes tresses coloriées en noir retombant des deux côtés de la figure ; le type paraît phénicien ;

Deux maisons carrées, à jour intérieurement, de 35 centimètres environ sur 3o; Tune a des fenêtres et une grande porte dont rentablemcnt est supporté par deux colonnes terminées par la fleur de lotus, la seconde n'a que des fenêtres; à ces ouvertures sont fixées des figures à mi-corps au type phénicien, assez grossières :

De petits chariots, des guerriers, des chevaux avec un harnachement complet, des chevaux à roulettes, qui paraissent être des jouets d'enfant;

Des verreries : coupes, plats, gobelets, pots, lacr3'matoires, etc.;

Des lampes, dont quelques-unes fort primitives et grossières, dont d'autres, de fabrication romaine, portent, avec divers dessins d'hommes et d'animaux, quelquefois le nom du fabricant (FAVSTI, par exemple, sur plusieurs) ;

Des bronzes généralement très oxydés, parmi lesquels des fers de lance, des poignards, des javelines, des bracelets, des miroirs, des marmites, des anses terminées par la fleur de lotus;

Des bijoux en or : boucles d'oreilles, bagues élégamment montées; quelques cachets bizarres en pierre ou composition verdàtre, des cylindres avec des figures hiéroglyphiques, un petit vase couvert d'hiéroglyphes ;

Une spatule d'argent avec inscription de treize lettres, publiée dans le numéro de juin de la Revue asiatique;

Enfin, quatre à cinq vases ou amphores de forme mince et allongée, mesurant lo à 1 5 centimètres de diamètre sur 40 à 5o de longueur, terminés en pointe et portant soit une, soit deux et trois lignes d'inscriptions à l'encre noire, les lignes n'ayant guère plus de quatre lettres (un de ces vases a été présenté à l'Académie dans la présente séance : les caractères ont paru être phéniciens).

Tel est l'ensemble des découvertes faites dans ces tombeaux.

Voici maintenant quelques circonstances particulières des fouilles.

Les tombeaux ont été découverts tantôt à mi-côte de petites hauteurs ou tumuli assez nombreux dans le territoire de Dali, tantôt dans la plaine même; les mêmes tombeaux et les mêmes objets ont été trouvés à Larnaca, sur un terrain uni, dans des jardins et des cours de maisons particulières ; mais ces objets sont moins variés et, jusqu'ici, moins fins que ceux de Dali. Il est à croire que l'on trouverait des sépultures semblables sur toute la surface de l'île, car M. Ceccaldi en a découvert dans différents endroits, à- Go'schi, à Mospiloti, à Taouti.

Voici comment les choses se sont généralement présentées sur ces divers points. On creuse le sol et l'on arrive assez promptcment à une ouverture demi-circulaire, quelquefois fermée par une pierre plate, d'autres fois obstruée seulement par delà terre. Après avoir doblayé l'entrée, on se trouve dans une sorte de grotte sépulcrale, dont la voûte s'est parfois éboulée en divers endroits, probablement par l'action des eaux qui filtrent dans le sol : alors les poteries sont brisées ; dans d'autres grottes où le

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terrain est d'une nature rocailleuse et résistante, la voûte ne s*est point affaissée et les objets sont trouvés intacts. Ces sépultures renferment assez rarement des sarcophages en pierre commune, sans inscriptions et toujours vides jusqu'ici ; des ossements se rencontrent très fréquemment dans les chambres sépulcrales. D'après une autre remarque, les lampes de fabrication romaine paraissent jusqu'à présent ne se trouver qu'avec des verreries et jamais avec les jarres et les poteries qui affectent un caraaère phénicien. Avec celles-là, au contraire, on trouve de ces lampes grossières sans dessins, dont le bec semble avoir été façonné par la simple pression du pouce et de l'index.

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