‹ Monuments d'antiquité figurée (volume 2)Chapitre 2 sur 7 · LE GREC SUR LA TERRE ÉTRANGÈRE · texte numérisé non relu

LE GREC SUR LA TERRE ÉTRANGÈRE

Je voulus une fois, je voulus deux, je voulus trois et cinq fois, je voulus faire un voyage bien loin, dans les pays étrangers; et je dis à toutes les montagnes que je devais franchir : « Montagnes, ne vous couvrez pas de neige ; campagnes^ ne vous couvrez point de frimas ; belles et fraîches fontaines, ne gelez pas tant que je vais et viens, jusqu'à ce que je revienne. « Et je trouvai les montagnes couvertes de neige, les champs couverts de frimas, les belles et fraîches fontaines gelées. Et (cependant) je retournai bien loin dans les pays étrangers, et je pris des étrangères pour sœurs, des étrangères pour mères-nourrices. Des étrangères lavèrent mon linge, des étrangères lavèrent mes vêlements. Elles les lavèrent une fois, elles les lavèrent deux, elles les lavèrent trois et cinq fois ; et au bout de cinq fois elles me les jetèrent enfin devant la porte : « Prends, étranger, ton linge, et retourne auprès de ta mère. »

^'^ M. Starkelberg se croyait revenu aux temps homériques, p. 16: Ganze

(8) l'intention de s'emparer de tous les marbres : heureusement ils étaient déjà en sûreté.»

Les marbres de Phigalie furent achetés à Zante , en i8i4, par l'ordre du prince régent d'Angleterre, moyennant la somme de 1 5,000 livres sterling (375,000 fr.), portée par un change désavantageux à la somme de 19,000 livres sterling (475,000 fr.). Cette dépense fut prélevée sur les droits de l'amirauté, et il fut ordonné que les marbres seraient déposés au Musée britannique. Les propriétaires étaient ; M. C. R. Cockerell, M. John Poster, M. Charles Haller, M. Stackelberg, M. Jacques Linck, et M. Gropius, vice-consul anglais en Morée, qui stipulèrent en outre qu'un exemplaire des moules de la frise serait remis à chacun d'eux lorsque les différentes parties auraient été réunies^''. Les marbres arrivèrent en Angleterre dans l'automne de 181 5.

Ces marbres furent réparés ^=^ et placés au Musée britannique, non dans leur ancienne position, mais dans une position purement

Schaafe und Ziegen drehten sich tâglich an hôlzernen Spiessen , nach vôllig Homerischen Brauche zubereitet. L'enlèvement des marbres de Bassae n'est pas présenté sous des couleurs aussi favorables et aussi riantes par un voyageur allemand , Christian Muller, qui passa sur les lieux en 1821. Voyez M. Pouqueville, Voyage de la Grèce ^ t. 5, p. 607, 1^ éd.

'' Il est à regretter que notre Musée ne possède pas un exemplaire de ces moules. La frise de Phigalie est un monument trop important, pour que le gouvernement français ne réclame pas de l'Angleterre les moyens d'offrir à nos artistes un sujet d'étude aussi intéressant. Il serait également à désirer que l'on pût trouver un moyen d'utiliser, pour le public et pour les artistes, les copies que possède l'atelier de moulure du Musée royal. West-il donc à Paris aucun emplacement disponible, où l'on puisse exposer, dans un ordre soit historique, soit géographique, les chefs-d'œuvre des musées de l'Italie, de Londres, de Dresde , de Munich, etc. ? Ce serait une consolation de nos pertes de 181 5.

^"^ On ne saurait trop s'élever contre la manie de réparer les monuments anciens. Encore si ces restaurations étaient confiées à des artistes d'un grand talent ; mais il n'en est pas ainsi. Qui ne préférerait la vue du monument le plus fruste aux ridicules contrasies de certaines restaurations ?

(9) arbitraire. Long-temps on avait pensé, avec les premiers éditeurs, M. Wagner^^, et M. Combe ^4^ l'un des conservateurs du Musée britannique , que ces plaques n'offraient entre elles aucune coliésion nécessaire ; mais M. Stackelberg s'est depuis livré à de longues études sur le monument , et est parvenu à proposer une restitution complète qui ne peut donner lieu à aucune objection sérieuse ^^.

Deux sujets distincts forment l'ensemble de la frise de Pbigalie : des vingt-trois plaques qui la composent, douze sont consacrées à la victoire de Tbésée sur les Amazones ; onze à la défaite des Centaures , par ce même héros. Il lésulte de l'ordre proposé par M. Stackelberg, et que l'on a cru devoir adopter dans cet ouvrage, que le premier sujet, le combat des Amazones, commençait à l'angle N. O de lu cella, et occupait le petit coté N., le grand coté E. et un tiers du petit côté S.; et que le second sujet, le combat des Centaures et des Lapithes, suivait immédiatement, et, remplissant les deux autres tiers du petit coté S. , et tout le grand coté G., venait se terminer à l'angle N. O., là où la suite des Amazones avait commencé ^^. Ainsi , en entrant dans le temple , le spectateur avait à sa gauche les Amazones , à sa droite les Centaures. Vers le centre de chacun des grands cotés, et comme devant particulièrement fixer l'attention , figuraient deux scènes iuiportantes : à gauche, la victoire de Thésée sur la reine des Amazones ;

'^ Bassorilievi antichi délia Grecia, ossiafregio del tempio de J polio Epicurio in Arcadia, disegnato dagli originali da Gio. Maria I^Vagner ed inciso da Ferdinando Riischweyh. Roma, 1814, iii-f*', obi.

^^ A description of the collection of anciens rnarbles in the British Muséum , part, IV, London, 1821, 4^.

''* L'ordre adopté par M. Stackelberg est justifié par les dimensions du temple, souvent même il est rigoureusement indiqué par certains détails artistiques. ^^ Ordre des 23 plaques suivant M. Stackelberg: Petit côté N. I — 3.

Grand côté E. a — ii.

Petit côté S. 12 14.

Grand côté O. ij — 23.

Mon. de Mur. H,

à droite, Cénée que les Centaures écrasent sous d'énormes rochers. Enfin, au milieu du petit coté S., vis-à-vis de la porte d'entrée, et au-dessus de la colonne corinthienne qui séparait l'hypètre de l'opisthodome^^^ on voyait Apollon et Diane accourant au secours des Lapithes dans un char traîné par des cerfs. L'artiste avait à dessein placé ce groupe dans l'endroit le plus apparent , afin de mieux indiquer la destination du temple et de justifier, par l'intervention du dieu auquel le temple était consacré, le choix des sujets adoptés pour la décoration du monument ^^.

Si notre musée eût possédé un exemplaire des plâtres de la frise de Phigalie, nous aurions, tout en suivant l'ordre adopté par M. Stackelberg, reproduit ce monument dans l'ctatoù il a été trouvé, avec ses mutilations et ses lacunes. Dans l'impossibilité d'exécuter un pareil travail avec toute l'exactitude désirable, nous nous sommes contentés d'offrir à nos lecteurs une copie soignée de la restauration proposée par le savant allemand. Celte copie fera mieux apprécier le style et la manière de la sculpture, attribuée à Alcamèneou à ses disciples^9, que la réduction anglaise, dont les principaux inconvénients sont, d'une part, le désordre inconcevable des différentes plaques ^°, et.

^^ Nous aurons occasion de revenir (note 297) sur cette colonne qui a beaucoup embarrassé les artistes et les archéologues.

^** Stackelberg, op. cit., p. 53, Lenormant, p. 16.

^^ Stackelberg, op. cit., p. 84-85. Lenormant, op. cit., p. i5.

''° Tableau comparatif de l'ordre des plaques : 1" dans M. Stackelberg; 2° dans M.Wagner; 3'^ dans la description du Musée britannique, faisant partie de la collection publiée sous le titre de the iibrary of entertaining knowledge, Londoriy i833, t. 2, p. 175-211; 4** d'après la réduction anglaise; 5° dans le Trésor de numismatique et de glyptique.

Stack.

Wagner.

Mus. b i3.

rit.

Red.

angl.

Tr.deN.

XIII, I, a.

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