‹ Monuments d'antiquité figurée (volume 2)Chapitre 5 sur 7 · SACRUM · texte numérisé non relu

SACRUM

Cf. Stef. Raffei, Ricerche sopra un Apolline délia villa Albani. Rom., 1821; in-fol., p. 4-

"^^ Pausan. ,1, 3,3; VIII, 4i> 5. En latin, averruncus.

"'^ Pausan., \I, 24.

"^^ Arisloph., Plut., 359. Sur les surnoms d'Apollon médecin, voyez Millin , Mon. inéd. , t. 2 , p. 90-96.

'^s C'est ainsi que Diane était surnommée par les Arcadiens, qui l'associaient à Esculape et à Hygie. Pausan. VIII, 3i, init. C'est ainsi qu'elle est appelée sur plusieurs médailles de la Sicile, et sur une, entre autres, dont le revers porte la tête d'Apollon ; derrière chacune des deux divinités est un arc tendu {Num. Siciday dans les Sicula de Dorville, Pi. IV, 10). Burmann, p. 327, pense avec raison que cette médaille a été frappée à l'occasion d'une maladie pestilentielle dont les Syracusains avaient été délivrés par l'intervention salutaire d'Apollon et de sa sœur. Les médailles romaines relatives aux jeux séculaires portent aussi l'eftigie de Diane et d'Apollon. Voyez Spanheim, de Prœst. et usa num., t. 2, p. 125, sqq.

'^^ 'laxixoç 6 'AttoXXwv xat v) "ApTs^xiç, aTuo tou apTStxsac; ttoieiv xai ô 'Wkioc, Ss xa) ■^ DeXyjvy) GuvoixsiouvTai toutoiç oti tîjç Trepi xoùç àspac; sùxpadiaç a'iTioi • xai xà Xoifxixot Se TTaôy) xai touç aÙTojjiaTOuç ôavdcxouc; toutoiç àvaTTTOuci toïç Ôsoïç. Strab. , XIV, 1, 6, p. 635. Diane est surnommée Conservatrix dans une inscription de Vérone publiée par Maffei, Mus, Ver. , p. lxxxi, 8 , et reproduite par M. Orelli, Inscr. lut. sélect. Turici, 1828 ; 2 vol. gr. in-8°, n" 2378.

Apollon et Diane ^^^ Ce sont encore ces deux divinités qu'implorent les Tlîébains quand les sept chefs viennent les assiéger '^^, et les Athéniens quand Thésée part pour délivrer les filles d'OEcfïpe ravies par Créon ^^^; c'est encore à Diane et à son frère que le chœur, dans les Trachiniennes, adresse ses chants de reconnaissance, lorsque Hercule revient vainqueur d'Eurytus ^^'^. Qui ne sait que dans les chants séculaires de Catulle et d'Horace, Apollon et Diane sont souvent conjurés de veiller au salut de l'empire romain? C'étaient deux divinités, Traps^pot, Giivvaoi, c'est-à-dire associés dans le culte que leur rendaient les mortels ^^^. Ainsi Callimaque nous représente Diane prenant place près de son frère dans le palais paternel ^^^; Sénèque les appelle tous deux gemùiwn nmneii^^'^ . Diane avait uw fanum dans l'enceinte consacrée à Apollon dans l'île de Délos ^^^. A Rome, la statue de Diane, ouvrage de Timothée, et restaurée par Aulianus Evandre, se trouvait dans le temple d'Apollon Palatin ^^9. Enfin, et ce dernier fait est peut-être le plus important pour la question qui nous occupe, a Pyrrhichus, en Laconie, on voyait réunis le temple de Diane, ÀGTpaTsta, parce qu'elle avait arrêté dans ce lieu l'invasion des Amazones, et celui d'Apollon, surnommé A(j!.aCovtoç , sans doute parce qu'il s'était uni à sa sœur, dans cette bienfaisante intervention ^^°.

•^= ^schyl., Sept, ad Theb., i45-i5o.

*^^ Soph. , OEd. Col., 1091-1095.

'5^ Trach., 2o5-2i4.

155 Voyez d'Arnaud , de diis Trapeôpoïc;. Hagœ Cnmitum. 1732. in-8**.

''*^ Hymn. in Dian., 169.

. "^7 Herc. Fur., goS.

'^^ Clém. Alex., Protr., p. i3, 27.

■^9 Plin.,H.N.,XXXVI,5.

'^° Pausan., III, 25. C'est sans doute Diane Aarparsia et Apollon 'A{i.aÇovioç qu'il faut voir dans le vase publié par Millin, Peint, de vases, II, 26 , et Galerie myth.,CXXXVI, 499.

D'après ces considérations , on ne peut se refuser à reconnaître Apollon et Diane dans les deux personnages que nous présente la plaque i3 qui, comme nous l'avons dit, faisait face à la porte du temple, et M. Stackelberg eût bien fait de s'en tenir à cette explication, sans proposer à ceux qui ne consentiraient pas à l'admettre, de voir dans la conductrice du char une victoire aT:T£poç^^^

Cela posé, reprenons l'explication de notre monument.

i3. Apollon , qui vient de mettre un terme à la lutte des Amazones et des Athéniens , s'avance maintenant pour protéger les Lapithes contre les Centaures. Il est monté sur le char de Diane, traîné par deux cerfs , et conduit par Diane elle-même. Nous remarquerons ici l'étonnante conformité qui existe entre cette scène et une médaille deSélinonte, gravée dans les ouvrages de Dorville^^^ et de Torremuzza^^^. Là, comme sur notre bas-relief, Apollon, qui vient de délivrer Sélinonte d'une maladie pestilentielle, est traîné dans un char que conduit une Diane ^^^, revêtue du même costume que la nôtre, et comme elle dépourvue de ses attributs les plus ordinaires, l'arc et le carquois ^^^. La seule différence, c'est que le char est traîné par deux

•^' Op. cit., p. 67.

■^^ Sicula, Tab. XIII, 12.

■" Niim. vet. Sicil,, Tab. LXV, 4 et 5.

'^^ Burmann, op. cit., p. 424, ne veut pas voir une femme dans cette figure; il la prend pour celle d'Empédocle, auquel, s'il faut en croire une tradition rapportée par Diogène de Laerte (VIII, 70), les habitants de Sélinonte décernèrent les honneurs divins pour avoir assaini la contrée. Mais un bel exemplaire de cette médaille que possède M. Raoul-Rochette prouve que cette supposition est tout-à-fait inadmissible. D'ailleurs, en admettant qu'Empédocle ait été divinisé, il l'eût été comme héros et non comme dievi, et par conséquent il n'aurait pu être donné comme TrapsSpo; à l'un des douze grands dieux.

'^^ C'est l'absence du carquois et de l'arc qui paraît avoir motivé le doute de M. Stackelberg. Mais ici, comme sur la médaille de Sélinonte, ces attributs étaient inutiles. Apollon combat, et laisse à Diane le rôle de i^vioyoç.

Mon. de Mor. 6

f'hevaux et non par deux cerfs. La ressemblance frappante de ces deux monuments, jointe à d'autres circonstances de même nature, comme, par exemple, la conformité qui existe entre plusieurs scènes de notre monument et les sculptures du Parthénon et du Théseion, conformité que désormais nous aurons fréquemment occasion de remarquer, vient fortifier cette observation déjà faite si souvent, que l'imitation jouait un grand rôle dans l'art des anciens, et que du moment que le type était trouvé et consacré par l'admiration , on se gardait bien de lui faire subir des altérations ou même des modifications volontaires ^^^.

Apollon tient dans la main gaucbe son arc tendu '^", et de la tiroite il tire à lui la corde sur laquelle est posée la flèche qu'il va lancer ï^^. Ces détails manquent dans l'original, il est vrai; mais la pose du dieu et la médaille de Sélinonte , où il est représenté dans la

"^^ Cette observation nie paraît expliquer la ressemblance vraiment surprenante qui existe entre notre monument et la frise en terre cuite dorée qui décorait le tombeau grec d'Armento (voyez note 69). Les fragments précieux de cette frise que possède M. Raoul-Rochette, et qu'il a eu l'extrême complaisance de me communiquer, se rapportent au combat des Centaures et des Lapithes aussi bien que celui des Amazones et des Athéniens, et présentent les mêmes scènes, les mêmes costumes, les mêmes poses, les mêmes détails que le bas-relief de Phigalie.

167 Petï.us Burmannus secundus comm. ad numismata sicula, p. 827 : «Sane apud veteres y poetas prœsertlm, Apollo si placidus mitisque , cum cithara ; si infestas et morbis contagiosis noxias Pœan iiiducatur, cum arcit adparet ut notum ex Homero , II. a, 4^, to^' w[jt,oi(7iv l/wv àii,cp7ip£cp£a xe cpaperp/jv. Vide Commentatores ad illud Tloratii , lib. II, od. 7, 18 :

.... Non , si maie nunc , et olim Sic erit. Quondam cilhaia tacentem Suscitât musam, neque sernper arcum Tendit Apollo. »

'^* Sur les différentes manières de tirer l'arc chez les anciens, voyez Millin, Mon. inéd.', t. i, p. 362 et suiv.

même attitude et armé de son arc, justifient pleinement la restauration de M. Stackelbcrg.

Nous ne quitterons pas cette scène sans parler d'une circonstance assez rare qu'elle présente , c'est-à-dire des cerfs attelés au char qui porte les deux divinités. Si Ton veut voir ici le char d'Apollon, notre monument sera peut-être l'exemple unique d'un pareil attelage, bien que le cerf, qui joue un rôle assez fréquent dans les mythes relatifs à Apollon '^9, puisse être considéré comme un animal symbolique de ce dieu. Comme tel, il figure sur de nombreux vases peints, et entre autres sur un vase d'ancien style, trouvé à Vulci et encore Inédit, que possède M. Raoul-Rochette. L'Apollon Philénus de Milet, statue célèbre de Canachus^^o^ portait à la main un faon de biche, et c'est ainsi qu'il est souvent représenté sur les médailles de Milet. Enfin, le cerf forme le type des médailles autonomes de Caulonia , portant au revers une figure di homme nu., avec une branche de laurier^ qui est l'Apollon zaOapTYiç, et il a été expliqué d'après les mêmes rapports par M. Raoul-Rocbette dans un mémoire inédit, où ce type, resté jusqu'ici l'un des problèmes de la numismatique, a été interprété dans tous ses détails d'après le rite de la lustration ^"^

Mais dans notre monument^ c'est, non pas le char d'Apollon qu'il faut voir, mais bien celui de Diane , et dès lors l'attelage de cerfs n'a rien qui puisse surprendre. Les cerfs étaient particulièrement consacrés à Diane '^2 W ggj; inutile d'indiquer ici les monuments où

'^^ P. ex. celui do Cyparisse, Ovid. Met., X, 121 sqq., et celui d'Argé, Hygin, Fab, 2o5. M. le duc de Luynes possède un casque en bronze où Apollon et Hercule sont représentés, en bas-relief, se disputant une biche.

'^" Plin., XXXIV, 8, 19. Pausan. Il, 10, /, ; IX, 10, 2. Voy. M. Raoul- Rochette, lettre à M. Mùller, Annales de l'Inst. arch., t. 5, 199.

'^' M. Raoul-Pvochette annonce ce mémoire dans ses Mon. inéd. , Odysséide , p. 336, note 4.

'^^ Festiis, V. Servorum : Servorum dies festus viilgo existimatur idibus Augusti, quod eo die Sevvius TuUius natus serva aedem Dianae dedicavcrit in Aventinocujns InteUip sint ccrvi a quorum ccleritateservos fiigitivos vocent cervos.

cet animal figure près d'elle: ils sont trop connus; mentionnons seulement le char de Diane traîné par des biches, que Millin '73|^ publié d'après un monument du musée Capitolin ^^4^ et la fête que les Patréens célébraient chaque année en l'honneur de Diane, et dans laquelle la vierge consacrée à cette déesse fermait la procession montée sur uu char traîné par des cerfs ^"^ (a).

j4. L'artiste, sans doute pour montrer combien l'intervention du dieu sauveur est devenue nécessaire, nous offre dès le début une scène de nature à prouver l'imminence du danger dont la brutale agression des Centaures menace les Lapithes.

Un Centaure, sur les épaules duquel flotte une peau de bête, soulève une branche d'arbre ^^6 dont il se prépare à frapper un Lapithe nu, qui, le casque au front, se fait un rempart de son bouclier, et tient dans la main droite une pierre qu'il va lancer à son ennemi ^77. Celui-ci, non content du moyen de défense dont son bras est armé , se dresse sur ses pieds de derrière pour frapper son

'73 Galerie mylh., II, 32.

'^'^ Museo Capitolino, IV, 3o. Voyez encore le médaillon d'Alexandre Sévère par Buonarotti , Medagl. ant.^ XII, i ; et par Millin, Gai. myth. , XXXIV, iio. Le revers de ce médaillon représente un char jM)rtant la statue de la Diane d'Épbèse et traîné par deux biches.

'7^ Pausan.,VII, i8. Peut-être ici pourrait-on expliquer l'attelage du char d'Apollon et de Diane considérés comme dieux médecins et sauveurs , en s appuyant de cette opinion des anciens d'après laquelle le cerf était considéré comme un type de longévité (voyez Cic, Tusc. III, 28; Pausan.VIII, 10, fin); mais j'avoue ne pas attacher grande importance à cette explication.

(a) Restaur. La face des deux divinités; l'arc et la main droite d'Apollon; la main droite de Diane et les rênes.

^^ Telle est l'arme qu'on lui a supposée dans la restauration du monument, non sans quelque vraisemblance. Peut-être encore tenait-il un quartier de rocher. Voyez la description de la 20^ plaque.

"^ Sur l'usage des pierres comme arme défensive, voy. Millin, Mon. inéd., l. 1, p. 209; 2, p. 28/,; et M. Raoul- Rochette , Mon. inéd., Achilléïde, pi. IV^ n** 2 , p. 23.

adversaire à l'aide de ses sabots antérieurs. Tout le groupe rappelle ces vers d'Ovide ^^8 ;

Ipse dolor vires anima dabat; œger in hostem Erigitar, pedihus que virum proculcat equinis: Excipit ille ictus galea clypeoque sonantes ^ Defensatque humeros , prœtentaque sustinet arma.

Derrière le Centaure est une femme portant un enfant sur son bras droit. Le mouvement du bras gauche indique la frayeur, et annonce qu'elle cherche à éviter la poursuite d'un ravisseur qui la menace (a).

i5. Ce n'est pas sans motif qu'elle cherche à prendre la fuite, le seul défenseur sur lequel elle pourrait compter est en ce moment désarmé, et n'a plus que son bouclier pour toute défense. A ses pieds est étendu mort un ennemi que peut-être il vient de terrasser, ou qui, suivant une conjecture de M. Stackelberg, est tombé sous les flèches d'Apollon, dont le char se voit à peu de distance. Ainsi réduit à son bouclier, il s'en fait un rempart en l'opposant de ses deux mains à une ruade que lui lance un autre Centaure. Mais d'oii vient que ce dernier emploie une arme de ce genre , surtout en ce moment où il est engagé dans une lutte qui lui coûtera la vie, car il vient de saisir la tête et le bras gauche d'un jeune Lapithe, et le mord violemment à l'épaule à l'instant où celui-ci , malgré la vive douleur qui se peint sur tous ses traits, lui enfonce de la main droite son épée dans le poitrail?

M. Stackelberg en donne une raison assez vraisemblable. Suivant lui, c'est que le premier Lapithe lui a enlevé une partie de la queue

"' Metamorph. XII, 373-376.

(a) Resiaur. La face, les deux jambes, la main gauche de rAthénien ; la jambe gauche de devant et les deux jambes de derrière du Centaure; une partie de sa main droite et tout son avant-bras gauche ; la tête et l'épaule droite de !a fennue qui fuit; son pied droit, et les doigts de la main gauche.

d*un coup de son épée. En effet, dans l'original , la queue est écourtëe ^79, et c'est à tort que la restauration lui en donne uoe aussi longue que celle des autres (a).

i6.^^^ Quoi qu'il en soit, la victoire reste favorable aux Lapithes. Un Centaure vient d'être vaincu et renversé par deux ennemis. L'un d'eux tire le monstre par les cheveux, tandis que l'autre, appuyant son genou droit sur le dos de son farouche adversaire, semble se préparer à le frapper de son épée. Mais un second Centaure qui survient le saisit par le bras droit, et de la main gauche s'efforce de lui arracher son bouclier; tandis que le Centaure renversé cherche de la main gauche à repousser le coup qui menace sa tête, et de la droite à écarter le genou qui le presse (b).

17. Jusqu'ici nous n'avons encore vu dans les Centaures que des

'^^ M. Stackelberg remarque que les Grecs n'avaient pas le goût d'anglaiser les chevaux, et que l'on ne peut voir une preuve du contraire dans les deux exemples que présente notre monument, non plus que dans le cheval en bronze qui se trouvait à Olympie et qui passait pour l'ouvrage de Phormis. En effet, sur notre monument, la mutilation est justifiée par la bataille; et quant au cheval de Phormis, Pausanias (V, 27) remarque que cette queue ainsi écourtée le rendait plus hideux : àTroxéxoTrxai te t'^v oùpav, xat èaxiv Itti tw toiwSs Iti aiffj(iwv. Homère (Od. çp', 3oo et suiv.) nous représente les Lapithes coupant le nez et les oreilles au Centaure Eurytion en punition de son crime.

(a) Restaur. La tête, une partie du bras droit, le plat de la cuisse droite et le genou gauche du Lapithe qui tient le bouclier; le pied droit et une partie du tibia de celui qui est mordu par le Centaure. Les baudriers et les fourreaux que la restauration donne aux deux Lapithes sont justifiés par le trou que chacun d'eux a au-dessous de la mamelle gauche.

**° Cette plaque devait incontestablement suivre celle qui précède, car au milieu du bord droit de la plaque 1 5 est un vide pratiqué pour recevoir le poignet en saillie qui se trouve près du bord gauche de la plaque 16.

(b) Restaur. La tête et le bas de la jambe gauche du Lapithe qui tire le Centaure par les cheveux ; le poignet et la main gauche du Centaure renversé; une faible partie du tibia gauche de l'autre Lapithe ; une partie de la croupe et du pied gauche de derrière du Centaure qui tient le bouclier.

(47 ) combattants plus ou moins heureux; l'artiste va nous les représenter sous l'aspect odieux de ravisseurs justifiant le châtiment terrible qu'un dieu vient leur infliger.

Une femme, portant un enfant sur son bras gauche, cherche à fuir un Centaure revêtu d'une chlamyde, et qui de son bras droit vient de la saisir par le cou. Toute son attitude annonce l'effroi et la terreur, et dans la vivacité de la lutte sa tunique en se déchirant a laissé à découvert son sein droit. Cette scène, pleine d'intérêt et de mouvement, mais qui laisse beaucoup à désirer sous le rapport de l'exécution, rappelle la métope lo^ du Parthénon , que nous possédons au Musée royal du Louvre ^^', et les 11^ et aS^ détruites par l'explosion de 1687, mais conservées dans les dessins de Carrey '^^.

Près de là, un Centaure vient de terrasser un Lapithe couvert d'une tunique, d'une cuirasse et d'une chlamyde, ce qui justifie la restauration qui lui donne un casque. Il est tombé sur ses genoux. Son ennemi, sur les épaules duquel flotte une peau de lion, s'efforce de lui arracher son casque : déjà même il lui a enlevé son bouclier.

Ce dernier Centaure est plus âgé que tous les autres, et présente certaines singularités, telles que le front chauve, les oreilles et la crinière de cheval , qui semblent annoncer de la part du sculpteur l'intention de faire reconnaître l'un des principaux personnages de ce mythe, peut-être le Latreus dont parle Ovide dans ces vers ^^^ :

Provolat Emathii spoliis armatus Haie si , Quem dederat leto, memhris et corpore Latreus Maximus. Huic œtas inter juvenemque , senemque ,

'^' ]\° 128. Voy. M. Brôndsted, Voyage et Recherches dans la Grèce, 2® Hvr. , p. 2o3. Je partage bien sincèrement l'opinion du savant danois sur la restauration de ce monument.

'^' Voyez M. Brôndsted, op. cit., p. 267 et 268.

'" Métamorph., XII, 462-467.

Vis juvenilis erat ; variabant tempora cani. Qui clypeo galeaque Macedoniaque sarissa Conspiciais , etc. (a)

18. A ces deux scènes où le crime semble rester impuni, en succèdent deux autres où la vengeance céleste va frapper les coupables.

Un Lapitbe entièrement nu, et dans lequel M. Stackelberg veut voir Pelée ou Nestor, est sur le point d'étrangler son adversaire qu'il a saisi par le cou; mais celui-ci, dont les épaules sont couvertes d'une peau de lion, résiste de toutes ses forces, et ne paraît pas disposé à lui abandonner la victoire. De son bras et de son pied droits il a entouré la cuisse gaucbe de son ennemi auquel il cberche à faire perdre l'équilibre; le mouvement de la partie supérieure de son bras gaucbe, la seule qui subsiste, semble annoncer que de ce bras il repoussait la tête du Lapitbe, et la pose de cette tête justifie une pareille conjecture, suivie dans la restauration (e). On peut rapprocber de cette scène la 3i^ métope du Partbénon ^^^.

Cette lutte opiniâtre est suivie d'une scène non moins animée. Un Lapitbe portant la cblamyde poursuit un Centaure nu qu'il saisit ou va saisir par les cbeveux, de la main gaucbe , tandis que de la droite il se dispose a le frapper de son épée. Le Centaure, qui a probablement reçu une première blessure, se cabre et porte la main gaucbe à son dos pour parer le coup qui le menace. Ce qui reste du bras droit semble annoncer qu'il était, comme l'indique la restauration (c), replié de manière à ce que la main pût protéger l'épaule

(a^i Restaur. Une partie des cheveux, la main droite et une partie de la jambe droite de devant du Centaure à la gauche du spectateur; une faible partie de la jambe droite de derrière de Latreus, et son avant-bras droit; la main gauche et la tête d'Halésus.

(b) Restaur. La tète et la jambe droite du jeune Lapithe; la main gauche du Centaure et sa jambe gauche de devant.

'^'^ Brondsted , op. cit., p. 272.

(c) Restaur. Les jambes du Lapithe, le bas de ia face du Centaure, sa croupe, sa jambe gauche et le sabot de la jambe droite de derrière.

(49) droite ou plutôt la face; mais c'est eu vain, le coup va atteindre !c monstre au visage :

Advcrsiun Ut quoquc , quamvls TergaJagœdederiSjVulims, Crenœe , tidlsll.

Narn grave , respiciens Inter duo luminaferram , Qua narls fronti committltur, accipis y imœ '^^.

19. L'intérêt dramatique, dans cette admirable composition, ne peut un seul instant se ralentir. Peu effrayé du châtiment dont un dieu le menace '^^, un Centaure enlève une jeune fille qui, le bras gauche étendu et la tête tournée dans la même direction, semble appeler à son secours. La tête du monstre est mutilée; mais à en juger parle mouvement que l'artiste lui a donné, on peut présumer qu'il jetait en fuyant un regard de convoitise sur le sein nu de la jeune fille , dont la tunique s'est déchirée en résistant au ravisseur. Cet épisode offre une assez grande ressemblance avec la 29^ métope du Partlîénon ^^^ ; niais l'avantage paraît rester au sculpteur de Phigalie.

Près de là un autre Centaure tente une pareille entreprise sur un jeune adolescent qui résiste avec plus de vigueur, mais avec aussi peu de succès, car il n'a d'autre arme que ses mains : de l'une il saisit les cheveux de son adversaire, et de l'autre il se prépare à lui assener un coup de poing. Cependant , son lubrique ennemi cherche à l'entraîner en le saisissant d'une main par le haut de la cuisse gauche, tandis que de l'autre il semble lui caresser la figure comme pour apaiser sa juste fureur.

'" Ovide, Met. XII, 3i2-3i5.

'^® Les traces d'un pied de Centaure qui s'aperçoivent dans la partie inférieure de cette plaque à gauche, justifient pleinement la place qu'on lui a donnée dans l'ensemble , puisque dans la plaque précédente la jambe droite du Centaure se termine au genou.

'^7 Brondsted, op cit., p. 271.

Mon. de, Mor. n

l 5o ) Feu M. Combe prétendait que ce tableau représentait Pirithoûs au moment où il vole au secours d'Hippodamie qu'enlève Eurytion : mais cette conjecture est sans vraisemblance. Rien dans le jeune liapithe n'annonce un héros ; et il est beaucoup plus probable de penser que l'artiste n'a voulu représenter ici qu'une scène secondaire, où il retraçait sous une double face la passion brutale à laquelle se laissèrent emporter les Centaures au milieu de l'ivresse du festin. Nous savons d'ailleurs, d'après Pausanias ^^^, qu'Alcamène, sur le fronton postérieur du temple de Jupiter à Olympie , avait aussi représenté le combat des Centaures et des Lapithes, et que l'on y voyait, entre autres scènes, deux de ces monstres emportant l'un une vierge, 6 pièv TrapÔsvov, l'autre un heau garçon, d t\ TiaT^a wpaTov (c).

10, La scène dont nous venons de nous occuper est assurément l'une de celles qui caractérisent le mieux le drame mythologique retracé sur notre monument; mais il n'en est aucune qui indique d'une manière plus précise le sujet et l'époque de ce drame que celle que nous allons essayer de décrii-e.

L'un des chefs des Lapithes, Cénée ^^9, que Neptune a rendu invulnérable aux armes ordinaires, est au moment de recevoir la mort, écrasé sous un énorme quartier de rocher que deux Centaures soulèvent à grande peine. De la main gauche il oppose son bouclier à ses ennemis , tandis que de la droite il paraît vouloir porter à l'un d'eux un coup de son épée ; mais ses efforts sont impuissants; déjà son corps est à demi enfoncé dans la terre, et caché par un vaste amas de rochers. Une scène absolument semblable est représentée sur la frise du temple de Thésée à Athènes, et paraît avoir

'"^ Pausan.,V, 10.

(c) Restaur. La face du Centaure qui enlève la jeune fille ; une partie de l'œil droit, la joue gauche et la jambe droite de devant du Centaure qui lutte contre le jeune homme.

'''» Sur le mythe de Cénéc, voyez Millin, Mon. inéd. , tome a, page 285 et suivantes.

{ 5. ) servi de type à celle qui nous occupe. L'attitude du héros, celJe de ses ennemis, les armes employées contre lui, ses moyens de défense, tout est parfaitement identique. On ne peut nier cependant que pour l'énergie et la vérité de la représentation notre monument n'ait un avantage marqué (d).

La plupart des poètes et des mythographes qui ont raconté la mort de Cénée^9°, le font mourir écrasé sous des troncs d'arbres. Les arbres se trouvent très-rarement représentés sur les bas-reliefs anciens, sans doute à cause de la difficulté de cette représentation, et cela explique la préférence que l'artiste adonnée ici, comme sur la frise du Théséion , aux rochers, l'une des deux armes que, suivant Ovide '9% Monychus conseille à ses compagnons d'employer pour se défaire de leur redoutable antagoniste. Il n'en est pas de même sur les vases peints, oii cet épisode est fréquemment reproduit. Souvent les Centaures y sont armés de branches d'arbres, souvent même de branches d'arbres et de pierres tout à la fois '9^.

L'imitation de la frise du Théséion ne s'arrête pas à ces trois personnages. Là, comme sur notre monument, Cénée ne mourait pas sans défenseurs. Derrière le Centaure de droite se trouvait un Lapithe prêt à frapper le monstre de son glaive : ici même incident; mais la combinaison des lignes a nécessité un autre mouvement : le Lapithe

(d) Restaur. La tête et la queue du Centaure à gauche ; la face de Cénée, sa main droite et une partie des muscles du bras droit.

•9° Orphée, Argon., 170, sq. ; Apoll. Rh. , I, 69, sq.; Ovid. , Metam. , XII, 5io et suiv. Un vase publié par Millin (Vases grecs, P. VIII) repre'sente Cénée enseveli sous des branches de pin.

'9' Metamorph., XII, Soy.

'^' Voyez le vase publié par Millin, Mon. inéd., t. 2, p. 272 et suiv. Sur un vase à figures noires du cabinet de M. Durand, et qui représente la mort de Cénée, les deux Centaures sont armés , l'un d'un tronc d'arbre, l'autre d'un quartier de rocher. Cénée, au milieu de ses deux adversaires, n'est visible que jusqu'à la ceinture. M. Fossati {)ossède un vase à peu près semblable.

a saisi l'oreille de son adversaire, et s'efforce de la lui arracher. Déjà il lui a fait subir une mutilation plus cruelle en lui coiipant la queue '93. Le monstre dans la violence de sa douleur pousse des cris de rage. A la droite duLapitlie,une femme effrayée s'enfuit, et semble vouloir se voiler à l'aspect de cette scène d'horreur. Sa pose annonce l'incertitude; et en effet, à en juger par la scène qui suit, elle se trouve entre deux dangers auxquels il paraît difficile qu'elle puisse se soustraire (e).

11. Un Centaure, la peau de lion sur l'épaule gauche, s'élance en se cabrant sur un jeune homme auquel il a arraché son épée; du moins telle est l'arme que la restauration de M. Stackelberg lui donne, et avec beaucoup de vraisemblance ^94. Le Lapithe saisit son adversaire par la jambe gauche de devant et, suivant M. Lenormant, par le bras gauche; mais la restauration anglaise comme celle de M. Stackelberg supposent ce mouvement au Centaure, et l'attitude du jeune homme , dont le corps se rejette en arrière , semble justifier cette conjecture. Peut-être même se trompe-t-on de part et d'autre : les deux mains manquent dans le monument, et les avantbras paraissent bien éloignés pour que les mains aient pu se rejoindre (f).

L'issue du combat suivant ne laisse aucune incertitude. Un Lapithe , dont les formes vigoureuses annoncent un héros , vient de terrasser son adversaire; il presse de son genou la croupe du monstre qui a rejeté ses bras en arrière pour repousser son ennemi. Mais le

'93 Voyez note 179.

(e) Restaur. La face., la superficie de la poitrine et du bras droit du Lapithe; la tête de la jeune fdle.

'^' La restauration ani^laise ne lui donne pas d'arme ; l'auteur de la description du Musée britannique suppose qu'il tient une massue.

(f) Restaur. Le front, le poignet et la main gauches du Centaure; les deux jambes du côté hors du montoir ; le poignet et la main gauches du Lapithe ; une partie de ses iXdvw pieds.

( 53 ) Lapithe les a saisis de sa main gauche, tandis que de la droite il tire la tête du Centaure en arrière pour lui rompre la clavicule. Cette pose est souvent indiquée dans les poètes. C'est ainsi que Nestor renversa Monychus^9^; Hercule, Hylëe ^9^; Thésée, Bianor^97^ etc. Les monuments nous montrent que c'était ainsi que les héros sortaient vainqueurs de leurs combats contre les Centaures ^9^. Micon, sur la frise de l'opisthodome du Théséion, avait représenté Thésée vainqueur d'un Centaure '99, probablement par le même moyen. Aussi, M. Stackelberg serait-il disposé à reconnaître ici Thésée , s'il ne lui paraissait convenable de réserver dans notre monument, au héros principal de ce mythe , un exploit semblable, mais bien plus glorieux encore, puisqu'il met fin au combat en décidant de la victoire. Il propose donc de voir ici Pirithoùs , le second personnage de ce grand drame, l'ami et le compagnon de Thésée (a).

22. Irrité de la défaite de son frère, qui va succomber sous la main puissante de Pirithoùs , un Centaure accourt pour le défendre. Une peau de lion couvre son bras gauche ^°° ; dans chacune de ses mains est une pierre ^^^ qu'il va lancer (b).

'95 Val. FI. I, i45.

'9« Stat. Theb. V, 53o.

•97 Ov. Met. XII, 342.

'9^ Plin. H. N. VIII, 6, 70. C'est par ce moyen qu'Hercule triomphe de la biche aux cornes d'or sur le bas-relief de la conque de la Villa Albani publiée par Winckelmann, Mon. inéd. , 65, et reproduite par Millin, Gai. Myth., CXII, A35 e.

'^9 Pausan. I, 17. Les métopes 2 et 27 du Parthénon représentent une pareille scène.

(a) La joue gauche de Pirithoiis.

''°° Sur l'usage commun, dans l'âge héroïque, de se faire un rempart d'une peau de béte ou de son vêtement, voyez Millin, Mon. inéd., t. i, p. 214; 2, p. 284.

'°' Voyez note 177.

(b) Restaur. Tout le corps du Centaure , l'épaule gauche , les deux bras et la queue exceptés.

Près de là, un autre Centaure sépare un Lapithe de son épouse. De la main droite il paraît saisir la femme par les cheveuf , tandis que de la gauche il saisit le bras droit du Lapithe qu'il a renversé à terre, et qui , s'appuyant sur son bouclier, se prépare à le frapper de son glaive. Mais là ne se bornent pas les efforts du monstre contre son ennemi; il se cabre, et déjà de l'un de ses pieds il va le frapper sous l'aisselle (c).

2 3. Nous sommes parvenus à la dernière scène, à celle qui doit décider de cette lutte terribl'e; et ce n'est sans doute pas sans intention que l'artiste a laissé un espace vide entre cette scène et celle qui la précède. L'œil avait besoin de se reposer avant de se fixer sur l'épisode le plus important du drame.

Deux femmes se sont réfugiées auprès de la statue de la déesse protectrice du mariage. L'artiste paraît avoir voulu représenter une ancienne idole en bois ^°=^, sculptée dans la manière hiératique; c'est du moins ce que semblent indiquer la roideur de la pose, les plis irréguliers du vêtement, les bras pendants le long du corps, et le modius, emblème de la solennité nuptiale, dont la tête est surmontée ^^^. Dans Ovide ^°^, c'est près d'un autel que se passe la scène, et cet autel est encore allumé pendant la bataille. Les interprètes voient dans cette statue Artémis XiTcovia , ou Héra Tzkeioc. Celle des deux femmes qui se sont réfugiées auprès de la déesse, et qui, debout, les bras étendus, semble invoquer l'appui de la divinité, doit être la paranymphe (7rapavu(j!.9o;, vufjicpeijTpta) d'Hippodamie. Ses prières ne seront pas impuissantes; un vengeur, un héros, Thésée s'approche, il combat pour elles; et de plus, elle peut apercevoir Apollon , le dieu

(c) Restaur, La tête et la jambe droite de la femme; le bras droit du Centaure,, sa joue droite et son poignet gauche. L'extrémité du pied droit du Lapithe.,

"" Soavov.

*°^ Les gravures du bas-relief de Phigalie publiées par M. Combe n'indiquent; pas le modius, et M. Combe n'en dit rien dans sa description.

^»* Metamorph. , XII, 258 , sq.

des Lapithes , et Diane, la protectrice des vierges, s'avança iit irrités pour mettre fin aux criminelles tentatives des Centaures. Cependant Hippodamie elle-même, à genoux et à moitié nue, embrasse la statue de la déesse d'une main, tandis que de l'autre elle cherche, par un sentiment de pudeur sur lequel les anciens insistent avec complaisance ^°^, à ramener sur ses membres nus le voile dont ils étaient couverts. Ses regards sont fixés avec anxiété sur le combat dont elle attend son salut. Le danger est grand ; car le farouche Eurytion , quoique dans les angoisses de la mort, saisit encore avec vigueur le voile dont elle cherche à se couvrir. Mais déjà Thésée appuie son genou sur la croupe du monstre; d'un bras vigoureux il lui serre le cou pour l'étrangler ou pour lui rompre la clavicule =*°^, et de l'autre il se prépare à lui assener un coup de massue qui achèvera la victoire. Vainement Eurytion cherche à arrêter Je coup fatal ; Thésée ,

*"" Eur. Hec, 564, sq.

KpoTïTOua' à xptjTrxeiv o(jt.tj,aT' àpaevwv /^pswv. Ovid. Metamorph. , XIII, 480 :

Tune quoque cura fuit partes velare tegendas , . Cumcaderet, castique decus servare pudoris.

La Fontaine , Filles de Minée :

Elle tombe, et tombant range ses vêtements ,

Dernier trait de pudeur même aux derniers moments.

Voyez, pour d'autres exemples de cette dernière preuve de pudeur chez les femmes qui reçoivent la mort, les notes de M. Boissonade sur la traduction des Métamorphoses d'Ovide par Planude, p. 574.

'*°^ Ovide avait dans l'idée un pareil groupe quand il a décrit le combat de Thésée contre Eurytion (Métam., XII, 228, sq.), et surtout contre Bianor (Ibid., 345-349). C'est probablement la lutte de Thésée contre Eurytion que représente l'un des fragments de la frise dorée du tombeau grec dont j'ai déjà eu occasion de parler, notes 59 et i66.

vengeur de rinnôcence opprimée, protecteur des saintes lois de Tunioii conjugale, ne peut pas manquer de sortir vainqueur du combat (d).

Nous croyons devoir terminer cette dissertation par quelques observations sur le costume des différents acteurs de l'un et l'autre drame que nous venons de décrire; et, comme dans ce qui précède, nous aurons souvent lieu de mettre à profit les savantes rechercbes de Visconti , de Millin , de M. de Laborde et surtout de M. Stackelberg, qui lui-même doit beaucoup aux travaux de ses devanciers.

Suivant l'usage des temps héroïques, la plupart des guerriers sont nus, ou pr-esque entièrement nus; et cependant les artistes auxquels nous devons le bas-relief de Phigalie, sont parvenus à répandre dans leurs différentes compositions une variété de formes et de mouvements qu'on ne saurait trop admirer. Ainsi aux uns =^^7 ils ont donné la chlanis (-/JXavlç), draperie d'une étoffe étroite et fine dont les anciens s'enveloppaient le bras quand ils allaient à la chasse des bêtes féroces *°^ ; à d'autres^o9 la cblamyde (jXol^jjç), petit manteau, propre aux guerriers ^'°, et qu'on attachait sur la poitrine avec une agrafe

(d) Restaur. Une partie du modius de la statue; la main gauche de la vu[jL(p£urpia ; la massue et le derrière de la cuisse droite de Thésée.

"7 Pi. I, 2, 4, 5, 6, 8, 9, 10, i4 , i5, i6, 19, 20, ai , 22.

"""^ Pollux Onomast., V, Segm., 18 : Sxsuy) Se xuvy]Y£Tou... xai)(^Xa(ji,uç (lisez )^Xaviç avec les Mss) . . . -^v h€i t^ )(£ipi tt] Xaia TcspieXiTTSiv , ôttote [xeraôsoi toc 6y]pia, v] 7rpoa(J.a/^oiTO toutoiç (Sic Ms. pro vulg. xoïç 6Y]pioi(;). Hesych. XXaviôeç* Xe-ittoc i(xà- Tia. Cf. Poil. On. VII, A^, et non 49, comme l'indique M. Stackelberg.

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