VII
""^ Schol. Apollon. Rhod., III, laiS, et les interprètes d'Hesychius, au
mot Stocoioç /iTcov.
''^ Pol. On. I, i35. Cf. Passow Lex, v. 6[xcpaXo)Toç. "*'"' Plaques 12, i5, 17, 19.
( 59) berg conjecture avec assez de vraisemblance que les autres accessoires avaient été abandonnés à la peinture.
Le javelot et l'épée sont en général les seules armes offensives dont les guerriers fassent usage; mais en ceci encore nous rencontrons quelques exceptions. Quand le javelot avait été lancé, on tirait l'épée (Çicpoç) pour combattre de près. Ici l'épée est très-courte , descend a peine jusqu'à la cuisse, et parait être plutôt le Tuapa^ojviov^^* quela(y.a)(aipaoula y.oizCç'^^'^ : elle est suspendue à un baudrier (T£);a|jt.(ov ^^^) qui passe sur l'épaule droite. La plupart de ces épées étaient rapportées, ainsi que les baudriers, les lances, ou les javelots, et non pas seulement en bronze, comme on l'a conjecturé, mais aussi en marbre , ainsi que l'indiquent les tronçons qui subsistent encore. Il paraît assez difficile de croire avec M. Stackelberg, que le soin de figurer les baudriers ait été abandonné à la peinture ; il est beaucoup plus naturel de croire qu'ils étaient rapportés en bronze : ce qui semble le prouver , ce sont les trous que l'on remarque au-dessous du sein gauche de quelques-uns des guerriers, et dans l'un desquels on a retrouvé le plomb destiné à la soudure.
Les boucliers des guerriers sont des boucliers argiens ^^^, vastes et ronds, àdTri^e; suxuxXoi , garnis extérieurement d'un rebord (avTu? ^^^), et intérieurement de deux poignées, l'une au milieu (oj^avov ^^^) , l'autre près du bord (ojoivn ^^7). Us couvraient les combattants depuis l'épaule jusqu'au genou. L'artiste, au moyen des ressources qu'offre la perspective, est parvenu, en variant les poses, à éviter dans la-
"' Millin, Mon. inéd., t. I, p. 272.
"' Poil. Onom., 1,1 36.
Hesych. TeXa|xa)V • Xwpoç, xal ô avacpopsùç tou ^icpouç , xal ty)? àaTriSoç.
"' iEschyl. Sept, ad Theb., et Millin, Mon. inéd. t. i, p. 3i3, 9. Cf. Blasius Carophilus de veterum c/r/?m. Lugd. Bat., i75ij in-4'^
"' Hom. II. VI, 118.
"' Pollux, On.,I, i33.
' "' Ibicl. Cf. Schol. Aristoph. Equit. 845.
représentation de cette arme , la monotonie de la forme circulaire.
Les casques des hommes sont de différentes formes, garnis ou dépourvus du cimier (Xocpo; ^^^) (et dans ce dernier cas on les appelait xaTatTi»^ ^^9) ; les couvre-joues (TuapayvaBii^eç ^3®) de quelques-uns de ces casques sont tantôt relevés et tantôt rabattus. Un guerrier ^^^ porte par-dessus son casque, dont on aperçoit la partie inférieure sur son cou, le 7ïî>.oç ^^^, également en usage dans les combats.
Thésée est le seul qui porte la massue (xopuvy) ^^^). C'est sans doute la massue de fer qu'il a enlevée à Périphètes , et dont il fit constamment usage après cet exploit ^^4. H en est armé dans l'un et dans l'autre combat ^^^. J.a peau de lion, qui le distingue, est aussi donnée par Homère à des héros ^^^. Dans le combat des Amazones il la porte sur le bras gauche et s'en sert en guise de bouclier ^^7^ comme Minerve se sert de l'égide dans les plus anciens monuments ^^^. Les cheveux
^^^ Hesych, Aocpoç . . . axpov TrspixscpaXaiaç.,
"^' Hom.,11., X,258.
^'^'^ Eustath. et Schol. Yen. ad II., V, 743.
''' Plaques.
'^' Phot. Lex. et Siiid., v. ïliÀoç.
^^^ Hesych. Kopuvr, . . . ^oTraXov.
^^' Plut. Thés. 8. Nous avons dit, note 117, que c'était l'arme des héros. Homère la donne à Éreuthalion , II., VH, i35-i4i ; à Aréithoûs, ibid. 9 et 1 38; àOrion, Od., XI, 571-574, etc.
'■^^ Plaques 8 et ^3. Elle manque dans la plaque 23 ; mais la forme du fragment resté dans la main de Thésée, indique, ainsi que le mouvement du bras, que là comme à la plaque 8 , il devait porter cette arme.
""^^ Schol. Apollon. Rhod. i, 324- HuvyiÔsç toTç 7]pw(7t xà Sepixarocpopeiv. Hom. II. X, 23, en parlant d'Agamemnon : 'A[ji.cpi S' eTTSira Sacpoivov eeaaaxo S£p(/.a Xeovxoç, Schol. Hom. ad h. 1., 'Etti tw j^itwvi Xsovxviv xeôsasv àvxt x9)ç «cttiSoç. II., X, 177. Feith, Jntiquit., Hom., lib. IV. Argentor., i743, p. 462, sq. Terpstra, Andq.y Hom., p. 164 et suiv.
"^' Voyez plus haut , note 116.
''^^ Voyez la planche LXII des Voyages et Recherches de M. Brôndsted, ■f' livraison, p. 295 et suivantes. Du reste, M. Stackelberg se trompe quand il
de Thésée, dont les boucles se redressent sur son front, donnent à sa tête de la ressemblance avec celle d'Hercule encore jeune, et augmentent en lui l'expression de la force.
En général les, guerriers portent la chevelure courte, adoptée pai^ les athlètes.
Les Centaures, au contraire, se distinguent par leur aspect sauvage, leur longue chevelure hérissée, et leur barbe en désordre. Trois d'entre eux seulement font exception. Leur seul moyen de défense, quand ils ne sont pas entièrement nus ^^^ , consiste dans une peau de lion qu'ils portent jetée sur l'épaule ^^°, ou sur le bras gauche ^^^, ou bien encore attachée autour du cou au moyen d'une agrafe ^^^. Leurs armes sont celles qui conviennent à leur grossièreté , les armes
avance que, suivant Plutarque, Thésée, après sa victoire sur Périphètes, porta la peau de lion comme Hercule; Plutarque ne dit rien de tel. Voici le passage (c. 8) : Kal TcpwTOv [aev Iv t9) "ETTiSaupia IIspicpT^TYiv . . . auixéaXwv (XTtsxTSivev riaÔsiç §è T^xopuvîj, Xaêwv, ottXov e-KOiriaoLxo , xai SietÉXei ypcojxsvoç, wcrTrsp ô 'HpaxX^ç tco SspjxaTi Tou XeovTOç. Pour que ce passage eût le sens que lui suppose M. Stackelberg, il faudrait après 'HpaxX^; une virgule que n'ont pas les bonnes éditions. Xpiop-evoç a pour complément Trj xopuv95 qui précède et qui sert ainsi de complément à deux verbes différents, ce qui n'est pas sans exemple.— Cf. ApoUod., III, i6, i.
'^^ Plaques i6, i8, 19, 21, 23.
^*** Plaques 14, i5, 17, 18, 20, 21.
"'•' Plaque 32.
Plaques i5, 16, 17, 20, 22. C'est avec la peau de lion ou la peau d'ours, que les poètes les représentent. Ovid., Metam., XII, 414 :
Nec, nisi quae deceant, electarumque ferarum Aut humero, aut lateri praetendat vellera lœvo.
Ici., îbicLy 429.
Ante oculos stat et ille meos , qui sena leonum Vinxerat inter se connexis vellera nodis.
La peau de lion est aussi l'un des attributs que leur donnent la plupart des. uionuraenls.
( 6a ) que fournit la nature , les pierres, et peut-être aussi les branches d'arbre ^^l
Par une opposition qu'il est facile de s'expliquer , les femmes des Lapithes, une seule exceptée, sont entièrement vêtues. Elles portent ou des sandales ^'''^^, ou des souliers couverts, à hautes semelles ^^^ , que l'on pourrait prendre pour la chaussure appelée (^eadoCki^eç, ^^6. Leur vêtement consiste en une longue robe, à plis onduleux, dans laquelle on peut reconnaître tantôt l'ancien costume dorien, généralement adopté en Grèce dans le principe, tantôt le costume ionien, qui était tout l'opposé.
Hérodote ^^7 nous apprend que ce dernier fut adopté en Attique, lors de la guerre des Athéniens contre les Eginètes, et cela dans le but de supprimer les aiguilles ou agrafes dont on faisait usage dans l'habillement dorien, jusque-là en usage chez les femmes athéniennes. Le costume ionien consistait surtout en une tunique de lin, qui n'exigeait pas d'agrafes. Ce qui distinguait surtout le costume dorien des femmes , c'est qu'il couvrait moins le corps , et qu'il laissait entièrement à nu les bras et les jambes.
Il ne sera pas difficile de prouver que les deux costumes se retrouvent sur le bas-relief de Phigalie. En effet, deux femmes de Lapithe ^^^ y portent, suivant l'usage ionien , cette longue tunique =^49 fermée, dont les manches s'attachent sur les bras au moyen de plusieurs boutons ^^°, et cette robe de dessus appelée Tzéiù.oç ou TueirXov
'*^ Voyez notes 177 et 192.
^** Plaque 14. La femme du 11° 19 a les pieds nus.
^^^ Plaques 17,20, 22,23.
"*' Poil., On., VII, 87.
^^^ Plaques 22 et 23.
^^^ XiTwv TToSvipyiç. Poil., On., VII, 63. Xixwv . . . 7roSifipY]ç eç . . . touç àarpaya-
''' ^lian., V. H., I, 18.
(63) qui était souvent retenue avec une ceinture. D'autres au contraire portent, suivant l'usage dorien , des robes qui s'attachaient sur l'épaule avec des agrafes (xspovat ^^^) , la tunique ouverte (^ajiGToç x^tcov ^^^), et la xystis (Sucrt; ^^^). La première, ou tunique spartano-dorique, est ouverte sur le coté; une partie de l'étoffe repliée sur elle-même (onzko'n ou ^iTzlotç ^^^), et retenue par la ceinture, retombe jusqu'au genou ^^^. L'autre, la xystis, qui fut introduite dans la tragédie ^^^, consiste en un vêtement qu'on attachait très-bas avec la ceinture et qui, remontant jusqu'au-dessous du bras, agrafait sur l'épaule un pan qui retombait sur la hanche et flottait librement autour du corps ^^7.
Les ceintures et les voiles des femmes sont aussi de différentes formes. Aux angles des manteaux des hommes ou des voiles des femmes se trouvent presque toujours des petits poids en forme de houppe ou de gland (Ôugccvoi , aillu^oCj poiazoï ^^^). Les femmes sont coiffées d'une manière très-simple : une seule d'entre elles porte le réseau appelé îcs)cp'J(pa>.oç ^^9^ qu'attache par-devant une bandelette (àva^éa^jL-/) '^^°). Hippodamie est également la seule qui porte des pendants d'oreilles ^^^ , sans doute comme un reste de sa parure de fiancée.
On remarque aussi dans le costume des Amazones une variété qui n'a sans doute pour but que d'éviter à l'œil le retour fastidieux
'^^ Cf. Rhodius de Acia , c. 5.
^'^ Poil., On., VII, 54.
''' Poil., On., VII, 49 et 96.
''* Hesych., v. SiTrXoiSa.
'" Plaque 17.
Hesych. Huctiç' Tpayucov àvôufxa.
'^^ Plaques 14, 19, 20.
Ces poids étaient de plomb et servaient à faire retomber les pans du iiîanteau. Voy. Millin , Mon. inéd., t. I, p. 289 et ^73.
'^^ Voy. les interprètes d'Hesychius, au mot xsxpucpaXoç. Poil., On., V, gS. ''" Poil, On., 1. c.
Cf. Gaspari Bartholini de inauribus veterum. Amst., 1676, in-i8.
et monotone d'un même vêtement. Quelques-unes portent la tunique courte attachée avec une simple ceinture ^^^ ou avec deux ceintures ^^^, le strophion (cTpooptov ^^^) au-dessus et la perizostra (Tuept^wcTTpa ^^^) au-dessous, de telle sorte que le vêtement ainsi remonté forme autour du corps une masse de plis (xoXttoç ou xoT^ttoi ^^^ ) : c'était l'usage des jeunes filles et des chasseresses. D'autres ^^' ont en outre deux bandelettes qui se croisent sur la poitrine suivant l'usage des Perses. Ajoutez à cela les brodequins de chasse, et vous avez le costume des Erinnys ou furies vengeresses ^^^. Une seule d'entre elles ^^9, si toutefois on peut voir une Amazone dans cette figure ^7°, porte une longue tunique de femme tombant sur les talons ^71.
La tunique des Amazones est tantôt simple ^7^, tantôt repliée^'^; et alors les remplis retombent tantôt sur la hanche^^^ et tantôt sur la cuisse ^^75. Elles portent aussi parfois cette tunique ouverte ^'^
^'^ Plaques i, 4, 6 , 7, 8, lo, 11.
^^^ Plaques 2,3,5,7,8,9,11,12.
"'* Pollux, Onom., VII, 67 et gS.
'^^ Pollux , Onom., 1. c.
Hom., II. IX, 570, 22, 80. Cf. Hesych. V. KoXtcov àvi£|ji.tvy).
^^'' Plaques 7, 8. L'une d'elles, plaque 5 , n'en a qu'une seule.
^^^ Cf. Millin, Mon. inéd., t. i, p. 286 et suiv.
^^^ Plaque 2.
^'° Voyez ce que j'ai dit sur cette figure, p. 22 et 23.
'''' M. Stackelberg, pour prouver que ce doit être une Amazone, s'appuie sur un passage de Paléphate [de Incredib.^ c. 33) qui ne paraît pas très-concluant. On peut en juger : IIspl ^jxaî^ovwv tocSe ^eyoua i oti ou •^\j'4rûy.zç, ^aav , àXX' àvopeç papêapoi. 'Ecpopouv Ss )(iTO)vaç 7roS7]p£iç, wffTcep ai ©pviaaai, xal Trjv Y.6\kt\v avs- SouvTO (xixpaiç- Toùç Se TttoYWvaç eçupwvxo* xal 8ià touto IxaXoîivTO Y'Jvaïxeç.
^'"^ Plaques i , 3, 4, 8, 10, 11.
^'^ Plaques 2,3,4, 5, 6, 7, 9, 11, 12.
=*'* Plaques i, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9, 11, 12.
"'' Plaques 2 (?), 8.
''' Pl.4,7, II.
qui avait fait surnommer les femmes de Sparte (paivo[X7ipi(^£; =^"" (qui montrent leurs jambes). Le plus grand nombre ont la poitrine entièrement cachée, quelques-unes ont le sein droit découvert ^''^; aucune ne l'a mutile ^^9, Ijien qu'on ait prétendu que l'un et l'autre usage était propre aux Amazones, en ce qu'il permettait de se servir plus facilement de l'arc. Cette arme des Scythes, que les Scythes firent connaître aux Grecs, n'est indiquée qu'une seule fois^^° par le carquois ou étui d'arc (ycopuToç) ^^^ que porte une Amazone, non sur l'épaule , mais sur la hanche gauche. Le costume national , scythique ou phrygien, des archers, c'est-à-dire la tunique à manches et les pantalons plissés ou anaxyrides (capàêapa, suivant la dénomination scvthique ^^^), ne se rencontre que deux fois sur notre monument ^^^; mais toutes les iimazones, ainsi que les hommes, portent
*^^ Tel est le surnom que, suivant Plutarque (Comp. Lycurg. et Num., c. 3) , Ibycus donnait aux jeunes filles de Sparte. Cf. Pollux, VII, 55, ii, 187. On trouve les deux formes cpavofjt-vipic; et cpaivou,y)piç. M. Stackelberg les a employées toutes deux, l'une p. 78, l'autre p. i45. Du reste, on varie sur l'accentuation de ce mot. Pollux l'écrit (pavo(j.Yipi(; et cpavo[XYipiç. Nous avons cru devoir adopter cette dernière comme plus régulière. C'est aussi celle qu'a suivie M. Passovs^ dans son Dictionnaire grec. Cf. Fr. G. Sclineidewin Ibjci Rhegini carmimim reliquiœ. Gott. i833, in-S'', p. 202.
^'^ Plaques i, 7, 10, 11. Chez quelques-unes (plaques 5,6), c'est le sein gauche.
^^^ Cette mutilation n'a pour elle que l'autorité de quelques auteurs, au nombre desquels on est surpris de rencontrer Hippocrate [de Aère et Locis ^ 18, 19). Elle n'est indiquée par aucun des nombreux monuments d'antiquité figurée que j'ai vus.
^^° Plaque 3. Le carquois est l'un des attributs les plus ordinaires des Amazones. V. la Dissertation deVisconti sur un vase grec. Mus. Pourt., p. 1 1, note 89.
^^' Hom., Od., 21, 54. Lycophr., 458. Cf. Millin, Mon. inéd. 1. 1 , p. 36o et suiv. Pollux, On., VII, 59. Aujourd'hui encore, en Russie, on appelle ce vêtement charavari, et c'est de là que nous vient le mot charivari , qui désigne une sorte de pantalon dont on se sert pour monter à cheval.
Mon. de Mor. (\
tantôt ia chlanis^^-, tantôt la chlamyde ^^^: toutes aussf, sauf les deux dont nous venons de parler, ont pour chaussure des bottes étroites, garnies deux fois de tirants et de revers *^^. La chaussure attribuée à Diane et aux Amazones était une sorte de brodequins courts et lacés, propres aux Cretois et aux Asiatiques (sv^po[j-t^£ç ^^7)et c'est ainsi qu'elles sont représentées sur tous les monuments postérieurs à celui dont nous nous occupons. Celle que nous voyons ici aux Amazones ne se retrouve que sur la frise du Parthénon, oîi elle est portée par les cavaliers de la procession panathénaïque : d'où l'on peut conclure que c'était une chaussure guerrière en usage à Athènes du temps de l'artiste. Il se pourrait aussi, et c'est l'opinion de M. Stackelberg, que le soin de figurer les lacets ait été abandonné à la peinture.
Plusieurs Amazones ont la tête découverte ^^^; mais au lieu d'avoir les cheveux coupés comme les hommes, elles relèvent, de différentes manières, leur longue chevelure surle sommet de la tête, et en forment une touffe (xopufjLêoç ^^^)-, selon l'usage des jeunes filles. Quelquefois aussi ^9° leur chevelure est tressée et retenue sur le front par une bandelette ou par un bandeau (ajAiruÇ, xp7]^eu,vov^9i). Leurs casques ^9^
^'' Plaques I, 7 p) , 8.
"** Plaques 4,9, 10, 11.
Plaques 5, 7, ïi.
Plaque lo. Cf. Petitus, de Amaz., c. 21. Antichità di Ercol. Bronzi, t. 2, p. 244, note 9. Cette dernière forme de chaussure offre beaucoup de ressemblance avec les brodequins donnés aux Furies sur un vase peint publié par Millin, Mon. inéd. , t. i, p. 263 et suiv.
'^' Callim. h. in Dian., 16. Pollux, On., VII, 93.
"•^^ Plaques i, 2 , 3 , 5, 6, 7, 8, 9 , 11.
=*^^ Cf. Winckelmann, Hist. de l'Art, 5, i, 14. Trait, prelim., 4 , 66.
^'** Plaques 3, 5, 11. C'est ainsi que plusieurs écrivains les représentent. Voy. Senec, Hipp., Act. II, v. 399.
'^' Hom., 11., XXII, 469. Eustath. ad. II. X, 48.
^^* Plaques 2, 3, 4,^>,7, 8, 10,11.
( 67 ) sans visière et formant sur le front comme un diadème, sont sans doute de l'espèce de ceux qu'on appelait (jTscpav/i ^9^, et ont sur la partie qui couvre le sommet de la tête une élévation que, d'après sa forme, on appelait xwvo; ^^^- D'autres encore ^9^ en guise de casque portent le bonnet de peau des Phrygiens, pTpa^Q^^ avec trois pointes, dont l'une couvre le derrière de la tête, tandis que les deux autres défendent les joues.
D'après le mouvement de leur bras droit et d'après les fragments de marbre arrondis restes dans leurs mains, on peut conjecturer qu'elles portaient l'arme qui caractérise les Amazones, la hache à deux tranchants , aoiyoLÇK; ^9^. Quelquefois aussi un mouvement
^^^ II., VII, 12, X, 3o. Pollux, On., VII, i58. Le casque de nos Amazones est parfaitement semblable à celui de l'Amazone équestre, publiée dans les bronzes d'Herculanum , t. II, p. LXIII, LXIV.
^^* Plin.,H. N., X, I, I. Virg., JEn., III, {^6S:Et conum imignis galeœ cristasque cornantes.
^^^ Plaques 5,9, lo.
*^^ Cf. Millin, Mon. inéd., t. I, p. ï36, note i5, ad fin. Cette coiffure, que portent les personnages qui occupent la droite de la fameuse mosaïque de Pompeï, était propre à la nation persane, et suffirait seule pour prouver que ce monument ne peut, malgré les ingénieuses conjectures de M. Vescovali, représenter autre chose que la bataille d'Arbèles.
^^' Strabon, XI, p. 769, et Pitt. d'Ercol, t. V, p. 3o8, note 6. Parmi tant de monuments où les Amazones sont représentées la hipennis au poing, je citerai surtout la peinture d'Herculanum (Pitt. d'Ere. , t. V, pi. 69), où l'on voit deux femmes assises sous un portique, et ayant l'une la hipennis , l'autre la securis dans la main droite, et toutes deux la pelta lunata au bras gauche. Visconti voit dans cc^ deux figures deux Amazones veillant à la garde du temple d'Éphèse qui leur a servi d'asile (Paus., Ach., 2. Diod., lîl, 52). Il rapproche ce monument de ces patères de bronze, où sont gravées, dans la manière étrusque , deux femmes guerrières et succinctes , bien caractérisées par leur sein , qui paraissent se reposer près d'un édifice indiqué par une colonne cannelée, d'ordre ionique, et qu'il regarde comme l'hiéroglyphe du temple d'Éphèse. Cette explication heureuse paraît confirmée par un monument dont la connais-
différent porte à croire qu'elles tenaient à la main l'épée qu'elles ont arrachée à leur adversaire ^9^.
Leur bouclier n'est point cette pelta en forme de dêmi-lune que leur donnent les poèmes et les monuments postérieurs. C'est une sorte de pelta déforme ovale avec une échancrure demi circulaire pratiquée tantôt à l'extrémité ^99, tantôt sur l'un des côtés du bouclier ^°°. Cette échancrure sei'vait sans doute à observer l'ennemi pendant le combat, tandis que l'on mettait à couvert le visage et la poitrine. Ordinairement on désignait par le nom àe pelta ^°% un bouclier thrace fort léger, sans rebord (avxu^) et plus petit que le bouclier argien , mais qui, comme ce dernier, avait intérieurement deux poignées; et comme dans deux figures seulement la poignée centrale
sauce est due à M. L. de Laborde; je veux parler du grand tombeau trouvé à Pétra,etsur la façade duquel sont représentées deux Amazones debout, près de leur coursier, la bipmnis au poing, et la pelta au bras gauche. Peut-être serait-il possible d'établir un rapport entre ce monument asiatique et le temple d'Éphèse. Ajoutons que la conjecture de Yisconti sur les patères dont nous venons de parler, pourrait, selon nous, jeter quelque lumière sur l'emploi fait, dans le temple de Phigalie, d'une seule colonne corinthienne en avant de l'opisthodome où se trouvait la statue d'Apollon. Ne pourrait-on voir dans cette colonne une représentation symbolique de Diane ? L'usage de représenter les dieux sous la forme de colonnes n'est pas sans exemple. Pausanias (III, 19) nous apprend que la statue d'Apollon à Amyclée, à l'exception du visage, des pieds et des mains, ressemblait à une colonne de bronze, )(,aXx.w xiovi; et, ce qui est plus concluant encore, que sur la route qui conduisait de Sparte en Arcadie (III, 20, 9), on voyait sept colonnes, qui, d'après la tradition, n'étaient autres que les sept planètes représentées suivant l'ancienne manière : xaxà xpoTcov Tov àpj(aIov . . . àatEptov twv 7r)vavyiT0)v . , . à-^akiiccTot.
'3' Plaques 4 et 6.
'9'' Plaques 3, 7.
^"^ I, 8. Le n'* i38 des monuments inédits de Winckelmann offre un bouclier tout-à-fait semblable.
'°' Cf. Millin, Mon.inéd., t. II, p. 76,77- Pitt. d'Ercol, t. V, p. 3o8, noie 5.
(69) OU brassière n'est pas indiquée, M. Stackelberg présume que le peintre avait été chargé de la figurer.
Ce savant pense également qu'à la peinture avait été laissé le soin d'indiquer les harnais des deux cerfs attelés au char de Diane, et les brides des chevaux montés par les Amazones. Des trous pratiqués dans le marbre prouvent que les rênes étaient en métal. Un seul cheval ^^^ est recouvert d'une sorte de chabraque, écpiTrirtov et scptWetov ^**^, qui vient s'attacher sur le poitrail. M. Stackelberg croit que cet ornement était peint sur les deux autres chevaux; mais les muscles sont trop indiqués pour que cette supposition puisse être admise, et il est préférable de croire que , pour plus de variété, l'artiste les avait fait monter à nu^°4.
FRAGMENTS DE SCULPTURE TROUVES A BASStE.
Nous ne pouvons nous dispenser d'ajouter ici quelques mots sur les fragments de sculpture recueillis dans les ruines du temple de Bassae, et qui ne font pas partie de la frise intérieure ou ionienne ^°^. M. Stackelberg pense avec raison que les fragments T à 4 appartenaient aux métopes de la frise dorienne du vestibule , et il conjecture que l'artiste avait eu pour objet d'indiquer l'union du culte d'Apollon et de celui de Bacchus. Il prouve par des pas-
'"' Plaque 8.
^"^ Xenoph., Hipp., VII, 5. Hipparch., VIII, 4. Ce caparaçon se trouve sur le cheval de l'Amazone équestre publiée dans les bronzes d'Herculanum , t. 2 y pl.LXIII,LXIV.
^°* C'est ainsi qu'est représentée Hippolyte sur le vase du Musée Pourtalès.
"*' Voyez planche 23, fr. i — 5.
sages nombreux que ces deux divinités sont souvent confondues ^°^, ou du moins considérées comme ayant entre elles une grande analogie. Ainsi, dit-il, si l'on trouve un Apollon-Dionysos dans l'Apollon Dionysodotos adoré à Phlya en Attique ^°7^ on trouve aussi chez les Acharniens comme à Athènes un Aiovucoç MeXttoixsvoç ^'^^, le chanteur^ c'est-à-dire le conducteur des Muses ^°9.
Dans le temple de ce Bacchus M£7;7:o[A£voç à Athènes ^'°, étaient réunies près du masque d'Acratus ou de Silène, la statue d'Apollon , celles des Muses, de Minerve Ilaiwvia {j?iedicd) et de Jupiter. Bacchus était honoré sur le Parnasse aussi bien qu'Apollon^". Sur le fronton du temple de Delphes, on voyait Apollon suivi des Muses, et Bacchus escorté par les Thyades ^^^. Bacchus était aussi adoré à
^°^ Dans l'Antigone de Soph., 1146, le chœur s'adresse à Bacchus comme s'il invoquait Apollon :
'Iw TTUp TTVEOVTWV
Xopay' acTTpwv , vu)(io)V OÔEYfxàxwv Itticxotte.
Macrobe, Saturn., I, 18 : Liberum qaoque patrem, eum ipsurn esse deitm quem sole m.
'°' Pausan, I, 3i, 2.
'°' Id.l, 2,4,et3i, 3.
^°^ Sophocle, dans un chœur de l'Antigone, v. 965, fait figurer les Muses dans le cortège de Bacchus (il s'agit de Lycurgue, roi de Thrace) :
Tlausaxe [xsv yàp Ivôsouç Fuvaïxaç suiov te Trup C>iXaoXou(;T*';^p£6i^e Mouaaç.
^"* Et non pas sous le portique où se trouvait ce temple, comme l'a fort mal entendu Clavier. Cf. Siebelis ad Pausan., t. i , p. 1 1. '" Pausan., X, 32.
^" Pausan., X, 19, 3.
(7- ) Ampliiclée en Phocide , comme devin, et comme secourant le pays contre les maladies ^^^.
Silène, conducteur du chœur bachique, était aussi, comme devin, en rapport avec Apollon : on prétendait même qu'il était le père de l'Apollon Arcadien nommé vopoç ^'^, près duquel il est représenté sur des médailles. ^^^. M. Stackelberg remarque en outre que la musique, ce moyen d'adoucir les mœurs, était très en usage chez les Arcadiens , naturellement portés à la rudesse comme habitant des contrées montagneuses et sauvages ; qu'ils passaient même pour les plus habiles musiciens de toute la Grèce, et que les lois leur en faisaient un devoir. Chez eux l'ignorance de la musique était un déshonneur, et, dès leur enfance, on les habituait à chanter despéans et des hymnes bachiques ^^^. De plus les Pliigaliens étaient des adorateurs zélés de Bacchus^*'^ et le mythe des Amazones comme celui des Centaures se rattachent au cycle dionysiaque. Il ne faut donc pas être surpris si l'architecte et les sculpteurs , athéniens comme on l'a prouvé, ont, en travaillant pour des Arcadiens, fait allusion au culte de l'un et de l'autre dieu. Voilà pourquoi parmi les fragments, nous voyons (fragm. 4) un corps de Silène, deux danseuses bachiques (fragm. i et 3), et Apollon citharède (fragm. 2), jouant de la cithare ou d'une espèce de lyre^^^, qui, à en juger par la place laissée disponible pour la recevoir, devait être rapportée et en métal. La main étendue devait faire résonner les cordes , tandis que l'autre tenait le
^^^ Pausan., 33 (et non 32): AiyexcciBk uttotwv 'A[xcpixX£i£WV, aavxiv te acpici tov Osov xouxov xai ^oyiôov voctov acpiai xaôsaTYixevai.
^^^ Comme législateur. Cic.de Nat. Deor., III, 23, et sans doute aussi comme berger.
^'^ Voyez Creuzer, Symbol. 11. Myth., 2^ édit., part., III, p. i63 et 2i3-2i5.
^'^ Polybe, IV, 20.
^'^ Pausan., VIII, 39. Ils l'adoraient sous le nom d'àxpaxocpopoç.
^'^ M. Stackelberg conjecture que près de lui, dans la même métope, se trouvait le j^opayoç bachique.
( 70 plectrum. De plus, de cette circonstance que la stg^^ue est debout, on peut en conclure que l'instrument appartenait à ce genre de cithares appelé Phorminx, parce qu'en jouant on pouvait le porter attaché au bras par un lien. Ce qui semble encore le prouver, c'est le costume de citharède que porte la figure, et qui consistait en une tunique longue (5^17^)7 7ro^7fp-/iç) et en un manteau tombant par derrière. Or c'est ainsi qu'on représentait Apollon Pytliien 3'9. Ici le costume du dieu offre encore quelques accessoires remarquables : sur sa poitrine, par-dessus les plis de l'étoffe, est une face représentant le soleil, et qui, suivant M. Stackelberg, indique en lui le dieu du soleil, Phœbus Apollo. Sur sa tête est un casque dont les couvre-joues sont relevés, et sur le devant duquel se relève également sa chevelure. Dans les plus anciennes représentations d'Apollon Lycien , ce dieu portait le casque, comme on peut en juger parla description de sa statue en forme de colonne , qui se trouvait à Amyclée ^^o. Un beau bas-relief du musée royal de Naples, et une figure du musée royal de Paris, représentent un chanteur et un prêtre d'Apollon avec cette même coiffure en peau. Ce qu'on aperçoit derrière la tête ne doit pas être regardé comme un prolongement du casque destiné à défendre le cou, mais bien plutôt comme un pétase ou chapeau de berger, vu de profil; attribut qui convient parfaitement à Apollon envisagé comme le berger par excellence 32i. La tête du dieu, malgré les mutilations qu'elle a subies, est encore d'une grande beauté.
L'exécution de la danseuse (fragm. i) n'est pas moins remarquable; les plis de la draperie sont traités d'une manière large et riche tout à la fois, et la transparence de l'étoffe est indiquée de la manière la plus heureuse. Autant qu'on peut en juger par le mou-
'^^ Propert., II, El. 20. Voyez les médailles de Delphes. "'" Pausan., III, 19 (et non i3).
Macrob., Sat. I, 17.
(73) vement de la partie conservée, elle se levait sur la pointe des pieds, tout en agitant des crotales , sortes de castagnettes ^^^. Sur l'autre fragment (3), on retrouve les mêmes circonstances ; et de plus , on y voit la main d'une danseuse qui complétait le groupe. Quant au corps du silène (fragm. 4)? qui sans doute s'appuyait sur un bâton, les plis de la peau et les chairs déjà un peu flasques y indiquent parfaitement les approches de la vieillesse.
Les fragments de mains et de pieds en marbre blanc de Paros, et d'une dimension colossale (fragm. 5), paraissent avoir appartenu a une statue d'Apollon, qui, suivant les conjectures de M. Stackelberg, aurait remplacé la statue en bronze transportée à Mégalopolis lors de la fondation de cette ville par Epaminondas, dans le cours de la ïoi^ olympiade, c'est-à-dire quinze olympiades après la fondation du temple. Cette nouvelle statue devait être en bois doré ou peint, avec la tête, les mains et les pieds en marbre ^^^. Ainsi elle appartenait à ce genre de statues nommées Acrolithes, dont Pausanias cite plusieurs exemples ^^^». Il est à présumer que la tête était également en marbre avec des ornements en métal ; et en effet, on a trouvé dans les décombres quelques feuilles de laurier en bronze doré. On peut conjecturer d'après ces fragments , que le dieu portait la longue robe à manches des citharèdes. On voit encore une partie de la lyre dans la main gauche, et à l'un des doigts de la main droite on aperçoit encore un reste de plectrum.
^^^ Suidas : 'ISiax; ô nj^iC,6i^zvo(; xaXafAOç xai xaxaaxeua^ofxsvoç ettityiSeç, waxs r,y£lv, £t Tiç auTov Sovoiv) xaTç X^P^^' ^^- Lampe, de Cymbalis veter., lib. III, Ultraj., 1703, in-12.
^^^ Un long clou tenant encore au pied droit, les trous pratiqués dans les poignets, la semelle de la sandale parfaitement lisse, tout prouve en faveur de cette conjecture.
"^'^ La statue de Minerve à vEgire, VII, 26; la Minerve Chalinitis à Corinthe, II, 4; la Vénus Méchanitis, à Mégalopolis, VIII, 3i; Ilithie, à^Egium, VII, 23; le groupe des Grâces, à Élis, VI, 24, et la Minerve Aréia que Phidias avait faite pour les Platéens , IX, 4.
Mon. de Mor. I o
L'enlèvement de la stalue en bronze fut fatale au temple de Phigalie. Suivant l'ingénieuse remarque de M. Stackelberg, un temple cessait d'être honoré par le peuple et tombait bientôt en ruine, quand la statue qui le décorait en était enlevée et que par conséquent la divinité n'y habitait plus. Pausanias ^^^ nous en donne une preuve frappante dans ce qu'il rapporte du temple de Minerve à Alalcomènes ; ce temple fut bientôt renversé du moment que Sylla en eut retiré l'image de la déesse. Il en fut de même à Phigalie; le départ du dieu avec la statue primitive diminua le zèle des Arcadiens accoutumés à visiter le sanctuaire. L'abandon des pèlerins fît peu à peu cesser le culte; le temple devint bientôt solitaire , et avec le temps n'offrit plus aux regards que d'imposantes ruines ^^^.
^^^ M. Stackelberg a prouvé jusqu'à l'évidence, p. 19, que la destruction du temple de Phigalie est antérieure â l'introduction du christianisme. Son plus fort argument, c'est que si, à cette époque, le temple eut encore subsisté, il eût été, comme cela se fit généralement, transformé en église.
Dessus de la porte
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