‹ Monuments d'antiquité figuréeChapitre 12 sur 31 · CXXI · texte numérisé non relu

CXXI

duisant un cheval par la bride, annoncent et la mort et le départ *^^ Sur d'autres urnes de la même contrée les R-^peç manquent , mais un serviteur succinctus amène le fatal coursier *^4. Ingliiraml , en décrivant l'un de ces monuments ^^^ où un mari et sa femme, tout deux debout , se tiennent par la main droite en présence d'un autre couple, et de trois jeunes enfants dont l'un est encore dans les bras de sa mère, pense qu'on a voulu faire allusion au moment où Alceste se sépare d'Admète, et il nous apprend que c'était aussi l'opinion de Lanzi ^^^ sur un sujet analogue. Pour moi , je suis peu disposé à reconnaître ici une allusion à quelque fait mythologique; tout semble annoncer les derniers adieux qu'adresse à l'un de ses membres une famille entière représentée par l'artiste avec toute l'exactitude possible.

Quelquefois aussi, sur le bas-relief des urnes étrusques, le mort est couché sur son lit funèbre, et sa famille vient prendre congé de lui pendant qu'un esclave lui amène le coursier qui doit le conduire au fortuné séjour. Le monument de ce genre le plus précieux, et celui dont le sens laisse le moins d'incertitude, est une urne publiée par Gori ^^7, qui en a donné l'explication la plus satisfaisante. Je crois devoir la transcrire ici, parce qu'elle me sera nécessaire plus tard pour réfuter une opinion de M. Inghirami que je juge peu fondée : Doloris indicia déclarant parentes qui adstant circa lectum juvenis morti proximi. Adest etiam paratus equus quo ad Elysios campos cum pompa ducatur : et ne de ejus imminenti funere dubitemus ^

Inghirami , Mon. Etr., Ser. I , tav. XXXVII. Les Kripei; offrent ici le même symbole que Mercure i]/uj(^oTro'[XTTOi; , qu'on rencontre sur les monuments grecs, prenant le mort par la main pour le conduire aux sombres demeures. Voy. Mus. Feron., LI, i et g.

'3-» Ibid. , tav. XXII et XVIII.

'^s Oper.post., t. I, p. 348,

>37 Mus. Etr., t. m, cl. III, tab. XIX, n« i.

( i45 ) sagax sculptor prope eum erectam columellarn sepidcralem sculpsit , quœ iii metani desinil , nucem pineam referentem ad declarandam beatioris œvi tranquillitatem in Eljsiis arvis consequendam. Mulier quœ ad lectum accedit, imposito sinistro pede suppedaneo, morientis juvenis mater forsitan est, parata ejus oculos claudere *^^.

Gori cite ensuite un sujet semblable également publié par lui'^S; seulement, sur ce dernier monument, le mort qu'on pleure est une jeune fille. Son père, comme dernier présent, vient la parer d'un* collier orné de trois bulles , semblable à ceux que portent les divinités étrusques.

C'est sur cette circonstance du collier que M. Inghirami s'est appuyé, pour voir dans ce dernier monument Ériphyle, Amphiaraùs et Polynice. Ce qui l'a déterminé à embrasser cette opinion de Lanzi^^o^ c'est une urne qu'il publie ^^' et qui offre beaucoup d'analogie avec le monument de Gori , à cela près que le cheval n'y a pas été représenté. Or, sur cette urne, on voit un homme qui tient dans la main gauche le collier à trois bulles , tandis que de l'autre il s'appuie sur l'épaule d'une femme richement vêtue et couchée sur un lit. Une esclave présente à cette femme un meuble que M. Inghirami a pris pour un miroir, symbole de la coquetterie qui perdit Eriphyle et tant d'autres femmes, mais qui n'est autre chose qu'une boîte de parfums ouverte. Trois autres personnages assistent à cette scène, et, entre autres, une femme dont l'attitude annonce la douleur.

'^* Op. cit. Diss. III, de Sepulcr. ornam., c. XIII.

'^9 Mus. Etr. , t. I , tab. CXXXII. Gori renvoie à un sujet semblable qui est représenté sur une urne de Volterra, conservée à Florence dans le Museo Antcnoriano.

"•" Oper.post. t. II, p. 2G2.

'<■ Ser. I, tav. LXXV.

Mon. Je Mon. IQ

Sans doute, il ne faut pas avec M. MicalP^' voir ici une scène domestique, une femme qui fait sa toilette; mais il ne faut pas non plus, avec M. Inghirami , y voir un sujet mythologique, quand, même malgré l'absence du cheval, la boîte de parfums >43, le lit mortuaire, et surtout la stèle placée derrière le lit, emblème dont, comme nous venons de le voir, Gori a si bien déterminé le sens funèbre, tout en un mot annonce dans ce bas-relief un adieu suprême et rien autre chose.

Mais si, pour cette classe de monuments, je ne puis consentir à une interprétation fondée sur un fait mythologique, je ne me refuserai pas à reconnaître dans deux monuments publiés, l'un par Gori »44, l'autre par M. Inghirami >45, le mythe de Bellérophon , que Prœtus, à l'instigation de la coupable Sténobée, envoie chez lobate pour qu'il y reçoive la mort. Sténobée est dans son appartement, indiqué par un arc qui la sépare de la partie du champ occupée par les autres personnages. Couchée sur un comodo sofa, suivant l'expression de M. Inghirami, elle se regarde dans un miroir que lui présente une esclave. En dehors, Prœtus ordonne à Bellérophon de se rendre en Cilicie, et près de là est un serviteur coiffé du bonnet phrygien qui lui amène un cheval et porte les provisions nécessaires au voyage. Du reste, ces sortes de sujets sont une allusion indirecte au départ funèbre, Bellérophon étant tin héros solaire.

'*' Ant. Mon. per servir, etc. , tav. XXXVI, p. x.

'43 Sur un grand nombre de stèles funéraires provenant de la Grèce, des suivantes présentent une pyxis aux femmes mortes. »" Mus. Etr. , t. III, cl. III, tab. XIII, fig. i- '4' Op. cit. Ser. I, tav. LXI.

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