‹ Monuments d'antiquité figuréeChapitre 31 sur 31 · FECIT · texte numérisé non relu

FECIT

CVIVSDOLORENIHIL

HABVI NISI MORTiS

SCORPVS • INGENVO • ADMETO ■ PASSERINO • ATMETO .

Au-dessous de l'inscription est représenté un cigitator circensis , la palme dans une main, une couronne dans l'autre, et les rênes, suivant l'usage , attachées autour du corps. Il est monté sur un char attelé de quatre chevaux en pleine carrière.

'"> C. IV, ri. XIÎ, p. av"}.

iloii . Je Mur.

11 est facile de le reconnaître, ce monument se compose de deux parties bien distinctes: i° le souvenir consacré par Flavia Hespéride à son époux, Flavius Abascantus, cbargé par l'emperenr Domitien^°^, dont il était affranchi, de prendre connaissance des procès auxquels pouvaient donner lieu les jeux du cirque; et 2° l'image de Scorpus accompagné des quatre chevaux qui ont remporté le prix sous sa conduite.

Mais quel rapport ces deux parties ont-elles entre elles? Aucune, à moins que l'on ne considère l'indication de la victoire de Scorpus comme la date de la mort d'Abascantus , ce que semble confirmer cette autre inscription que j'emprunte au même recueil ^°^ :

VICIT • SCORPVS • EQVIS • HIS • PEG ASVS • ELATES • ANDR AGMO • COTYN VS

Je ne saurais mieux terminer ce travail que par une inscription grecque métrique en l'honneur d'un cheval de course vainqueur, qui, publiée par Guasco dans les Inscriptions du Capitole^'^1 ^ a été reproduite depuis par Yisconti dans sa dissertation sur deux mosaïques antiques ^°^, par Villoison dans le Magasin encyclopédique ^°^y et par M. Jacobs dans les Addenda de l'Anthologie Palatine ^'*'.

*°^ Scorpus mentionné sur ce cippe était contemporain d'un autre cocher célèbre nommé Thallus ; c'est ce que prouve ce vers de Martial (IV, 67) :

Prœtor ait : Secs me Scorpo Thalloque daturum.

Or, une inscription rapportée par Fahretti (IV\ n. i58, p. 274) prouve que ce Thallus vivait sous Doinitien. Le nom de Flavius porté par Abascantus, vient encore ajouter une nouvelle preuve à cette assertion.

606 Fabretli IV, n. 169, p. 277. •

•^"8 OEuvres diverses, vol. i, p. i65, ^°^ An. VII, t. II, p. 45o.

fi-" P. cm.

Voici l'inscription telle que l'a publiée Guasco :

CTHAHMAPMAPEH TINOCEITA0OC tOKEOCIPPOY TICAONOMAEY0YAIKOC 5, TIKAEOCA0AO0OPOC

POCAKICECTEct)0HCAPOMON rOAAAKICTICAEAAENMiN KOIPANOC (ù TIMHC KPECCENOCHMIOECON

Visconti pense qu'à la cinquième ligne le lapicide a écrit ECTE00HC pour ECTE00H en remplaçant le point par un C Il propose en outre de lire ainsi les deux dernières lignes :

KOIPANOC 01 TIMHC KPHC TENOC HMIOEtON

et il traduit de la manière suivante : Dominas et Times Cretensis e génère semideorum.

Il est évident , comme l'ont très-bien vu tous les éditeurs que j'ai nommés plus haut, que ce monument contient un dialogue entre un passant et la stèle de marbre sur laquelle l'inscription est gravée. C'est sans doute pour ce motif que Visconti , et à son exemple les

autres éditeurs , ont substitué èsTécpôn à ècTÉcpôrç que porte le inarbi'e ^".

Mais là ne gît pas la plus grande difficulté. Avec la leçon du marbre , le commencement du vers est évidemment faux. Il faut nécessairement lire 7ro(7sa/.i; au premier pied, et supposer qu'au troisième le lapicide a substitué ^po[/.ov, qui n'ajoute rien au sens et qui ne peut entrer dans le vers , à un mot qui faisait du troisième pied un dactyle légitime. Enfin, à ttoT^Xocxiç, il faut substituer iroXXaxt et lire avec M. Jacobs : Tuodrajciç èaTÉcpôïi ; — {xàXa xoXXajti.

La forme eXaev qu'on lit à la fin du vers, n'a pour elle l'autorité d'aucun autre exemple, et M. Jacobs propose avec raison de lire âT^acrev.

Quant au quatrième vers, la correction de Yisconti n'est pas admissible, et parce qu'elle est contraire au mètre et parce qu'elle ne se tire pas assez immédiatement des caractères de l'inscription. Il vaut bien mieux voir avec M. de Boissonade^'^, dans Koipavo;, le nom d'un cocher ou d'un écuyer célèbre ^'^, et lire avec Villoison xpé(Tcovoç au lieu de KPECCENOC. Cette dernière correction s'explique parfaitement si l'on suppose que, comme le C et l'CO^ l'E a dans l'inscription la forme arrondie, et que, par conséquent, un O a pu être pris pour un £.

^" Cette dernière leçon peut se défendre. Le passant, instruit que le tombeau est celui d'un coursier, ne s'adresse plus à la pierre, mais au coursier lui-même. Il est vrai que la question suivante n'est point faite au cheval; mais ce retour au premier interlocuteur peut s'expliquer encore. En effet, il n'est plus question du coursier , mais bien de son conducteur, et c'est le marbre plutôt que le cheval qui peut en apprendre le nom. Peut-être même faut-il admettre que le poëte, en changeant ainsi de personnes, n'a eu aucune intention bien formelle.

*'■" Ad. Éunap. , p. 5 12.

*" Villoisor. traduit le mot xotpavoi; par f/»/)eArHr ^

D'après tout ce qui précède l'inscription doit être lue de la manière

suivante

""Ivù-yi [xapixapÉ'/î , Tivo; £Î Ta(poç ; ' (b>téo; iirirou.

*■ Ti ^' ô'vopia ; ^- EùQu^ixoç. *• xi xXéoç ; P- àâ>io<popo;. *• TTOCcaxiç èGTEçÔv) ; p- \jLâlujT:oXka.y.i. *'Tiç ^' eXa[(7j£V [/.iv ;

P" Koipavoç. "• o) Tijy.-^; îcpéffdovoç i^jxiôswv.

iSrè/t' ^/e marbre de qui es-tu le tombeau? — [Xua coursier agile. — Quel est son nom ? — Euthjdique. — Sa gloire ? — Il fut vainqueur dans les jeux. — Combien de fois fut-il couronné? — Bien des fois. — Et quel était son guide ? — Cœranus. — O gloire plus grande cjue celle des demi-dieux !

-^-**i^.. - -^■»é^\imjff'''ë »'^ '-

Je suis arrivé au terme de cette longue dissertation qui, malgré son étendue, présentera sans doute bien des lacunes; je n'ai pas eu la prétention d'embrasser dans leur ensemble tous les monuments qui pouvaient se rattacher à la question que je me suis proposé de traiter. Mon but sera atteint si j'ai appuyé de preuves suffisantes la classification que j'ai proposée des monuments où le cheval figure, soit avec une intention symbolique, soit avec une signification directe ^"*.

®'^ Au moment où l'on achève l'impression de mon travail, je reçois la dissertation de M. Ambrosch de Charonc étrusco (Vratislaviae i837, in 4°)> et je vois avec plaisir que je me suis rencontré sur plus d'un point avec ce savant antiquaire, dans les explications que j'ai données des monuments où figure le dieu de la mort et le cheval. C'est déjà un suffrage qu'il m'est agréable de recueillir. La conformité de nos opinions est une présomption en faveur des idées que nous avons émises l'un et l'autre sans nous connaître.

Monuments d' antiquité figurée recueillis à Argos.

Planche [^o.. Fig. II.

Ce monument nous offre la face antérieure d'un sarcophage d'une composition élégante et symétrique, mais d'une exécution un peu lourde, ce qui permet de conjecturer qu'il n'est pas antérieur au siècle des Antonins, époque où, suivant l'opinion de Visconti % adoptée par M. Gerhard* et M. Labus 3, mais qui ne saurait être admise d'une manière absolue '^, on commence à ren-

' Museo Pio Clem., t. V, p. ii, et t. VII, tav. XXII, éd. de Milan. Millin , Mon. inéd., t. I, p. io5 et suiv., adopte l'opinion de Visconli, dont il reproduit le travail sans en prévenir et sans y ajouter beaucoup.

* u4nn. de l'Inst. arch. 1829, p. 96.

^ Mus. délia reale accademia di Mantova, vol. II, p. 20 et 223.

* M. Labus, loc. cit., place l'usage des sarcophages sculptés entre le second elle troisième siècle de l'ère chrétienne, et Visconfi lui-même prouve, op. cit., p.io, que l'usage de brûler les corps cessa d'être exclusif à Rome à partir du règne d'Auguste. Or, si dès lors on déposa les morts dans des caisses de inarbre, on ne dut pas tarder à décorer ces caisses, d'autant mieux que les urnes sculptées de l'Étrurie et les vases peints déposés dans les tombeaux de la grande Grèce, où figurent tant de scènes symboliques empruntées à la mythologie, devaient naturellement conduire à ce genre de décoration. Il dut en être de même en Grèce, oii tant de sujets symboliques représentés sur les stèles et sur les vases funéraires durent inspirer de bonne heure aux artistes l'idée d'orner les sarcophages d'une manière semblable.

contrer des sarcophages ornés de bas-reliefs. Trois génies nus et airrepoi portent sur leurs épaules des ê'yjcapTra qui tombent en festons. Au-dessus des deux, sinuosités que forment ces deux guirlandes, sont deux griffons; au-dessous, deux lionnes ayant chacune sous la patte un objet mutilé qui doit être une tête de bélier ou de taureau.

Les trois génies représentés sur ce bas-relief ne peuvent être que des génies bachiques, comme le prouvent les griffons et les lionnes, animaux consacrés à Bacchus ^, et qui, indépendamment de cette attribution, ont souvent, comme animaux solaires^, rapport au thème généthliaque du personnage renfermé dans le tombeau 7, surtout quand la lionne, le griffon, ou le sphinx tient sous sa patte, comme cela a lieu souvent, surtout pour le lion et la lionne, une tête soit de taureau , soit de bélier*. Dépourvus de cet accessoire, ils se bornent à leur sens d'attribut bachique.

Mais, dans ce dernier cas, pourquoi ces animaux bachiques sontils représentés sur les tombeaux? Herder 9 y voit un symbole de la

' Voyez Visconti, Mitx. Pio Clem. t. V, tav. X, p. 68, éd. de Milan. Cf. t. IV, tav. XXII, XXIII, 6 segg. Montfaucon, Suppl. à VAnt. E.rpl. t. V, pi. 52 , t. VII, tav. XXXIX.

^ Voyez pour le griffon, Servius ad Virg. Ed. VIII, 27. Cf. Gori, Mui. Etr. t. 2, p. 178. Le griffon décore beaucoup de monuments consacrés à Apollon. Voyez Mus. Pio Clem. t. IV, tav. XIV, où Melpomène a une tête de taureau sous sa massue; t. VII, tav. XLII, XLIX, etc. Passeri, Gemmœ astrïf. t. I, pi. XXXXIX, et t. II, p. 94.

7 Voyez à ce sujet la savante note où M. Raoul Rochette [Monuments inédits, \>. l\'j, note 3) réfute l'opinion d'après laquelle les idées astrologiques seraient restées étrangères à l'antiquité. Cf. Labus, iiftff. délia r. accad. di Mantova, vol. II, p. 168.

* Ajoutez aux exemples cités par M. Raoul Rochette, loc. cit. : pour le griffon, Montf. A. E., t. V, pi. XXXI. Cf. pi. XLIX; et pour la lionne, Mus. pio Clem. t. IV, tav. XX.

9 Supplément à la dissertation de Lessing sur la manière de représenter la mort, inséré dans le t. IV du Conserv. des arts et des sciences.

( 249 ) mort; d'Hancarville '° un usage emprunté aux Hyperboréens ou Scythes; Visconti", des gardiens des tombeaux destinés^à effrayer ceux qui seraient tentés d'en violer la sainteté. Sans doute ces différentes opinions ont un certain degré de vraisemblance; mais la seule admissible, selon moi, est celle qui y reconnaît un emblème d'initiation, et c'est aussi celle de Visconti '*; seulement elle ne s'applique pas dii-ectement au monument , à l'occasion duquel il l'émet , puisque le sphinx y tient une tête de bélier sous sa patte. Quant aux génies, suivant M. Labus '^, qui adopte à cet égard le sentiment de Herder '4, ce sont les gardiens du tombeau, et ils " semblent dire : Ne troublez pas le repos de ce corps; il dort. \ jéprès V avoir rendu à la terre , nous sommes les gardiens de son I dernier asile. Cette explication, si elle n'est pas à l'abri de toute f critique'^, est du moins ingénieuse. Pour ma part, je crois que les génies, cortège deBacchus, doivent se rattacher, comme les griffons, f' les sphinx, les panthères, les lions et les lionnes, au sens général du monument : la vie dans la mort par suite de l'initiation.

Le type qu'offre notre monument a été fréquemment reproduit, mais presque toujours avec des variantes. Les recueils de monuments d'antiquité figurée en fournissent de nombreux exemples '**.

t'" Recherches sur Corigine de In relif;ion , etc., de la Grèce, t. II, p. ^)l^, <)5. '■ Mus. Pio Clem. t. V, p. i5o.

" Loc. cit. /

g '* Museo di Mantova, vol. II, p. 29i3. "• Op. cit. lettre IV.

'^ Je crois cette explication tout au plus admissible pour les tètes de Gorgone sculptées sur les tombeaux. Cf. Labus, op. cit., vol. II, p. aïo et 3o2.

'^ Voyez Fabretti, Inscr. ant. c. VI, n° XI, p. 447; Mus. Pio Clem. l. IV^ tav. XVI, t. VII, tav. XXXV; Millin. Mon. inéd. t. I, pi. XIII, p. io5; Montfaucon, Ant. Expl. t. V, pi. XXIX et LI, etc.

Mou. de il/or. , 3 2

( aSo ) Du reste, sur la plupart des tombeaux romains, on retrouve quelqu'un dos ornements qui sont ici réunis. Le plus commun, ce sont les éyjtapTra ■'', auxquels sont quelquefois substituées des guirlandes de chêne '^, de laurier '9 ou de myrte ^°.

FiG. V.

Les traits de cette tête sont trop mutilés pour qu'il soit possible de déterminer avec certitude à quelle divinité elle appartenait, MM. les membres de la commission y voient une tête de Bac-chus^'; je crois qu'ils ont raison, à en juger par les traces de grappes de raisin qu'on distingue encore dans la couronne, et par la ressemblance qu'offre la coiffure avec celle des nombreuses représentations de ce dieu ^^. On ne peut s'empêcher cependant de remarquer la conformité de cette tête avec celle d'Hercule enfant sur un hermès provenant de la villa d'Adrien ^^. Les fortes proportions du cou, la chevelure épaisse et touffue, la petitesse des oreilles,

'' Sur un monument publié par Spon, Mise. erud. antiq. p. 3o6, III, un esclave présente à deux époux morts et couchés sur le lit funèbre, une guirlande de fruits, tandis que de l'autre main il tient une lampe éteinte. Ainsi les Ey/apTra étaient une offrande faite aux morts et destinée à décorer leur tombeau. Ordinairement ils sont suspendus à des bucranes ou à des têtes de béliers.

•' Montf. Ant. expl. t. V, pi. XXXI. Raoul Rochette, Moniim. inéd. pi. XLVII, fig. I, etc.

'9 Ibid. pi. XXIX.

" Ibid. pi. XXX.

^' Voyez plus haut, p. Sg.

■" Voyez Mus. Pio Clem. t. II, tav. XXVIII , XXIX et b. II; t. IV, tav. XX, XXII , XXIV; t. V, tav. VII , VIII et C; t. VII , tav. II. Cf. Winckelmann, Mon. inéd. tav. 57.

^'^ Mus. Pio Cleni. t. VII, tav. XII.

( =^5. ) constitueraient une similitude parfaite, si, sur le fragment de Mistra, la face n'était plus longue et moins large que sur le monument romain. Celte dernière circonstance me porte à persister dans la première opinion. Du reste, Bacchus ^'î et Hercule ^^ étaient également adorés à Sparte.

Planche 43. Fie. I, II et III.

Ce bas-relief, d'une grande richesse et d'un grand fini d'exécution, décorait un sarcophage que les habitants de Mistra , suivant un déplorable usage dont la planche 4'^ nous offre aussi un exemple, ont transformé en. vasque de fontaine. Cela explique l'état de mutilation dans lequel il se trouve. Certaines parties cependant, conservées, comme par miracle, dans toute leur pureté primitive, dénotent, s'il faut s'en tenir à l'arrêt de Visconti, une époque de no^re ère où l'art de la sculpture était encore dans tout son éclat.

Le sujet que représentent les figures I et H est l'un de ceux que l'on renconti'e le plus fréquemment sur les sarcophages : une bacchanale ^^. La scène se passe au milieu des vignes. Chacun des personnages qui prennent part à la fête est placé entre deux ceps garnis de leurs grappes, mais dont les feuilles sont déjà rares, ce qui semble indiquer l'époque des vendanges. Une symétrie remarquable règne dans la composition et dans l'arrangement de ce tableau.

"« Pausan. III, i3, 5. Cf. III, ii, 8 et i8, 7.

'' Paiisan. III, i5, 3. Il est vrai que dans le temple dont parle le voyageur, Hercule était représenté (5)t:Xi(J(X£voç; mais il y avait encore à Sparte deux autres statues de ce dieu. III, i4, 6 et 8.

'fi Voyez Montfaucon, Ant. Expl. t. I, pi. i65 et 178; Caylus, iJ^CMeiV cl'Jnt. I, 83, I. Mann. Taurin, p. 29, 65; Winckelmann , Mon. ined. pi. 60; Zoega, Bassiril. I, V, VI ; Labus, Mus. délia reale accad. di Mantova, vol. II, ta v. 29, p. 194, etc.

FiG. I.

Au centre une bacchante, les bras et le sein gauche nus, la chevelure en désordre et rejetée en arrière, danse en tenant son péplus par les deux coins. Cette sorte de danse qu'on rencontre assez souvent sur les monuments bachiques ^7^ a été assimilée avec raison à la danse du châle'^^. On en rencontre des traces dans les écrivains grecs jusqu'au XIII^ siècle de notre ère ^9, A droite el à gauche de la danseuse, un bacchant nu, la nébride sur le bras gauche. L'un d'eux tient dans la main droite un thyrse garni d'une pomme de pin aux deux extrémités; l'autre tenait peut-être un fouet d'une main ^°, et de l'autre une coupe ^' ou un rpojrooç ^*, ou bien encore une grappe de raisin ^^. I^'état de mutilation des extrémités de l'un et l'autre bras ne permet que des conjectures à cet égard. Aux pieds du bacchant de droite est un lion en marche; aux pieds de celui de gauche une lionne accroupie : l'un et l'autre animal regarde, en se retournant, le personnage qu'il accompagne. Derrière les deux hommes nus sont deux bacchantes, l'une nue, le péplus rejeté sur l'épaule droite et retombant le long de la jambe gauche, l'autre vêtue d'une timique qui laisse à découvert son bras et son sein. Toutes deux tiennent en main le tympanum, instrument

'' Voyez- notamment Montfaucon, Ant. Expl. t. I, pi. i65; Marmara Taurinrnsia, p. 65, etc.

^' Voyez M. Boissonade, sur Nicétas Eugenianiis, VII, 273.

'5 Nicolas Eugen., loc. cit. rliisieurs danses de l'Italie, et notamment de Rome et do Naplcs, semblent être un reste de cet usage antique.

■'" Comme dans Montfaucon, t. I, pi. 17'^, i.

^' Comme dans Winckelmann, Mon. inéd. pi. Gu.

^' Comme dans Caylus, t. III, pi. 57, fig. lA'.

" Comme dans Caylus, t. VII, pi. 38, (ig. II.

qu'où retrouve dans toutes les bacchanales et dans tous les triomphes de Bacchus ^4. Enfin, à chaque extrémité, et comme pour encadrer et caractériser mieux encore la scène, est une statue de Silène barbu sur un piédestal. L'instituteur et le compagnon de Bacchus n'a pour tout vêtement qu'un morceau d'étoffe attaché sur les hanches et tombant sur les genoux. C'est le costume que portent souvent les ministres inférieurs du dieu sur les monuments ^^.

FiG. II.

La scène bachique se continue sur l'une des faces latérales, et deux jeunes filles, plus décemment vêtues que les deux tympanistes, accompagnent la danse, à laquelle elles prennent part, munies, l'une sans doute, de crotales ^^, et l'autre de cymbales ^'.

FlG. III.

Mais il y a un sens caché sous cette scène de débauche et de folie sensuelle : le mort renfermé dans ce sarcophage a été purifié par l'initiation aux mystères de Bacchus ^^. C'est ce qu'indique le sphinx que nous voyons sur l'autre face latérale du monument, le

^^ Cet instrument ne devait pas différer de notre tambour de basque. Sur un monument publié par Monffaucon , Jnt. Expl. t. I, pi. i63, le tympanum que tient la bacclianle est garni de grelots, et une panthère est représentée sur le fond.

^^ Voyez Caylus, Rec. d'ant. t. III, pi. 56, fig. I et II; pi. 57, fig. III.

^^ Voyez Lampe, de cymbalis , p. 44 et 268.

^' Idem. p. 266, 267. Cf. Mus.Pio Clem. t. IV, tav. XXII; Zoega, Bassir^ lav. XIX.

^* Passeri, Pict. Etrusc. t. III, p. 5i et 5r(.

sphinx, animal mystérieux ^9^ consacré à Apollon et à Bacchus dont il décore souvent les monuments ^°. Sans doute, suivant l'usage, il a sous sa patte droite une tête 'î' ou un vase 4^». Tout porte à croire qu'ici c'était une tête de bélier; mais quel que fût l'objet qu'il tenait, c'était encore, comme nous l'avons remarqué plus haut^^^ une allusion au thème généthliaque du mort.

Planche 5o. Fig. I.

J'ai peu de chose à dire sur ce fragment qui représente un Grec combattant contre deux Amazones. Il vient de renverser l'une d'elles, qu'il saisit par les cheveux pour la percer de son glaive ; mais l'autre accourt le bouclier au bras gauche ^^ et le parazonium levé; elle va frapper l'ennemi qui menace sa sœur. Une scène h peu près sem-

^9 C'est ainsi qu'il figure sur un autel publié par Visconti, Mus. Pio Clan. t. VII, pi. XV et XV, et que ce savant antiquaire rattache au culte égyptien , mais qui n'est peut-être autre chose qu'un monument niithriaque, à en juger par l'autel où brille la flamme, par le taureau et par le serpent. C'est une question que résoudra sans doute M. lajard , qui, par une comparaison judicieuse des monuments, a pénétré si loin dans les mystères de l'antique religion de la Chaldée. I,e sphinx est encore rétmi au taureau sur un autel publié par Caylus, t. II, pi. 64. Il a un sens fiméraire sur un grand nombre de monuments, et notannnent sur un miroir étrusque publié ])ar Caylus, t. VI, pi. 32, fig. I.

"" Voyez entre tant d'exemples Mus. Pio Clern. t. VII, tav. XXXVI, XXXIX. Notez que le sphinx est souvent réuni au griffon. Voy. Montfaucon , J. E. t. II, pi. 102 , et t. V, pi. 37 et 49.

'*' Cette tète est tantôt une tête de taureau (Raoul Rochette, Mon. inécl. pi. X, B. n" i), tantôt une tête de bélier, tantôt une tête humaine (Passeri , Gtrnm. astrif. t. I, pi. CXXXVIII; ïnghinimi, Mon. Elr. ser. I, pi. LXVII ).

"^ Voyez Mus. Veion. XXXIV, et les médailles de Téos.

'•' Voyez p. 8 1 .

^'* Chose assez singulière, ce bouclier est ici un bouclier argien.

blable se trouvant sur la frise de Phigalie, je renvoie mes lecteurs à la description détaillée que j'ai donnée de ce monument ^^.

FiG. II.

Une femme assise, le voile sur la tête, est un sujet qui se rencontre fréquemment sur les stèles funéraires, et peut-être serait-ce à un monument de ce genre qu'il faudrait rapporter ce fragment, si la pose de la femme était plus calme, et si le voile n'était pas flottant. Je serais donc plus porté à y voir une image de Morpho, l'un des noms que Yénus portait à Sparte , où elle était représentée assise, avec un voile sur la tête et des fers aux pieds ^'', symbole de l'attachement que les femmes doivent à leurs maris.

FiG. III.

Cette petite figure nue, une torche à la main et le iriXt^iov sur la tête, est sans doute celle d'un jeune enfant assimilé à l'un des Dioscures 47 sur le bas-relief qui décorait son tombeau, dont une partie de l'encadrement subsiste encore.

*^ P. 12 à 27. Je profiterai de cette occasion pour ajouter à la liste que j'ai déjà donnée des monuments anciens représentant des combats d'Amazones, quelques indications que j'avais omises. Voyez M. de Laborde, rases du comte Lamberg , t. 2, vignette V, p. 16 et pi. XCV; Musée JVorsley, p. 144 ; Gori, Mus. ElT. t. I, pi. i3, i3o, i35, i36; Montfaucon,^/?/. expl. IV, pi. 10, 14, 3i, 33, 145, et V, pi. igg. Toutes les explications données par le savant bénédictin, sur plusieurs de ces monuments, sont loin d'être satisfaisantes.

''" Pausan. III, i5, 8. xâ0y,Tat Sa xa)iUTtTpav te £)(ou(ra xa\ Tt^Sa; Ttepl toïç ttogi.

*' Voyez plus bas, p. 129 et i32.

^V&Kit^^H^

"MaoNT^T

firljjr

(h.^omonoiaï N^

ficAi toyeAevqepi.. ■

irriOYKAAVAioj:

"A0O>: A0IINAN NAAEHN AHOIKA

=fVA}Af^f;A^.

'Ai^.'

'iâ*"'

Page 1