‹ Monuments d'antiquité figuréeChapitre 30 sur 31 · SYMBOLIQUE · texte numérisé non relu

SYMBOLIQUE

Je diviserai en trois classes les monuments qui se rattachent à cette X^ section : i° les monuments élevés par les Grecs aux guerriers morts pour la patrie; 2° les cavaliers romains et notamment les équités singulares , et 3° les chevaux de course.

§ I . Monuments élevés par les Grecs aux guerriers morts pour

la patrie.

L'un des traits caractéristiques de la nation grecque, c'est la reconnaissance pour les services rendus à la patrie. Mais de tous

''^ Cette interprétation se rapproche de celle qu'a émise Bnonarrofi, Fetri, p. 21/, et sqq.

les Etats helléniques, aucun ne porta ce noble sentiment plus loin que les Athéniens. Là, après d'imposantes cérémonies, après que l'orateur le plus distingué avait, devant tout le peuple assemblé, prononcé leur éloge funèbre, les guerriers morts pour la patrie étaient ensevelis, aux frais de l'Etat, dans le Céramique, où un monument commun, exécuté par les artistes les plus habiles, transmettait à la postérité le souvenir de leur généreux dévouement. Tout porte à croire qu'un type particulier fut adopté de bonne heure à Athènes pour ce genre de tombeaux, et imité plus tard par les autres villes de la Grèce. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on connaît cinq exemples certains de ces monuments ; que tous offrent des variantes notables, et que sur deux d'entre eux figure un cheval , ce qui ne me permet pas de les passer ici sous silence. Le type de ces stèles funèbres se retrouve, à n'en point douter, dans un bas-relief appartenant aujourd'hui au musée royal ^^^. Publié pour la première fois par Winckelmann ^^7 qui l'a possédé, il a été reproduit successivement par d'Hancarville ^^^, par M. de Clarac ^^9, et par M. R. O. Mûller 53o De chaque côté d'une stèle à deux étages sur laquelle est placée une statue de Minerve £voir>.o;, et autour de laquelle est enroulé un serpent, on voit une figuie en pied : à droite une Victoire ailée, et le front ceint d'une bandelette, tient dans la main gauche une palme, et de la droite présente au serpent un objet effacé par le temps , mais qui ne peut avoir été autre chose qu'une patère; à gauche est un guerrier barbu, le casque au front et la javeline sur l'épaule droite. Il est vêtu d'une tunique courte recouverte d'une cuirasse. Sur son bras

526 Voyez Description du musée royal des antiques du Louvre, n° 175.

'^' Mon. inéd. pi. lao.

■^^^ Recherches sur les arts de la Grèce, t. l, pi. XXIX, p. 489, note i6!5.

*'' Mus. de sculp. ant. et mod. pi. 223, 11° 255.

"" Mon. de l'art antique, pi. XIV, fig. 48.

gauche flotte uue écharpe dont les plis inférieurs, comme sur tous les monuments de style archaïque, se terminent en éventail ou plutôt en queue de poisson. Ses jambes et ses pieds sont nus. Tout le poids de son corps porte sur la jambe gauche, car la droite est repliée. Cette attitude et la pose penchée de sa tête annoncent, comme l'a remarqué M. Raoul Rochette ^^', la mélancolie et la réflexion. Contre le pied de la stèle est appuyé un bouclier argien , qui est sans doute celui du guerrier, et que quelques antiquaires ont pris à tort pour une roue.

Ce monument a donné lieu à des interprétations très-différentes. Winckelmann veut trouver dans le guerrier une assimilation à Philoctète qui vient d'être mordu par un serpent ^^^ ; la femme ailée est Hygie qui va lui rendre la santé, ou la Victoire qui l'appelle devant Troie; enfin la divinité placée sur l'autel est Pallas ypucTJ, et le serpent le génie du défunt. Suivant d'Hancarville ^^^, ce monument et tous ceux du même genre ont rapport à la fondation d'une ville; le bouclier maïque que le chef des colons doit s'arrêter dans un lieu consacré à Minerve; ici ce chef est Thésée qui, en réunissant autour d'Athènes les différents peuples de l'Attique, fut le deuxième fondateur de la ville ^^^^ et le serpent est le gardien de la citadelle dont parlent Hérodote ^^^ et Aristophane ^^^. Visconti,

^^' Mon. inéd. p. 287. L'explication donnée par ce savant, et que je reproduirai plus bas, me paraît la seule admissible.

'^^ M. le docteur Labus, Mus. délia r. Accad. di Mantovn, vol. III, p. 42 , fait remarquer avec raison que le serpent non pub esser simbolo insieme di una ferita e délia guarigione di essn.

'" Loc. cit.

^^^ S'il est nu-pieds, c'est, s'il faut en croire d'Hancarville, par allusion au mythe qui lui fait retrouver sous une pierre l'épée et les chaussures qu'Egée son père y avait cachées [!].

' ' VIII, l^l. 'Ocpiv [Aêyav cpuXaxa tyJi; àxpoTrcDvioi;.

* Ljiistr. 759. Br. tov ocpiv... tov oîxoupôv.

dans sa description du musée des antiques du musée royal ^^', admet l'explication du serpent et l'origine athénienne de ce monument, mais il ne reconnaît dans le guerrier ni Philoctète ni Thésée; suivant lui , c'est Thémistocle ou Ciinon offrant un sacrifice à Minerve Poliade à la suite d'une victoire navale, ce qu'indique l'aigrette de vaisseau ^^^ que tient la Victoire. M. de Clarac ^^9 rapporte l'opinion de Winckelmann et celle de Yisconti, et ne se prononce ni pour l'une ni pour l'autre. Feu M. Petit-Radel ^^°, plus réservé que Visconti dans son système d'interprétation , s'est contenté de voir ici un sacrifice fait par un guerrier à Minerve Poliade; et cette explication, bien qu'insuffisante et inexacte, a obtenu l'approbation de Zoega ^'^', de M. K. O. Miiller ^^2 et de M. Welcker ^43^ q^j [j, trouve indiihitable ^ et ajoute cependant que ces représentations appartiennent à des monuments sépulcraux. M. Raoul Rochette et M. Labus réfutent, avec raison selon moi, l'une et l'autre interprétation.

Le second monument de ce genre est celui que Winckelmann ^^'^ dit avoir vu en la possession d'un gentilhomme écossais , nommé Archimbald Menzies, et qui avait été rapporté de la Grèce avec plusieurs autres antiquités. Sur ce monument est gravée une inscrip-

'^' N" 1:^7. (Paris, 1817) OEuvres dù>. t. IV, p. 479-

'^* M. de Clarac ' Dcscript. des antiques, etc., n° laS) applique à cette aigrette le nom latin ùHaplustra; celui d axpoaTOXtov que lui assigne M. Welcker {Ann. de l'Inst. arch. t. V, p. 162) me paraît beaucoup plus convenable. Mais l'objet que tient la"Victoire est réellement une palme.

'^s Loc. cit.

*''° Monuments du Musée Napoléon, t. IV, pi. XI, p. ^'i-^6.

'■" Bassiriliei'i, t. I , p. 260.

"'" Loc. cit.

'"'^ Loc. cit.

'"' Op. cit. p. 16a.

tion funéraire se rapportant à un seul individu ^^^, ce qui ne permet pas de la confondre avec le bas-relief du musée britannique dont je vais parler, et qui est le troisième dans l'ordre des publications.

Ce bas-relief, ainsi que nous l'apprend feu Ta^'lor Combe -^4^, a été apporté en Angleterre par un M. Topbam , en 1']a5, et donné au musée britannique par sir J. Banks en 1780, ce qui prouve encore qu'on ne peut le confondre avec celui d'Arcbimbald Menzies. D'Hancarville est le premier qui l'ait fait connaître ^^7. Le sujet qu'il représente est tout à fait analogue à celui du musée royal, bien qu'avec quelques variantes notables. A la Victoire est substituée une femme qu'on peut prendre pour Hygie ou pour une prêtresse ^48 • la statue de Minerve est remplacée par un trophée avec un serpent enroulé, et derrière le guerrier est la partie antérieure d'un cheval au-dessus de la croupe duquel on aperçoit la tête nue d'un homme. D'Hancarville ^^9 pense que ce monument fait allusion à la fondation d'une colonie; que le serpent est le dieu conducteur dont parle Orphée ^^°; suivant lui encore, le cheval indique que les colons viennent de loin, et enfin le guerrier est le chef qui médite comme pour penser où il s'arrêtera. Chose singulière, il ne dit

'■** Or v'ha un iscrizione grcca, ma questa spetta al defunto, senz aver parola che ne significhi la scuUura. Tout le systèine d'interprétation de Winckelniann ^'est résnmé dans ces paroles. Il semblerait, suivant lui, que tout monument doit avoir un sens mythologique précis et déterminé, et il ne voit pas qu'une inscription funéraire, quoiqu'elle n'offre que le nom du mort, suffit pour mettre sur la voie du sens allégorique ou symbolique des sculptures qui ornent le monument.

'^* Ancient Marhles in thc Britisli Muséum. P. II, pi. XLI.

^''1 Loc. cit.

'**' Cette dernière opinion est celle de M. Raoul Rochelte, Mon. inéd. p. 288, «t de M. K O. Millier, Amalthœa , I. III, p. '>o.

'*" Loc. cit.

^^" Hymn. 72, 1.

( ^3i ) pas un mot des deux inscriptions grecques gravées sur les côtés de cette sculpture, et qui, par leur nature funéraire, annihilent entièrement cette interprétation. Ces deux inscriptions, qui n'en forment qu'une seule ^^', contiennent les noms de vingt-huit guerriers de différentes contrées de la Grèce; et ce qui, indépendamment de l'exemple fourni par le monument de Menzies, ne permet pas de douter du sens votif et funéraire qu'a le monument, c'est que tous les noms y sont au datif.

Nous devons la connaissance du quatrième bas-relief à M. R. O. Mùller, qui l'a publié dans \ Amallhœa de feu Bottiger ^^^. Ce monument fait partie de la collection de H. Brundell , qui a été gravée et publiée en 1809^^^. Les planches de ce recueil très-rare sur le continent et même en Angleterre ont été malheureusement exécutées avec assez peu de soin, à en juger par celle que M. Mùller a reproduite. On peut se convaincre cependant que ce bas-relief est , comme tous ks autres du même génie, dans le style hiératique. C'est du reste le plus simple de tous. Le guerrier, le cheval et l'escorte n'y figurent pas ; on n'y voit que la Victoire ailée versant de son œnochoé une libation dans une coupe qu'elle présente à un serpent qui se dresse devant un piédestal sur lequel , est placée une statue de Minerve evoTr'Aoç ^. Contre la base de la

^*' Voyez Boeckh, Corpus Inscr. gr. n° 1936.

"^ T. III, pi. V, p. 48-52. ^ '

"' Engravings and etchings of the principal statues. ,busts , basrelief s, sépulcral monuments , cinerary urns in the collection oj H. Blundell Esq. at Ince. 1809, 2 vol. folio.

^^^ Minerve a le casque en tête et la lance à la main ; elle est vêtue d'un ^''^'^v à larges plis, que recouvre un Tzi-Kkoi;; par-dessus le TtÉuXo; est un SntXoîoiov, et! par-dessus le otitXoiSiov 1 égide. C'est, comme le fait remarquer M. Miiller, le costume qui était généralement attribué à cette déesse avant Phidias.

statue est placée une cuirasse garnie de ses franges ^^^. M. Miiller adopte, comme feu Petit-Radel, l'interprétation de Visconti, et y voit un sacrifice offert à Minerve Poliade par un général athénien, en réjouissance d'une victoire qu'il a remportée.

Le cinquième monument appartient au musée de Mantoue, et a été publié récemment par M. le docteur Labus ^^^, avec une savante explication qui résume toutes les opinions émises sur ce genre de composition. Le sujet de ce bas-relief est, comme celui dont je viens de parler, plus simple que les trois premiers, en admettant, ce qui est probable, que celui de Menzies est en tout semblable à celui de Winckelmann. La Victoire ou la prêtresse n'y paraît pas; le guerrier, dans l'attitude et dans le costume consacrés, la lance renversée et suivi de son cheval derrière lequel s'élève uu arbre, présente un objet mutilé à un serpent enroulé autour d'un pilastre qui repose sur une base en forme d'autel , et porte une architrave. M. Labus n'a approuvé aucune des explications que je viens de réstfmer, et, avec grande raison , a cru devoir adopter celle qu'a proposée M. Raoul Rochette^^7. Tous ces monuments, dit ce savant académicien, sont des stèles, érigées sur un tombeau commun, à plusieurs guerriers morts ensemble sur le même champ de bataille dans quelque expédition glorieuse ^^^. Le sacrifice a.ux ma.nes de ces guerriers est représenté de la manière la plus conforme à toutes les données de Part antique, par la prêtresse ou plutôt la ville per-

^'^ Ce qui prouve que l'objet rond placé au pied de l'autel sur le marbre du musée royal, est un bouclier et non pas une roue, comme le pense M. K. O. Mùller, Amahhœa, t. III, p. 5i.

»'' Op. cit., pi. VU, p. 38-45.

'■■' Mon. inéd. Odysséidc , p. 289 et 426.

*** Le savant antiquaire cite un grand nombre d'exemples de ces tombeaux «ommuns appelés ordinairement fjLvyjfAa xoivov ou iroJvuavSpiov. Voyez op. cit., 1). 98y , nolf 1 .

sonnifiée, POAIS, qui offre une libation au serpfjnt gardien sacré des mânes. Le g(jerrji:k qui s'associe, la tAte pljvchée, dans une attitude triste et afflie^ce , à ce acte religieux , exprime , par une de ces abstractions si familières au génie des anciens, l'armék entière, le 2TPAT02, personnifié dans un seul homme; et la partie ANTÉRrEiiRE de cheval avec une tête d'homme sculptée au-dessus , indique, dans le même système d'abréviation symbolique , la condition équestre des guerriers en Vhonneur desquels étaient consacrés ces monuments.

Quelques détails tie cette ingénieuse explication ne satisferont peut-être pas en tout point les esprits difficiles ou timides ^^9; mais l'idée fondamentale est à l'abri de toute critique, et le sens donné au guerrier me paraît des plus heureux. Le monument de Mantoue, que M. Raoul Rochette ne connaissait point «acore lorsqu'il a publié son beau travail, ne peut donner lieu à aucune incertitude sur la destination funéraire de ces bas-reliefs, puisque, comme l'a fort bien vu M. Labus, il nous offre le tombeau ou plutôt Xheroum.

Les variantes nombreuses que présentent ces différents monuments prouvent, selon moi, jusqu'à l'évidence qu'on aurait tort de les rattacher tous à la ville d'Athènes. Les seuls qui lui appartiennent avec certitude sont celui du musée royal et celui de Blundell. Peut-être doit-on y joindre celui de Menzies, s'il est en tout point semblable à celui de Winckelmann. Quant au marbre du musée britannique, il ne peut, comme l'a très-bien prouvé M. Boeckh ^^°, provenir d'Athènes, puisqu'on n'y trouve aucun nom athénien, et

^^' Pour ma part, j'ai de la peine à ne pas voir une Nîxvi dans la femme, le plus souvent ailée, qui fait la libation. — D'un autre côté, sans nier le sens donné au cheval, je ne crois pas q^ue la manière dont il est représenté sur lu marbre du musée britannique tienne à un système d abréviation symbolique , puisqu'on le trouve tout entier sur le marbre de Mantoue.

56o ç„fpi(g lnscr.gr., n"' i6G et 1936.

Mon. de Mur. 3o

qu'à la statue de Minerve on a substitué un trophée. L'absence de nette statue doit également faire rattacher à une autre localité le marbre de Mantoue, bien que M. Labus voie dans l'arbre l'indication du Céramique extérieur.

De l'inscription du marbre de Londres on peut tirer celte conséquence, que tous ces monuments étaient accompagnés d'une liste de guerriers morts, et que le marbre de Menzies est tronqué, puisque son inscription ne contient qu'un seul nom. Bien plus, il est vraisemblable, à en juger par le type invariable du guerlior, qu'à toutes les listes de soldats athéniens morts pour la patrie, qui sont contenues dans le Corpus ^^' , devaient être joints des basrtliefs semblables à celui de Winckelmann ou à celui de Blundell.

Enfin, et cette dei-nière observation se rattache particulièrement à mon sujet, si le cheval indique que les guerriers morts étaient à Athènes des \-kt,%c, des tv)v iTnra^a tsXoùvts;, et ailleurs des [xTrorai, des ixTcoêarai ^'^^, on peut conclure que les monuments où il manque se rapportent à des ôr'Xî'Tat; ce qui me porterait à concéder que sur quelques monuments attiques, indiqués dans les sections II et III de ce travail, le cheval, indépendamment du sens funéraire que je lui ai donné, annonce aussi quelle avait été la profession guerrière du mort.

§ 2. Equités singulares.

On a beaucoup discuté sur le sens qui convient de donner à ces deux mots équités singulares, ou singularii; ce qu'il y a de plus vraisemblable, c'est que les cavaliers désignés par ce nom étaient ainsi appelés, soit parce qu'ils composaient une troupe d'élite, soit

'8i Voyex M. Raonl Rochette, op. cit., p. 289, note a.

parce qu'ils étaient plus pai'ticulièrement^attachés à la garde de l'empereur. Les monuments funéraires relatifs aux membres de ce corps sont assez nombreux, et tous, à quelques légères variantes près, offrent le même type. Le portrait du mort en buste, ou couché, occupe ordinairement la partie supérieure; vient ensuite l'inscription, puis un petit bas-relief représentant, suivant le grade du mort, un ou plusieurs chevaux, seuls ou conduits par un serviteur. Mais ce qui caractérise particulièrement ces pierres, c'est que les chevaux y sont toujours couverts d'une large bande d'étoffe garnie de franges. Chose assez remarquable, tous ces équités meurent avant !\o ans; tous sont des étrangers, de la Germanie secunda ^^^ et Superior ^^^, du Noricum ^^^^ de la Rhétie ^^^, de la Pannonie ^''', de la Dacie ^^^, de la Thrace ^^9, de la Syrie ^7°, de la Mauritanie Césarienne ^7', L'inscription porte d'ordinaire l'indication de la turina à laquelle appartenait le mort, du corps où il avait servi avant d'entrer dans cette arme de choix ^'^. '^

Le chef de ce corps, créé par Auguste ^'^, prenait le titre de prœpositus ^74. Les différents grades que nous font connaître les

*" Fabietti V, n. 79, p 358. Ihitl. ri. 78.

^** Oderici Dissert. p. 3 10.

'" Montf. Jnt. expl. t. V, pi. LXXXVIIf, %. 1, 2, 6. Odmci Op. cit. p. 3 . 3.

"« FabreUiV, 11. 70, yi.

'*' Id. V, n. 80. Oderici Op. cit. p. Hia.

'«» Ibid. n. 71.

'69 Montf. 1. c. fig. 4. Oderici op. cit. p. 3i3.

*^° Montf. I. c. fig. 6.

'■>">' Fabretti V, n. 74.

^'" Ibid. n. 71. ALLECTV[S] EX-ALAIILLYRlCOR[VMl.

^^^ Fabretti V, n. 68, p. 355.

^'•i Ibid. n. 6<) , p. 356.

inscriptions, sont ceux de Armorum custos ^^^ , de Tubicen ^^'*, de Decurio'^'^T ^ de FexiUarius ^"^^ ^ et de Sesquiplicarius ^ probablement subordonné au décurion ^79.

Ainsi, cette classe de monuments, à moins que l'inscription n'ait disparu, ne peut donner lieu à aucune incertitude, et, même dans l'absence de l'inscription, l'équipement du cheval suffît seul pour prémunir contre toute erreur.

Du reste, sur les monuments romains le cheval n'indique pas seulement un eques singularis , on le trouve aussi sur des tombeaux élevés a des guerriers servant dans d'autres corps de cavalerie ^^®, et il est probable qu'il devait aussi figurer quelquefois sur les tombeaux des equo publico donati, honorati , etc.

'"^ Fabretti V, n. 75,, p. "^^-j. Ce titre se retrouve sur un fragment publié par Caylus, III, 6G, 2, «'t doit, ainsi que le cheval qui est sculpté au-dessous de l'inscription, faire ranger ce monument dans la classe qui nous occupe.

576 Fabretti V, n. 82, p. 358.

'■' Odcrici Dissert. |>. 'iio. l'abrelti V, n'" 8>, 87, p. '^Sg.

^'^ Oderici op. cit. p. 3i9..

^7^ Oderici o|). cit. p. 'ji3. Fabretti, II, 2/iS, p. 104. Le décurion avait trois flievau.x, (voyez Oderici op. cit. p. 3io), et le sesquiplicaire n'en avait que den.x. C'est ce que dit en termes exprès Hygin , Grornat. Mfid.

58o Voyez 01. Rellermann, T'igiluin romanorum latercula, etc. Romae, i835, /i" : n" l'î.'i, p. 56; i37,p. 57; 241, P- 66. Cet important recueil contient aussi l'indication d'un assez grand nombre de monuments relatifs à des équités sinjT/ilares. Y oyez n"' uii, 2i3, ai4, ^iS, 217, 218, 224, 23o, 23i, 233, 236. Sur plusieurs pierres sépulcrales se rapportant a des équités singulares , le cavalier est représenté comliattant contre un sanglier avec l'aide de son chien. Vovez u"' 222 , 225 , 226 , p. 64 ; 23» , p. 65. Les nombreuses répétitions de ce tvpe ne permettent pas d'v voir une allusion au goût du mort pour la chasse. Si je ne me trompe, le cavalier est représenté sous son costume guerrier, et sa mort est, avec une intention mystique que prouve plus d'un monument, assimilée à relie d'Adonis. ( Voyez plus haut, pages 166 et suivantes. )

§ 3. Chevaux de course.

De tous temps les Grées attachèrent la plus haute importance aux victoires remportées à la course des chars clans les jeux olympiques; et les Romains, de leur côté, ne mettaient pas moins de prix aux couronnes obtenues dans le cirque. Aussi les chevaux qui leur avaient assuré la palme étaient-ils l'objet d'une reconnaissance dont les effets s'étendaient au delà même de leur vie. Ainsi, le père du vainqueur de Marathon, Cimon, fils de Siésagoras; avait élevé un tombeau dans le Céramique ^^' aux cavales qui lui avaient, trois fois consécutives, remporté le prix aux courses d'Olympie ^^^. Le Lacédémonien Evagoras avait aussi, pour un pareil succès, fait à son attelage des funérailles magnifiques ^*^^. Sans doute sur ces deux monuments le quadrige vainqueur devait être représenté comme il l'était sur l'offrande consacrée par Miltiade à Olympie ^^^.

Mais ce n'était pas seulement aux cavales olympioniques ^^^ qu'on élevait des monuments funéraires; les chevaux favoris des princes furent souvent honorés d'une pareille distinction. Ainsi Alexandre, qui faisait tout sur des proportions gigantesques, bâtit une ville autour du monument qui renfermait les restes de Bucéphale ^^*^; ainsi Auguste fit construire un monument à son cheval ^^7; ainsi Adrien composa lui-même l'épitaphe de Borysthènes, son coursier

"' Suivant Hérodote, VI, io3, et Plutarque, Fie de M. Caton, ch. 5, ce monument était voisin de celui où reposaient les restes de Cimon.

^'^ Hérod. VI, io3 — ^Elian. H. A. XII, 40, attribue ce fait à Miltiade; sans doute, parce que, d'après le témoignage d'Hérodote, Cimon avait abandonné l'honneur de l'une de ses victoires à son frère utérin Miltiade, à qui peut-être il confia le soin d'élever le monument en question.

'" .Elian. H. A. 1. c.

^^^ Pausan. VI, 10, 2.

*«^ Columell. de R. R. III, 9.

5«s Plin.^. iV. Vin,5/,.

*«' Ibid.

favori ^^*. Ainsi Verus fit élever un tombeau sur le Vatican à son cheval Volucris prasinus dont il portait l'image en or ^^9. Les particuliers imitèrent l'exemple des rois. A Agrigente. on voyait plusieurs pyramides sépulcrales convsacrées à des chevaux ^9^l'Anthologie grecque '9' nous a conservé une épigramine de la poétesse Anyté, qu'un Grec nommé Daniis avait gravée sur le tombeau de son cheval de guerre, mort sur le champ de bataille, et l'Anthologie de Burmann nous prouve que les muses latines n'avaient pas non plus négligé ce sujet de composition ^9^. On peut conjecturer, avec vraisemblance, que sur la plupart de ces monuments on avait retracé l'image des coursiers auxquels ils étaient consacrés. Ce qui ne permet guère d'en douter, c'est que sur le petit nombre de monuments de ce genre qui sont parvenus jusqu'à nous et dont la plupart sont romains, les chevaux vainqueurs sont ordinairement représentés ^9^. N'ayant pas le loisir de composer une liste exacte des monuments de ce genre, je me contenterai de citer les exemples

^'' 'ATToOavovTt ^àp aÙTw xai Toccpov xaTetjxeuaffs , xai ctïiXvjv £(TTr,(7£ xal VKV^çi.\t.- (xaTa ETTsypa-j/ev. Dio Cass. LXIX. Cf. Spartian. Hadrian. o. 20.

**9 Jul. Capitol, vit. Veri, c. 6. Le nom de Volucris rappelle celui à'Incitatus, que Caligula avait donné à son coursier favori, et celui d'AîsTOi; que porte un cheval dans une épigramme d'Archias. Voyez Anth.Pal. IX, 19. Voyez la note de M. .lacobs, t. III. p. 4^5. Le savant éditeur y cite plusieurs passages qui prouvent l'usage où étaient les Grecs de donner des noms d'oiseaux à leurs clievaux de course. C'est par une semblable métaphore que le nom à'Jquilo est donné à un cheval dans l'inscription latine dont nous allons parler. Quant au surnom de Pra.iinus, il venait sans doute à ce que le cheval de Verus avait appartenu à \a faction verte.

5»° Plin. !. c. Cf. Diod. Sic. t. I, p. 607, 70.

^9" Anth. Lips. 1. 1, p. 200. Anth. Pal. VII, 2r.8.

^»' Auson. Épitaph. XXXV, I. IV, n. CCCXCIX , t. 2, p. 290. Voyez encore le quatrain en ïambiques dimètres, publié par Marini, Alti de Frat. Arv. I, p. 67, et reproduit dans la collection de M. Orelli, n° 4^22.

^9' Voy. Muratori DCXXV, 2. C'est le même monument publié par Burmann, Anth.lat., 1. IV, n. CCCXCIX. Le cheval [NI]COP[H]ORVSest représenté sur <;elle stèle, lancé au galop.

( 2. '^9 ) que ma mémoire me fournit; et d'abord je parlerai d'un cippe à fronton triangulaire, publié par Montfaucon ^94. Sur la face antérieure on voit lin homme vêtu de la tunique courte et le paliiohim sur l'épaule, aj'ant devant lui deux chevaux à l'un desquels il donne à manscr dans une corbeille de forme ronde. A droite de sa tête on lit cette inscription ^9^ :

AQVILONK596AQVILO NIS ViCIT CXXX SECVNDTVLIT LXXXVIII TERTVLIT597

Et cette autre à gauche :

HIRPINVS NAQVILO NIS ViCIT CXIII|598

SECVNDAS599TVLIT LVI TER«°°TVL

59* Jnl. expl. t. V, pi. XLVI, fig. i.

^9^ Les trois inscriptions gravées sur ce monument avaient été publiées avant Montfaucon par Gniter, CCCXXXVIII, 5, et par Fabretti, c. IV, n. 197, p. 276.

^«^ Montf. AQVILONI. Grut. AQVILON-K. Mais à en juger par l'autre inscription, la leçon de Fabretti, que j'ai suivie, est la seule véritable et doit s'entendre de la couleur du cheval, c'est-à-dire, de cette nuance de noir que les écuyers appellent noir mal-teint : 'N(iger) K''flp.f/«.f).

597 Gruter, et Fabretti font deux lignes de TER TVLIT. J'ai suivi la copie de Montfaucon qui, prise sur le monument même, doit être la plus exacte.

*98 Fabretti CXIII.

599 Fabretti SECVDAS.

«°° Montf. FER.

Au-dessous du bas-relief est gravée cette épitaphe

DM- CLAVDIA HELICE FECLAVILL^°'DIONYSIO CONDGRRVSSATAE«°^ CONIVG! DIGNISS-

A Aquilon^ le noir, mal-teint fils d Aquilon. Il a vaincu cent trente fois , a remporté le second prix quatre-vingt-huit fi)is , et le troisième trente-sept fiois.

A Hirpin, le noir , petit- fils d'Aquilon. Ilavaincu cent quarante fi^is, a remporté le secondprix cinquante-six fois, et trente-sixfois

le troisième.

Aux dieux mânes.

Claudia Hélice a élevé ce monument à L. Avillius , chef de la faction'^^^ Russata, époux ires-digne.

««■ Monîf. AVILL.

«" CONDITORI GREGIS. Cf. Gruter CCCXXXVIII, 4- MLXXXIX, 3. Reines. V, 56. Cf. Marini Frat. Arv. p. 214.

^°^ Ce qui prouve en faveur du sens que je donne au mot CONDITOR, c'est une inscription où un agitator nommé Thallus, et sur lequel on peut consulter la note 6o5, est dit esclave d'un parent de notre Avillius appelé L. Avillius Planta. Les conditores étaient donc des entrepreneurs qui faisaient courir leurs esclaves comme aujourd'hui les membres du Jockey-club fout courir leurs palefreniers.

D'où l'on est porté à voir L. Avillius clans l'homme représenté sur ce cippe, et dans les deux chevaux placés près de lui les deux coursiers célèbres auxquels il avait dû de si nombreuses victoires.

Nous retrouverons encore un quadrige victorieux sur une stèle funéraire publiée par Fabretti ^°^, et offrant une assez longue inscription entre deux bas-reliefs. Le premier représente un homme couché entre deux enfants dont l'un, ailé et à genoux, tient une torche allumée dans la main droite, et l'autre, assis près de sa tête, semble vouloir la prendre dans ses bras. On lit ensuite cette inscription :

DUS MANIBVS T-FLAVIAVGLIB-

ABASCANTI

ACOGNITIONIBVS

FLAVIAHESPERIS

CoNIVGI SVO

BENE MERENTI

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