‹ Monuments d'antiquité figuréeChapitre 8 sur 31 · I. Voeux ou actions de gra^ce · texte numérisé non relu

I. Voeux ou actions de gra^ce

§ 1. Sacrifice d'un bélier.

Je dois, à plus d'un litre, la préférence au monument recueilli par la commission de Morée. Il est inédit; il a été le point de départ de mes recherches : il est sans contredit le plus complet, le plus remarquable, le plus exactement reproduit, et l'un de ceux dont l'originalité grecque est le mieux constatée.

L'encadrement que j'ai décrit plus haut et qu'avait déjà remarqué Yisconti dans d'autres monuments grecs, et notamment dans un baslelief où il voit, avec raison, un vœu fait par quelque famille à une divmité salutaire *°^ se retrouve sur tous les yapiGT-/ipia dont j'aurai occasion de parler, et paraît propre à ces témoignages de reconnaissance envers les dieux. Visconti y voit l'indication d'un vestibule; <'est plutôt l'indication abrégée d'un temple.

Notre monument a été trouvé dans le village de Merbaka, situe près d'Argos, où l'on sait qu'Esculape avait plusieurs sanctuaires. Pausanias en cite deux'°^ et assure que le plus célèbre de tous était celui où l'on voyait, de son temps, un groupe représentant Esculape assis et lïygic près de lui. Or, ce temple devait être situé hors (le la ville, puisqu'il en parle immédiatement après la mention qu'il fait du tombeau d'Hyrnélho, où conduisait le Chemin Creux (RotV^ ao;) que l'on rencontrait en sortant du gymnase Cylarabis dont la

■■'^ Mus. Pio Ctrm. vol. V, tav. XXVII, p. 170, fd. de Mdan.

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position hors des murs delà ville est attestée par Plutarque'"^ et par Tite-Live'°^. C'est peut-être dans le voisinage de ce temple célèbre qu'a été retrouvé le bas-relief qui nous occupe. H était bien digne de figurer dans un aussi magnifique sanctuaire.

Ce qui confirmerait cette conjecture , c'est que dans les deux divinités représentées sur notre monument, il est impossible de ne pas reconnaître Esculape et Hygie. Leur pose n'est qu'une variété du groupe dont nous venons de parler et dont Visconti a cru, avec vraisemblance, retrouver une copie , assez médiocre , il est vrai, dans un groupe du Vatican '°7, remarquable d'ailleurs par la grâce de sa composition : Esculape est assis; Hygie, debout près de lui et la main gauche appuyée sur l'épaule de son père, présente de la droite une patère au serpent roulé autour du bâton que le dieu tient de la main gauche. On voit que l'œuvre de Xénophile et de Straton '°^ n'a subi, sur notre bas-relief, d'autre modification que celle qui était réclamée par la circonstance du banquet sacré.

La victime offerte au dieu n'a rien qui doive nous surprendre. Les victimes sacrifiées à Esculape variaient suivant les localités. Nous voyons par le Phédon de Platon ^"^9^ qu'on lui sacrifiait un coq à Athènes. Pausanias, de son côté, nous apprend qu'à Titane on lui immolait un taureau, un agneau et un porc"°; qu'à Delphes il était permis de lui sacrifier toutes sortes d'animaux, excepté des chèvres '"; qu'il en était de même à Epidaure, le centre du culte d'Esculape "^,

'° Vie de Pyrrhus, c. "il.

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