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'"' Mus. Pio Clein. vol. II, tav. III, p.- 39-41.
'"" Pausan. II, a3, /,.
"" Pausan. II, n, 7.
sans doute parce que, d'après la légende locale, ce dieu avait été nourri par une chèvre sur le mont Tithion''^; on voit cependant, dans le même auteur, que cette exception n'avait point lieu à Cyrène "4. Le musée de Vérone "^ contient un sujet tout à fait semblable, il quelques légères variétés près, d'où l'on pourrait conclure qu'il provient également d'Argos. Esculape nu jusqu'à la ceinture est sur son séant, sa main gauche est appuyée sur sa poitrine , de la droite il tient un rhyton. Hygie est assise au pied du lit et tournée vers le dieu, comme pour joindre ses supplications aux prières de la famille composée de cinq membres (deux hommes , une femme et deux enfants), qui vient invoquer le dieu sauveur. Un jeune sacrificateur nu, comme sur le monument de Merbaka, conduit un agneau à l'autel. Là aussi le serpent se dresse devant la table pour prendre sa part du festin sacré, et le jeune cadmile , dans une nudité complète, se lient près d'un cratère à la gauche du dieu, disposé à remplir de nouveau sa coupe, tandis qu'à sa place accoutumée le cheval de Qa.ya.zoc présente sa tête comme pour annoncer qu'il est au moment d'accomplir son funèbre ministère.
§ a. Sacrifice d'un porc.
Le type de cette seconde classe de monuments nous est fourni par un bas-relief grec du musée de Mantoue "^, non moins remarquable
tl3
Ibid. § 4.
II, 26, 7. Il devait en être de même en Italie, à en juger par ce passage de Servius, ad Georg. II, 38o : Item capba [immolatur] jEscuUipio, qui est deiis salutis : quum capra nunquam iincfehre sit. — Le cdlte d'Ammon existant à Cyrène, on conçoit que la chèvre y ait été substituée au bélier. '" CXXXIX,6.
"•• Vol. I, tav. XIII, p. 44-j3.
( io3 ) que celui de Merbaka pour la pureté de la composition et l'élégance du dessin. Près du pilastre gauche on voit Esculape à demi couché sur un lectisternium. Son visage est majestueux, sa barbe touffue, et sa chevelure épaisse se sépare sur le front; son corps est à moitié nu, et depuis la ceinture entouré dans un large manteau, dont les plis nombreux retombent de son bras gauche sur le coussin qui soutient son coude. Dans sa main gauche est une coupe *'7, et dans la droite, qu'il tient élevée en avant et un peu au-dessus de sa tête, un objet rond mutilé que les interprètes du musée de Milan ont pris pour un rouleau, et qui, à en juger par le bas-relief de Vérone dont nous venons de parler, et par les nombreux monuments dont nous nous occuperons bientôt, ne peut être autre chose que l'extrémité inférieure d'un rhyton. Au pied du lectisternium est assise Hygie, la face tournée vers son père, et ne se montrant par conséquent que de profil. Sa chevelure est élégamment relevée et forme comme un diadème ondoyant autour de sa tête, derrière laquelle elle vient s'attacher avec grâce. Sa tunique talaire, qui laisse à nu ses épaules et sa poitrine , est recouverte d'un peplus ; ses pieds nus reposent sur un uiroTCo'^iov assez élevé. De la main droite elle semble prendre les genoux de son père, ce qui, comme on le sait, est un geste desuj)pliant"^, et de l'autre elle tient une acerra ouverte "9; devant le lit est une table soutenue sur deux pieds, entre lesquels on distingue la partie inférieure des vêtements de la déesse et les draperies du lit. A gauche de la table, où l'on voit trois gâteaux sacrés , et au-dessous du coude d'Esculape, est un jeune cadmile, nu et
'" Ce qui, indépendamment de plusieurs autres exemples qui seront cités plus bas , confirme notre conjecture relativement à l'objet rond que tient Esculape sur le bas-relief de Merbaka.
■" Eur. Iphig. A. 1216. Androm. 886.
"' Voyez sur V Acerra M. I,aborde, Vases du comte Lambcrg, t. I, p. 17. , et et II , p. 140.
( io4 j
debout, représenté de face; le cratère ayant une forme plus évasée, il puise directement avec le Trpo^ooç à l'aide duquel il doit remplir la coupe d'Esculape. Dans sa main gauche est un autre vase dont la forme est trop incertaine pour qu'on puisse lui donner un nom; à en juger par le dessin, ce devait être un vase à anse mobile, et par conséquent en bronze. Point d'autel apparent; mais derrière la déesse une famille composée de dix individus qui s'avancent sur deux rangs. Au premier, cinq enfants précédés du jeune sacrificateur qui, succinctus et l'épaule gauche découverte, chasse devant lui de la main droite un porc dont le ventre touche à terre. De la main gauche il tient sur un plateau le couteau destiné au sacrifice.
Les trois enfants qui le suivent immédiatement sont déjeunes garçons sur le point d'entrer dans la classe deséphèbes; les deux derniers sont deux jeunes filles moins âgées dont la première porte une petite corbeille, contenant sans doute la mola salsa.
Au second rang on voit deux hommes barbus d'âge différent, et derrière eux deux femmes voilées. Dans l'angle supérieur à droite et touchant au pilastre droit un buste de cheval à la fenêtre.
Les interprètes du musée de Mantoue ont bien vu qu'il s'agissait ici d'une supplication et d'un sacrifice, mais ils se sont entièrement trompés, et sur le nom à donner aux deux divinités, dans lesquelles ils veulent reconnaître Jupiter et Cérès , et sur le sens qu'on doit attacher à la tête de cheval, qu'ils regardent comme un symbole du mois d'octobre , mois où le sacrifice doit avoir eu lieu pour féliciter Cérès dello avère essa ottenuto da Giove che la rapita sua figUa Proserpina possesse uscire d'in/erno, e restare seco seimesidelV anno. Ce qui les a surtout induits en erreur, c'est le porc qu'ils ont pris pour une truie, animal qui, comme destructeur des moissons, était surtout sacrifié à Cérès, ainsi que le dit Ovide '^° :
Prima Ceres m'idœ gavisa est sanguine porc*. "» Ovid. Fast. I, 849.
( lo/ï
Et ailleurs '^f
A boi'e succinct i cuUros reniovete ministri ; Bos arct : ignavam sacrificate suem.
Mais Cérès n'était pas l'unique divinité à laquelle on offrît soit une truie, soit un porc'". Si les interprètes de ce bas-relief eussent connu le passage de Pausanias que nous avons cité plus haut '^\ ils auraient peut-être réformé leur premier sentiment. Du reste, il est à regretter que les explications du premier volume de cet intéressant recueil n'aient pas été, comme celles des volumes suivants, confiées au savant M. Labus; il aurait sans doute évité une méprise aussi grave, lui qui, dans sa lettre à Cicogna 1^4, a si bien signalé le sens funéraire du cheval sur les tombeaux.
On rencontre encore un exemple de cette catégorie de monuments dans un bas-re]*f du musée d'Oxford '^K, mutilé, il est vrai , à la partie gauche, mais dont la mutilation n'a fait disparaître que le cadmile et son cratère. Esculape , le rhyton dans la main gauche et drapé comme sur tous les bas-reliefs dont nous avons fait mention jusqu'ici, se distingue de toutes les représentations précédentes par le modius dont il est coiffé. Hygie , entièrement vêtue, tient Vacerra ouverte dans la main droite. La famille du suppliant se cornpose d'un père, d'une mère et de deux enfants, précédés du sacrificateur qui, entièrement nu, conduit un porc, et tient sur la main gauche le plateau et le couteau sacré. La tête du cheval de ©a'vaTo; occupe sa place accoutumée.
.'" Ibid. iv,4i4.
'"■ Voyez un exemple du sacrifice d'une truie à Déméter, Mus. Pourtalè. pi. XVIII, p. 82 et suiv. Le cadmile y porte aussi le plateau et le couteau sacré Note 58.
'^^ Marmara. O.ion. Part.I, tav. LU, fig. CXXXVI.
Mon. de Moi-.
( ïo6 ) Uex-voto que je viens de décrire prouve combien il est nécessaire de procéder, autant que possible, par comparaison, et par comparaison du plus grand nombre possible de faits analogues , lorsqu'on entreprend d'expliquer les monuments de l'antiquité figurée. Quiconque eût interprété celui-ci seul , et abstraction faite de tous les bas-reliefs de la même famille, n'eût pas manqué de voir Pluton dans le dieu coiffé du modius ^^*^, et Proserpine dans la déesse placée à ses pieds. Et cependant il est bien constant , par tout ce qui précède, que ces deux divinités sont Esculape et Hygie. C'est pour n'avoir pas suivi cette méthode que Visconti s'est, je crois, trompé sur le sujet d'un fragment de bas-relief du musée Worsley ^^7. Ce fragment représente un dieu coiffé du modius et nu jusqu'à la ceinture; à sa gauche, et devant le seul pilastre de l'encadrement qui subsiste encore, est un jeune cadmile nu, tenant le Tipoyooç dans la main gauche et s'appuyant de la droite sur un cratère. Toute la partie droite du monument a disparu; mai# en comparant ce qui reste avec les bas-reliefs que nous avons décrits, on voit qu'elle devait contenir Hygie, une famille de suppliants, et la tête du cheval de ©avaTo;. Visconti , trompé par la conformité qu'offre la coiffure du dieu avec celle de la statue de Pluton conservée au musée du Vatican"^, prétend que ce bas-relief est funéraire et représente un mort reçu au banquet du tyran des enfers. Il explique de la même manière les deux bas-reliefs de la villa Albani, où Winckelmann a cru voir Neptune, Cérès et le cheval Arion, et dont nous aurons occasion
"'• C'est ainsi qu'il est représenté d'ordinaire. Voyez, entre autres, la statue du musée de Vatican, vol. II, tav. I, et celle du musée de Vérone, LXXV, 5. Pluton n'est pas la seule divinité qui porte habituellement le modius; cet attribut appartient aussi à Sérapis. Pour juger des rapports qui existent entre Sérapis et Esculape, il suffit de se rappeler le Sernpeum de Pouzzoles, où le temple de ce dieu était environné de cellules thermales.
"7 Vol. I, p. 28, Lond., 1824. Tav. VI , fig. I, p. 24, éd. di Milano.
•'8 Mus. Pio Clem. vol. II, pi. I.
( 107 ) de nous occuper au § 4- Mais il est évident qu'il s'est trompé ici, et je prouverai bientôt que son interprétation des deux, autres monuments est également erronée.
Je rangerai encore dans celte classe un bas-relief du musée de Vérone ^^9, qui, tout mutilé qu'il est par la moitié, et bien que la tête du cheval y manque, ne peut laisser aucune incertitude. L'encadrement de cet ex-voto consistait également en deux pilastres supportant une architrave. Le dieu est seul, il n'est point couché, mais assis sur son trône; ses pieds reposent sur un Ottotco^lov. Comme nous l'avons vu jusqu'ici, il est nu jusqu'à la ceinture, et le reste de son corps est enveloppé dans les larges plis d'un manteau que retient sa main gauche. Comme sur le monument de Merbaka, il étend la main droite en avant en signe d'attention. Près du dieu est un autel vers lequel un enfant nu conduit un porc. On peut conjecturer, sans trop d'audace, que dans la partie qui manque se trouvait la famille qui vient invoquer le dieu, et sans doute aussi la tête de cheval.
§ 3. Sacrifice d'une chèvre.
Je n'ai rencontré pour cette classe qu'un seul type qui m'a été fourni par le recueil de Caylus '^°, encore n'y voit-on pas figurer la tête de cheval. Ce monument, rapporté de Grèce par Fourmont, était, du temps de Caylus, conservé à la bibliothèque du roi, où je n'ai pu m'assurer s'il existait encore. Fourmont l'avait trouvf dans la plaine d'Argos, sur les murs d'une église élevée à la Vierge dans le village d'Emir Pacha; èv Havayia toû Èp,ip Ilai^à sv x>.apia toO Apyoiï. Le lieu seul d'où provient ce monument curieux me faisait un devoir de ne le point passer sous silence.