XIV
ai ,
XIII, 4, a.
XIII, a, I.
op. cil., pi. VU— XXIX.
Voyez surce invihc : Goropius Becanus, Origines antsverpiance.
/iVe Cimme-
riorum BccccsrUtna novem libri.i
complexa, jitvatira.
Gigantomachia , Nilosro-
à dégager ce (ju’il peut y avoir d'historique dans les traditions fabuleuses que les auteurs anciens nous ont transmises sur ces héroïnes Contentons-nous de rappeler ici que, de tous les exploits de Thésée, c'était, avec la défaite des Centaures, celui auquel les Athéniens paraissaient attacher le plus d'importance : ces deux sujets étaient d’ailleurs, comme le remarque Millini'*, très-propres à orner les frises et les frontons des temples; et les groupes particuliers d’un Grec à pied et d’une Amazone à cheval pouvaient, nitisi que les groupes d’un Centaure et d’un Lapilhe, servir à la ilécoration des métopes. Il faut dire aussi qu'indépendamment des motifs religieux et des considérations de gloire nationale qui déterminaient la préférence des Athéniens pour ces deux scènes des temps héroïques,
pium, Crnnia, Inrlo-Srvthica , Snxsonin , Coto-Danica, Amazonica, Venetica et Hj-perborea. Antwerpiœ , J^Gç), f’ (Jean Van Gorp, ranleiir do cc livre singulier, prétendait qne la langue flamande on teiitonique était celle d'Adam); Pétri Petitiile Amazonibns Ihssertatio, Anut., 1687, 8"; Guyon, Hist. des Ainaz. une. et mod. Paris, 17/10, in-i 1 ; Taylor, Lectiones Lysiaca;, c. ’J; M. Boelliger, Pasen Gemiilde ; Millin, J/o«. inèd., t. I, p. 337-3'i5, et Galerie mythol., I. 2, p. 190 et sniv.; Vi.sconli, Masco Pio-Clemenlino, t. 5, pl. XXI; la Symbolique de Creuzer, f. 2, partie, p. 85-gi de la tradnetion française donin'-e par M. Giiigniaut ; et enfin, M. Stackelberg, op. cit., p. 3.^-5g.
Voyez sur cette question , Fréret, Acad, des Jaser. , I. 2iÿ Mém., p. 108 ; Larcher sur Hérodote, t. 3, p. 821; Millin, Mon. inèd., t. i , p. 342, note; Coray ad Hippocr. de acre et loc., t. 2,p. 2C7 et suiv.de la trad. franç.; Miot, sur Hérod., t. 3, p. 224; Diigas-Montbel Obss., sur [ Iliade d’Homère, t. i,p. 161 (11. y’ 189).
Ce qu’il y a de plus vraisemblable sur cet événement, c’est qu’une invasion des Cimmériens eut lien en Grèco, vei*s l’époque que l’on assigne à Thésée; que ces , peuplades, comme on en retrouve la preuve dans l’expédition des Cimbres et des Teutons, emmenaient avec elles leurs femmes, qui prenaient part an combat, (^tte opinion est justifiée par tous les auteurs athéniens qui parlent de refte guerre, et qui associent Ic.s Scvtlies aux Amazones. Voy. Isocr. Panég., 19. Panalh., 78; Lysias, Kpitaph. 3, etc. Un monument publié par Millin [Peint, de vases. II, 73) donne aux Amazones des Scythes pour auxiliaires.
Mon. inèd., t. i, p, 347.
les artistes devaient avoir une prédilection toute particulière pour des sujets qui oiTraient tant de ressourçes 'à leur talent. Quoi de plus favorable à la sculpture que cette opposition des sexes, des âges, des costumes; que la représentation de cet être idéal chez qui les deux natures les plus belles se confondent; que cette variété infinie de mouvements, de caractères et de passions? Il ne faut pas d’ailleurs oublier que pour l’un et l’autre sujet les artistes trouvaient de fécondes inspirations dans les Atthides et dans les Théséides, où les exploits de l'Hercule athénien étaient chantés '1^, et que d’ailleurs l’un et l’autre événement avait été célébré isolément par plus d’un poète. Parmi les nombreuses épopées relatives aux Amazones, on cite une Amazonia d’Homère, qui ne nous est pas parvenue
Voy. sur les Atthides , Schœll. , H. de la litt. gr. , 1. 1 , i85 ; 3 , aa4 ; 4 > t >4- Aristote, dePoetica, c. 8, jette quelque lumière sur la forme des Théséides et des poètes cycliques du même genre. P.irmi les auteurs de Théséides, on ne îîte guère que Pythostrate, ou mieux Nicostrate, postérieur à Épaminondas ( Diog. Laert. II, 5g), et auquel il faut peut-être attribuer la Théséide citée par Plutarque (Thésée, a8) et celle dont parle le Scholiastc de Pindarc, Ol. III, 5a. On pourrait y ajouter Zopyre, dont Stobée, tit. LXIV, 38, nous a conservé un frag- ^ ment fort semblable au c. 34 des Parallèles de Plutarque. Ce fragment, qui manque dans les anciennes éditions de Stobée, a été publié pour la première fois par Walekenaer, p. l^ de son édition de l’Hippolyte d’Euripide; Lugd. Bat., 1760, 4*. On ne connaît chez les Romains que la Théséide du rauque Codrus, illustré par Juvénal iSat. i, a). Il est probable que son pdeme était un reflet de poëmes plus anciens. Nous de parlons pas de la prétendue Théséide de Diphilus, citée par le Scholiaste de Pindare , Ol. X , 83 ; 00 a proiivé jusqu’à l’évidence que ce n’étail autre chose qu’un drame du poète comique de ce nom. Cf. Fr. fFülnerde Cj-clo epiett ; comment, philol. Monasterii, i8a5, p. 55. C. Guil. jMüller de Cyclo graec. epic. elpoet. rjel. Lip.t. i8ag, p. 64, et sur la question relative à Diphilus, Rud. J. F. Henrichsen de ctlrminibus Cypriit, Havniae, i8a8, in-8°, p. a3. Dans aucune de ces trois dissertations il n’est mention de la Théséide de Zopyre.
** Suidas, in v. “Ounipoç. On cite encore l’Amazonide d’Onasus (Sch. ApolL Rh. I, laog et ia36) et celle de Possis de Magnésie (Athénée , VII, la, p. ag6, D.) Cf. Wiilner, op. cil. , p. 56, et Millier, op. cit., p. 65.
Nous ne parlons pas ici de la prétendue histoire où un prétendu Cimon aurait, suivant le témoignage d’Àrrien {de Exped. Alexan~ dri, VIII, i3, lo), décrit le combat des Athéniens et des Amazones avec non moins de soin que celui des Athéniens et des Perses. Depuis long-temps Kühn, BoeltigeretVisconti^', ont prouvé qu'au lieu de Kt'puüvo; il fallait lire M{k<»vo;, et que, par conséquent, il s’agit dans ce passage, non d’une histoire qui n’a jamais existé, mais des sujets que Micon avait peints, fypat{/E, dans le Pœcile et dans le Théséion Ajoutons seulement que les orateurs d’Athènes, qui avaient, soit à célébrer les louanges de la patrie soit à prononcer l’éloge des guerriers morts en combattant pour elle ‘■ 9 , ne manquaient jamais^ en énumérant les exploits des ancêtres, d’insister sur la défaite des Amazones. Quant aux Centaures, ne sufHsait-il pas qu’ils eussent été chantés par Homère***? Qui pourrait nier l’influence d’Homère sur l’art grec *' ? Mais déjà avant Homère, s’il faut en croire Élien *’, Mélisandre de Milet avait chanté le combat des Centaures et des Lapithes ; Hésiode, ensuite , décrivit la Cen tauromachie représentée sur le bouclier d’Hercule *^, et depuis, ce sujet dut figurer dans les Argonau-
Voyez ViscoDti, Ditsertation sur un vase grec publiée au commencement du , musée Pourtalcs , p. 1 5 , note 55 .
Isocr. Paneg., 19. Panath., 78.
** Lysias, Epitaph. 3 . Plat., Menez., 9. Demosth., Epitapb. p. 1391.
“ II., 1 , a68; II, v. 740 et suiv.ï Od., XXI, a95-3o4. Une tragédie d’Eschyle, les Perrhèbes, dont nous ne possédons plus que trois fragments de quelques vers, avait , suivant toute vraisembfhnpe , pour sujet, le combat des Centaures et des Lapilhes. Cf. Fr. G. Welcker : die Acschylische Trilogie. Darmstadt, x 8 a 4 , in- 8 °, p. 559.
*' Voy. Heeren, Ideen über die Po/itii , it. s. le. III. Th-, i*' Abth., p. 71-76. Est-il nécessaire de rappeler ici que cc furent quelques vers d'Homère (II. I , 5 ag sqq.) qui inspirèrent à Phidias l’idée de son Jupiter Olympien? Strab., A'III, p. 534, A. Val. Max. III, 7. ext. 4 - Var. Hist. XI, a.
’* Vers 180 et suiv.
tides dont Apollonius de Rhodes, Valerius Flaccus nous offrent sans doute ude imitation *
• . Ainsi', nous le répétons, il -ne faut pas s’étonner si l’on . • , trouve souvent, comme dans le temple de Phigalie, les deux sujets '
•’ Véunis sur un même monument. A Athènes, les métopes de la frise dorique extérieure du Parthénon repéësîntaient, au S. et à l’E. , le combat des Centaures; au N. et à l’O, celui des Amazones*®.
Dans le temple de Thésée était également représenté l’un et ^ l’autre combat peint par Micon *®, qui, suivant toute vraisem-» . blance, avait été secondé par Polygnote*". Ce sont encore ces deux exploits du héros athénien que reproduisaient les bas-reliefs de la frise de ce même temple, dont le Musée britannique possède des fragments importants **. Phidias «avait retracé le premier de ces sujets
** On sait que le XII' chant des Métamorphoses est consacré à la Centauroinachie, et il est probable qu’Ovide avait emprunté des détails il des ouvrages beaucoup plus anciens.
” Stackelberg, op. cit., p. 5a. British Muséum, t. i, p.iSqct suiv. M.Brondsted,
Voy. et Rech. dans ta Grèce, a' livraison, p. 189 et suiv. Plusieurs des scènes retracées sur ces métopes ont été évidemment imitées par les sculpteurs de la frise de Pliigalie, et c’est l’un des arguments que fait valoir M. Stackelberg pour prouver que cette frise doit être l’ouvrage d'Alcamène.
Pausau.;-!, I 7, a.
” Sillig, Catahgus âi^ficum. Dresdae et Lips. , i8a7 ; in-8“ Ces peintures
étaient-elles e.xécutées sur la muraille, ou sur bois? telle est la question qui partage aujourd’hui le$ antiquaires. M. Raoul-Rochette est d'avis que la peinture sur mur n’était pas celle que pratiquaient généralement les grands artistes de la Grèce. Son opinion est exposée avec'bcaucoup d'érudilioi; et de convenance dans une savante et ingénieuse dissertation publiée en i833 (Journal des Savants, juin, juillet et août). M. Hermann vient de publier sur cette question des conjectures qui tendraient à généraliser un peu davantage l'opinion du savant français. {De vclcrum Grœcorum piclura parietum Conjeeturœ. Lips., i83/|.)
“ M. Raoul-Rochette , «top. cit., p. 17, a prouvé que Dodwcll avait eu tort de confondre ces bas-reliefs avec les peintures dont parle Pausanias. Les peintures étaient dans l’intérieur du temple, iv tw UpÇ, et décoraient les trois nm.railles
sur le bouclier et le second sur les sandales de sa célèbre Minerve;
enfin, à Olympie, ce même Phidias avait représenté le combat des Amazones sur le trône de Jupiter; Alcamène, le combat des Cen- • taures sur le fronton du temple
Il ne s’ensuit ^>as de' ce- qui précède que ces deux épisodes se ti'ouvent toujours réunis ,^l"fàut même convenir <ju’on les rencontre plus fréquemment isolés, soit sur les vases, soit sur d’autres monuments d’antiquité figurée, tels que frontons, frises, sarcophages, casques, armures, mosaïques, pierres gravées, médailles, etc.; et d’abord mentionnons la frise du temple d’Aglaure, regardé par d’autres comme le temple de laVicloire, arTepo; ; puis, parmi les tombeaux, citons le sarcophage du Capitole^' et surtout celui de Vienne si remarquable par Fénergiç et la vérité des poses, par la
de la cella; les bas-reliefs, au contraire, ornent exlérieiircment la partie supérieure du mur du pronaos et du posticum entre les antes. — Les différentes scènes de ces bas-reliefs ont inspire les sculpteurs de Phiyalie, plus immédiatement encore que les métojies du Parthénon. Voyez, entre autres, la plaque qui représente la mort de Cénée.
^ Les deux scènes se trouvent réunies sur un vase peint de la collection du général Koller, maintenant au musée de Berlin. On pourrait encore citer la frise jE^ terre cuite dorée du tombeau d'Armento, où figurent la Centauromachie et l'Amazonomaehie avec beaucoup d'autres scènes mythologiques. Voyez M. Raoul-Rochette, Mon. inéd. , t. i, p. io6. ^
Brit. Mus., t. a, p. 6o et suiv. , • • ,
Mus. Capit., t. 4) pb XXIIl.
*’ Cf., Voyage du comte de Laborde en Autriche, t. a, p. sqq.> pl- XIV. Il en existe Un piètre au Musée de Paris, pu sait que ce sarcophage vient de Lacédémone. Nous ne parlons pas ici du beau sarcophage de la Villa Borghese, qui a pour sujet les Amazones venant au secours de Troie CWinckelmann, Mon. inéd., 187, 1 38), non plus que de celui du Vatican, représentant la mort de Penthésilée ^V. Visconti , Museo Pio Clem., t. 5, pl. XXL Winckelmann , Mon. inéd.,^3g), parce que nous ne nous occupons que de l’expédition des Amazones contre Athènes. Visconti, op. cit., t. 5, p.i36, indique un grand nombre de monuments de CP genre. M. Stackelberg, o. e., p. 5fi et 83, en cite egalement plusieurs.
pureté et lelégaiiee des formes; puis, passant aux vases, mentionnons seulement les plus importants, car les indiquer tous serait impossible.
Millin, dans ses Peintures de vases*'\ en a publié trois d’autant plus précieux pour nous <|uc plusieurs scènes analogues à celles du bas-relief de Pbigalie y sont reproduites; ce qui confirmerait l’opinion é.mise par l’éditeur, que l’une de ces scènes en particulier était une imitation du combat représenté par Phidias sur le bouclier de Minerve, si toutefois l’on adopte l’opinion très-vraisemblable, mentionnée plus haut, et d’après laquelle la frise du temple de Bassæ serait l’ouvrage d’Alcamène ou d’artistes de son école. Un vase de l’ancienne collection de M. Durand, appartenant aujourdliui au Musée Pourtalês, également expliqué parMillin®^ et plus tard parVisconti®*, représente le combat de Thésée contre Ilippolyte. Enfin Millin, dans sa dissertation sur ce monument, indique un grand nombre de vases où la lutte des Amazones contre les Grecs était retracée. Nous y renvoyons nos lecteurs, et nous nous contentons d’ajouter ii la . longue nomenclature qu’il présente, le vase de Vienne gravé dans le Voyage en Autriche de M. de Laborde
Nous avons dit que le combat des Amazones figurait aussi sur des armures. Nous donnerons comme exemple de cette assertion les
«M,5G et 6i; II, 75 .
‘‘ Mon. inéd., 1. 1 , p. 335, pl. XXXV et XXXVI.
Dans une dissertation très-remarquable et trop long-temps inédite, publiée au commencement de la description du Musée Pourtalês, par M. Panofka. Paris, i 834; in-folio.
T. 2 , pl. XIV. On pounait citer encore de Laborde, t'aies du comte Lambert, t. 2 , pl. XVII; Millingeu, t'aies grecs, pl. XXXVII ; O. Gerhard, Ra/iporlo volcente, p. iSa (dans les Annales de l'Institut archéologique, i83i); Mon. inéd. de l' Institut archéologique, t.i, pl. LV (Cf. Annales i83/i, p. 2 / 19 -); et t. 2 , pl. XIII. Sur un beau fragment de vase appartenant à M. Revil, Thésée, indiqué par les dernières lettres de son nom . . .TX, combat Anthiope à cheval . . .lOIlA; près de lui est un autre guerrier 0.t.\E.O2 (HàXepoç, ou tbdXrjpoi;?). Je dois l’indication de ce dernier mouuroent .à l’obligeance de M. J. de Witte.
(leux reliefs en bronze, provenant d’une ancienne cuirasse, ([ue possède aujourd'hui M. Broudsted®’. On y voit deux groupes d’Aniazones que M. Stackelberg regarde comme une imitation de notre monument. Quant aux pierres gravées, citons, d’après Visconti une pierre gravée du musée de Florence ®s, représentant Thésée au moment où il venge la mort d’Antiopc sur Molpadie; et pour n’oublier aucun des genres de monuments qui nous sont connus, indiquons encore une lampe en terre cuite, citée par Petit et par Guyon d’après Liceti 7°, et qui me parait avoir été fort mal expliquée par ses trois éditeurs. Taurai occasion d’y revenir.
Quelques mots maintenant sur les monuments particulièrement relatifs aux Centaures”. Nous avons déjà dit que leur lutte contre les Lapitlics était retracée sur la semelle des sandales de la statue de Minerve par Phidias , sur les métopes du Parthénon , sur le fronton postérieur du temple d’Olympie, dans les peintures et sur la frise du temple de Thésée; et que sur tous ces monuments on leur avait associé le combat des Amazones. Nous devons ajouter que Mys les avait aussi représentés d’après une peinture de Parrhasius sur le bouclier de la seconde grande Minerve de bronze qui était dans la citadelle d’Athènes 7’, et que Dinocrate les avait sculptés sur l’une des faces du bûcher d’Hcphestion "3.
Des monuments indiqués plus haut il ne nous reste que les métopes
*’ Stackelberg, op. cit., p. 83.
Mtis. Pio Cleni., t. a, p. a3o, pl. XXXVIII. • • '
AIus. Fior. Gemme, t. a, pl. XXXII.
■° De Luccruis antiquorum reconduis. Utini, i653, in-fol., l.VI, c. 55 , p. 886.
’■ Sur le mythe des Centaures, et sur lesdifférentcs manières de les représenter, voyez Millin, Mon. inéd., t. a, p. a7a. Millin, op. cit., p. a73, a78. Gai. Myth., t. a, p. 191. Visconti, Mus. Pio Clem., t. S, pl. XI et XII. Stackelberg, op. cil., p. 66 — 70.
Pausan., I, a8.
Diod. Sic., 1. XVII, p. 58i , ed. Rhodom.
DigilizeOby Googi
du 'côté S. du Parthénon quelques fragments de ta frise du temple de Thésée. La Centauromachie forme encore le sujet d’un très-beau bas-rejief tiré des ruines du palais de Dioclétien à Spalatro?^, et d’un sarcophage du Vatican , qui paraît être la reproduction d’un monument plus ancien : peut-être même, à en juger d’après la succession des groupes, était-ce la copie des métopes de quelque temple On la trouve encore reproduite par une peinture d’Herculanum ’*, par plusieurs pierres gravées ’9, et pan un grand nombre de vases, dont l’un des plus curieux est celui qu’a expliqué Millin dans ses monuments inédits Nous pouvons encore indiquer la grande mosaïque d’Ostie conservée au Vatican®', et sur laquelle huit compartiments différents présentent des scènes très -variées du combat des Centaures et des Lapithes, qui n’ont peut-être pas assez fixé l’attention de Visconti ; le casque du buste de Ménélas appartenant également au Vatican et où l’on peut voir une scène de la grande Centauromachie tout aussi bien que combat d’Hercule contre les Centaures, ainsi que l’expliquait Visconti*^; et enfin une terre cuite
Voy. Brondsted, op. cit. , a* livraison.
Voy. Cassas, Voyage de Dalmatie, pl. XXXVIII, p.* 37.
Mas. Pio Clem., t. 5 , pl. XII.
” Stackciberg, op. cit., p. 83 , note*.
■* Pitture d'Ercolano, I, g.
™ Voy. Millin, Mon. inéd., t. a, p. a 8 i.
T. a, p. a7a — ago. Voyez encore de Laborde, Vases du comte Lambert, t. 1, pl. XXV, XXVI ; Millingen , Peintures antiques de la collection de sir John Coghill, pl. XXXV. — Nous ne parlons pas ici des Centaures, figurant dans le cortège de Bacchus , dont le Musée du Vatican offre de si nombreux exemples. Ces représentations sont étrangères ii notre sujet.
•' Mus. Pio Clem., t. 7, pl. XLVI.
»■ Op. cit., t. 6, pl. XVIII.
*’ Op. cit., t. 6, p. 117.
du Musée britanuique qui représente uii Centaure terrassé par un Lapithe, qui lui rompt la clavicule
C’est surtout à l’époque de Phidias®^ que la reprësentatipn des Amazones et des Centaures obtint son plus haut degré de perfection; c’est alors que fut arrêtée la forme que depuis on leur a donnée constamment; c’est à Phidias qu’il faut attribuer le type idéal de ces deux êtres fabuleux. L’Amazone d’airain de Phidias fut, s’il faut en croire Pline®®, déposée, ainsi que celles de Polyclès , son disciple, et de trois autres artistes, dans le temple de Diane à Ephèse; on les y consacra comme autant de chefs-d’œuvre. Le premier rang fut accordé à Polyclès, le deuxième à Phidias; Ctésilaüs, qui avait représenté son Amazone ble.ssée , eut le troisième, Cydon le quatrième, et Phradmon le deruier. Visconti voyait une copie de la statue de Polyclès dans l’Amazone du Vatican ®? que nous avons possédée quelque temps à Paris®®. L’Amazone blessée du* musée royal ®9 passe pour une imitation de celle de Ctésilaüs. Le Centaure du Vatican 9“ et les deux Centaures en marbre noir du Capitole9*, quoique d’un travail remarquable, sont évidemment d’une époque postérieure à Phidias, et c’est au temple de Thésée, aux métopes du Parthénon, et peut-être de préférence .'i la frise de Phigalie qu’il faut demander le type de cettb be^le création.
Passons maintenant à la description de la frise du temple de Bassæ. Ce monument a déjà été publié plusieurs fois. La première publi-
“ Engravings frum the gallerie of Antiquities in the British Museunt. Terre eotte, pl. XXX, 55.
*’ Stackclbcrg, op. cit., p. 8a sqq.
“ H. N., XXXIV, ig. Cf. Lucian. imagg., 4.
•’ Mus. Pio Clem., t. a, pl. XXXVIII.
** Musée Na|H>léon, t. 4, part. III.
** N° a8i, Mon. du Mus., t. a, pl. LIV.
Museo Pio Clem., t. i, pl. LI.
” Museo Capitol, 1. 1^, pl. XXXII et XXXIH.
cation, et celle peut-être qui reproduit avec le plus d’énergie ce chefd’œuvre de la sculpture antiqpe , est due à M. Wagner 9* : mais malheureusement les mutilations et les lacunes n’y sont pas assez fidèlement indiquées, et de plus les gravures ne sont accompagnées» que de quatre pages de texte seulement. Après lui M. Comb^ publia les bas-reliefs de Phigalie dans sa description du Musée britannique 9^, et accompagna les gravures d’un texte qui a été souvent mis à profit par les savants qui ont eu depuis à parler de ce monument. Ensuite parut l’important ouvrage de M. Stackelberg «4, modèle d’érudition et de goût, qui semblerait ne plus rien laisser à dire sur ce sujet, si de pareilles questions pouvaient jamais être épuisées. Le travail de M. Combe parait avoir servi de base à la nouvelle description du Musée britannique, publiée en i833 et dont nous avons parlé plus haut95. Enfin tout récemment M. Charles Lenormant a fait des bas-reliefs de Phigalie l’objet d’un travail particulier, et nous avons déjà eu l’occasion de rendre justice au talent et à la sagacité dont il a fait preuve dans cette publication st». ■<
Si nous osons, après des savants aussi distingués, parler encore d’un monument sur lequel ils ont jeté tant de lumière, c’est que le texte joint aux planches de M. Wagner est tout-à-fait insuffisant; que les explications de M. Stackelberg et de M. Combe sont données dans des langues qui peuvent n’être pas familières à tous nos lecteurs; que M. Charles Lenormant, obligé de se renfermer dans des bornes trop étroites, n’a pu entrer dans aucun détail, et qu’enfin ce savant, par des raisons indépendantes de sa volonté, a suivi un ordre qui ne peut donner une idée exacte de l'intention et du développement dramatique de ces deux grandes scènes. L’ordre que nous
’’ Voyez le titre de cet ouvrage, note 31.
Voyez le titre de cet ouvrage, note 3.
Voyez le titre , ihid.
Page i4 , note 4».
Page la.
adoptons est celui qu’a indiqué M. Stackelberg ; et comme nos planches ne présentent que le monument restauré, nous aurons soin d’indiquer dans des notes quel était l’état du bas-relief avant la a-estauration.
L’artiste, qui se propose de prouver la salutaire intervention d’ÂpolIon dans les malheurs des peuples, semble avoir voulu nous faire pressentir dès le début l'issue du combat dont il nous retrace le souvenir. Dans les trois premières scènes les Amazones ont le dessous.
1 . La première Amazone qui s’offre aux regards du spectateur vient d’être renversée par un Athénien; sa pelta, qu’elle a sans doute été contrainte d’abandonner au vainqueur, tombe derrière ses épaules 9"; sa tête est nue»*; elle porte le cx>stume dorique, qui laisse à découvert l’épaule droite et le sein droit 99. Elle résiste encore à
M. Stackelberg pense (p. 6o) que , pour fuir plus facilement , elle avait suspendu son bouclier sur ses épaules; mais alors pourquoi n’existe-t-il aucune trace de la courroie (TEXapûv, Hom., 11. XVI, 8oa) à l’aide de laquelle on suspendait le bouclier ? Était-ce d’ailleurs un moyen de fuir plus facilement? j’en doute fort. C’était surtout pour faire usage de l’arc qu’on rejetait le bouclier derrière le dos; mais ici il est impossible d’affirmer que telle ait été l’intention de l’Amazone, car le monument n’indique point de quelle arme offensive elle faisait usage. On ne saurait, du reste, donner pour excuse de l'absence du TtXapèiv ou xaviliv (V. Ant. Gr. de Robinson, VII, 3) l'impossibilité où se trouvait le sculpteur de reproduire un pareil détail , puisque partout les détails de cette arme sont indiqués sur notre bas-relief avec une fidélité scrupuleuse.
Son front est ceint d’une bandelette que M. Stackelberg semble prendre pour une bandelette sacerdotale [priesterlich umgiebt eine Binde ihre Stirn, 1. c.). Cet ornement n’est point indiqué par M. Wagner.
”Voy. Millin, Mon. inéd., t. i, p. 363 et suiv. M. Stackelberg fait entendre que si le sein droit est nu , c’est que la tunique a été déchirée pendant la lutte. Mais alors comment expliquer le retour si fréquent de celte circunstance daus
Digilized by Gôogle
son adversaire qui, sûr de sa victoire, ne cherche plus à employer ses armes contre elle et semble vouloir l’entraîner par les cheveux Il est entièrement nu , car on ne peut considérer comme un vêtement la chlamydc qui, jetée négligemment sur son épaule gauche, flotte derrière sa tête et retombe an plis onduleux entre sa jambe et le vaste bouclier rond qu’il porte au bras gauche (a).
A droite de cette première scène sont deux Amazones, l’une vêtue du costume scythique l’autre du costume dorique. L’une d’elles vient de tomber, elle est encore menacée par l’ennemi, et aurait déjà succombé si .sa* compagne n’était venue à son secours en la couvrant d’un bouclier qu’elle a sans doute enlevé à un Athénien , ou qui peut-être est propre à la tribu dont elle fait partie , car il
le costume des autres Amazones ? Notre bas-relief n'offre qu'un seul exemple du sein gauche découvert (PI. 5]; partout ailleurs c'est le sein droit (PI. i (bis),
5, 7, 10, Il (bis).
Circonstance reproduite pl. 6 et 9.
’A<r7cli; tSxuxXoc, Hom., IL V, 453; itdvToe’ ifcT), ib. , XII, 394.
(a) Restaurations. La tête de l'Athénicii et sa jambe gauche , à partir du . genou , manquent dans l'original. M. Wagner donne cette jambe comme entière. Existait-elle lorsqu'il a copié le monument ? j’en doute. Les dessins de ' M. Wagner ont , j'en conviens , conservé au bas-relief de Phigalie un caractère ^ de vérité remarquable sous le rapport du mouvement , mais je crois ceux de M. Stackelberg beaucoup plus exacts quant aux détails, et c'est d'après ces derniers que nous indiquerons les restaurations.
Millin, I. c. M. Stackelberg donne à ce costume le nom de phrygieu qui paraît moius lui convenir que celui de scythique. L'opinion émise par Visconti (Dissertation sur un vase grec. Musée Pourtalès , p. ;o et 11), que des deux costumes en question , l'un (le scythique) fut d'abord employé dans les pein- « tures, tandis que l'antre ne le fut que plus tard dans les sculptures, est sans doute très-judicieuse et vraie en général, mais elle ne peut être donnée comme une règle sans exceptions. Le bas-relief de Phigalie prouve jusqu’à* l’évidence que les sculpteurs des beaux temps de l'art faisaient Kgurer les deux costumes dans leurs compositions, surtout lorsque, comme ici, le besoin de variété se faisait sentir.
n’a ni la forme , tii les dimensions que l’artiste donne ordinairement à la pelta de cos guerrières (a).
a. L’ardeur de l’Atliénicn ne se ralentit pas à la vue du secours qui arrive à son ennemie renversée : il lève au-dessus de sa tète sa main droite, année du parazoïiium, pour porter le coup mortel à sa victime; mais en gueiTier prudent il tient son bouclier derrière lui, afin de prévenir une attaque imprévue (b).
A cette scène si animée en succède une autre plus animée encore. Une Amazone et un Athénien sont aux prises. L’Athénien est, ainsi que son ennemie , armé d’un casque ; il a de j)lus qu’elle un bouclier, dont il se couvre pour parer le coup de hache qu’elle va lui porter, tandis quelle, de son côté, saisit le javelot du guerrier de la main gauche et cherche à l’écarler(c). De/rière lui on voit une femme qui vient de recevoir une blessure mortelle; ses bras sont pendants, ses genoux fléchissent, elle va tomber à terre. A ses pieds est un objet
(a) Restaur. La tète, l’avaiit-Iiras gauche , les doigts de la main droite et le bord visible du bouclier de l'Amazone portant le costume scytbiqiie ; une partie dt la main droite de celle qui est étendue à terre*
(b) Restaur, Le genou et le pied gauche , la lame du parazonium. On a présumé que toutes les armes qu’on ne trouve plus indiquées que par le mouvement et l’intention des figures, étaient rapportées en bronze. qui semble confirmer celte opinion, c'est l'assertion de M. Wagner, qui a remarqué, dit-il, chez presque tous les hommes un petit trou pratiqué au-dessous de la mamelle gauche, et constamment au même endroit, sans doute pour retenir l’épée. Il a meme trouvé des traces de plomb dans quelques-uns de ees trous. Mais il ne s’ensuit pas que toutes les armes fussent en bronze : notre monument offre plusieurs fois l’exemple du contraire.
(c) Restaur. La hache à deux tninchants et le javelot, la partie supérieure du mollet gauche de l’Alhénicn. La restauration du javelot est justifiéf par la pose du guerrier; celle de la hache est d’autant plus certaine que l’on voit encore dans la main de l’Amazone une partie du manche de cette arme. On sait que la bipenne, ou à;iv 7 ), était une arme propre aux Amazones. Voy. Millin, Mon. inéd. , L a, p. 7 a et suiv. C’est celle qu’elles portent communément sur les médailles.
fort mutilé et très-diversement indiqué par les copistes, mais que l’on s’accorde à prendre pour un casque On prétend généralement que cette figure représente une Amaz^e, mais il me paraît difficile de partager cette opinion. I^e costume n’est point celui d’une Amazone : sa tunique, qui descend jusqu’aux pieds, est recouverte du péplum , et sur son bras gauche retombeut les plis de son manteau 11 paraîtrait plus vraisemblable de voir d.ms ce personnage une Athénienne qu’une Amazone vient de frapper et dont la mort est vengée par son époux ou par un frère. Tout le mouvement de la scène semble se prêter à cette conjecture, qui d’ailleurs rattache, cette dernière figure à l’ensemble, dont autrement elle serait isolée.
On serait tenté de la prendre pourAntiope que Molpadie vient de tuer'°*; mais pour que cette conjecture fût admissible, il faudrait que Thésée fût plus près de là, car Fausanias nous apprend qu’il vengea la mort d'Antiope sur Molpadie elle-même. Or, aucun des guerriers qui précèdent et qui suivent cette figure ne peut être pris pour un personnage héroïque (a).
3. Le groupe suivant prouve, comme le remarque M. Stackelberg, que, dans ces combats contre nature, la nature devait reprendre quelquefois ses daoits. Un jeune Athénien '°®, dont la tête est nue, vient d’être renversé; debout derrière lui, une Amazone, la pelt\ au bras et la hache ou le glaive à la main , se prépare à l’immoler. ** Vainement il étend la main droite derrière sa tête pour parer le coup qui va l’atteindre ; un prodige seul peut le sauver, et ce prodige, l’amour va le faire. Éprise sans doute de la beauté de l’adolescent.
M. Stackelberg présume que c’est le casque du guerrier renversé (pl. 3 ).
Ce costume offre de grandes ressemblances avec celui des Vierges de la frise du Parthénon. Voyez Musée des Antiques, n° 8a.
Plut. , Thés. 17. Pausan. i, a.
(a) Restaur. La tête, le cou et les doigts de la main gauche.
M. Stackelbcrg suppose que c’est lui qui a donné la mort à la soi-disant Amazone de la plaque précédente.
une Amazone se précipité , la hache au poing et la pelta sur l’épaule, au-devant de la mort qui menace celui qu’elle aime "*7. Sa pose annonce l’intérêt et la sollicitude, et ses deux bras sont étendus dans l’attitude de la supplication (a).
Qui peut donc motiver l’acharnement de l’autre Amazone à frapper le jeune guerrier? Il est sans armes, et si l’amour ne le secourait, il serait sans défense: oui; mais près de là est une Amazone blessée et mourante, dont les genoux ont fléchi, dont les yeux se ferment à la lumière, et que ne peut plus soutenir qu’avec peine une de ses compagnes'®*. L’infortunée, c’est lui, sans doute, qui l’a frappée, et par là n’a-t-il pas mérité la mort (b) ?
En admettant que la dernière figure de la plaque précédente soit une Amazone tuée par le jeune Grec , on pourrait donner encore au premier groupe de la plaque 3 une explication cpii ne serait pas sans quelque vraisemblance.
L’Amazone dont la tête est nue aurait vengé sa soeur d’armes en renversant son meurtrier, et, désirant achever seule sa vengeance, elle conjurerait une de ses compagnes qui accourt pour la seconder, de la laisser seule punir le coupable. Mais j’ai cru devoir donner la préférence à l'opinion de M. Stackelberg, d’autant mieux," qu’il aurait pu citer à l’appui un v.ase de Tischbein , t. a, pl. 8, qui représente une scène entièrement semblable.
fe (\) Restanr. Le pied gauche de l’adolescent et de l’Amazone casquée.
"“C’est un épisode de ce genre que Fortunio Liceti [De reconditis antiquorum /ucer/»>,VI, 55, p. 886) a voulu voir sur une lampe antique , dont il donne une copie, que P. Petit et Guyon ont reproduite. Il se trompait. Cette lampe représente non une Amazone qui emporte sa compagne mourante, mais probablement Achille soutenant Penthésilée. La différence des traits, de la chevelure , de 1.1 taille, du costume, de l’armure, tout s’oppose h l’explication de Liceti. Celle de Guvou, qui veut voir Camille dans l’héroïne mourante, est encore moins .admissible, d’autant mieux que s'il n’y voit pas une Amazone, c’est parce qu’elle n’a pas le sein droit coupé. Qu’eût-il dit eu voyant le bas-relief de Phigalie, et ttint d’autres monuments? — L’Amazone qui soutient sa compagne porte un carquois sur le côté gauche, comme l’Amazone duVatican. C est à cette manière de porter le carquois que Pindare fait allusion. Ol. a, 149 .
;'n) Restanr. Une partie de l’avant-bras gauche de l’Amazone mourante.
4- Mais ce n’est pas seulement l’adolescence qui succombe sous Tes coups de ces héroïnes, les hommes faits eux-mêmes ont à se ressentir de leur valeur. Un Athénien,- dont les formes annoncent la vigueur de l'âge mûr, est étendu, à terre, blessé et défaillant : un de ses frères d’armes, pour le soutenir de la main droite , a passé son parazonium dans sa main gauche qui saisit en même temps l’anneau"" de son énorme bouclier dont il se couvre, lui et sou compagnon (a). Il paraît attendre avec inquiétude l’issue d’une lutte qui s’est engagée entre un troisième Athénien et l’Amazone qui sans doute a frappé le guerrier qu’il protège. Ce troisième combattant, autant qu’on peut en juger par le mouvement de ce qui reste de son bras droit, a perdu son épée, qui lui a été arrachée par son ennemie, et cherche à renverser celle-ci en la saisissant par sa tunique qu’il a déchirée et qui laisse apercevoir la cuisse droite de l’Amazone entièrement nue"*. L’Amazone cependant se rejette en arrière, et de la main droite se prépare à le frapper avec l’épée qu’elle lui a enlevée et dont elle tient le fourreau dans la main gauche (b).
5. A elle seule n’est pas réservé l’honneur de lutter glorieusement contre plus d’un adversaire. Ce drame, où l’intérêt ne se ralentit pas un instant, va nous présenter une nouvelle héroïne résistant à deux „
riopitaU ou 3xâv»). — Cette scène est reproduite sur le sarcophage de
Vienne.
"° Ce qui est encore une preuve que les armes pouvaient être aussi figurées en marbre. .
( a ) Restaur. Le nez, la bouche, le dessous du bras gauche, le dessus de l'avaiit-bras droit et le pied droit de l’Athénien qui est debout ; la tète , la jambe droite et les deux mains de celui qui est renversé.
Il me paraît assez difficile ue reconnaître ici la luniquu dorienne ouverte sur les côtés et laissant voir à nu la moitié du corps (Antiq. gr. de Robinson, VIII, 34 , t. ■!. p. 36o); les plaques a et lo semblent s’opposer cette conjecture.
( b ) Restaur. La face et le bras droit de l’Athénien ; le bras droit, le bas du visage , le pied gauche de l’Amazone , son épée et la partie inlérieure du fourreau.
ennemis bien plus redoutables encore. Une Amazone dont la tête est nue et le sein gauche découvert, vient d’êtrp renversée par un Athénien. N'espérant plus rien .que de la clémence de son vainqueur, elle étend la main droite vers le menton' du guerrier : attitude propre aux suppliants Celui-ci, appuyant son pied gauche sur le genou gauche de son ennemie vaincue , se prépare à la percer de son glaive, quand tout à coup il se vpit à son tour attaqué par une héroïne qui s’élance sur lui la bipenne levée. 11 faut qu’elle frappe d’une main sûre, car derrière l’Athénien qui se couvre de son bouclier, se cache un guerrier, le casque au front et la lance en arrêt qui lui donnera sûrement la mort si elle ne sort pas victorieuse du combat (a).
6. Mais toutes ses compagnes n’ont pas son assurance et sa vigueur. L’une d’elles vient d’être vaincue • déjà elle est tombée sur le genou gauche; et comme elle résiste encore, son adversaire cherche à la renverser entièrement , en la tirant par les cheveux. Cet Athénien a la tête couverte d’un casque, et porte un bouclier (b).
Dans la scène suivante, au contraire, c’est un Athénien qui a le dessous ; il est tombé sur les genoux et oppose son bouclier au coup
^ Voyez Honi., II. Vlil, 371; X, 454 ; Soph. Electr. 1*08; Eur. Hec., 184; Iph. AuI., iaa6 sq., etc. Le vase du musée devienne offre une scène semblable; seulement l’Amazone est debout et en fuite.
Cette scène rappelle le vase publié parMillin (Mon. inéd., 1. 1, p. ii 5 ), ■» et qui représente Thésée aux prises avec Hippolyte et soutenu par un guerrier qui se tient derrière lui.
(a) Rettaur. La tète, le cou et le bras droit du guerrier qui porte la lance ; le
pied droit de celui qui tient le bouclier; le pied et l’index gauches de l’Amazone combattante. >
(b) Restaur. Tout le corps de l’Amazone à partir de la tête, qui est elle-même fort mutilée; la face del’Athénien, sa jambe droite et une partie de la gauche. — L'épée et le baudrier que lui donne notre dessin n’existent pas dans l’original, mais sont justifiés par le trou qu’on remarque sur le marbre au-dessus de 1.1 hanche gauche.
que l’Amazone va lui porter. Mais encore sa défaite n’est pas complète; il étend son bras droit pour la frapper plus sûrement à son tour, quand il aura éoarté le coup dont elle le menace (s).
‘ 7. Jusqu’ici nous n’avons eu sous les yeux que des combattant^ obscurs, maintenant nous allons voir aux prises les chefs des deux» armées.
Un Athénien dont la chlamyde est retenue autour du cou par une agrafe, ce qui paraît être le costume des personnages éminents cherche à renverser, en la tirant par les cheveux, une Amazone qu’il vient de désarmer et qu’emporte un cheval lancé au galop. M. Stackelberg conjecture avec quelque vraisemblance que cette Amazone est Orythie, l’une des plus célèbres Amazones appelées à commander l’armée avec Hippolyte , après qu’Antiope eut suivi Thésée dans la Grèce. Sa tunique, peut-être déchirée dans la lutte , laisse à découvert sa jambe droite et son sein droit. Elle paraît porter des anaxyrides (b). Sur la droite du tableau, qui forme une seule et même scène avec le tableau suivant, une Amazone vient de renverser son adversaire, et est menacée par un ennemi plus redoutable; elle se met sur la défensive la pelta en avant et l’épée ou la hache audessus de la tête. Ce n’est pas le soin de son propre salut qui l’occupe, et soit qu’elle vole au secours d’Orythie, soit qu’elle se pré-
(a) Restaur. Le nez, la bouche , la main droite et le bouclier de l’Athcnien, les jambes et la lame du glaive de l’Amazone. L’épée et le baudrier donnés à l’Alhénien par la restauration sont également indiqués par deux trous au-dessous de la mamelle gauche.
"* R'ox. PI. 8 et 10 . — Cette scène semble avoir inspiré Qiiintus de Smyrno quand il décrit Hippolyte luttant contre Hercule (VI , a43) •
.... Kai ri)v |jdv Cicè xpartp^ci '/ifiaai , AxtsoXiov litoTT^pot àiupac|A{vai (uvuilviov,
ElXxt xopT); fairoio xax’ ùxsô(.
(a) Retlaur. L’avant-bras droit et une partie des jambes du guerrier, le coude de l’Amazone et quelques parties des jambes de devant du cheval.
pare à défendre la reine elle-même, on voit ‘qu’elle veille sur des jours qui lui sont plus chers quc'Ies siens (a). ‘
Hippolyte, reine des Amazones (b), s’avance montée sur un cheval qui, en se cabrant, foule aux pieds un Athénien (c), renversé, suivant «toute vraisemblance, par l’Amazone à pied que nous venons de quitter. Celui-ci, la main sur la poignée de son épée, se prépare à la tirer du fourreau pour en percer le cheval, ou plutôt l’héroïne sur laquelle il fixe ses regards Hippolyte lève sa hache pour le frapper et voler ensuite au-devant d’un danger plus grand qui la menace. Car tandis qu’elle est ainsi occupée, Thésée (o), que l’on reconnaît à sa taille plus élevée que celle des autres combattants, à la saillie de ses nuiscles, à la peau de lion qui lui tient lieu de bouclier et à la massue "7 qu’il élève au-dessus de sa tête, se dispose à lui assener un coup de cette arme terrible. Une Amazone (e), témoin des dangers de la reine , s’est élancée entre elle et le roi d’Athènes pour détourner l’attention de ce héros et donner ainsi à Hippolyte le temps de se défaire entièrement de l’ennemi qu’elle a
(a) Restaur. La face de l’Amazone.
(b) Restaur. La tête, le cou, une partie de la poitrine, le poignet et la main j
d'HippoIyte ; une partie du pied droit de devant de son cheval.
(c) Restaur. L’avant-bras droit , le pied gauche et la partie visible de la jambe I
droite jusqu’au coude-pied.
Le pileus dont ce guerrier est coiffé ne saurait indiquer l’un des Dioscures. Le respect religieux ne permettait pas de représenter un héros dans l'attitude d’un vaincu. Cette coiffure d’ailleurs n’était pas exclusivement consacrée aux Tyndarides et à Ulysse ; elle est donnée quelquefois à d’autres princes , tels que Cadmus, Oreste, etc.Voy. Millin, Mon. inéd., 1. 1, 299; a, ai 8.
(d) Restaur. Le genou , le tibia et le conde-pied de la jambe droite.
Voy. Millin, Mon. inéd., t. i,ai4; a, 384.
La massue n’était pas exclusivement l’arme d’Hercule, c’était celle des héros. Thésée est souvent représenté tuant le rainotaure avec la massue. V. Millin ,
Gai. myth., CXXVIII, 481; et CXXXI, 40a; et Mon. inéd., 1. 11 , p. Jo, n, 66.
(e) Restaur. L’avant-bras droit et la bipenne.
déjà terrassé. Ainsi Thésée aura bientôt à lutter à la fois contre ces d«ux adversaires; mais il est facile de prévoir que cet autre Hercule''^ sortira vainqueur de ce combat. Sur la droite du tableau, une autre reine des Amazone» (a), dont le cheval vient de s’abattre, est enlevée défaillante par un jeune Athénien qui paraît jeter sur elle un regard d’intérêt et de compassion *'9. M. Stackelberg pense avec raison que cette Amazone n’est autre qu’Antiope, cause volontaire ou innocente'®' de la guerre.
"* 'AXioî o5re< 'HpaxXîjî. Plut. Thés. ag.
(a) Restaur. La dernière phalange de l’index droit d'Antiopc , l’avant-bras droit de l’Athcnien.
Cette Amazone porte le costume scythiqtie, et les plis de ses anaxyrides sont beaucoup plus marqués que dans le costume de l’Amazone ît cheTal de la plaque précédente. L’Athénien, comme le vainquenr d’Orythie, a les épaules couvertes d’une chlamyde attachée sur la poitrine à l’aide d’une Obule. Dans toute la série de nos bas-reliefs, trois guerriers seulement portent ce costume; ee qui confirmerait l’opinion déjà émise, que les guerriers portant ainsi la chlamyde sont des personnages éminents.
”” Volontaire , jusqu’à un certain point, si l’on adopte, malgré Plutarque, les données du poeme de la Théséide (Plut. Thés. a8), d’après lesquelles la guerre n’aurait eu d’autre but que de venger Antiope répudiée par Thésée; ce qui prouverait seulement qu’elle avait pu se plaindre , mais non pas qu’elle eût appelé ses compagnes à son secours, comme l’avance Millin (Mon. inéd., t. i, p. 3fi;), et encore moins, comme le prétend M. Stackelberg (p. 58), qu’elle ait marché contre Thésée à la tète d’une armée d’ Amazones, et qu’elle ait été tuée par lui dans la mélée. Millin et M. Stackelberg eitent à l’appui de leur assertion le pa.ssagc oû Plutarque indique les motifs que le poète cyclique, auteur de la Théséide , supposait à la guerre. Or, rien dans le passage de Plutarque ne peut faire même soupçonuer une démarche directe de la part d’Antiopc auprès des Amazones, et il n’y est en aucune manière que.stion qiie Thésée ait donné la mort à Antiope devenue son cnneiiiic. L’auteur affirmait seulement que les Amazones avaient été tuées par Hercule, xteîvovto; aCivîtc 'HpxxXîou;. M. Stackelberg citait probablement de mémoire, et sa mémoire l’aura trahi.
Innocente, si l’on adopte la tradition la plus accréditée, qui veut que la guerre ait été entreprise par suite de la captivité et de l’enlèvement d’Antiopc, mais non pas à son instigation.
8. Ici se présente une difficulté à résoudre. De la main dequiAntiope a't-elle reçu la mort? Les traditions sont très-difiërentes à cet égard, et toutes celles qui la font mourir dans le combat •*» pourraient, jusqu’à un certain point, s’appliquer ici. La plus géne'ralement reçue est celle qui la fait succomber sous les coups de l’Amazone Molpadie en combattant près de Thésée et qui fait tuer celte même Molpadie par Thésée, justement irrité de la mort d’une épouse qui se dévoue pour lui **4. Or, ne pourrait-on pas ici voir Molpadie dans l’Amazone à pied qui s’est jetée entre Hippolÿte et Thésée, et supposer que c’est elle qui vient de frapper Antiope ? Assurément cette interprétation n’aurait rien de forcé. Cependant tout le mouvement de la scène doit faire préférer l’opinion de M. Stackelberg Ce savant suppose que c’est Thésée qui vient de renverser le cheval d’Antiope en lui assenant sur la tête un coup de sa massue. C’est lui aussi qui a frappé Antiope pour obéir à l’oracle d’Apollon qui sans doute
■” Toutes ne la fout pas mourir. Plutarque, Vie tic Thésée, c. 47, en rapporte une suivant laquelle, après la bataille, elle aurait envoyé secrètement à Clialcis les Amazones blessées dans le combat: tpotol twv ’Apaït^viov £m’ ’AvTio'miç elç XaXxi'Sot Xââfia StancpcpOEiect;, x.t. X.
Plut. ; Thés., 27. Hégias de Trèzène, cité par Pausan. , I, 2 ; Hérodote de Pont, cité par Tzetzt-s sur Lycophr. , v.i 332. Suivant Hérodote, elle fut tuée par Molpadie (qu’il appelle Molpis), soit en combattant près de Thésée, soit au moment où elle venait avec les dons de l’hospitalité négocier la paix avec les Amazones ”• Pausan., loc. cit. . «
Op. cit., p. 6a.
Plut., Thés., c. a6. TfXoç ît ©riaEÎx:, xavà xi Xôyiov xwoo'Sw e^aYneâfjiEvoç (scil . ’AvTiéTniv) aùxaîç. Au lieu de tfôêto lisez <I>oi6c|), que donnent deux manu-
scrits de la bibliothèque Bodlécnnc, et les excellents manuscrits 1671 et 1676 de la Bibliothèque royale. C’est à Henri Étienne qu’on doit l’introduction dans le texte de la leçon foSio, qui a aussi pmiir elle l'autorité de plusieurs manuscrits. Il se fonde sur ce que les anciens sacrihaient aux obstacles, tels que le vent, les fleuves , etc. C’est un fait qu’on ne peut contester ; mais bn sait aussi par Hygin , fab. 141, que Thésée immola Antiope, sur l'ordre d'un oracle d’Apollon , ezr responso Apollinis, et Macrobe , Satum. 1,17, nous apprend en termes formels , que sous le règne de Thésée les Athéniens implorèrent le secours d’Apollon pour repousser les Amazones.
veut punir en elle la cause du fléau qui accable Atliènes. Mais ijuel peut être le jeune guerrier qui soutient la reine dans sa cimie? Plutarque nous apprend , d’après un certain Ménécrate (|ui avait écrit riiistoire de Nicée en Rillijnie, que Thésée, lorsqu’il eininenait Antiope, fit quelque séjour dans celte ville; (]ue parmi ceux qui l’avaient suivi dans son expédition étaient trois jeunes fières athéniens, noininés Eunéus, Thoas et Soloon’*®; «pie ce dernier devint amoureux d’Antiope, et découvrit sa passion à un seul de ses compagnons, qui sur-le-ehanip alla la déclarer à la reine; que voyant ses propositions rejetées, Soloon se donna la mort en se précipitant dans un fleuve; que Thésée, instruit de sa fin tragique, mais en ignorant la cause, se rappela un oracle de la Pythie qui lui ordonnait de fonder une ville sur une terre éti-angère où il aurait éprouvé un vif chagrin, et d’en confier le gouvernement à quehjues-uns de ses compagnons d’armes; qu’en conséquence il bâtit sur les lieux une ville qu’il nomma Pythopolis, et <ju’il laissa, pour la gouverner, les deux frères de Soloon et un autre Athénien nommé llerinus. Cet épisode assez romanesque devait avoir été inséré dans les Théséïdes dont nous avons parlé plus haut et dont les artistes athéniens se sont évidemment inspirés. On peut donc conjecturer que l’un de ces poèmes faisait revenir à Athènes Eunéus et Thoas au moment de l’invasion des Amazones, et que l’un d’eux, peut-être celui qui avait été chargé de la déclaration de Soloon, avait reçu les derniers soupirs d’Antiope, et n’avait pu se défendre d’un sentiment de tiâstesse et de pitié en se rappelant la mort de son ami et en voyant de quelle récompense était payée la fidélité de l’Amazone. Quoi qu’il en soit de cette con-
'*' Loc. cit.
'** Lisez Solois. Les manuscrits de la Bibliothèque royale portent ïoXrftvTa. Page 14 , note 45. Les Aventures d’amour de Parthènius nous prouvent que des épisodes non moins romanesques trouvaient souvent place dans les compositions des poètes et même des historiens.
Uon. de Mor. ‘ 5
jecturc, il est ccrtiiin cjiie les uombattants ne se composent pas tous d’Atliéniens, et nous allons en avoir la preuve.
Q. Un guerrier barbu et déjà avancé en âge, portant la tunique, la cuirasse'^”, le manteau, le casque et le bouclier, vient de tei^ rasser une Amazone. Son épée, qu’on ne voit pas, est indiquée par le baudrier. Il est probable qu’il l’a passée dans la main gauche comme le guerrier de la plaque 4, car de la droite il saisit son adversaire |)ar les cheveux. Celle-ci résiste de toutes les forces qui lui restent, mais elle va bientôt succomber. La pose du guerrier est remarquable : elle est beaucoup moins passionnée que celle de ses compagnons fl’armes, et annonce tout le sang-froid d’une longue expérience; et d’ailleurs, par sort costume, il différé en tout point des autres combattants : il est le seul qui soit vêtu, le seul qui porte la tunique et la cuirasse, le seul dont le menton soit garni d’une barbe touffue; sou casque enfin est d’une forme particulière et qui semble se rapprocher du bonnet phrygien Tout semble donc porter à croire que l’artiste a voulu fixer l’attention sur ce personnage, et désigner en lui quelque étranger venu au secours des Athéniens > peut-être l’Eunéus, le Thoas ou l’Hermus dont nous venons de parler (a).
A droite du tableau, et par une sorte de compensation, un jeune Athénien, la tête couverte d’un casque à crinière, a été renversé par
Cette cuirasse paraît être une sorte de corset en cuir, car elle dessine tontes les formes du corps. Elle offre de l’analogie avec celle qui couvre Cénée dans le vase publié par Milliii (Mon. inéd., t. 2, p. a88); seulement les courroies <|iii la retiennent ne sont pas indiquées. Sur ce genre de cuirasse, voyez R.Ad. Lôhr, Kriegstvrsen der Griechen und dt-.r Hômer ; zw. Aujlage; 1/1-8°. ff^ürzburg, i8'to. Vol. I, p. 8a.
Il se rapproche un peu, par la forme, des casques des Amazones repré. sentées plaques 2, 3 et 10.
Resiaur. L’extrémité du pied droit du guerrier, la partie de la cuisse droite voisine du genou.
uue Amazone coifTée de la mitre, qui se prépare à lui donner la mort. Il est à genoux; son manteau est roulé autour de ses jambes. Du bras gauche, il se couvre de son bouclier, taudis que de la main droite il semble vouloir saisir une pierre pour s’en faire un moyen de défense (a).
10. Cependant la scène change ainsi que la fortune: Lu Athénien portant la chlamyde et le casque, mais sans bouclier, saisit par l’une des pointes antérieures de la mitre dont elle est coiffée, une Amazone assise sur un autel, probablement celui sur lequel Thésée a sacrifié au moment de la bataille. M. Stackelberg pense qu’elle est ainsi assise en signe de prise de possession, et que lo but des Amazones était d’occuper le sanctuaire d’:\pollon. Cette conjecture peut être fort ingénieuse, mais elle ne s’appuie sur aucun texte. D’ailleurs l’Amazone est sans aimes; elle résiste avec énergie à l’ennemi qui veut l’entraîner loin du lieu sacré; et il est plus vraisemblable de voir en elle une guerrière désarmée qui s’est mise sous la protection des dieux, et qui comprend bien que son adversaire ne cherche à l’attirer loin de l’autel que parce qu’il ne pourrait immoler une suppliante sans se rendre coupable d’un sacrilège (b).
Près de là un Athénien et une Amazone, tous deux le casque au front, sont engagés dans une lutte opiniâtre; mais, comme pour exciter la curiosité du spectateur, l’artiste a voulu que les détails du combat fussent cachés par le bouclier de l’Athénien (c).
1 1. Le tableau qui suit est l’iindes plus mutilés, et par conséquent l’un des plus difficiles à expliquer.
Une Amazone et un Athénien sont aux prises; tous deux sont
(a) Restaur. Le visage du guerrier, à l’exception des yeux et du raenlou ; son pied gauche; le bas du visage et la main gauche de l’Amazone.
(b) Restaur. La face de l'Athcnien , la main et une partie de sa.cuisse droite, ainsi que le genou.
(c) Restaur. Le pied gauche de rAllienicii.
sans bouclier, et chercheut ù parer les coups qu’ils se portent niutuellonieut en y opposant les plis de leur manteau. Ce qu’il y a de remarquable, c’est que le costume de l’un et de l’autre est identiquement le même : tous deux portent la tunique retroussée, le sein droit découvert et le manteau roulé autour du bras. M. Stackelberg conjecture que ce jeune Athénien, recourant à une ruse de guerre, s’est revêtu du costume d’une emiemie déjà immolée par lui, et qu’il * a pu ainsi pénétrer facilement dans les rangs des Amazones. Déjà l’une d’elles a été victime de son stratagème : elle est blessée à mort; et l’une de ses compagnes la soutient, tout en jetant un regard de crainte sur le jeune audacieux qui, sorti vainqueur de la lutte où il est engagé en ce moment, peut tourner sa fureur sur elle [\j. Mais je ne saurais adopter celte opinion , quelque ingénieuse qu’elle soit. L’extrême similitude du costume est duc surtout à la restauration du monument, et l’on ne pourrait admettre la réalité du stratagèine qu’autant que l’.^tlienien poi-lerait la même chaussure.
La copie de M. Stackélbei g ferait supposer qu’il en est ainsi ; mais inalheureuscinent celle de M. Wagner représente le pied de l’.Athénien entièrement nu et les doigts écartes. Qui des deux a reproduit le monument avec le plus d’exactitude ? Je serais porté à croire que c’est M. Stackelberg; mais cependant, just|u’à plus ample informé, je me contenterai de voir dans l’ Athénien un éphebe combattant, mais avec plus de succès que les deux guerriers de son âge vêtus comme lui, dont nous allons avoir i» parler.
la. Un homme dont la tunique est attachée sur l’épaule, comme celle de l’.Athénien dont nous venons de nous occuper, emporte
(a) Restnur. L’avaiit-bras droit, la main gauche, le ventre de l’Amazone combattante, une partie de sa jambe droite, tonte lu jambe ganebe ù partir du anollet; la face de l’Alhénien et les deux jambes ù partir du bord de la tunique, le pied gauche excepté; la jambe droite au-dessous du genou, le nez et la joue droite de l’Amazone qui soutient sa compagne, les doigts de la main gauche et l'avant-bras droit de cette dernière.
^sur son 'dos iin guerrier <}ui a trouvé la mort dans le combat'^’*. L’Amazone qui a frappé ce dernier, s’etnpare du bouclier qu’il a 'laissé sur le champ de bataille, comme d’un troplié^de sa victoire (a).
Derrière elle, un jeune guerrier nu, blessé probablement au pied-, se retire du combat," soutenu par un compagnon d’armes dont le costume annonce un éphèbe, et qui l’entoure de son manteau. Affaibli parla souffrance, il laisse tomber sa tête sur son épaule, et s’appuie sur la lance dq*son ami, qui tient encore au bras son bouclier (b). *
T..a lutte est terminée. J>a bataille a été suivie d’un traité de {>aix Chacun se retire emportant son butin et ses morts.
Ainsi Athènes est (liilivrée* d’un fléau terrible qui la menaçait.
Elle doit son salut au plus illustre de ses héros, à Thésée;, et ce •
héros lui-même doit sa victoire à la protection du dieu auquel il consacra sa chevelure au sortir de l’enfance du dieu que les Athéniens regardaient comme leur père du dieu qu’il invoqua au
On s.iit tonte l’importance que les anciens attach.-iient à l’enlèvement des morts après une bataille. ^ ’
( a ) Reslaur. La tète, la poitrine, la main gauche, une partie du bras et du pied droit de l’-Athénicn; la tète, le pied droit et la main de celui qui l’emporte; la face et les mains de l’Amazone.
(n) La face , l’avant-bras droit et la jambe droite du guerrier blesse ; la face, la main gauche et le bord supérieur du bouclier de son compagnon.
PIftt., Thés., c. 27.
■’* Plut., Thés. , 5. ' * •
’A'7ro'>.>ai)v iroiTpôx)?. Sur cétte épithète d’Apollon et sur les motifs qui la lui firent donner, voyez Harpocratfon et les auteurs cites par Siebtiis sur Pausan., I, 3 , 3, t. 1, p. 16 : Spanheim sur Callim., h. in Apoll. Sy; Bergler sur Alciphr. , II, 4, p. 357, cd. Wagn.; Lobeck, Aglaoph., p. 771. Voyez aussi Annales de l’Institut archéolog., p. 6, p. aSa.et suiv. Platon dans l’Euthydème, t. 3, p. 69, Bip., nous apprend que les Athéniens faisaient remonter leur origine à Apollon, parce qu’en leur qualité dloniens, ils se regardaient comme issus d'Apollon et de Creuse. Voyez l’Ion d'Euripide et le Schol. d’Aristophane sur les Oiseaux , 1 5aü.
moment où cette lutte terrible allait s’engager et à l’oracle du- ^ quel il dut la victoire '^ 7 ; du dieu enfin dont l’intervention dans cette calamité éttfit attestée par le surnom d’À(i.a![dvioî, sous lequel on lui avait consacré un temple à Pyrrhichus en Laconie.
Mais ce n’est pas pour ces seules raisons qu’.\polIon a délivré Athènes. Apollon n’est pas seulement le père des Athéniens, le protecteur de Tluisée, il est aussi le dieu qui éloigne les fléaux'^*, qui * frappe et qui guérit, le dieu sccourable, le dieu sauveur, et de là les surnoms sous lesquels la reconnaissance des peuples l’invoquait : IIaiàv'^®j i 7 fi.'oî '*“5 Aûxeioç'*''. Aoiyioç CKiXtoî t Èrcixoûpioî ÜEcûTfip À>e$(xaxo; Àxioioç '^7, À.iroTpû»aioç etc.
Plut., Thés., S7; cf. noie 126. ' •
Macrobe, Saturn. , I, 17.
Selon les étymologistes grecs, AitoXXuv est ainsi appelé parce qu’il chasse les maladies , 6 àTrtXaûvojv op’ tic voffouç , Etyrtl. Magn.,i 3 o, 18; Macrobe, I, 17; ou bien encore, suivant l'Etym. Magn. , 1 . c., itapi vè àmiiktv toÙç ivSpantouç vîlv xoxJiv. D’autres encore, avec plus de raison, dérivaient ce nom d’dhn> 7 Xu|jit, témoin les vers du Phaéton d'Euripide cités par Macrobe, 1 . c., et l’invocation de Cassandre dans l’Agamemnon d’Eschyle, v. io 5 o , sqq. , Boisson.
'AitoXXov, ’AttoXXov ’AyuiStx’, iTTÔXXuv
». ’AméXEcat yàp où pôXtc to Seùrtpov.
Macrob. , 1 . c.
Ibid.
Paus., II, 19, 3 ; Æschyl. .Sept, ad Th., i 33 ; Soph. Œd. T., 202.
Macrobe, 1 . c.
•<’ Strab.,XIV, 1, 6, p. 635 .
■« Paos.,VIII, 38 , 6 , et/,i, 5 .
C’est le surnom que lui donne une médaille r.ire de la ville des Lapitlies, . expliquée par Spanheim , rfe Prceslant. nom., t.i, p. 417; et après lui par Berger, Tfiet. Br., t. i, p. 447. Cf. Petr. Burmann .Sccund. comm. ad munism. Sic., ^ Tah. IV, g, dans les Siculu de Dorville, p. 827. Des Romains l’appelaienl
Dans Cette circonstance , comme dans \>eauooup d’autres sembla* 'blés, ce n’est pas Apollon lui seul qui est l’auteur du salut des peuples. 11 a été secondé par sa sœur Diane , 2<oTeipa '‘*9, qui comme lui préside à la médecine et que les mortels associent à lui quand, ifs invoquent le secours des dieux contre les fléaux qui les accablent. Aussi ^ans le premier chœur de l’Œdipe Roi , parmi les divinités ^nt les Thébains réclament l’assistance, figurent au premier rang
Salatarif et Medicinalis , comme dans cette inscription publiée par Gori , Mus. Ror. , t. 3 , part, . •
AlOLLINI
, • SALVTARI ,
ET MEDICINALI . .