‹ Monuments d'antiquité figurée recueillis en Grèce par la Commission de Morée et expliquésChapitre 2 sur 7 · P.1US. VIII · texte numérisé non relu

P.1US. VIII

’• Ibid.

" JbUl.

Dans sa dissertation sur la vie de Pliidias, p. 14 , t5.

"Voy. M. Ch. Lenormant, Trésor de numismatique et de glyptique : Basreliefs du Parthénon et du temple de Phigalie, p. i3.

Stackeibei-,; , p. 3i , et 3(i.

M. I^normant a cherché à expliquer cette disposition de l’axe du monument. Suivant lui'", « les Phigaliens, obligés par ^invasion de la peste d’abandonner leur ville, s’étaient réfugies sur les V montagnes du voisinage, et là l’influence du veni du nord, par conséquent l’intervention directe de \ Apollon Hyperboréen , avait tout d’un coup arrêté le fléau. Thucydide put donc affirmer qu'en comparaison de l’Attique la peste n’avait rien été en Arcadie'®. Les Phigaliens, dans la ferveur de leur reconnaissance envers le dieu qui venait de les délivrer si promptement, résolurént d’élever un temple magnifique à Apollon Epicurius. Ils choisirent donc pour site du nouveau temple le lieu où ils s’étaient réfugiés dans leur terreur, et ils dirigèrent l’entrée de l’édifice vers la partie du ciel d’où le vent salubre avait soufflé, d’où le dieu leur avait apparu. » Cette explication, il faut en convenir, paraît très-séduisante au premier abord; cependant je ne pense pas qu’on doive l’admettre en tout point. Ce que M. Leiiormant dit des raisons qui déterminèrent les Phigaliens à bâtir leur temple sur le Cotylius, me semble foutà-fait incontestable '9; mais je suis porté à croire, et c’est aussi l’opinion de M. Stackelberg (p. 36), que l’orientation du temple fut due moins à des motifs religieux qu’à des considérations purement topographiques. En examinant bien les vues données par M. Combe et par M. Stackelberg, il est facile de se convaincre que la place manquait pour que l’axe reçût la direction ordinaire, et c’est peut-être là seulement ce qui a déterminé l’infraction aux lois, établies. Ce qui fortifie cette opinion, c’est que le temple est orienté non pas au N., mais

Op, cit., p. i5.

Peut-ôtre cc lieu avait-il déjà servi de retraite aux Phigaliens dans des temps plus reculés, alors qu’ils furent chassés de leur ville par les Spartiates, 659 av. J.-C. Ol. 3o, a. Cf. Pans., XIII, Sg, a. Cette conjecture pourrait trouver sa justiQcation dans les ruines remarquées par M. Blouct, sur le plateau où il a cru retrouver le temple de Vé-nus. Voy. t. a, p. 5.

au N. £., c’est-à-dire dans la direction du plus grand diamètre du plateau de la montagne.

Nous ne reproduirons pas ici les ingénieuses conjectures de M. Lenormant sur les expédients auxquels durent recourir les Phigalicns, peuple sans commerce et sans mines, afin de pourvoir aux dépenses de la construction et de la décoration du monument, sur l’emploi qu’ils firent d’artistes athéniens, et sur les motifs qui les décidèrent à donner place dans la frise à deux scènes qui intéressaient particulièrement • les Athéniens, leurs ennemis, et où le héros de l’Attique, Thésée, jouait le principal rôle. Nous croyons devoir renvoyer nos lecteurs à l’intéressante dissertation où ces conjectures sont développées

Le temple de Bassæ avait été, dès l’année lyôS, signalé au docteur Chandler par l’architecte français Bocher **. Mais ce qui a surtout contribué à lui rendre son ancienne célébrité, ce sont les fouilles' entreprises en 1812 par une société de savants et d’artistes anglais et allemands qui avait déjà signalé ses travaux par la découverte des statues du temple de Jupiter Panhellénien à Egine A ce premier service déjà si important, elle en a ajouté un second plus important encore, en retirant des décombres où elle était enfouie, la frise intérieure de la cella du temple de Phigalie. Cette frise consistait en plaques de marbre de 2 pieds i pouce et demi de haut mais d’une longueur très-inégale : la plus courte (la 19') est de 2 pieds y pouces - 3/4 1 J® plus longue (la 8') est de 5 pieds lo pouces; la longueur moyenne du plus grand nombre est de 4 pieds 5 pouces , et la longueur de toute la frise était de 100 pieds 10 pouces. Ces différentes plaques

“ Op. cit., p. i 5 .

“ Chandler Travcis, c. 77.

” Stackelberg, p. 12. Nous aurons occasion de revenir sur ce monument.

’’ L’opinion énoncée en Angleterre, qu’une 24* plaquen’apasété retrouvée, ne saurait être admise si l’on compare la longueur des a3 plaques à l’espace' qu’elles ont occupé. • ■*

** Les mesures indiquées ici sont des mesures anglaises. ' .* •

ont été, dans leur chute, brisées en un grand nombre de fragments; mais la patience et la persévérance de ceux qui les découvrirent sont parvenues à retrouver tous ces précieux débris ; et quand ils ont été rapportés et rapprochés, le bas-relief s’est trouvé si complet qu’il n’a été besoin d'aucune restauration pour le rendre intelligible. Un fragment perdu ou plutôt dérobé pendant le trajet, a été retrouvé eu 1816 et offert au musée britannique par John Spencer Stanhope; deux autres fragments ont été, eu 1824, ajoutés à la collection par le chevalier Brôndsted.

M. Stackelberg raconte avec de grands détails par combien de ' fatigues et de travaux fut achetée cette précieuse découverte. A défaut de son récit, si plein d’intérêt, nous donnerons ici un extrait d’une lettre de M. C. R. Cockerell l’un des membres de la société , •parce que cette lettre peut être considérée comme l’analyse de la narration du savant allemand.

«Combien je regrette, dit-il, de n’avoir pas été de cette délicieuse partie de Phigalie*®, qui se composait de plus de vingt personnes! Ce fut sur le sommet du Cotylius, d’où la vue s’étend sur toute l’Arcadie, qu’ils s’établirent pour trois mois entiers. Us construisirent autour du temple des huttes couvertes de branches d’arbres, et finirent par former une sorte de village qu’ils appelèrent Francopolis. Là, souvent 5 o et même 80 hommes étaient à l’ouvrage dans le temple, et un orchestre composé de musiciens arcadiens se faisait continuellement entendre pour charmer et encourager les travailleurs. lia nuit venait-elle mettre fin aux travaux, alors commençaient les danses et les chants * 9 . Sur de longues broches en bois on faisait rôtir des

Stackelberg, op. cil., p. 47.

’’ Publiée dans le Voyage en Grèce tic Hugues, t. i , p. ig4 (i83o , 8°).

M. £ockerell était alors en Sicile.

Stackelberg, p. 1 13 et suiv., nous a conservé quelques chants arcadiens qui respirent la naïve simplicité des temps antiques. Nous donnons ici une tra-

agneaux entiers 5®. Comment se faire une idée d’une semblable scène, au milieu de cet admirable paysage et de circonstances si intéressantes, alors que chaque jour rendait à la lumière quelque nouveau chef-d’œuvre des plus beaux temps de la sculpture? Apollon a dû s’étonner de ces fîtes qui venaient interrompre son long repos.

Il a dû croire que les jours de son ancienne gloire étaient enfin revenus.

« Le succès de notre entreprise étonna tout le monde, et , il faut le dire, la fortune nous seconda dans toutes les circonstances qui s’y rattachaient. Précisément à celte époque Ali - Pacha fut déposé. Nous eussions été fort embarrassés par le traité que nous avions fait avec lui, et d’après lequel il devait être maître de la moitié des marbres découverts. Mais dans cette occasiftn il se trouva très-satisfait de nous vendre sa part ; et à peine notre trésor était-il embarqué , que nous vîmes les officiers du nouveau pacha arriver dans le port avec

duction littérale de la première de tqptes, qui est peut-être la plus populaire, et qui avait déjà été publiée par M. Fauriel, mais avec de nombreuses différences dans le texte, quand l’ouvrage de M. Stackelberga paru. Voyez Chants populaires delà Grèce moderne, Paris, i 8 a 5 , a vol. in-8“; t. a,p. 196 et 197.

LE GREC SUR LA TERRE éTRAircèRE.

Je voulus une fois, je voulus deux, je voulus trois et cinq fois, je voulus faire un voyage bien loin, dans les pars étrangers; et je dis à toutes les montagnes que je decab franchir Montagnes, ne vous couvrez pas de neige; campagnes, ne vous couvrez point de frimas; belles et fraîches fontaines, ne gelez pas tant que je vais et viens, jusqu’à ce que je revienne. » Et je ^trouvai les montagnes couvertes de neige, les champs couverts de frimas, tes belles et ff niches fontaines gelées. Et (cependant) je retournai bien loin dans les pays étrangers, et je pris des étran~ gères pour soeurs, des étrangères pour mères-nourrices. Des étrangères lavèrent mon . * linge, des étrangères lavèrent mes vêtements. Elles les lavèrent une fois, elles les lavèrent deux, elles les lavèrent trois et cinq fois; et au bout de cinq fois elles me les jetèrent enfin devant la porte : « Prends, étranger, ton linge, et retourne auprès de ta mère. » ^ .

^ M. Staekclberg se croyait revenu aux temps homériques, p. 16: Ganze

l’intention de s’emparer de tous les marbres : heureusement ils étaient déjà en sûreté.»

Le.s marbres de Phigalie furent achetés à Zante, en i 8 i 4 , par l’ordre du prince régent d’Angleterre, moyennant la somme de J 5,000 livres sterling (3^5,000 fr.), portée par un change désavantageux à la somme de 19,000 livres sterling (475,000 fr.). Cette dépense fut prélevée sur les droits de l’amirauté, et il fut ordonné que les marbres seraient déposés au Musée britannique. Les propriétaires étaient : M. C. R. Cockerell, M. John Foster, M. Charles * Haller, M. Stackelberg , M. Jacques Linck, et M. Gropius, vice-consul

anglais en Moréc, qui stipulèrent en outre qu’un exemplaire des moules de la frise serait remis à chacun d’eux lorsque les différentes parties auraient été réunies^*. Les marbres arrivèrent en Angleterre dans l’automne de 1 8 1 5 .

■ Ces marbres furent réparés^* et placés au Musée britannique,

non dans leur ancienne position, mais. dans une position purement

Schaafe and Ziegen drehten sich tàglich an hôtzernen Spiessen , nach vâllig, Homerischen Bratiche zubereitet. L’enlèvement des marbres de Bassæ n’est pas présenté sous des couleurs aussi favorables et aussi riantes pÿr un voyageur allemand , Christian Muller, qui passa sur les lieux en i8ai. Voyez M. Poüqueville, Voyage de la Grèce, t. 5, p. 5o7, a* éd.

’’ Il est à regretter que notre Musée ne possède pas un exemplaire de ces moules. La frise de Phigalie est un monument trop important, pour que le gouvernement français ne réclame pas de l’Angleterre les moyens d’offrir à no(i artistes un sujet d’étude aussi intéressant. Il serait également à désirer que l’on pût trouver un moyen d'utiliser, pour le public et pour les artistes, les copies que possède l’atelier de moulure du Musée royal. ÎN’est-il donc à Paris aucun emplacement disponible, où l’on puisse cxpo.ser, dans un ordre soit historique,

•• soit géographique, les chefs-d’œuvre dés musées dé l’Italie, de Londres, de Dresde, de Munich j etc. ?, Ce serait une consolation de nos pertes de i8i5.

’’ On ne saurait trop sYlever contre la manie de réparer les monuments anciens. Encore si cés restaurations étaient conGccs à des artistes d’un grand talent ; mais il n’en est pas ainsi. Qui ne préférerait la vue du monument le plus fruste aux ridicules contrastes de certaines restaurations ?

arbitraire. Long-temps on avait pensé, avec les premiers éditeurs,

M. Wagner^^, et M. Combe l’un de.s conservateurs du Musée britannique, que ces plaques n’offraient entre elles aucune cohésion nécessaire ; mais M. Slackelberg s’est depuis livré à de longues études sur le monument, et est parvenu à proposer une restitution complète qui ne peut donner lieu à aucune objection sérieuse

Deux sujets distincts forment l’ensemble de la frise de Phigalie ; des vingt-trois plaques qui la composent, douze sont consacrées à la victoire de Thésée sur les Amazones ; onze à la défaite des Centaures , par ce même héros. Il résulte de l’ordre proposé par M. Stackelberg, et que l’on a cru devoir adopter dans cet ouvrage, que le premier sujet, le combat des Amazones, commençait à l’angle N. t) de la cella, et occupait le petit côté N., le grand côté E. et un tiers du petit côté S. J et que le second sujet, le combat des Centaures et des Lapithes, suivait immédiatement, et, remplissant les deux autres tiers du petit côté S. , .et tout le grand côté ü., venait se terminer à l’angle

N. ()., là où la suite des Amazones avait commencé Ainsi , en entrant dans le temple, le spectateur avait à sa gauche les Amazones, à sa droite les Centaures. Vers le centre de chacun des grands côtés, et comme •devant particulièrcifient fixer l’attention , figuraient deux scènes importantes : à gauche, la victoire de Thésée sur la reine des Amazones ;

” Bassorilievi antichi délia Grecia, ossia fregio del tempio €ti J polio Epicurio in Artadia, disegnalo dagli originali da Gio. Maria fy agner ed incisa da Fcrdinando Raschwejrh. Roina, i8i4, in-f°, obi.

A descriptiorf of the c^qll^ctiun of anciens mari/les in the British Muséum, part. IV, London, i8ai,.4‘\ .

” L’ordre adopte par M. Stackelberg est justifié par les dimensions du temple, souvent même il est rigoureusement indiqué par certains détails artistiques.

** Ordre des aî plaques suivant M. Stackelberg :

Petit côté N. I — 3.

Grand côte E. a — ii. . • ‘ s

Petit côté S. Il — i/*.

Grand côté O. i5 — a3. ■ *

Mu», de Mur. ^

à droite, Cénée que les Centaures ticraseut sous denoruies rochers. Enfin, au milieu du petit côté S., vis-à-vis de la porte d’entrée, et au-dessus de la colonne corinthienne qui séparait l’hypètre de l’opisthodome on voyait Apollon et Diane accourant au secours des Lapithes dans un char traîné par des cerfs. L’artiste avait à dessein placé ce groupe dans l’endroit le plus apparent, afin de mieux indiquer la destination du temple et de justifier, par l’intervention du dieu auquel le temple était consacré , le choix des sujets adoptés pour la décoration du monument

Si notre musée eût possédé un exemplaire des plâtres de la frise de Phigalie, nous aurions, tout en suivant l’ordre adopté par M. Stackelberg, reproduit-ce monument dans l’état où il a été trouvé, avec ses mutilations et ses lacunes. Dans l’impossibilité d’exécuter un pareil travail avec toute l’exactitude , désirable , nous nous sommes contentés d’offrir à nos lecteurs une copie soignée de la restauration propo.sée par le savant allemand. Celte copie fera mieux apprécier le style et la manière de la sculpture , attribuée à Alcamène ou à ses discip!es^9, que la réduction anglaise, dont les principaux inconvénients sont, d’une part, le désordre inconcevable des différentes plaques et,

Nous aurons occasion de revenir (note 297) sur cette colonne qui a beaucoup embarrassé les artistes et les archéologues.

” Stackelberg, op. cit., p. 53, Lenormant, p. 16.

Stackelberg, op. cit., p. 8/,-85. Lenormant, op. cit.,p. i5. ,

Tableau comparatif de l’ordre des plaques : 1“ dans M. Stackelberg; a°dans M. 3Vagner; 3” dans la description du Musée britannique, faisant partie de la collection publiée sous le titre de the Ubrary of ent'èrtdining huoivledge. London, i833, t. 2, p. 175-211; /(“ d’après la réduction anglaise; 5“ dans le Trésor de numismatique et de glyptique.

Stack. Wagner. Mus. brit. Red.angl. Tr.de N.

I , 12 12 2 XIII, t, 2.

3 ai a 3 22 XV, 3 , 2.

jsar dessus tout , le caractère tout britannique donné aux acteurs des deux scènes retracées dans ce précieux monument de l’art grec. Nous aurons d’ailleurs le soin d’indiquer, dans les notes jointes à notre. explication, les parties qui, manquant dans l’original, ont été restaurées dans la copie. Nous prendrons pour base de ces indications la copie aussi élégante que bdèlc que M. Stackelberg a donnée de chacune des plaques^'.

Il ne peut entrer dans notre plan d’exposer ici dans tous ses développements le mythe si intéressant des Âmazones ni de chercher

Stack. Wagner.

Mus. brit.

Red. angl.

Tr. de N .

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