MONT-DE-PIÉTÉ ET ANCIENNES MAISONS A MALINES
Le nom de Mont-de-Piété, fréquemment remplacé en Belgique par celui de LOMBARD, suffit à indiquer l’origine étrangère de ce genre d’institution. En Italie, les aumônes faites par les fidèles et déposées dans les églises étaient désignées sous le nom de MONTI, et par analogie ce même nom fut appliqué à l’institution charitable organisée par un frère mineur de Padoue, Bernardino de Fellri, à l’effet de prêter des petites sommes aux malheureux. Les bons résultats produits par cette innovation permirent qu’elle s’étendît successivement aux différentes parties de l’Italie, de l’Allemagne, des Pays-Bas. En 4 598, un Mont-de-Piété s’ouvrit à Amsterdam, et au commencement du dix-septième siècle, des établissements pareils furent établis dans les principales villes du Brabant et de la Flandre, où, jusqu’alors, le négoce usuraire des prêts sur gages avait été principalement exercée par des Italiens lombards.
Le Mont-de-Piété de Malines s’ouvrit-il, dès le principe, dans le gracieux édifice qu’il occupe aujourd’hui? Voilà ce qu’il est impossible d’affirmer. Toutefois, rien n’empêche d’admettre cette hypothèse, si l’on consulte le caractère de la construction. Les traces d’ornementation gothique, le mélange heureusement combiné des pierres de taille et des briques, la tourelle octogone qui s’élance au-dessus des toits voisins, tout rappelle, sous une forme moins imposante, les beaux hôtels de Nassau et de Hoogstraeten construits, dans la même ville, pendant la durée du seizième siècle.
Quand, au siècle suivant, la bourgeoisie eut grandi en puissance, en richesse, ses habitations, quoique moins spacieuses, étalèrent un luxe analogue. L’on en jugera par les maisons pittoresques et coquettes construites dans la partie commerçante de la x i I le.