ÉGLISE SA1NT-AUBALV
L’examen des principaux moiuunenls delà Belgique a déjà lait eonnailre la marche de la réforme accomplie, dans le domaine de l’art, du quinzième au seizième siècle. On sait que le retour aux formes de l’architecture gréco-romaine, qui commença en Italie et s’étendit du Midi au Nord, ne fut pas accueilli avec spontanéité dans nos contrées. Il s’y opéra néanmoins en traversant les mêmes phases; le style de la renaissance, d’abord appliqué aux habitations seigneuriales, puis aux monuments civils, le lut en dernier lieu aux constructions religieuses. Les troubles politiques, les guerres contribuèrent en outre à retarder les progrès de celte innovation; elle ne se généralisa véritablement que sous le règne d’Albert et d’Isabelle; mais, à dater de cette époque, jusqu’au commencement de ce siècle, les églises italiennes, et particulièrement celle de Saint- Pierre à Borne, furent considérées comme les modèles et les types du beau.
L’église Saint-Aubain est l’une des plus remarquables imitations de ce style ultramontain. L’exactitude du mot imitation pourrait même ici être contestée, car elle est l’œuvre d’un artiste milanais, l’architecte Pizzoni , et, par suite, elle forme une construction à certains égards originale. En élevant un dôme, en superposant différents ordres, en couronnant le portail de grandes statues, l’artiste n’avait point, en cflet, à lutter contre des habitudes nationales, mais seulement à recueillir ses souvenirs et à utiliser les éléments ordinaires de son art.
Dès le dixième siècle il y avait, sur le même emplacement, une chapelle consacrée à saint Aubain. Sous le règne du comte de Namur, Albert II, ce modeste monument fut transformé en une église, qui subsista jusqu’au milieu du dix-huitième siècle et dont il existe actuellement encore un fragment qui indique les différentes périodes de la construction : c’est la tour carrée placée derrière le chœur. Sa base est romane, la seconde assise date de 1468, et le toit qui la couronne a été construit en 1750.
La cathédrale de Namur garde avec ferveur les reliques de son patron et elle a réservé une place à la tombe du glorieux fils de Gharles-Quint, à don Juan <1 Autriche, le héros de Lépante.
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