ÉGLISE DE SAINT-BAVON
En 94 i , Garni recul la visite de saint Transmare, évêque de Noyon, qui vint y consacrer une église placée sous l’invocation de saint Jean. Cette église ne consistait qu’en une partie souterraine ou crypte successivement agrandie et reconstruite au treizième siècle. De 1228 à 1274, les nefs et le chœur de l’édifice supérieur furent élevés, ainsi qu’on les voit aujourd’hui, dans le style ogival primaire. En 1461, l’abbé de Saint-Pierre, Philippe Courould, commença la tour, achevée seulement en i534, sur les plans de 1 architecte Jean Stassius. Enfin, en i54o, le cardinal Alexandre Farnêse, ayant transféré le chapitre de Saint-Bavon dans la nouvelle église, elle lut dès lors désignée sous le nom de ce saint.
Ainsi complété par fragments et à d’assez longs intervalles, l’édifice nécessita bientôt des restaurations; les nefs et les transepts durent être rebâtis vers i533, mais l’exiguïté des ressources ne permit pas de mener ces travaux a bonne fin. En i55o, 1 empereur Charles-Quint accorda un subside de quinze mille couronnes italiennes, et, grâce a ce don, le monument put enfin s’achever entièrement.
Avant d’atteindre au riche aspect que l’église offre aujourd’hui, elle eut néanmoins à subir encore plus d’un dégât, plus d une déprédation; les émeutes et les incendies l’entamèrent tour à tour. Le i1'1 juin 1641, le feu mit a découvert toute la grande nef, et le même sinistre se renouvela avec moins d’intensité en 1822. A chaque lois, ces dégâts s’arrêtèrent heureusement aux parties supérieures, et les richesses artistiques entassées dans les vingt-quatre chapelles restèrent intactes.
Dans l’enceinte de l’église Saint-Bavon, on trouve réunis le prestige des grands souvenirs, la poésie des traditions et les précieuses œuvres d’art. Les fonts qui servirent au baptême de Charles-Quint, la châsse de sainte Colette, la belle chaire de vérité exécutée par Laurent Delvaux, sont placés non loin des peintures d’Otto Venius, de Rubens, de Craver et de Rombouls. Nous n’avons pas à apprécier ici les tableaux de nos grands maîtres, mais il est, parmi ceux-ci, un chel-d œuvre de peinture appartenant à ce quinzième siècle dont nous aimons à signaler les merveilles et auquel nous voulons, par conséquent, accorder plus qu’une mention. Ce chef-d’œuvre, c’est le tableau peint h Garni, de 1 4 1 1 à 1482, par Jean et Hubert Van Evck. Divisé en deux parties superposées, il représente, comme sujet principal, l’adoration de l’agneau céleste qu’entourent, au milieu d’un verdoyant et fleurissant, paysage, les anges, les prophètes, les patriarches, les apôtres et les confesseurs de l’Évangile. Au-dessus de celte