SALLE DES MAGISTRATS A L’HOTEL DE VILLE D’AUDENARDE
Quand la construction de l’hôtel de ville d’Audenarde fut achevée, la commune décida d’en faire, avec non moins de richesse, la décoration intérieure. La salle du conseil, dite des magistrats, devint surtout l’objet d’un luxe particulier. Le sculpteur, Paul Van der Schelden, qui avait exécuté pour la façade la statue de l’empereur, ainsi que celles des rois et des reines de France, d’Angleterre et de Castille, fut mandé à celle occasion; il proposa de placer à l’entrée de la salle un portail en chêne et d’orner le manteau de la cheminée d’une décoration analogue à celle établie dans l’hôtel de ville de Gourtrai. Ce plan fut adopté; une convention eut lieu avec l’artiste et il se chargea (h; l’achèvement du portail, reproduit par notre dessin, moyennant cinq cents livres parisis, plus les frais de menuiserie et le bois (pii devait être livré par la commune.
En employant le style de la renaissance, alors tout nouveau, Paul Van der Schelden obéit à sa fantaisie et prit plaisir à caresser son œuvre pendant l’espace de trois années : c’était, on le voit, l’amour de Part et non celui du lucre qui l’animait (i 53 1 - 1 534). Dans les enlre-colonneinents correspondant aux portes, il disposa avec goût différentes armoiries : celles de l’empereur supportées par deux grillons, celles de Flandre accostées de deux lions, celles de la commune tenues par deux sauvages; au-dessus de celte décoration il (il apparaître des enfants offrant la coupe de l’hospitalité; enfin, il donna une forme élancée et gracieuse à l’ensemble de cet ouvrage en le couronnant d’une tourelle demi-circulaire, dans laquelle était réservé l’espace nécessaire à un scribe, ainsi placé à l’abri des regards et pouvant, quoiqu’invisible, tenir note des délibérations du conseil.
L’heureuse disposition des lignes, ainsi que le fini des moindres détails, furent immédiatement appréciés, et quand les magistrats appelèrent de Garni le sculpteur Bai l h , ainsi que les menuisiers Lievin Opslaedt et Biaise Wassier, pour expertiser le travail, ceux-ci ne trouvèrent matière qu’à des éloges.
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LES FLANDRES
Quant à la cheminée, la date de l’an i5ag, dont elle est revêtue, indique qu’elle se trouvait alors depuis longtemps achevée. Paul Van der Schelden s’était d’ailleurs borné à la décorer des statues de la Vierge, de la Justice et de l’Espérance, qui apparaissent au milieu d’une ornementation élégante, mais cependant beaucoup moins somptueuse <pie celle qui devait être prise pour modèle.
Un autre appartement plus vaste, désigné sous le nom de salle du peuple, n’a reçu qu’un commmencement de décoration. On y remarque une cheminée identique à celle de la salle des magistrats, mais dépourvue des trois statues, et sous les poutres du plafond, des consoles oîi sont sculptées les armes, avec cimier et supports, des principaux états de Charles-Quinl. Ces emblèmes de la puissance de l’empereur indiquent combien son nom, son souvenir, conservaient dans ces lieux de prestige, et tout devait d’ailleurs contribuer à ce résultat : ce qu’il avait de bien et de mal, ses amours, ses magnificences, ses sévérités mêmes.
En 1 54 1 , Charles-Quint enleva aux habitants d’Audenarde leurs privilèges (dont le plus important se rattachait à la fabrication des tapisseries) pour les punir ainsi d’avoir aidé à la révolte des Gantois; mais, soit qu’un doux souvenir eut bientôt amorti son ressentiment, soit qu’une influence plus immédiate, plus forte, intervint, dès 1 544 ces même privilèges leur étaient rendus. La principale industrie de la commune prit, dès ce moment, une nouvelle extension, et, se développant graduellement, atteignit à son apogée vers le commencement du dix-septième siècle.
A If LE DES PLANCHES.