‹ Monuments de L'Antiquite dans L'Europe BarbareChapitre 17 sur 58 · V. aussi un vase en bronse de Zurich. ËiUtkeU, tora. I · texte numérisé non relu

V. aussi un vase en bronse de Zurich. ËiUtkeU, tora. I

176 MONUMBNTS DE l'aNTIQUITÉ.

avec une ooyertore sur le c6té, qui étaient des nroes cinéraires *. De {]fareilles se trouvaient à Albano. La partie inférieure du vase répond à la forme la plus générale que nous avons décrite, tandis que la partie supérieure» qui fait corps avec le vase, représente un toit recouvert de chevrons en relief. L'ouverture carrée, pratiquée sur le côté, est parfois fermée par une espèce de porte en argile, fixée au moyen d'une petite barre de bronze qui passait dans les trous ménagés sur les rebords saillants de l'ouverture. Raoul Rocbette voit dans cette forme la reproduction des anciennes habitations V Voici ce qu'il dit à ce sujet : c II n'y a pas jusqu'à ces urnes de terre cuite, trouvées en i847 près d'Albano, au-dessous d'un sol volcanique, monuments grossiers d'une industrie antérieure comme le peuple auquel elle appartenait aux temps anté-historiqaes du Latium, qui n'aient offert dans leur forme générale une copie de l'agreste habitation des vieux Aborigènes, avec son toit de chaume et sa petite lucarne, et dans la réunion des objets d'argile on de métal qui s'y trouvaient déposés, le matériel indigent

d'une civilisation ébauchée On faisait ainsi de la forme

et de l'ameublement des tombeaux une image d'habitation réelle, voulant reproduire une image, une ombre de la Tie réelle \ > — Il n'est pas sans intérêt de retrouver des urnes pareilles, mais toutefois sans que le toit soit aussi nettement dessiné, à Bonn, h Leipsick ^, à Schwerin et à Copen-

* Archéologie de ChampoUion, pag. 86.

* Troitième mémoire sur les antiquités chrétiennes des catACombes, 18S8, pag. 7 et 8.

* Voir encore Ait. deWAcûd. roman. (TAre^l., tom. I, part. II, pag. 319-

* Berieht won LeiJMicft. 1826, IV, S. Klemm, Handhueh, XIY, 18.

hague\ — Dans les campagnes des environs de Bonn, OD se sert encore du même vase comme d'une veilleuse dans la chambre des malades.

Ce ne sont pas là les seuls rapports que présente la découverte d'Albano avec les antiquités du nord. La forme générale des vases, les ornements dont ils sont recouverts, le genre même de la poterie, reproduisent avec une parité de détails surprenante tout ce qui semblait caractériser les découvertes de l'Europe septentrionale.

On ne peut pas suivre avec une entière certitude les développements de Tart du potier durant la seconde période. Nous avons déjà signalé Tornementation des vases durant les âges les plusr anciens. Ce genre se poursuit encore le même, seulement il y a plus de variété dans les formes. Les ornements en creux témoignent d'une manière plus ferme et plus flexible. Les ondulations paraissent à côté des lignes droites et brisées. Le méandre , dont on a fait un ornement grec, paraît déjà sur les urnes d'Albano et du nord *, ainsi que de petites proéminences en argile sur le pourtour des vases '. Il ne suffit pas de découvrir une urne d'un travail grossier pour déterminer sa haute antiquité. Souvent les produits d'arts très divers sont réunis dans la même tombe. Cette diversité d'exécation répondait à la différence des destinations ou au prix que voulait y mettre l'acquéreur.

Jusqu'à présent je ne connais qu'une localité dans le

* Vaseï par Sorterup, pi. VIH, flg. 67.

' Catalogue de Ledebur IV, I, 73. Sorterup II, !I9 ; VIII, 60, 6S. — Kruse, Dtutteh, AU. 18i4, vol. 1, cah. S, fig. 6.

*Preu8ker, pi. IV, fig. 59, 62; VHl, 115, 116. Halle, de Ledebur, pi. III, 1.773; 1,797.

■tH. n DOCUM. XXIII. IS

canton de Vaud où l'on ait recaeilli des vases de cette époqae. Ils ont été péchés dans le lac, à peu de distance de ConcisBy avec les deux épées en bronze que nous avons mentionnées. Des fragments de ces vases, conservés dans la bibliothèque d'Yverdon, sont d'une argile grossière, entremêlée de petites pierres, et sans trace d'ornements. Nous verrons, en parlant du mode d'inhumation, la raison pour laquelle ces vases sont si rares chez nous, tandis qu'ils se retrouvent en assez grand nombre dans la plupart des autres pays ^

Dans le nord de l'Allemagne *, en Danemark ' et en Suède ^y on en a découvert quelquefois dans le sol, mais généralement sans que rien indique la présence de tombeaux, des vases en bronze et en or d'une forme particulière, qui sont généralement envisagés comme ayant servi au culte. Peu élevés et arrondis dans la partie infé-

* Dans la Suisse allemande moins rares. Miith, von Zurich, passim. — J'ai retrouvé ces vases à Bontij Heilbronn — Aug»bourg. — Munich, collection de la société d'histoire, un à figure humaine, mais peut-èti'e d'un âge pos* térieur. — Prague. — SiUsie, Bûsching. — Dresde^ Klemme, XII. — Gro»senhayn, très grands. — Leiptiek. — Halle, id. — Côthen, cornes. — Magdebourg, Wiggert et de Werder. — Halberstadt, Augustin. — Hanovre, (ville). — f/e/ien. — Hambourg, rayons peu nombreux. — Sckwerin, Lisch. — ShUwedel. — Berlin, de Ledebur. — Greifenwald. — Stettin, grands. — Putbus. — Copenhague, Sorterup. — Lund. — - Stockholm.

* Halberstadt, Augustin, pi. XVII, 1 br. — Magdebourg, de Werder, i en bronze. — Hanovre, bronze. — Uel%en, 3 br. avec une faucille de brome, aussi Meeklembourg-Streliti, 5 br. — Dar8ekau,{hnc . March. versSalzwedel) 1 br. avec une faucille, javelot, bracelets, tubes. — Stettin, 1 br. avec bracelet et diadème en or.

* Musée de Copenhague, armoire 53, 15 vases en bronze, 6 en or de 3 à i" de diamètre. 2 en or de 6 à 7 " de diamètre.

* 7 Lund, 3 en bronze. Stockholm.

rieure, ils éiaieDt destinés, n'ayant pas de pieds, à être suspendus. A partir de son plus grand diamètre, le vase se rétrécit brusquement et se termine par un col bas et cylindrique surmonté de deux petites anses *. Leurs ornements diffèrent sensiblement du genre de gravure observé jusqu'à présent, ce ne sont plus les lignes droites ou brisées, mais des serpentages. des espèces d'entrelacs, des ondulations d'où s'échappent des têtes de dragons, des torsades, des cercles concentriques, des ornements divers disposés avec goût. Quelques-uns en relief ont été produits par le moule, d'autres sont flnement gravés, le plus petit nombre présente une incrustation d'émail sur le bronze. Sur les vases en or les ornements sont reproduits par le bosselage. Au premier coup d'œil on se demande si le fini du travail n'appartient pas à un autre âge ou à un art étranger. Quant au premier point, quelques-uns de ces vases ont été retrouvés avec des bracelets, des pointes de javelot et des faucilles en bronze, c'est-à dire avec les instruments caractéristiques de cette période. D'antre part, s'ils provenaient de l'étranger, il serait surprenant qu'on ne les découvrit que dans les pays voisins de la mer Baltique ; mais il y a plus, on peut se convaincre qa'ils ont été fabriqués dans le nord, par la découverte de Tun d'eux en Danemark, pris encore dans le moule dans lequel il avait été coulé. Le vase et le moule étant l'on et l'autre endommagés, il parait que l'ouvrier les avait abandonnés comme une épreuve malheureuse. Quoique rares, le musée de Copenhague en possède 15 en

* En voir les dessins dans la brochure de Giesebrecht et dans Touvrage de d'Estorff.

4 80 MONUMENTS DE L*ANTIQIJITÉ.

bronze et 8 en or de 3 à 7 ponces de diamètre. M. le professeur Giesebrecht, de Stettio, a pnblié un mémoire sur six de ces vases, et, d'après les ornemenls, il cherche à montrer que les uns étaient employés au culte du feu, et les autres au culte de l'eau * ; mais les points sur lesquels il s'appuie sont sujets à contestation. Quoiqu'il en soit, leur forme et leurs ornements diffèrent tellement de la poterie ordinaire, qu'ils doivent avoir eu une destination particulière, et, nous le croyons, une destination religieuse *.

On peut faire rentrer dans cette caiégorie quelques vases en argile, percés tout alentour de trous nombreux, qu'on croit avoir été employés pour brûler l'encens*. Que les anciens peuples aient connu ce genre de parfum, il n'est pas permis d'en douter. On conserve dans quelques collections du nord^ des espèces de pains d'encens, d'une couleur brunâtre, recueillis dans des tombeaux. Quand on approche cette matière du feu, il s'en dégage une fumée abondante qui répand encore un parfum agréable, non sans rapport avec l'encens employé de nos jours.

Anneaux monnaies.

Si dès les âges les plus anciens, l'établissement des professions introduisit l'échange, premier élément du com-

* Secht Genisse von Ludwig Giesebrecht, Stettin 1845.

* Je connais un seul vase de cette forme en argile noire dans la collection attenante i la bibliothèque de Hambourg, mais il n*est couvert d'aucun ornement.

> Sorterup, pi. III, 37, 40; pi. l, 18.

* Ainsi à Copenhague et à Magdebourg. M. de Werder m'en a remis deuic morceaux déposés dans ma collection.

AGE DU BIIONZB. f8{

merce, on comprendra que ce moyen d'acquérir ail dû subir quelques développements dans la seconde période; mais a?ant d'arriver à posséder la monnaie, signe représentatif et conventionnel des marchandises, il y a plus d'un degré à parcourir. La monnaie n'était pas encore en usage chez les Grecs du temps de la guerre de Troie, du moins à en juger par le silence d'Homère à cet égard *. On appréciait les richesses d'après le nombre des troupeaux. Pausanias dit qu'anciennement on payait les achats avec des bœufs, des esclaves, ou de l'or et de l'argent non façonnés*. Longtemps, les peuples du nord eurent recours aux mêmes moyens d'échange, car Targent monnayé n'y pénétra que fort tard'. L'introduction du métal employé dans les échanges est déjà un progrès qui tend à faciliter le commerce^. Avant d'arriver à lui imprimer une empreinte on s'en sert d'après un poids déterminé. Dans leurs transactions les anciens Egtjptiens emploient des anneaux d'or OQ d'argent, d'un poids et d'un diamètre réglés par l'autorité publique*. César rapporte que les Bretons se servaient d'anneaux de fer^. Les anneaux avaient aussi le

' U parle d'échanges: IHade 11, 449; VI, 1S6; VU, 474; — de eommeree, Odyt. Xlll, 285; voir aussi Sirabon, pag. 144 et 757. Sur le commerce phénicien: Esa. XXUl; Eséch. XXVIl, XXVIII.

* Lib. III. cap. 19. L'auteur ajoute que ceux qui naviguent aux Indes dilent que les Indiens donnent des marchandises en échange de celles qu'on leur apporte de la Grèce, mais qu'ils ne connaissent point les monnaies, quoiqu'il y ait une quantité prodigieuse d'or et d'argent dans leur pays.

' Par les premiers missionnaires chrétiens.

*Gen. XXIII, 16. Abraham paya 400 sicles d'argent ayant cours entre les marchands. XLII, 95, 85; XLIII, 91, notes même, argent ielon §on poids. Le poids indique la balance.

* Egypte anc., parChampoillon Figeac. (Collection de rUnivert), pag. 98S.

* Lib. V, cap. 14. — Les Carthaginois se servaient de monnaies de cuir. Sénèque, de$ Menfaits. L. V, cap. 14.

iSi MONUMENTS DE L*ANTIQUITÉ.

même usage dans le nord, ainsi qu'on peut s'en convaincre par quelques découvertes un peu postérieures à Tâge qui nous occupe. On a retrouvé en plus d'un lieu, sur les côtes orientales de la Suède, des trésors enfouis à peu de profondeur dans le sol. Ils consistent en monnaies étrangères morcelées, en fragments plus ou moins grands d'anneaux d'or et d'argent, tous coupés, ainsi que les monnaies, avec un instrument tranchant. Les fragments d'anneaux ont appartenu à ces bracelets en spirale qui donnaient plusieurs fois le tour du bras. Quelques uns de ceux-ci ont fait partie de ces trésors. D'autres, recueillis ailleurs, ne sont plus complets. La coupe de l'une des extrémités montre qu'on en avait détaché quelques tours pour un usage qui ne peut laisser de doute. On le voit, le bracelet à spirale était non-seulement un ornement, mais aussi un moyen d'acquérir. L'argent, soigneusement caché de nos jours, se portait alors autour du bras, et sans doute avec ostentation. Je dois encore ajouter que si les découvertes mentionnées sont un peu postérieures a la seconde période, les bracelets qu'elles renferment sont la reproduction parfaite de ceux en or et en bronze que nous avons déjà décrits, et, l'on n'en peut douter, ils s'employaient au même usage.

Monnaies.

On a retrouvé quelquefois en Allemagne d'anciennes monnaies grecques, apportées par le commerce. Trenteneuf pièces, de 5 à 6 siècles avant notre ère, étaient enfouies près de Nakel, district de Bromberg, dans le grandduché de Posen. On croit que, déjà à cette époque, les mar^

cbaods grecs qui faisaient le commerce de Tambre s'étaient ouvert à travers les terres une voie plus directe qoe celle des navigateurs, qui, pour arriver à la Baltique, avaient à doubler tout le continent.

D*entre les peuples qui nous occupent les Gaulois furent les premiers qui frappèrent des monnaies. Leur proximité de l'Italie et surtout leurs rapports avec la Grèce et TAsie mineure par l'intermédiaire de Marseille leur apprirent à régulariser les moyens d*écbange. Les plus anciennes monnaies celtiques sont sans tète et sans inscription. Concaves d*un côté et convexes de l'autre, elles portent une empreinte sur le côté creux, qui consiste dans la représentation d'anneaux, du soleil, de la luné et des étoiles, et aussi d'une espèce de cheval. On les retrouve en Fratice, dans la Grande-Bretagne, dans le nord de l'Allemagne et en Hongrie. En 1771, on découvrit en Bohême, près de Podmokel un enfouissement de monnaies en or, d'un travail très imparfait, et d'une valeur d'environ 70000 florins *. En 1751, un de ces dépôts de 1400 monnaies en or et en argent fut découvert près de Friedberg, en Bavière;-^ Les monnaies celtiques de la seconde époque sont encore concaves et essentiellement de bronze. Chargées de signes symboliques, elles représentent aussi une tète, le chev.al et le sanglier, ou bien les traits de la figure pris séparément: comme les oreilles, les yeux, le nez et la langue, ou enfln, un cheval en trois parties. On ne les trouve guères qu'en France^ et en Angleterre. — Dans la troisième époque elles sont en or, en argent et en bronze ; elles por-

' Quelques auteurs disent 57 000 florins, d'autres 75 000, d'autres 80 000. i'si pris la moyenne.

' En 18S0, on en trouva environ 1000 en bronse à l'Ile de Jersey.

iSh MONUMENTS DE L* ANTIQUITÉ.

tent des empreintes de deux côtés, souvent accompagnées d'inscriptions, ce sont encore les signes symboliques, les têtes, le cheval et le sanglier. L'inscription indique le nom d'une peuplade, d'une ville ou d'un chef. Bien que le travail soit celtique, les figures rappellent la manière de faire des Grecs. Ces monnaies ne furent plus frappées depuis l'an 29 de notre ère ^ Celles de la dernière époque, propres surtout à la France et à V Angleterre, se retrouvent aussi en Suisse *, cependant je ne connais aucune pièce de ce genre dans le canton de Yaud, sauf celle mentionnée dans le dictionnaire AuD^ Levade à Tarticle Avenches, attribuée au roi des Huns, Allila^, Il est actuellement constaté qu'Attila n'a jamais fait frapper de monnaies et que les pièces qui portent ce nom désignent un ancien chef gaulois.

Mines.

Avant la découverte des métaux, chacun trouvait sous sa main le bois, Tos et la pierre dont on se servait pour la fabrication des instruments. Pour que le métal devint d'un usage général, il fallut rechercher les localités d'où l'on pouvait le tirer, apprendre à creuser les mines et à

* Keferstein. KeltiMche AUerth. pag. 888 iqq.

* MiUh, von Zurich. Voir les découvertes de Horgen de 8 à i siècles aTsnC Jésus^Christ. Près de Halle entre Gohren et Barby, Kruse, DeuUeh. AU. tom. m, cah. %, pag. S6. A Halle, Kruse, id. Il, S. — Une monnaie celtique de mauvais argent représentant un cheval a été trouvée près de Gddnits «ur l'Elbe (Anbalt-Dessau). Kruse, vol. III, cah. 8 et 4, pag. S6, pi. II, flg. a.

' Levade parle aussi d'une pièce d'Orgétorix, mais ça demande conflrination.

AGB DU BRONZE. 18S

parifier le minerai * . Les Grecs, d'après le rapport de Pline *, paraissent avoir d'abord tiré le enivre de l'Ile de Chypre, pois de VEubie.* Ils explorèrent aussi VEspagne fort anciennement. Il est à remarquer que les expressions de l'art des mines dans ce pays, et déjà du temps des Romains, sont empruntées à la langue grecque. Le minerai de cuivre de VAndalousie et particulièrement celui de Cordoue était fort réputé. Les Romains le tirèrent aussi de la Tarentaise et de Bergame*. Au rapport de César' et de Pline % il fut également exploité dans les Gaules et dans la Germanie, sur le bord du Rhin. Des mines furent encore ouvertes dans le Danemark et dans la Suède, et l'on exploita fort anciennement le cuivre de la Sibérie\

Dès les temps les plus reculés, les Phéniciens allaient chercher Vétain dans les iles Cassitérides, aujourd'hui de Sorlingen, au sud de la Grande-Bretagne. Le commerce de rétain, déjà mentionné par Hérodote*, est aussi ancien que celui de l'ambre. Homère parle de ce métal qui était connu de son temps ^ Les Romains le nomment plumlnim

* Job IXVIH, industrie det hommes.

* xxuv, s.

* Strabon, lib. V. cap. 81 ; X.

* Pline XXXIV, S, 40. A^er bergamonUntium. ' ni; ii, cBrariœ secturi snnt.

* On en peut juger par les haches en pierre retrouvées dans les mines. V. Keferstein.

' Voir aussi Strabon, lib. III.

* De nos jours l'étain est encore exploité, en Chine dans la province de Peischili et en Amérique. Le meilleur est celui de Chine ; celui des lies Sor» lingues vient ensuite pour la qualité. Il n'est pas probable que les Grecs et les Phéniciens Talent jamais tiré de la Chine ; ainsi les mines d'Angleterre auraient été explorées déjA à l'époque de la guerre de Troie. Ce fait recule

album pour le distinguer du plumbum nigni^m^ expression par laquelle ils désignaient le plomb, qu'ils tiraient de VEspagne\ tandis que le moisiannm était la dénomination du zinc.

Les Grecs découvraient VargenX'^ dans VAtUqae, mais les mines d'or les plus voisines étaient celles de la Jlfocedoine et de la Thrace*. Quand les Phéniciens, il y a plus de 3000 ans, pénétrèrent en Espagne, ils trouvèrent des mines d'or et d'argent abondantes. Les Carthaginois, maîtres de ce pays, en tiraient de grandes richesses, jusqu'au moment où les Romains s'en emparèrent. Polybe raconte qu'il n'y avait pas moins de 40000 ouvriers, exclusivement occupés aux mines de Carihagène ^. L'or était recueilli

encore la connaissance des métaux dans le nord. — Grande-Bretagne, César V, 3. Nascitur ibi plumbum album in mediterranets région ibos, in marîtimis ferrum, sed ejus exigua est copia, sere utuntur importato.

* Strabon III.

* Pline XXIV, 47-49.

* Hérodote, VII.

Entr'autres dans le Souaneth ou Svaneth (au nord de la Mingrélle), Strabon qui connaissait si bien la Colcbide dit que chez les Souanes et leurs voisins, on recueillait l'or des rivières sur des planches creuses percées de trous ou sur des peaux couvertes de leurs toisons. « Appienen fait le même rapport. Le mythe de la toison d'or est sorti de là. De tout temps la Tskhénitskali, on dit aussi l'Abakha, ont charrié des paillettes d'or, et il n'y a pas 50 à 60 ans que les ruis d'Imireth affermaient encore le droit de recueillir ces paillettes. Les Souanes occupant la haute vallée de la Tskhénitskali, il serait facile de s'expliquer comment c'est chez eux qu'on a reporté la source de ces richesses. » ~ La Genèse II, il, cite déjà le Phison, notre Phase, qui passe en tournoyant à travers le pays d'Havila, où se trouve de l'or. — Les mines de cuivre et d'or de Procope sont à Goumicbekané, dans le voisinage de Trébiionde. L'or n'est mentionné chez les Souanes que sous la forme de paillettes. Cependant les roches porphyriques qui percent le sol peuvent aussi renfermer des métaux. Du Bois de Montpéreux, Voyage autour du CatiOMe, 111, 17.

* Ils exploitaient par jour 88000 drachmes, soit 800 000 thalen, environ 4,000,000 fr.

parle lavage dans VEstramadure, VAsturie et la Galltcie*. Plusieurs auteurs auciens parlent des masses d'or que les RomaiDS tirèrent des Gaules*, D'après Strabon > ce métal n'était pas rare dans la Bretagne. On Texploitait aussi dans la haute Italie, dans les Alpes piémontaises* et près de Salibourg *. Keferstein prétend que le lavage était employé en Silésie et en Bohême^. L'analyse chimique des objets en or de la Scandinavie donne l'alliage naturel de quelques mines des monts Ourals.

Tandis que les peuples du nord n*ont employé l'argent que longtemps après l'or, sans doute parce qu'il demande QQ art plus avancé pour être extrait des mines, ces deux métaux paraissent avoir été exploités en même temps dans le midi. Pline dit que VIllyrie envoyait à Rome beaucoup d'argent \ Strabon parle de l'abondance de ce métal en Espagne*. Un aïeul d'Ânnibal, Barca» tira tant d'argent de V Andalousie qu'il en fit faire des crèches et des sceaux pour son bétail. Tite-Live donne une idée de tout l'argent qui fut transporté d'Espagne en Italie ^ Les Gaulois Aé~

* Il produisait annuellement aux Romains 20 000 pondus d'or. — On trouve dans les Pyrénées des traces de ces mines.

* Strabon, César, Tiie-Live, Justin. — Strabon IV, S, dit que Lucra, roi des AvemeSp qui vivait il y a plus de 2000 ans, jetait au peuple chaque fois quMl paraissait en public des monnaies d'or et d'argent.

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