‹ Monuments de L'Antiquite dans L'Europe BarbareChapitre 16 sur 58 · IV · texte numérisé non relu

IV

* Odyssée, XV, 457. Un Phénicien voulait vendre un beau collier d*or avec de beaux grains d'ambre.

fil de bronze V La présence de l'ambre dans les anciens tombeaux à^Albano, révèle la haute antiquité des rapports commerciaux entre le midi et le nord. On attribua de bonne heure à celte substance des propriétés particulières. Pline * rapporte qu'on faisait porter aux petits enfants des colliers d'ambre pour les préserver des charmes et des sorcelleries. Il ajoute que de son temps les jeunes filles de l'Italie transpadane en portaient aussi comme préservatif contre le goitre et les maux de gorge '. Quant aux grains de verre colorié et d'émaux, ils présentent partout en Europe une identité surprenante, et, mêlés à ceux qui proviennent des tombeaux égyptiens, il serait difficile de les en distinguer. Cette analogie nous indique qu'ils doivent avoir été répandus par le commerce chez les pays du nord.

L'absence d'un ornement fort en usage plus tard mérite d'être mentionnée ; je veux parler des boucles d'oreille, dont aucune à ma connaissance n'a accompagné les objets qui nous occupent. En revanche les bracelets étaient très répandus *, Les dames grecques les portaient souvent au-

^ On en a trouvé en Moniagny, près d*Yverdon, de même à Stettin, avec grains d*ambre, de verre et d'émaux à mosaïque. Un fll de brouse &Uel%en portait des perles de bronze. — Le D^ Lisch m'écrit que les grains de verre bleu se retrouvent quelquefois dans le MeckUmbourg avec les objets de l*Age de bronse. — De même en Crimée.

« XXXYII, 3.

* Dans Tantiquarium de Munich est un magnifique collier composé entièrement de perles d'ambre rouge, dont la grosseur va en diminuant à chaque extrémité du collier. La pièce du milieu, un peu aplatie, est d'une grandeur étonnante.

* Eurydamas apporte à Pénélope des pendants d*oreille à trois pendeloques, d'un travail exquis. — Eurymaque lui apporte dei bracelets d'or et d'ambre. Odysiée, XVUI, 290 et suiv.

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dessQS do coude» et qoelqoefois anssî aa-dessus da poignet. On De coDDatt rien de précis à cet égard chez les barbares, cependant an passage de Diodore de Sicile semble indiquer que ces deux manières étaient usitées chez les Gaulois. En parlant de l'or abondant qu'ils trouvaient dans les rivières , il dit qu'on l'employait à la parure des femmes et même à celle des hommes. Les Gaulois, ajoute-t-il, en font non-seulement des anneaux, ou plutôt des cercles qu'ils portent aux deux bras et aux poignets, mais encore des colliers entièrement massifs ^ La distinction de Diodore entre les ornements des bras et des poignets paratt faire allusion à l'usage adopté dans le midi. — Nous ne pouvons dire si, de môme que chez les Romains, le bracelet fat aussi une récompense de la valeur, vu le manque de renseignements à cet égard*. Les bracelets, de beaucoup les plus nombreux, sont en bronze. Leurs formes n'offrent pas moins de variétés que celles des colliers. Ils sont ronds on ovales, unis ou gravés, fermés ou entr'ouverts, avec ou sans boutons aux extrémités. Parfois c'était une feuille on bandelette qui donnait le tour du bras. D'autres fois, la pièce plus massive est concave à Tintérieur et convexe en dehors. La plupart sont coulés. Quelques-uns ont été évidés à l'aide d'un noyau en argile ou fourrés d'une matière étrangère à l'enveloppe. Ce sont aussi de simples joncs ou des fils métalliques plus ou moins épais, dont les extrémités sont quelquefois nouées. Il en est à torsade, et d'autres perlés comme les grains d'un collier. C'est

■ Liv. V, pa%, 981, S89. Traduction de l'abbé Terrasaon.

* On voit de ces bracelets entr'ouverts représentés sur la poitrine de statues en marbre de centurions à Bonn et à Mayenee. Dans les derniers siè < êtes païens, les chefs portaient donc des bracelets en or.

HÉM. ET DOCDM. XXV. 11

i6!2 MONUMENTS DE l'aNTIQUIT^.

surtoai sur le bracelet que le graveur a déployé toutes les ressources de son art. Hachures, chevrons, ligues obliques, perpendiculaires ou parallèles, disques, cercles coucen triques et pointillages, ont souvent été disposés avec goût '. Une forme particulière de bracelets reproduit l'enroulement d'un serpent autour du bras. La tôte du reptile, fréquemment indiquée chez les Grecs, Test plus rarement dans le nord. Les tombeaux de Charpigny renfermaient un de ces anneaux en spirale, encore attenant à l'avant-bras du squelette. Ils ne sont pas rares en France et en Allemagne. On les retrouve même dans les tombeaux de la Sibérie, en or massif et d'une grandeur étonnante. Ce genre de bracelet a eu des destinations diverses. Ils

* Genève, — Marge$, — Charpigny — Be». — EchaUetu, Montagny près YverJoD. — Trey près Payerne. — Musée de Lausanne. — AgU%. — Gemp^ naeh près Morat, bracelets en bronze avec d'autres de verre. — Beme^ catalogue du musée. — Zurich, — Fribourg en Brisgau. — Hrilbronn (Wurtemberg), perlé. — Sinsheim^ tire-bouchons ronds, unis. — Damutadit 9IÈ petits sans raie, fermés ou entr'ouverts ; 2 à torsade avec i fila, i à tire*bouchon, 11 unis comme à Bonn. — Francfort. — Mayence, tire-bouchons, perlés, concaves à raies droites, ronds et sans ornement, comme ceux de Sinsheim, de Trej et des Cafres en Afrique. — Heue-Rhénanef beaux rayés. — Stuttgard, perlés. — Augtbourg, Fund von Ehingen. — Mumeh, antiquarium, à tirebouchons, gravés, très variés. — Bamberg, petits, rayés. — Prague, une vingtaine. — SUéiie, Biisching, XI, i, 8. Dresde, Klemm.— Groeeenhapi, — LeipMck. «- Halle. — Cëthen, belles rayures. — Magdehourg, de Werder. — Halberetadl^ tire-bouchons et autres. — Hanovre, idem. Uehen, idem. Sehwerin, idem. ~ Hambourg. — BerUn, bombés, rayés el autres. Siettin, tire-bouchons et autres, Putbui,

Copenhague, de tous genres.

Lund, % tire-bouchons.

Stockholm, Upeal

Caueaee,

France, collection de ta More, département de la Dréme. ^ Utkuanie, ionades.

AGE DU BBONZB. 463

serraient d'ornements, mais aussi d*armnres ou de brassards poar protéger l*ayant-bras contre les coups de l'ennemi. Noos verrons aussi dans la suite qu*on en détachait parfois une partie plus on moins considérable, suivant la valeur du métal dont ils étaient composés, et que ces anneaux, dont parlent les auteurs anciens, servaient, à la place de monnaies, pour les échanges et le commerce. — On a découvert, dans les pays baignés par la mer Baltique S des bracelets formés d'un fil de bronze d'une épaisseur d'environ 3 lignes. Le fil métallique a d'abord été roulé en spirale plate et serrée, d'un diamètre de 3 à 4 pouces, puis reployé de manière à former un anneau, dans lequel on peut passer l'avant-bras. Avec le prolongement du fil, on a fait une seconde spirale pareille à la précédente, en sorte que la pièce, dans son ensemble, présente l'aspect de deux disques fixés à un anneau '. Comme les bracelets précédents, ceux-ci ont aussi rempli le double office d'ornements et de brassards. Je dois ajouter qu'ils sont toujours en bronze. Il n'est pas sans intérêt de retrouver la reproduction de quelques-unes de ces formes de bracelets de Pancienne Europe chez les Ethiopiens actuels du pays de Bahr, vers les sources du Nil % et chez les Cafres ^ de l'in-

* On voit de cm bracelets à double spirale dans la collection du Louvre et dans le musée britannique.

* A Sekwerin, — Brùndebaurg, Beekmann. — Berlm, de Ledebur, pi. Il, N* II. ttt. — SUitin, trois grands. — Copenhague. — A Darmitadi est un de ces bracelets, dont les spirales n*ont qu'un pouce et demi de diamètre. Les fils de ces spirales, tonjours élastiques , ont été quelquefois travaillés de tcUe forte qu'ils ne peuvent pas céder en dedans, c'est-à-dire sur le bru Usdis qu'on peut les repousser en cône en dehors. C'est afin de mieui prêter le bras contre les coups.

' Ces bracelets sont en fer.

* Leurs colliers et anneaux de jambe sont en bronse, circulaires, aiseï

térienr des terres. Ils portent des colliers» des bracelets et des anneaux de jambe en bronze pareils à ceux de la Germanie. — Les tibias dés squelettes des environs de Halle * et de Sinsheim, dans le duché de Baden, portaient aussi de ces anneaux, lesquels étaient quelquefois une marque d'esclavage.

Dans l'antiquité, Tor a été connu de fort bonne heure et employé, comme nous l'avons vu, à des ornements divers. Les bracelets de ce métal sont généralement moins ouvragés que le bronze, mais non moins lourds et massifs. Il semble que chez les barbares sa valeur ait suffi à la parure. On a retrouvé de ces anneaux en or en France, en Angleterre, en Bohême ' et particulièrement sur les bords de la Baltique * et dans la Sibérie. Cependant, lorsque ces pièces sont isolées, il est souvent difficile de déterminer leur âge avec précision, vu qu'elles reparaissent souvent dans la période suivante.

Dans le nord, l'argent paraît beaucoup plus tard que l'or, tandis qu'on le retrouve déjà dans nos contrées avec des armes en bronze. Deux beaux bracelets en argent, terminés à leurs extrémités par des têtes de serpents, et du poids de quart de livre chacun, ornaient les avant-bras d'un squelette découvert sur le mont de Charpigny.

épais et tout unis, comme à Sinsheim et à Bonn. Les originaux soni déposés dans la RunstpKammer de Beriin.

* Les deux tibias d'un squelette d'enfant étaient passés dans trois anneaux de brome. Keferstein, pag . 16.

■ Un trouvé avec des monnaies celtiques en or, pareil à la flf . i4 de la pi. { de Wocel.

'Un trouvé avec le diadème en or de Stettin dans un vase de bronse. — Près de Hambourg, tire-bouchon en or d'un double fll soudé, trouvé avec urne cinéraire et épée en bronie. — Stockholm.

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Des bracelets non moins rares, sont des anneaux en verre blanc on de couleur, simples, perlés ou émaillés. Deox, conservés an musée de Lausanne, ont été découverts, il y a quelques années, dans les environs d'Echal^ lens, avec un autre bracelet de pierre ollaire. Ceux qu'on voit dans le cabinet des antiquités de Fribourg ' viennent de Gempnach, prés de Morat. Trois bracelets, un en agathe et deux en verre bleu étaient au bras d'un squelette découvert à Horgen, sur les bords du lac de Zurich *. Deux autres anneaux en verre sont déposés dans la riche collection de Wieshaden*^ deux à Londres et un à Saint-Pétersbourg, lequel a été trouvé dans le Caucase *. Les Egyp* tiens portaient déjà des bracelets de ce genre, et ils sont encore en usage de nos jours dans quelques fies de l'Archipel. Voici ce que raconte à ce sujet un voyageur français * : € Pour en finir avec les habitants de Pathmos, je

* Un bleu clair, an autre jaune, un troiaième brun clair, émaillé de jaune.

* Le tombeau était accompagné de S rangs de pierrei à 4 pieds de profondeur et sans colline. Ceux de verre sont plats à l'intérieur, convexes au dedans avec des lignes perlées, qui s'entrelacent et se croisent. Le bleu de 'un est produit par l'oxide de cobalt, le bleu verdAtre de l'autre par la même •obstance avec oxide de fer. Trouvées avec médailles celtiques en or du IV* au V* siècle.

" D'un verre bleu foncé, l'un large et transparent, l'autre rond.

* D'une seule couleur, vert jaune, simulant la torsade, mais par des rayures peu fortes et peu régulières, de la grandeur de ceux d'Echallens.

* Ifiifée des fanUUes, 1845, pag. 79. — Ces anneaux sont encore portés par les filles de iéricbo. « Les Bédouines (habitantes de Jéricho), ne portent pour vêtement qu'une toile bleue ; une large ceinture de cuir la serre autour de leurs reins. Elles couvrent leurs lèvres, leur menton et leurs seins de festons bleus, qu'une décoction d'alcool imprime sur la chair et rend ineflkçablés. Elles portent aux bras et aux jambes des anneaux de verre violet ou d'argent qui, une fois passés, ne se détachent plus, parce qu'elles adoptent cet ornement de bonne heure et grandissent avec lui* » Voir Souvenin de l^ofient, par le vicomte de Marcellus, tom. II, pag. 53, 1889.

166 MOHUMOm DS L'AUTIQTin.

dois ajooter qu'en reveoaDl vers le pon, noas rencontrâmes aoe jeane fille d'one charmante figare, qoi, moins saoTage qne ses compagnes, entra en pourparlers avec nous et me fendit pour quelques sons un bracelet en Yerre qu'elle portait au bras. Cet anneau de Terre bleu, qne j*ai eonsenr é, n'est assurément pas élégant, mais il offre une particnlarité remarquable à laquelle je n'avais d'abord pas pris garde ; c'est son extrême petitesse ; pas une main parisienne n'a pu se glisser dans ce bracelet qu'une paysanne de Patbmos avait retiré facilement de son poignet. Je ne saurais rien dire de plus flatteur pour les mains des dames de cette lie, chez qui la mode de ces anneaux est générale. > Les sagas islandaises nous rapportent que les bracelets de métaux précieux étaient quelquefois donnés en présent par les chefs. Ils nous apprennent aussi qu'on déposait de ces anneaux sur les autels, et que le serment le plus solennel était celui qu'on faisait en jurant par les bracelets consacrés à Odin. On envisage comme anneaux de ser-ment des bracelets entr'ooverts, terminés par un évasement concave qui les rend peu propres à être portés. Telle est la forme qu'on observe encore sur quelques anciennes monnaies qui représentent un homme debout, couvert de vêtements amples, le bras droit élevé, avec un anneau dans la main^ Plusieurs de ces anneaux en or ont été

< n faut rapprocher de ces faits le ierment par le glaive, dont parlent Hérodote, lÎY. IV, chap. 6S. Poniponius Mêla, IW. II. — Solinus, chap. 10. — Ammien Marcellin, liv. XVII, chap. IS. — De Danit, Adamus Bremeniis, chap. 80. De Scythis, Lueiani Toxaris, passim 690. — Cromer, IW. III, dit qu'en Pologne la coutume dura longtemps encore sous le christianisme, que les chevaliers, tandis que le prêtre lisait rBvangile devant Tautel, saisissaient leucs glaives (gladios medio tenus stringerent, quasi profltentes KvangelU et religionis defensionem).

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découverts en Irlande et en France, auprôs d'autels druidiques, position qui répond à leur destination religieuse ' . On en voit un à Stockholm, six à Copenhague et m à Uelzen dans le Hanovre*. Trois anneaux en bronze» qoi peuvent être rapprochés de ceux-ci, ont été découverts, avec 43 celts et un fer de lance, sous un grand bloc granitique, dans la campagne de M. Taylor, à Charfngny. La forme la plus générale des bagues en or ou en bronze *, est une spirale, dont le fil donne plusieurs fois le tour du doigt. Quelquefois, c'est un simple jonc, dont les extrémités sont nouées en forme chaton. Sur une bague en argent, accompagnée d'autres en or et des bracelets en verre de Horgen, était gravée l'image d'un cochon à long museau, genre de représentation très affectionné des Gaulois.

Ceintures.

Strabon * raconte que les prétresses des Gimbres portaient des ceintures en bronze. Le petit nombre de ceintDres entièrement en métal, retrouvé jusqu'à présent, permet de supposer qu'elles avaient une destination particolière. Une, des environs A' Arles en France ^, est composée de deux rangs de plaques carrées en bronze, fixées les unes aux autres par des anneaux et au-dessous des-

< De Caumont, Coun dantiquiié. PI. X, 1, 1.

* Communication de H. d'Eslorff.

' Gnaenhayn, brome. -^ SchMerin, or à spirale. — Halberttadi. Auguttin, pi. IVU, 8. — Hamkourg, Une bagne, faite comme les braceleU à double spirale plate.

* Liv. VU, chap. t.

* Elle Mi conservée au musée de Copenhague.

168 MONUMENTS DE l'aNTIQUITÂ.

quelles sont suspendoes des plaques triangnlaires, ornées de gravures. On a découyert près de Creil sur TOise un grand cercle d'or en torsade qui parait avoir eu la même destination. Une ceinture en bronze de Stockholm est an simple anneau à torsade assez grand pour donner le tour de la taille. On en a trouvé une autre d'or massif en Sterne qui donne six fois le tour du corps et dont les extrémités représentent des têtes de serpenta La plupart des ceintures ayant été en cuir on comprend qu'elles n'aient pu parvenir jusqu'à nous. — Chez les anciens peuples celtiques, une ceinture dune dimension déterminée était déposée chez le magistrat et ceux d'entre les guerriers qui, en raison de leur embonpoint, ne pouvaient l'agrafer, étaient condamnés à payer une amende.

Fibules.

Les fibules répondent, soit par leur forme, soit par leur destination, à l'ornement connu de nos jours sous le nom de broche. C'est d'abord une épingle recourbée en arc de cercle, dont la pointe, élastique ou mobile, décrit la corde et se fixe à un crochet, après avoir pris l'ampleur du vêtement. La tige, ainsi reployée, reproduit autant de figures diverses que l'imagination de Tartiste en a pu créer. Ce sont des enroulements variés, des spirales doubles ou simples, des lamelles découpées ou reployées, munies d'une aiguille '. La longueur des fibules ordinaires

' Déposée dans la collection de racadémie des sciences, à SaintpPétersbourg.

* Zurich, MUtheilungen, Darmitadi, — Stuttgard, — Bohême, brisétis, une double spirale mais

AOB DU BBONZB. 469

est d'enviroQ deux ponces. Od les retrouve en Italie, dans les tombeaux A*Albano, et dans tous les pays de l'Europe habités avant l'ère chrétienne. Le nord a cependant quelques formes qui lui sont propres et qui se distinguent par leurs grandes dimensions. Quelques fibules» longues de 5 pouces, propres au Danemark, à la Suède, et au Hanovre, sont composées de deux parties ovales, convexes et bosselées, réunies par un arc de cercle. iïautres, non moins volumineuses, ont la forme d'un entonnoir, surmonté d'un bouton, et portent des gravures de serpents ou dragons, dont les ondulations ont été tracées avec habileté ^ — Une fibule en bronze, trouvée en Silésie, près de Schweidnitz, ne mesure pas moins de 13 pouces de longueur, et pèse près de trois livres * ; elle est composée de deux grands disques en spirale réunis Ton à l'autre par une plaque ovale et gravée. La grandeur de cette pièce, placée sur la poitrine, permet de supposer qu'elle était à la fois ornement et armure.

Débris, symboles.

On découvre souvent divers débris en métal qui ont été la garniture d'objets dont les formes ne soot pas ar-

lans épiofle. — Dreide, Klemm. — Groêsenhayn. — Leipikk. — HaUe^ Kruse, vol. III, cah. 1 el 2, pi. II. — Halbersladt, — .Hagdebourg. —*i\iecklembourg. — Brandenbourg, Beckmann. — £/e/s«n, d'Estorff. — /ianovre, Stettin, flbule à deux grandes spirales. — Berlin, 144 fibules. Ledebur. Siléiie^ Busching, tom.XI, fig. Set 11,1.

Copenhague.

Lund, Stockholm,

' Lund, 2 fibules entonnoirs. Stockholm,

* Busching, pi. Il, 1.

470 MONUMENTS DE l'aNTIQUITB.

rivées jusqu'à nous, et sar la destination desquels il est difiScile de se prononcer. On trouve aussi de petites roues * , des disques, des croissants, des triangles et d'autres objets, percés d'un trou, ou munis d'un piton pour être suspendus. Un fait digne de remarque, c'est que la plupart de ces figures sont reproduites sur les médailles celtiques. M. Perd. Relier de Zurich pense que ce sont là des emblèmes, les signes d'une langue symbolique. Chaque population aurait choisi une image, qui, comme emblème de la race, s'inscrivait sur ses médailles et ses étendards. La coïncidence des points, des zigzags, des signes divers qu'on voit sur les médailles, les vases, les plaques en bronze, les bracelets et les fibules* mérite d*6tre étudiée, mais, pour arriver à des résultats positifs, il faut comparer et recueillir beaucoup. Au premier coup d'oeil, toutes ces gravures indiquent une même manière de faire généralement répandue chez les peuples barbares. Un examen plus approfondi révèle des signes propres à certaines contrées ; et souvent, en généralisant, ce qu'on avait pris pour les traits caractéristiques d'une localité se reproduit sous les mêmes formes à de grandes distances. Ainsi on a regardé quelquefois les doubles spirales, si souvent répétées sur les bronzes du nord, comme un ornement propre aux Scandinaves, et cependant, je les ai retrouvées sur des plaques venant du Caucase, sur les plus anciens vases étrusqms et sur un camée égyptien. Pour éviter de tomber dans de pures conjectures, il est donc plus prudent de suspendre ses jugements, jusqu'à ce que les faits

* Catalogue du musée de Berne, pi. 4, flg. 8. A Berlin sont de très petitei roues en bronse munies d'un, moyeu de chaque c6t6.

• MorgenbUat, 1854, N* 69.

AGB DC BRONZB. 474

soient réunis en assez grand nombre pour permettre d'établir avec certitude les distinctions de peuple à peuple. De cette difficulté découle un autre résultat : c'est l'analogie de Fart dans des contrées si diverses et souvent à des âges très distants les uns des autres.

Cuir, étoffes.

Nous avons vu quels étaient les principaux ornements en Qsage durant la seconde période. Nous ne devons cependant pas oublier qu*on ne retrouve dans la tombe qn'uoe bien petite partie de ce qui y a été déposé. Les matières décomposables ont naturellement disparu ; et lorsqu'il es reste quelque chose, ce ne sont que des parcelles trop incomplètes pour qu'on puisse juger de l'ensemble. Des restes de cuir, et môme d'étoffe, ont été recueillis dans quelques tombes, et si l'archéologue se donnait plus souvent la peine de fouiller lui-même, ces débris seraient moins rares dans les collections. Qu'un sol humide ait pu conserver, même des lambeaux d'étoffes, durant plus de 2000 ans, ça doit paraître pour le moins doQteux, aussi est-il nécessaire d'indiquer la raison de ceue conservation. L'oxidation des métaux, et particulièrement du bronze, en se répandant sur les corps en contact avec l'objet oxidé, a la propriété de conserver une partie de ces corps ; mais cette oxidation ne se répand pas assez loin, à moins que la pièce de métal ne soit fort grande, pour préserver entièrement de la décomposition la matière en contact, encore faut-il beaucoup de soins poor lever intacts ces débris, imprégnés la plupart du temps de l'humidité du sol. Exposés à l'air, leurs parties

472 MONUMENTS DE L'ANTIQOITi.

aqueuses se volatilisent, et ils finissent par reprendre quelque consistance. C'est ainsi qu'on a conservé le fourreau de cuir d'une épée en bronze, de petites graines» une trousse et des restes d'étoffe recueillis dans un tombeau du Danemark. Dans quelques collections, on voit des morceaux de cuir préservés par l'oxidation de garnitures en bronze V Les restes d'étoffes sont beaucoup plus rares. Le musée de Christiania, en Norvège, possède quelques-uns de ces rares échantillons, précieux par leur antiquité, mais d'un travail encore fort simple *. C'est un tissu, ou plutôt une toile en laine d'une couleur brune, dont l'exécution ne donnerait pas une haute idée de l'art du tisserand si nous devions en apprécier le développement d'après l'étoffe conservée. Cependant, quand nous reproduirons ce qu'on connaît des costumes des anciens peuples, on pourra s'assurer que la métallurgie n'est pas le seul art qui ait été cultivé au milieu d'eux avec quelque succès.

Vases.

L'art du potier, déjà connu dès les temps les plus reculés, prend une grande extension dans la seconde période. Les vases d'argile jaune, brune, et plus souvent noirâtre, se retrouvent dans les anciens tumuli de la Grèce, de VltaUe et des autres pays de l'Europe. Nulle part ils ne sont plus nombreux qu'en Allemagne. Des mil-

* Dant rantiquarium de Munich, — Berlin, collection d'antiquiléa nationales, mates de vêtement ou armure en cuir. — Schwerin, Jahr. i84i. fif . 8.

* M. le professeur Keiser m'en a remis un échantillon trouvé dans un tombeau de la paroisse à'Haaland (Stavanger-Amt) avec une épée en bronxe.

AGE DU BBONZB. 473

tiers ont été découverts en Silésie. Souvent, à côté de Tnme qui contient les cendres du mort, sont disposés des rases, ordinairement vides et dans lesquels il ne reste plus trace des mets et des boissons offertes au défunt. Ces vases de la vie domestique présentent plus d'une forme encore reproduite de nos jours. La coupe évasée, à la ma- Dière de celle des Etrusques» a été retrouvée en Silésie S ainsi que les formes de jatte *, de théière ' et même d'oiseau \ Parfois trois petits vases rapprochés ne forment qu'une seule pièce *, ou bien le même vase est divisé en deax ou trois compartiments*. Plusieurs sont munis d'une OQ deux anses, ordinairement rapprochées du col, plus rarement adaptées vers le pied \ Dans le Wurtemberg *, la Saxe ' et la Thuringe '®, on a découvert des coupes en argile qui ont la forme d'une corne de bœuf. La coutume de boire dans des cornes fut générale dans l'ancienne Europe. On voit au milieu des antiquités grecques et romaines, de ces coupes dont la pointe se termine en tête de bœuf*'. Pline dit que les peuples du nord choisissaient de préférence pour boire les cornes de l'urus, à cause de leur vaste capacité 'V Elles étaient encore en usage chez

' A Polgien, Buscbing pi. VI, fig. 2.

' A PeUMendorf, Busching pi. X, ttg. S.

' A Petichkendorf, BuBching, pi. 1, Ûg. 8.

* Brauehitêdorf, Busching pi. IX, fig. 1.

* Petsehkendarf, Busching pi. X, flg. i. ' Groitenkayn, de Preusker.

^ Dans la collection du professeur Wiggert, à Magdebaurg.

* A Uetllfronn^ collection du maire.

' Grimenhayn, Leipiiek.

" HaUe.

'* Elles portaient le nom de Rythium.

" Pline, lib. XI, cap. 87. « Urorum cornibus barbari teptantrionalet potent : umasque binas capitis unius comua implent. •

les Grecs dans le IX« siècle. En 787, le concile de Galcnth, en Angleterre, défendit de célébrer la messe avec des calices de cornes. Ces cornes paraissent aussi sur d'anciennes tapisseries qui représentent la conquête de l'Angleterre par Guillaume-le>Conquérant, et le voyageur qui de nos jours visite les tumuli deGamla Upsala, tombeaux d'Odin, de Tbor et de Frey, ne tarde pas, dès qu'il a gravi les collines, à être rejoint par l'habitant du voisinage qui vient présenter à l'étranger la grande coupe de corne remplie d'bydromel '. — Dans quelques localités, les tombeaux renferment des vases de dimensions très petites, d'un à trois pouces de haut, qui paraissent avoir été des jouets d'enfants ', ainsi que des pièces en argile de la forme d'un œuf, dont l'intérieur évidé contient quelques petites pierres. — Près de Neusladt^Eberswald, on a découvert un grand nombre de creusets avec des scories et des fragments de bronze ; arrondis à leur base, ils sont carrés à leur ouverture, tandis que ceux de nos jours sont triangulaires.

* Les cornes les moins anciennes que j'ai vues dans les cabinets de Prague, de Halle et du nord, portent ainsi que celle d'Upsala des garnitures eo bronse ou en argent et sont munies de deux pieds qui permettent de les poser sans répandre la boisson, tandis que celles en argile, étant sans pied, devaient être vidées auparavant. L'hydromel ou miod est fait d'eau de bou? leau et de plantes fermentées. Plus doux que la limonade, il en a tout le pétillant quand il est en bouteille.

Un neveu du prince Dadian reçut du Bois de Montpéreux dans sa Mie demeure au milieu des ruines imposantes de Nakolakevi (c'est-à-dire vieille ville) VArchaopoMi de Procope, VAea des anciens Colches. où Gircé reçut l)l|fse dans son palais de marbre. Au lieu de tapis de pourpre, de tables d'aifent, de coupes brillantes, ses bancs étaient de bois, la terre son tapis, ta eottpe une corne reetmrbie, une planche sur quatre pieds remplaçait la table d'argent Voyage «ffotir du Caùeate^ III, 5S.

* Entre autres à Grossenhayn et dans Itle de Bomholm, d'après Sortenip.

AOB DU BRONZE. 475

Il est assez rare que les vases qui nous occupent soient en métal. L'un, de SiJ^iverin, d'un diamètre plus grand que sa hauteur, se rétrécit en-dessous du col évasé et porte deux anses adaptées par des clous rivés ^ Un autre ?ase en bronze» de Berlin, a la forme d'une demi-sphère*. Dans la collection d'antiquités A'Augsbourg est un vase en or de la forme d'une grande tasse, orné de cercles concentriques en reliefs produits par le bosselage. — Dans le Danemark, outre plusieurs vases en bronze, on en a découvert un d*une seule pièce en bois, accompagné des objets qui caractérisent cette période, mais on n'a pu le conserver intact *.

Vume destinée à recevoir les cendres du mort varie beaucoup de grandeur. Il en est de dimensions très petites et d'autres qui ont près de deux pieds de haut; quelquefois elle repose dans un vase plus grand. Elle est rarement munie d'un couvercle, celui-ci est remplacé par une pierre plate. La forme la plus généralement répandue est celle de la citrouille, surmontée d'un col légèrement évasé à son ouverture. — En Italie, on découvre dans la Campante, au dessous de plusieurs couches de lave, des vases d'argile ronds et terminés en pyramide.

* Liscb, Fred. Fran. pi. 111, t.

* StM aucnn ornament, dans la collection des auliquitét nationalea.

* Du poids de 19 karats et 7 grains. Voir le Jthn. Berieht des Mit Ver. im Oberdonau Kreiie, 1885, tabl. VI, flg. 68 et 68. — Peut-être pourrait-on nentionner ici le chapeau iTor de Tantiquarium de Munich trouvé avec un eslt en bronse.

* Dans la collection de Copenhague, il y a 9 vases en brome, d'une forme tougère au culte. D'autres vases en bois, à petites douves et cerclés en brooie, sont d'un âge un peu postérieur.

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