VI PREFACE
sification et de remaniement que le comité ne s'est pas jugé autorisé à entreprendre. Il est rare que l'on puisse sans inconvénient substituer sa propre intelligence, sa propre pensée, à celle d'un autre. Cela devenait impossible, alors qu'une telle substitution eût dû se faire dans le domaine d'une science nouvelle, dans laquelle, parmi nous du moins, il occupait le premier rang. Nous sommes heureux de dire que ces manuscrits précieux, s'ils ne sont pas publiés, demeureront néanmoins d'un facile accès, puisqu'ils doivent être placés dans la partie du Musée d'antiquités de Lausanne où se trouve aussi la riche collection que Troyon s'était composée.
Doué d'im remarquable talent d'exposition orale, notre collègue avait plus professé que publié. Il se réservait pour un ouvrage d'ensemble , que chaque découverte obligeait à recommencer, et pour lequel il continua toute sa vie à recueillir des matériaux.
Parmi les travaux variés que nous avons eu mission d'examiner, quelques-uns cependant portaient un caractère d'achèvement assez avancé pour qu'on ait pu songer à les imprimer tels, à fort peu de chose près, que leur auteur les avait lui-même conçus. Ceux-ci sont, à la vérité, déjà assez anciens. C'est un inconvénient, lorsqu'il s'agit d'une science qui avance si rapidement. Toutefois, nous osons le dire, le présent volume, œuvre de la jeunesse de notre excellent ami, n'a
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pas moins d'importance scientifique que les écrits composés el publiés plus tard ; en outre, il servira à placer ceux-ci dans leur vrai point de vue.
C'est un recensement des antiquités de l'Europe barbare, ou, en d'autres termes, des antiquités non classiques. Troyon, qui voulait tout voir par lui-même, fit de longs voyages pour étudier soit les musées publics, soit les principales collections privées, en Allemagne, en France, en Angleterre et dans le Nord. Déjà connu à cette époque par la découverte des tombeaux de Bel- Air, il reçut partout de la part des hommes spéciaux, Taccueil le plus sympathique. Il leur apportait, comme il recevait d'eux.
Aujourd'hui un travail du genre de celui-ci ne serait peut-être plus possible; la moisson est devenue trop vaste ; au moment où Troyon l'entreprit il était déjà bien considérable. Le lecteur aura lieu de s'en assurer.
Ce volume est tiré des notes, suffisamment rédigées, d'après lesquelles furent donnés différents cours publics à Lausiinne, Morges, Vevey, Genève et autres lieux, dans les années 1849 à 1854.
La rédaction dont on s'est servi comprenait deux cours ayant également pour objet les antiquités de l'Europe barbare. Le second faisait suite au premier, mais n'a pas été terminé selon le plan de l'auteur, du moins dans les manuscrits que nous avons utilisés. Les
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notes excessivement concises qui servirent pour les répétitions de ces cours se référaient à sa première rédaction et n'ont pu nous servir à la compléter.
La fin de l'âge du fer, comprenant les première siècles de notre ère, ne parait, dès lors, pas être traitée avec toute l'extension qu'elle avait dans la pensée de l'auteur, et qu'elle a reçu peut-être en dernier lieu, dans des expositions orales. Cette circonstance devait être notée afin de laisser à chacun sa responsabilité. Il est, plus que probable que l'auteur, s'il eût vécu, n'aurait pas fait imprimer son ouvrage dans la forme où nous le donnons maintenant; mais, n'ayant que le choix entre la publication actuelle ou le défaut de publication , nous nous serions mal aisément décidés pour la dernière alternative.
Les deux morceaux accessoires placés à la fin du cours sur les antiquités de l'Europe barbare sont relatifs à la Suisse romande. Le premier est un recueil d'articles insérés, sous le titre de Statistique des antiquités de la Suisse occidentale, dans V Indicateur d'histoire et d'antiquités de Zurich; ces articles furent composés de 1855 à 1858, alors que les antiquités lacustres devenaient déjà le but de nombreuses recherches.
Le second opuscule, intitulé Notice sur les antiquités romaines du canton de Vaud, ne porte pas de date, mais parait avoir été composé peu après le morceau
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principal du volume, ou vers le même temps. Gomme conservateur des musées d'antiquités, Troyon était appelé à s'occuper activement de nos antiquités romaines, l'idée qu'il s'en faisait est exprimée succintement dans cet écrit.
Pris dans leur ensemble, ces derniers morceaux comblent, pour ce qui concerne la Suisse romande, la lacune signalée plus haut dans le traité général sur les antiquités de l'Europe barbare.
La difficulté du manuscrit dans certains passages, jointe à une indisposition du membre du comité chargé de surveiller la composition , ont entraîné des fautes d'impression dont une certaine quantité sont corrigées dans Verrata. Nous sollicitons l'indulgence pour celles qui subsisteraient encore.
Nous n'avons pas l'intention d'exprimer ici un jugement sur le mérite du présent écrit; qu'il nous soit seulement permis de faire observer qu'à notre connaissance tous les travaux de ce genre publiés jusqu'ici sont des travaux particuliers, relatifs à tel pays, à telle localité Ou à telle question. Ce qui caractérise celui-ci c'est en premier lieu d'être un traité général, et en second lieu d'être essentiellement descriptif. Il aura par là une utilité durable, quelles que soient les découvertes faites dans la suite et les conséquences que l'on en déduira. Il n'est pas donné à chacun de parcourir l'Europe