‹ Monuments de L'Antiquite dans L'Europe BarbareChapitre 39 sur 58 · DE LA SUISSE OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

DE LA SUISSE OCCIDENTALE

nelles, et il est d'ailleurs fort possible que quelques-unes de ces habitations aient survécu à une destruction générale. Quoi qu'il en soit, le fer est étranger à la plupart de ces emplacements qui offrent ordinairement tous les indices d'une destruction par le feu, pendant l'âge du bronze^ Les observateurs attentifs avaient déjà pu conclure du nombre des sépultures antiques à celui des habitants de l'ancienne Helvétie, et ces nouvelles découvertes viennent dépasser les prévisions à cet égard. Polybe affirmait déjà que les vallées, au pied des Alpes, étaient bien plus peuplées qu'on ne se l'imaginait à Rome. De nos jours, on a encore à combattre les mêmes préjugés que ceux des anciens Romains. Il sera facile de se faire une idée de la population approximative des riverains de nos lacs, si l'on prend un jour les dimensions exactes de jtous les emplacements recouverts par ces antiques pilotis. Il suffira pour le moment d'en donner un exemple. Vis-à-vis de la ville de Morges, les pilotis s'étendent sur un espace de 1200 pieds de longueur sur 150 de largeur en moyenne. Ces pieux étant destinés à supporter le plancher brut sur lequel étaient assises les cabanes, on a ainsi la mesure exacte, en minimum, de la surface de ce plancher, soit 480 000 pieds carrés. Si l'on admet que les couloirs aient pris la moitié de cette surface (ce qui est assurément beaucoup) et que le diamètre extérieur des cabanes a été de 17 pieds, d'après l'observation faite plus haut, il en résulte, qu'il reste encore une place sufiSsante pour grouper 316 de ces but-

* Voir pour plut de détails ma notice lur les Habitations lacuitreê de la Smutt insérée dans le Journal de Genève du 80 sept, au 1 oct. 1857. et dans le Bon Ménager de 1858.

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ted, ^03 compter l6$ nàQ$ inivccupés eotre €e$ demeQres cireoiair^. Eafio , eo adm^ant que chaque eabaoe ait eoDtenu 4persoaQ68, en moyaone, on arrife au chiffre de 1264 habitants pour ce Mal emplacement, qoi est l'an de» plue grands, il est vrai.

On pourrait croire que la population , à cette époque, était efi^entieilement groupée sur les rives des lacs, mais il ne parait poiot qu'il en ait été ainsi. Dans ce cas, la dé* couverte des sépultinres d# U même période devrait sur** tout avoir lieu le long du littoral des bassins d'eau, ce qui o'a cependant pas été le cas iusqu'à présent. Les tombes de l'Age du bronze, renfermant des objets pareils à cens qui accompagnent les pilotis, sont aussi nombreuses loin des lacs que sur les rivages, et leur disposition géogra* pbique indique une population répandue assez également dans le pays, si l'on en excepte les contrées montagneu<ses ^ Ces observations font comprendre l'importance qu'il y a pour ces recherches de statistique à tenir compte de toutes les découvertes, lors même qu'elles sont souvent la simple reproduction de Caits déjà connus.

Une population aussi nombreuse pour cette époque re-« culée, quoique bien iuférieure sans doute à ce qu'elle est de nos jours f implique la nécessité d'un certain dévelop^ pement, qui ressort déjà, à quelques égards, de ces constructions elles mêmes, ainsi que de l'art du fondeur et du potier» Mais, à côté de l'industrie, l'agriculture oe pou^ vait rester iètrangére à ce peuple, dont on retrouve les fau*

* Resterait la supposition d'après laquelle les habitants de ces bourgades HtciMtfM auraient jeté les corps des déAinU dans les eaux, vnH rien, jusqu'à présent, ne nous fournit Tindice d*un pareH «sage. Les sépullnres m» trouvées sur plusieurs points des rivages semblent exclure eetle hyp«lhésc.

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