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DE LA 8U1SSB OCCIDENTALE

au milieu desquels il y a môme des vases plus ou moins intacts. La plupart de ces emplacements paraissent avoir eu leurs potiers, à en juger parles pièces, qui, déformées lors de la cuite, étaient jetées à Teau, ne pouvant avoir cours dans le commerce. L'argile , généralement, pétrie avec de petits cailloux siliceux , a été souvent travaillée avec une assez grande finesse, soit à la main, soit h Taide du tour. Les dimensions et les formes des vases sont extrêmement variées : quelques-uns sont de véritables joujoux d'enfants, d'autres mesurent jusqu'à 2 et 3 pieds de diamètre. Il en est dont le fond, terminé en pointe, exigeait un support, et tel est l'usage de nombreux anneaux en argile, pareils à des torches. Des anneaux du même genre remplissent encore le même but chez les Hindous et chez quelques populations de l'Espagne. De petites pièces sphériques , en terre cuite , percées d'un trou , ont servi de poids aux fuseaux. Des ornements en torsade, des pointillages et de fines stries recouvrent parfois ces poteries et plus particulièrement les vases.

L'âge de ces débris est suffisamment déterminé par les nombreux instruments tranchants en bronze qui les accompagnent. Les hachettes, connues sous le nom de celt , les couteaux et les faucilles en bronze sont moins rares que les épées, les poignards et les pointes de lance, de javelot ou de flèche. On découvre des épingles de toutes dimensions, des aiguilles à coudre, des poinçons, de nombreux bracelets de formes variées, des anneaux divers, des hameçons et plusieurs objets dont la destination est difficile à saisir.

Comme pièces exceptionnelles , on doit citer une ou deux lamelles en or et quelques grains de collier en verre,

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qui proyianQeQt aaos doqte da commerce des PbémoieQ& avec le midi des Gaules. C'est 4 M, le colooel Sobwab qu'est due la découvene de ce$ pièces dans le lac de BienueS Meotioupous aussi un moule de hache, eo bronze, sorti du milieu des pilotis de Morges par M. F. Forel, moule d'après lequel on peut >*as$urer que ces populations avaient leurs fonderies \

Outre ces restes d'industrie, on trouve des marteaui^ et quelques petites hachettes en pierre, des pierres à broyer,, à aiguiser et à polir, d'autres, de la forme de petites poulies, des espèces de meules de moulin» des ossements de cerfs et de la plupart des animaun domestiques % quelques canots en bois, creusés comme des auges, semblables aux pirogues des sauvages, enfin des fragments de Targile qui servait de revêtement aux cabanes et qui portent en creux l'empreinte des branchages employés à ces

* J*a| fbviUé , ea novambre 1857, un ionbef^a de l'Age du bronse, prèi d'Aigle, qui contenait aussi un collier de pâtes éoiaillées. Des grains de ▼erre bleu ont pareillement été trouvés dans des tumuli du même âge, sur les bords de la mer Baltique. Cependant, 11 se peut que les verroteries du lac de Bienne proviennent du commencement de l'âge du fer, !!• Schwab ijaiil repéché quelques objets de ce métal.

' Une fonderie de l'âge du bronze a été retrouvée, en 1857, en nivelant le sol de la cour du château d'Echallens. L'enfouissement consistait en nombreux culots de cuivre rouge, en fragments d^natrumeots de bronae, éesliaés à être jetés dans le creuset, et en celts , doqt quelques-uns sont des échantillons manques qui n'étaient bons qu'à être refondus. Le cuivre rouge des culots et le bronse jaune des celts montre que l'alliage de Pétain se faisait Bur place.

" Voir, relativemept aux animaux qui vivaient avea lea plus ancien Mm^ tants de l'Helvétie, ma notice sur les Ossements et antiquités du lac de Moos^ seedorU Bibliothèque universelle de Genève, mai 1857, et Die Ffahlbau-Al- Éerthilmer von Moosseedorfy im Kanton BemCy von Alb. Jahn und /ok. Ukl* tnttnn»

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cotiser otUons. Ces fragmeote a'onl pu se conserver dans l'eso qu'après aroir été €Qite par l^inceodie» et il ssl à remarqoer qoe leur face unie présente toujours une légère eqDOftf Ué, qai permet de conclure que les cabanes étaient oircolaires et que leur diamètre intérieur mesurait de 10 à 15 pieds» dimensions qui ne sont point inférieures à celles des huttes des sauvages.

L'un des lacs où les explorations ont été les plus riches, est celui de Bienne, dont je laisse à M. le colonel Schwab le soin d'énumérer les diverses localités où il a constaté avec M. le notaire Muller l'existence de nombreux pilotis.

Le lac d'Yverdon, soit de NeucbAtel, renferme des débris d'habitations lacustres près A'Auvemier, de Coriaillod, de l'Abbaie et du MouUn de Bevaix , de Concise, de CorceleUes, de Clendi^ à'Eslavayer, de Chevroux et de Port-Alban.

On les trouva dans le lac Léman près de CuUy, de Lu^ Ury, de PnUy, de Cmr, de Vidi^ de St.-Sulpice, de Morges,

de St.'Prez, étRolle, de Nyon\ de Versoix, de&Pâquis et de liive vis-à-vis de Genève*, près de la Beloite, de la Gabiule, de Bassy^ à'Hermance, de Beau-R^ard, de Nernier^ d'Ivoire, de Thonon, d'Evian et A'Amphion ^

* On voit dana la lao, pfèa d« Nyon , dea jpieuK de tous lea ftgea. Ceux qui nous occupent sont en face de la rade entre le port et la pointe de Promenl¥oui.

* A reitrémilé du petit lac, les pilotia sont «lisaéinÂsés sur des pointa div«tf ; <|»ilfiiea«*iiiia travertevt même le lae dana aa larfeur, d'autres, oblitquement ; ils sont connus sous le nom de Travers,

' 11 itot lenir compte que vers quelques-unes des localités mentionnées il •zÎAte parfois deux et mémo trois emplacemeats distiaets. "» H. Ad. Morlut a observé dernièremaot à la tète du Liéman des yieux mis à découvert par la tranchée du chemin de fer à ViUcaeuvo. L'emplacanent qu'ils occupent

h7h ANTIQUITÉS

Les découvertes de M. Morlot, dans le petit lac d'Iokwyl, et de MH. JatiD et UbImaDD» dans celui de Moosseedorf, font voir que ces habitations n'étaient pas uniquement propres aux bassins d'une certaine étendue; aussi, je n'hésite pas d'attribuer au même genre de construction la découverte^ qui fut faite, à la fin du siècle passé, dans le petit lac de Luissel , près de Bex , d'où l'on sortit des pointes de lance et trois belles épées en bronze, conservées dans les musées de Lausanne et de Berne. Un témoin oculaire de cette découverte m'a affirmé qu*on avait trouvé sur le môme point des pièces de bois, des ossements et une certaine quantité de blé, enfouis dans la tourbe '.

Ces débris constatés sur un si grand nombre de points, depuis la découverte de Meilen, ne sont pas propres à la Suisse seulement. J'en ai vu de pareils dans le lac d'Annecy, en Savoie •, et Ton commencée en découvrir de semblables en Irlande et dans le nord de l'Angleterre , en sorte qu'on peut s'attendre à voir se généraliser ces découvertes dans la plupart des lacs de l'Europe.

L'époque à laquelle ces constructions ont cessé d'être en usage parait tomber sur la fin de la période du bronze, à en juger du moins par l'état actuel des recherches* MM. Muller et Schwab ont cependant repéché quelques instruments en fer, mais ces pièces sont très exceptionporte les traces caractéristiques d'une ancienne rive, bien que ce point mAi actuellement séparé du lac par le bourg de Villeneuve ; mais on ne peut affirmer que ces pieux , malgré leur haute antiquité^ proviennent d'habitations lacustres.

* Voir la description de cette découverte dans le Nouvelliite vaudoit du SI octobre 1808. La découverte date du S4 mars 1791 et fut amenée par les travaux de dessèchement entrepris pour l'exploitation de la tourbe.

* Ga%ette de Savoie 19 et SO septembre 1856.

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