DE PRUSSE, FRÉDÉRIC-GUILLAUME IV
LES REINES DE PORTUGAL, DON A MARIA; d' ESPAGNE, ISARELLE 11; DE LEURS ALTESSES ROYALES LES GRANDS-DUOS DE TOSCANE, LÉOPOLD II;
DE SAXE-coBouRG ET GOTHA , ERNEST- ANTOINE-CH ARLES-LOUIS.
Leur très-luinible et Irès-obéissanl serviUnir,
AUGUSTE WAHLEN,
Cllk.V4UER Ue PLISIEIB» OfeDIlt»
RriixfHes, \" juin I8i5.
^H ^^r Ks inouiimeiils soiH la plus lidèle dos liis-
^M B '-, foires; seuls ils uous fournissent sur les relî- .
^B "Ub ~~' gîons, les mœurs, les coutumes des peuples
qui les onl érigés des données certaines, dej* renseignements poBitil's que n'ont pu altérer S=fL^^^^^i*5^-i '^ partialité ou l'ignorance d'écrivains pré- — -" ' ' ""i* ~F^^=-^^ venus, ou même étrangers el ennemis. Aussi, ' à noire époque où tous les esprits sont tournés vers les études historiques , a-t-on apprél'ié tiiulf riiiiportanre de l'evamen approfondi des monuments répandus sur la surface du globe. On a compris qu'il ne peut y avoir d'histoire uiiiversi'lle sans les voynges. de philosophie étendue sans la connaissance des systèmes
IV AVANT-PHOPOS.
qu'ils nous ont révélés. La seule découverte de Pompéi el d'Herculanuni ne nous a-t-^lle pas initiés à la vie des Romains plus que n'auraient pu le faire des milliers de volumes laissés par les historiens?
Dans l'antiquité, bien peu de voyageurs nous ont transmis la peinture des lieux qu'ils ont parcourus; et cependant, quelle a été pour nous l'utilité de leurs écrits! Quel jour se passe sans que nous ayons à recourir à Hérodote, à Pausanias, à Strabon, à Tacite ou à César? Au moyen âge, ce n'est guère qu'après la première croisade que nous voyons apparaître les premiers voyageurs qui nous aient fourni quelques détails sur des pays aussi célèbres qu'ils étaient peu connus; mais les récits de Benjamin de Tudèle et de Petacchia, de l'historien de saint I^uis, le sire de Joinville, sont mêlés de tant de fables grossières, qu'il semble que toute l'imagination des conteurs orientaux ait passé dans les relations de leurs voyages en Palestine. Que trouvel-on dans les écrits de leurs successeurs pendant près de trois cents ans? Encore un reflet des contes des Mille et une Nuits. A l'exception de quelques faits historiques que des travaux récents ont confirmés, que chercher de positif dans les écrits de Rubruquis, de Carpiiii, d'Ascelin, de Marco Polo même, que son amour pour les richesses merveilleuses avait fait surnommer par ses compatriotes Messer Milioni? Enfin apparurent de véritables voyageurs, mais encore des voyageurs oubliant et l'art et l'histoire pour ne s'occuper que de découvertes et de conquêtes. C'est à eux cependant, c'est aux Colomb, aux Cortez, aux Vespucci, aux Vasco de Gama qu'on doit attribuer l'honneur d'avoir les premiers ouvert la voie aux investigations de leurs successeurs.
A partir du seizième siècle, de nombreux voyageurs parcoururent le monde, mais le but de la plupart n'était encore que le commerce, ou tout au plus l'étude des usages et des religions à l'époque de leur passage, sans remonter à des temps plus reculés, et sans chercher dans les monuments anciens des peuples qu'ils visitaient la solution de tant de problèmes pourtant si intéressants à résoudre.
Au dix-septième siècle, les missionnaires nous rapportent de leurs héroïques pérégrinations des renseignements précieux; puis viennent les voyages de Tavernier, de Bernier, de Chardin, de Thévenot, qui les premiers examinent les monuments avec un peu plus d'attention, il est vrai, mais souvent aussi avec une érudition trop superficielle, et qui ne nous transmettent que des dessins presque tous incorrects.
AVANT-PROPOS. v
Au dix-huitième siècle, une foule d'hommes sérieux, les Aoson, les Ellis, les Carteret, lesCook, les Pallas, les I^ Peyrou^e, les Macartney et tant d'auires agrandissent la sphère de nos idées. Enfin arrive notre siècle, avee son positivisme en quelque sorte mathématique; il comprend que le temps des à peu près, que Ton me pardonne ce mot, est entièrement passé, et de tous côtés, la France, l'Angleterre, TÂlIemagne, la Belgique, Tltalie, voient naître d'innombrables monographies, fruits des voyages les plus longs, les plus pénibles, accompagnées de planches aussi admirables d'exécution, qu'irréprochables pour l'exactitude. Malheureusement pour la propagation de connaissances si précieuses, ces ouyrages, et par leur nombre et par leur prix, ne peuvent trouver place que dans quelques bibliothèques privilégiées, et d'ailleurs leur lecture nécessiterait la connaissance de presque toutes les langues de l'Europe. C'est à ces inconvénients que nous avons voulu apporter remède; mettant à contribution ces immenses travaux, nous présenterons, dans un cadre restreint, tous les grands traits caractéristiques des principaux monuments de tous les temps el de tous les peuples.
Parcourant avec nos lecteurs les différentes parties du monde, nous leur mettrons sous les yeux tout ce que fart y a semé de merveilles. Nous rafraîchirons, nous fixerons leurs souvenirs, si déjà ils ont eu le bonheur d'en adjnirer quelques-unes; nous leur donnerons des indications précieuses et un avant-goùt des jouissances qui leur sont réservées, s'ils doivent entreprendre un jour quelques-uns de ces voyages devenus un des besoins de notre époque, et le complément indispensable de toute bonne éducation.
Notre tâche serait incomplète si nous nous contentions de descriptions arides, éclaircies par des planches; sans doute nous ferions ainsi connaître le monument en lui-même, mais il est plus important encore de montrer, de mettre à découvert la pensée qui a présidé à son érection. Notre première division sera tracée naturellement par les lois de la géographie; mais nous devrons ensuite classer nos monuments d'après leur destination religieuse, funéraire, civile ou militaire. Nous serons amenés ainsi à donner un aperçu rapide des religions, des usages, de l'histoire civile et politique des différents peuples, les monuments nous servant à expliquer l'histoire, et l'histoire nous donnant la clef des énigmes que peuvent présenter les monuments. De ce rapprochement, de ce contact perpétuel ne pourra manquer de jaillir la lumière, et nous espérons mettre ainsi en peu de temps, sans peine, et peutêtre non sans plaisir, nos lecteurs au courant de l'état actuel de la science;
VI AVANT-PHOPOS.
el ails viennent à parcourir quelques-uns des pays dont nuus aurons décrit les monuments, leur épargner les regrets qu'éprouvait Montaigne lorsqu'il partait pour l'Italie. Aueun d'eux ne se verra forcé d'inscrire en lète-de son journal dé voyage cette triste confession : t Je trouvois surtout une chose à dire k mon voïage, qui est que je n'avois point veu les livres qui jne pouvoient advenir des choses rares et remarrables de chaque lieu. •
« LNDK.
dissiper. I.ies anciens livres sanscrits ne sont ponr la plupart que des receuils de légendes plus ou moins fabuleuses, et ne pourront jamais sans doute servir d<* base à une chronologie suivie, complète, et en laquelle on puisse avoir foi. Méprisant les temps historiques, qu'ils regardaient comme une période de dépravation, les auteurs de ces livres trouvaient une matière plus digne d'eux dans les temps mythologiques où le grand Wishnou, sous le nom de Rama, fit la guerre aux démons, et sous la forme du héros Krischna devint le fondateur d'une ère nouvelle. Dans ces temps reculés, les seuls faits acquis d'une manière certaine a la science sont donc ceux qui se ratt^ichent à l'histoire d'autres paj-s sur lesquels nous possédons des données plus positives. C'est ainsi qu'on a conservé le souvenir de l'invasion du roi de Perse Darius, fils d'Hystaspe^, qui', cinq siècles environ avant Jésus-Christ, s'empara d'une partie de l'Inde. L'an 555 avant notre èi*e, nous trouvons l'expédition d'Alexandre, et nous voyons à la mort de ce conquérant, dans le partage de son empire, la Perse et l'Inde devenir l'apanage de Séleucus qui étendit encore sa domination. Après ce prince, les monarques syriens perdirent peu à peu leurs possessions dans l'Inde; on ne sait trop comment s'opéra cette révolution; mais il parait que certaines provinces devinrent indépendantes, car c'est à cette époque (500 ans environ avant Jésus-Christ) qu'on fixe la fondation de la ville de Dehli par un prince nommé Délu. D'autres provinces furent assujetties au royaume de Bactriane qui avait été originairement soumis à Séleucus. Ce royaume, après avoir existé avec une sorte d'éclat pendant cent cinquante ans, fut renversé par l'irruption d'une horde de Tartares environ un siècle et demi avant notre ère.
Depuis cette époque, il ne parait pas qu'aucune puissance étrangère à l'Inde ait cherché à s'y établir; les rois d'Egypte et de Syrie, et plus tîird les Romains, ne se proposèrent d'autre but que d'assurer des relations de commerce avec cette opulente contrée.
L'an 71 1 de notre èi*e, sous le khalyfat de Walid, les Arabes débouchèrent par la Perse, et poussèrent leur marche jusqu'à Dehli. Ces premiers envahisseurs, que les Perses nommèrent Afghans (destructeurs) et les Indous Palans, fondèrent la preiniCTl dynastie po/ane; mais ils ne purent gagner de terrain vers le Gange, ni même s'établir dans la partie conquise d'une manière définitive.
Kn l'an 1000, Mahmoud, empereur ou sultan du pays de Ghizneh, l'ancienne* Bactriane, entra dans l'Indostan, et après plusieurs années de combats parvint à conquérir la plus grande partie du pays situé à l'est du Gange, détruisant sur sa route tous les monuments du culte indou , dont son zèle pour l'islamisme lui faisait désirer d'anéantir jusqu'au souvenir.
La postérité de Mahmoud fut expulsée en l'an 1484 par la famille des Ghorides, ainsi appelée de la contrée de Ghor ou Gour, située au delà du Caucase indien, et dont les princes fixèrent leur résidence à Lalior. Vers l'an 1200, l'un d'eux,. Mohammed Ghory , étendit son empire à l'est , et prit la ville de Bénan>s où il <*.ommit les plus horribles cruautés. Après la mort de ce prince, en 1203, son empire fut divisé. L'Inde échut en partagé à Koutoub l'un de ses généraux, qui Iprida la se-
conde dynastie des Patansou Afghans. Koutoub, fixa la résidence impériale à Dehii, où elle est toujours restée depuis presque sans interruption. La dynastie patane conserva paisiblement le trône jusqu'à Mahmoud III, pendant le règne duquel, en 1598, Tymour-Beg, plus connu sous le nom de Tamerlan, parcourut ITnde, où sa cruauté lui valut le surnom de prince destructeur. Il ne changea cependant pas Tordre de la succession, et laissa Mahmoud sur le trône, abandonnant Tlnde pour aller faire la guerre aux Turcs. Mahmoud III étant mort en 4415, Tempire de ITnde fut dévolu à Ghizer, sejid ou descendant du prophète; sa postérité jouit du trône jusqu'en 1450 qu'il échut à Belloli, Afghan de la tribu de Lodi, et qu'on pourrait regarder comme le fondateur d'une troisième dynastie patane. En 1501, son fils fit de la ville d'Agrah la capitale de ses États. Ce fut sous le règne de ce prince que les Portugais arrivèrent pour la première fois dans l'Inde. Pendant la domination de la famille de Lodi , l'empire fut agité de terribles convulsions que nous allons voir aboutir à l'expulsion de cette dynastie.
En 1525, Baber, descendant de Tymour-Beg et de Gengis-Khan, et sultan des Tartares Moghols, maîtres des provinces entre l'Indus et Samarkande, se voyant dépouillé de la partie septentrionale de ses domaines par les Tartares Ousbecks, se détermina à tenter la fortune dans l'Indostan , dont les déchirements lui firent espérer des succès. Après des efforts multipliés, il défit Ibrahim II, empereur de DehIi, et mit fin au règne de la dynastie de Lodi , fondant un empire que lui et ses successeurs agrandirent encore, et qui devait devenir si puissant et si célèbre sous le nom d'Empire Moghol. Baber étant mort en 1550, son fils Houmaioun lui succéda. Renversé en 1541 par Shyr-Khan ou Shere-Shah, il remonta sur le trône après la mort de l'usurpateur tué au siège de Kallinger.
Houmaioun, mourant en 1555, laissa la couronne à son fils, l'un des princes les plus illutlres de l'Indostan, Abdoul-Feta-Gelad-Eddin-Mohammed, dit Akbar, le très-grand, titre qu'il mérita à tous égards, et dont il fut redevable en partie à son fameux ministre Aboul-Fazel.
Jéhan-Guir-Patcha , dit Jéhanguire on Zéangire, succéda à son père en 1605. Ce fut vers lui qu'à cette époque fut envoyé sir Thomas Roe, le premier ambassadeur anglais. Les derniers jours de Jéhan-Guir furent em{>oisonnés pur la révolte de son filsShah-Bedin-Mohammed, dit Shah-Jéhan, qui lui succéda en 1627.
Par un juste châtiment de son crime, Shah-Jéhan, qui sous d'autres rapports fut un empereur illustre, vit ses quatre fils se disputer son héritage même de son vivant. Ces princes étaient Dara-Shuh , Sultun-Sujah qui se rendit célèbre par son amour pour les arts, Morat-Bakché, et Aureng-Zeb. La fortune se déclara pour celui-ci qui était le plus jeune; Aureng-Zeb déposa son père, massacra ou chassa ses trois frères l'an 1660. Ce prince, après avoir achevé la conquête du Dekan, et subjugué plusieurs autres contrées, éleva l'empire Moghol au plus haut degré de splendeur; il mourut en 1707 , dans sa quatre-vingt-dixième année. I^s faibles princes qui lui succédèrent étaient incapables de porter un sceptre aussi pesant, et nous allons voir dans l'espace de cinquante ans ce vaste empire s'anéantir presque tout entier.
Aui*eug-Zeb laissa quatre fils qui se disputèrent le tr6ne; la querelle fut décidée près d'Agrah en faveur du plus âgé, Mauzum ou Bahader , qu'on nomme ordinairement Shah-Alem I^. Ses frères étaient Azcm-Kaum-Buksh, et Akbar. Sous le règne de Shah-Alem I^, les sikes ou seykes, nouvelle secte de religionnaires, établie au pied des montagnes à Torient de Tempire, attaquèrent la province de Lahor; FempereUr, ne les ayant réduits qu'avec peine, fixa sa résidence dans cette province pour être à portée de les surveiller. Il y mourut en i7i2, laissant le sceptre à Fun de ses fils qui fut détrôné par son neveu Fcroksère. Ce fut ce dernier qui accorda l'exemption des droits aux marchandises de la compagnie des Indes orientales, et devint ainsi la cause première de son immense développement.
Feroksère avait été porté au pouvoir par deux omrahs ou chefs, les frères Seyds; ceux-ci le détrônèrent en i7i7, et mirent successivement à sa place deux fils de Shah-Alem, Ruflih-al-Dirjat, et Ruflih-al-Dowlat, qu'ils renversèrent à leur tour pour élever à leur place en 1718 Mohammed-Shah, petit-fils de Shah-Alem, qui, averti par l'exemple de ses prédécesseurs, secoua le joug des Seyds, et les vainquit. Toutefois, Uprès cette victoire , le règne de Mohammed-Shah fut loin d'être paisible; il fut vivement inquiété par les Mahrattes, peuple qui tirait son nom de Mahrat, prince du Dekan, leur pays originaire. Leur empire, qui avait été fondé par Sevajy, né en 1628, mort en 1680, formait alors deux Etats puissants distingués par les nom de Pounah, ou État occidental, etBerar, ou État oriental. Ces deux États occupaient toute la partie méridionale de l'Indostan avec une grande. partie du Dekan; leur puissance était telle , que les Mahrattes en vinrent à forcer l'empereur moghol de leur payer tribut.
L'ambition de Nizam-al-Molouk, vice-roi de l'autre partie du Dekan, suscita à Mohammed-Shah un ennemi bien plus dangereux encore. Aspirant à l'indépendance , Nizam appela en secret à son aide Nadir-Shah, si fameux sous le nom d«Thamas- Kouli-Khan, et il eut l'adresse d'engager l'empereur à se mettre lui-même à la discrétion du vainqueur.
Nadir, entré à Dehli , mit tout au pillage et massacra cent mille habitants. Il laissa cependant Mohammed en possession du trône, et retourna en Perse après avoir obtenu la cession de toutes les contrées sujettes de l'Indostan à l'ouest de l'Indus, et assuré à Nizam la possession indépendante du Dekan. Plusieurs autres gouverneurs de province suivirent cet exemple; enfin les Rohillahs, tribu qui habite les montagnes entre l'Inde et la Perse, fondèrent un État libre sur les bords du Gange, à 108 kilomètres de Dehli.
L'année 1747 fut l'époque de la mort de ces deux souverains dont les destinées avaient été si différentes, de Mohammed et de Nadir-Shah.
Pendant les six années de règne d'Ahmed-Shah qui succéda à son père Mohammed, |e reste de l'empire Moghol fut complètement dissous, et les empereurs suivants n'en eurent guère que le nom; il ne demeura à la maison de Tymour qu'un petit territoire autour de Dehli, dépeuplée par la misère, les massacres et les famines. La dernière armée qu'on peut regarder comme impériale fut défaite par les Rohillahs en 1749.
INTRODUCTION. ii
La tribu indoue des Jates ou Jats s'établit dans la province d'Agrah. Le Bengale fut envahi par son vice-roi Ali-Verdy, auquel succéda Cliiragi-el-Dowlah; la province d'Oude le fut par Selsdar-Jong, par Mohammed-Kouli, etc. ; mais ce furent les Mahrattes, dont la puissance ne faisait que s'accroître, qui s'emparèrent de la portion la plus considérable de l'empire. Ces différents usurpateurs s'efforcèrent de légitimer leurs envahissements par une concession réelle ou prétendue du prince; ce qui n'était pas sans importance, cartel était le respect qu'on portait encore à la dignité du souverain , que dans tout l'empire Moghol on continua de frapper la monnaie au coin de l'empereur, quoiqu'il n'en eût que le nom.
Nizam mourut en 1748, à l'âge de cent quatre ans; après des combats auxquels prirent part les Français et les Anglais, Mohammed-Aly fut fait nabad d'Arcot, et Salabi-Joung, troisième fils de Nizam, devint prince du Dekan. Par suite de ces événements, les Anglais établirent leur influence dans le Gamatic.
Ahmed -Shah, en 4753, fut déposé par Gazi, son vizir, qui pour la forme plaça sur le trône Alem-Guir ou AUumguire, petit-fils de Shah-Alem. Celui-ci, voulant se défaire de Gazi, invita à venir à Dehli Abdallah, successeur de Nadir dans la partie orientale de la Perse et dans les provinces indiennes cédées à Nadir. Ce prince, qui parcourut six fois l'Indostan , commit à Dehli les plus affreux excès, et cette malheureuse ville, qui au temps d'Aureng-Zeb comptait près de deux millions d'habitants, fut presque dépeuplée. Alem-Guir ayant été, en 1760, assassiné par Gazi , Abdallah, dont les éclatantes victoires remportées sur les Mahrattes, à Carnawl et à Panniput, avaient consolidé la puissance dans l'Inde, plaça sur le trône Jéhan-Boug, fils de Shah-Alem et petit-fils d'Alem-Guir. Abdallah ayant quitté Dehli, l'empereur légitime, Shah-Alem II, se mit lui-même sous la protection des Anglais, qui, le faisant remonter sur le mtisnud (trône), se servirent de son autorité et de son nom pour sanctionner les conquêtes que par l'habileté de lord Clive ils avaient faites dans le Bengale. La puissance anglaise dans l'Inde est due principalement aux victoires éclatantes que cet officier avait remportées sur Sujah-Dowlah et ses alliés, aux célèbres batailles de Plassey, en juin 4757, et de Bouxar, en 4764.
Il n'entre pas dans le plan de cet ouvrage de raconter ici les faits plus modernes, qui n'ont joué aucun rôle dans l'histoire de l'art qui doit principalement nous occuper, ni de retracer cette suite d'événements qui rendirent en peu d'années les Anglais maîtres de presque toute l'Inde , et offrirent le spectacle encore nouveau dans les annales du monde d'une poignée d'Européens, à la solde d'une compagnie de commerce, conquérant un des plus riches empires de la terre, et gouvernant tranquillement plus de cent millions d'Asiatiques, enfin, ayant pour tributaires tous les princes non soumis à son autorité immédiate. Nous ne chercherons pas à retracer l'histoire des États secondaires indépendants de l'empire Moghol, et qui pourtant nous offriraient quelques grands noms, comme ceux des princes qui régnèrent à Mysore à la fin du siècle dernier, Hyder-Ali et Tippoo-Saib. Nous avons du seulement indiquer les grandes données chronologiques qui nous aideront à suivre et à comprendre les différentes phases que l'art a parcourues dans cette partie du monde.