ASIE MINEURE
et les mosquées des sultans Orkhan, Othman, Murad et Bayazid; enfin, je signalerai encore, à Amasie, un bel édifice moderne, la mosquée construite par le dernier des princes que je viens de nommer.
Les églises de TAsie Mineuresont encore moins que les mosquées dignes d^arréter longtemps notre attention. A Sart (Sardes) on remarque, toutefois, les restes d'une vaste basilique, qui probablement fut la cathédrale avant Tinvasion turque. Quant à Féglise de Nicée, illustrée par des conciles si célèbres, c'est un petit et ancien monument orné d'un pavé en mosaïque de marbres de différentes couleurs, d*un beau sarcophage de marbre transparent et de trois figures de saint en mosaïque de verre doré comme dans les églises grecques et arméniennes.
MONUMENTS FUNÉRAIRES
Nous avons déjà eu l'occasion de présenter les iumulus ou collines factices comme les plus anciens monuments consacrés à la mémoire des personnages importants, soit par leur rang, soit par leur renommée. L'Asie MincuiQp nous en offre un assez grand nombre, mais aucuns ne parlent plus à nos souvenirs que ceux qui s'élèvent,... in campis uhi Troja fuit, à Poungar-Bachi, village que Ton croit occuper l'emplacement de l'ancienne Troie. Il ne reste aucun vestige de la ville chantée par Homère; mais dans la plaine voisine s'élèvent plusieurs tombeaux que nous pouvons avec certitude attribuer aux temps héroïques de Priam et d'Agamemnon. Homère a décrit le tombeau élevé par Achille à son ami Patrocle (lUiade^ 1. xxiii, v. 252). Le tombeau élevé par Achille lui-m^me était de la même nature, car Euripide (Hécuhe, act. I) dit que l'ombre de ce héros apparut sur le sommet de son tombeau, et Sénèque ( Troas, act. y, V. il49) dit que, pour immoler Polixène aux mânes d'Achille, Pyrrhus dut gravir la haute montagne qui formait le tombeau , ardui sublime montis teîigii. Ce tombeau existe encore, ou du moins on croit le reconnaître dans un grand tumulus qui se trouve au cap de Sigée, et que M. de Choiseul fit fouiller en 1787 (voyez le frontispice); vers le centre on trouva deux grosses pierres appuyées l'une sur l'antre, en angle par le haut, et formant une espèce de toit, sous lequel était une petite Minerve placée sur un char et une urne remplie de cendres, de charbon et d'os humains. Sozomène (1. ii,c. 2) parle du tombeau d'Ajax, qui s'élevait au lieu où Ton dit qu'était le camp des Grecs; ce tombeau est un tumulus qui, bien qu'en ruines, n'a pas encore disparu et a conservé le nom du héros dont il a recouvert les restes.
Sans remonter à une époque aussi reculée, et sans rappeler d'aussi grands souvenirs, il est dans l'Asie Mineure un tumulus qui jouit dans l'antiquité d'une bien grande célébrité , à en juger par la description pompeuse que nous en a laissée Hérodote. Près du lac Gygœa, à environ six kilomètres de l'emplacement de Sardes, est le lieu de la sépulture des rois de Lydie. Ce sont des tumulus de diverses grandeurs, dominés par celui où fut déposé Alyattes, père de Grésus, tertre immense.
MONUMEIVrS FUNÉRAffiES. 261
élevé sur un soubassement d'énormes pierres de taille. Alyattes était mort après un long règne, Tan 562 avant Jésus-Christ; il s'était donc écoulé plus d'un siècle depuis Féreciion de ce monument, lorsque Hérodote le vit; et cet historien rapporte que, de son temps, il restait encore sur le sommet du tombeau cinq pierres avec des insciiptions indiquant les cinq classes ou coi*porations qui avaient concouru à sa construction. En 1812, M. Cockerell vit encore debout trois de ces pierres. Au rapport de Strabon , cet immense mausolée n'avait pas moins de soixante-sept mètres de haut sur quatre cent trente-quatre mètres de circonférence à la base. Aujourd'hui les terres amoncelées ont recouvert entièrement le soubassement, et le monument n'oifre plus que l'aspect d'une colline.
Les rois de Cappadoce étaient également déposés sous des tumulus; il en existe un près de la ville de Sliklar, à environ huit kilomètres de Césarée.
Les environs de Kouta'ieh nous offrent des tombeaux d'un bien grand intérêt, et par leur caractère tout particulier, et par leur haute antiquité; ce sont ceux des rois de Phrygie, qui se voient à Nacoleïa, aujourd'hui Doganlou, à l'est de Tancienne Cotyœum. La construction de ces monuments doit être placée entre 570 et 740 avant Jésus-Christ. Nous donnons ici, d'après le bel ouvrage de M. Texier, celui que la tradition attribue au roi Midas (planche 45) ; il se compose d'une façade taillée sur la surface du roc, et accompagnée de deux inscriptions, dans l'une desquelles M. Leake a lu le nom de Hidas, ce qui viendrait à l'appui de la tradition. Les ornements de ce tombeau sont bien simples; il en est cependant plusieurs plus simples encore, où le contour rectangulaire et l'espèce de fronton sont seulement indiqués sans aucune décoration.
C'est à une époque bien plus récente qu'appartient un autre tombeau, d'un style tout différent, qui existe au même lieu, et qui est connu sous le nom de Gherdek- Kaia-si. Il est également taillé dans le roc, mais sa façade est composée d'un entablement à triglyphes, surmonté d'un fronton, et supporté par deux colonnes et deux pilastres d'ordre dorique.
Un des plus beaux et en même temps un des plus singuliers mausolées de l'Asie Mineure est celui qui se voit à un kilomètre de Mylasa ou Mylassa , aujourd'hui Mdasso, ancienne capitale d'Ilecatomnus, roi de Carie et frère de Mausole. Ce tombeau (planche 46) est de l'espèce appelée par les anciens disUga, ou à double étage; il se compose d'un soubassement destiné à recevoir les corps, et dans lequel on entrait par une porte. On ne trouve aucune trace d'un escalier extérieur ou intérieur, conduisant au second étage, et on ne devait y par\'cnir que par une échelle. Celui-ci est formé de huit colonnes et quatre pilastres, d'ordre corinthien, supportant un plafond très-riche, que surmontait une pyramide composée d'assises en retrait l'une sur l'autre. I^es colonnes sont fort singulières, leur hauteur est moindre que ne l'exigerait leur diamètre, les cannelures ne commencent qu'au-dessus du premier tiers du fut, et celui-ci, au lieu d'être rond, est elliptique. M. Chandier croit pouvoir en conclure, et son opinion n'est pas dénuée de vraisemblance, que les entre-colonnements étaient autrefois remplis par des dalles de marbre qui ont disparu
S6i ilSIE MINEURE.
et qui venaient s'appliquer sur la partie la moins convexe des colonnes. An centre de cette enceinte est un petit trou communiquant avec la salle du rez-de^ chaussée, et par lequel on pense que Ton devait faire les libations en Thonneur des morts. Aucune inscription ne peut nous fixer sur la date de ce monument, que son style ne permet pas de faire remonter à une époque bien reculée.
Nous avons déjà vu les tombeaux des rois de Phrygie taillés dans le roc avec une façade plus ou moins ornée; un autre tombeau de Nacoleia, voisin de ceux-ci, et que nous avons présenté comme moins ancien, a un grand nombre d'analogues en Asie Mineure. Tel est celui d'Urgub, dont nous donnons ici le dessin {planche 47), et qui est connu sous le nom de Dikili-Tasch ; lorsqu'on a franchi la façade, qui précède un assez vaste vestibule, on trouve au fond quatre pièces ou hypc^ées, disposées en croix qui composaient la sépulture.
La façade d'un tombeau du même genre, à Hyra, présente une porte surmontée d'un bas-relief, et en avant un fronton , soutenu par deux colonnes ioniques et deux pilastres surmontés de mufDes de lion, au lieu de chapiteaux. Dans le fronton est un lion dévorant un taureau.
Au fond du golfe de Macri, autrefois Glaucus Stniiê, est un petit hameau nommé Mey, qui a remplacé l'antique Telmissus, ville de la Lycie, dont les ruines nous présenteront plusieurs monuments intéressants. Sur le penchant de la colline contre laquelle s*appuyait Telmissus , et jusqu'au bord de la mer, est une grande quantité de tombeaux, de deux espèces différentes, les uns creusés dans le roc comme les précédents, les autres taillés en forme de sarcophage. Parmi les premiers, il en est deux qui sont de véritables monuments. L'ordre ionique, employé dans le premier^ ne permet pas de le croire très-ancien ; mais on a, autant que possible, donné à cettt architecture élégante un aspect convenable à la destination funèbre du monument. Les corniches du fronton ne sont composées que de membres carrés , les modiUops sont de forte proportion, la frise est supprimée et l'architrave est formée de d^ux plates-bandes très-lourdes. Les deux colonnes et les deux pilastres sont égale^M^nt bas et sévères; la porte, parfaitement figurée, n'a jamais eu d'autre ouverture qu*un des panneaux inférieurs, par lequel ou a pénétré dans le rocher pour y pratiquer une chambre de quatre mètres de laideur sur trois de profondeur et deux de Ijuiuteur, autour de laquelle règne une banquette d'un mètre de largeur sur quatre-vingts centimètres de hauteur, sur laquelle durent être déposés les corps, car oi| n*a point trouvé de sarcophage, et d'ailleurs ils n'eussent pu entrer par l'étroite ouverture de la porte. Nous verrons plus tard combien la disposition intérieure de ce sépulcre offre d'analogie avec celle de plusieurs des tombeaux étrusques de Cometo, comme on a déjà pu voir combien, pour l'extérieur, ces monuments ressemblent à ceux de Persépolis et de Nakchi-Roustam. L'autre tombeau de Telmissus présente une façade fort singulière, composée, pour tout ornement, de poutres en saillie, taillées également dans le roc.
Un mausolée du même genre, mais qui ne paratt pas remonter à une époque bien reculée, existe à Cacamo, au milieu de beaucoup d'autres d'une espèce différente.
MONUMENTS FUNÉRAIRES. ' 265
dont je parlerai tout à Theure. La façade est d'une assez grande richesse, décorée de pilastres, et, ce qui est plus rare, d'une statue dans une niche.
Les hypogées de l'Asie Mineure ne sont pas toujours ornés de façades élégantes, comme celles que nous venons de voir à Urgub, à Myra ou à Mey ; souvent aussi ce ne sont que de simples grottes, sans aucun ornement. A Mey même on en trouve plusieurs de ce genre ; il en existe aussi près de Selefke , Tancienne Sdeucia ad mare, sur le bord du fleuve Calycadnus et en beaucoup d'autres lieux; nous avons choisi pour modèle l'un des lieux où ils se trouvent réunis en plus grand nombre, la nécropole de Docimia (planche 48).
Des tombeaux taillés dans le roc, en forme de sarcophages isolés, se rencontrent très-fréquemment en Asie Mineure. Nous en donnons un exemple dans le sarcophage de Castel-Rosso, petite lie appelée Megiste par les anciens Grecs (voyez la lettre). A Mey ( Telmissus) le rivage en est couvert jusqu'au pied de la colline où sont creusés les hypogées; ils sont en pierre grise, de différentes formes et dimensions. Un des plus grands est en même temps un des plus singuliers; il semble qu'on ait voulu imiter une maison de bois à charpente découverte; il n'a d'autre ornement que les saillies des poutres, dont il parait composé. Citons encore les deux immenses nécropoles de Cacamo et de Pamboukkalesi , l'antique Hiérapolis; mais, dans la dernière , une assez grande quantité des monuments a été apportée et non taillée sur place.
Pour en avoir fini avec l'antiquité, il ne nous reste plus qu'à parler d'un monument décrit par M. de Ghoiseul , et qui ne rentre dans aucune des catégories que nous venons d'établir. A Eski-Hissar, l'ancienne Stratonicée, dans la cour d'une habitation occupée alors par l'aga, est une enceinte carrée, longue de vingt-neuf mètres et large de dix-neuf mètres, formée par une muraille de marbre blanc, haute de quatre mètres cinquante centimètres, décorée d'une corniche de fort bon goût, au-dessus de laquelle règne une rangée d'ornements ronds et saillants, assez semblables k des boucliers. Cette enceinte, qui ne parait pas avoir été jamais couverte, renfermait sans doute des sarcophages qui, peut-être, existent encore sous les décombres qui la remplissent. Une très-longue inscription grecque, gravée sur l'une des faces, indique que ce mausolée est celui d'un certain Philecus.
Si nous arrivons aux monuments funéraires élevés par les Turcs en Asie Mineure, nous y retrouverons, dans les mausolées des grands personnages, cette richesse d ornementation , principal caractère de l'architecture de ce peuple. Tel est celui que M. Léon de Laborde a dessiné à Chougout ; tel est l'admirable tombeau de Fathmah-Khadoun, à Nigdé ; tel est enfin un des plus élégants édifices du style turc, le sépulcre de Houen, à Césarée. Celui-ci est octogone, surmonté d'un toit pyramidal uni, en pierre de taille; chacune des huit faces présente une arcade ogivale de la plus grande richesse, remplie par un mur lisse de pierre de taille, percé d'une petite fenêtre. La frise est chargée d'inscriptions turques, et, à chaque angle de l'édifice, est une colonne aussi soigneusement ciselée qu'une pièce d'orfèvrerie.
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Au sud de la ville turque de Gueira, Tantique Aphrodisias, dont le nom primitif était Megalopolis, s'étend un de ces édifices consacrés aux courses de chars et de chevaux, un stade , dont la conservation est assez satisfaisante ; une grande partie (les gradins est encore en place (planche 49), bien que recouverte d'une riche végétation. La muraille septentrionale de Thippodrome sert en môme temps de muraille à la ville; elle parait avoir été Mtie ou restaurée avec des fragments de sculptures anciennes.
A Laodicc'H; est un stade d'environ trois cent vingt mètres de longueur; il reste encore vingt-trois rangs de gradins, qui, d'un côté, sont creusés dans le flanc de la montagne auquel l'édifice est adossé. Ce stade fut bâti sous le règne de Trajan et de Vespasien ; douze années furent consacrées à sa construction.
XAlexandria Troo^» aujourd'hui Eski-Stamboul, ville qui porta d'abord le nom de son fondateur, Antigonus, l'un des lieutenants d'Alexandi'e, et qui plus taixi, sous Auguste, reçut une colonie romaine, sont les restes d'un stade creusé dans la terre et maintenant recouvert d'arbres. Enfin , on voit encore quelques restes de stades à Kphèse et à Smyrne.
On sait que les amphithéâtres étaient des édifices purement romains, qui n'étaient point en usage chez les Grecs; c'est donc à l'époque romaine que nous devons rapporter tous ceux qui existent encore dans TAsie Mineure, mais dont aucun n^est comparable pour la grandeur, et surtout pour la conservation, à ceux de l'Italie et de la France. Sur une éminence, voisine de Nicée, est une ruine qu'on appelle U palais de Théodore; une petite partie de la muraille et presque la fondation entière restent encore comme un monument éternel delà solidité des constructions romaines. On y compte douze salles souterraines voûtées, disposées en cercle et déclinant vers le centre ; circonstances qui ne permettent pas d'attribuer ces ruines à un édifice ;uitre qu'un amphithéâtre.
L'amphithéâtre d'Angora est à peu près dans le mémei^état; mais les cordons de briques, mêlés aux pierres qui le composent, lui assignent une époque moins ancienne que celle d'Auguste.
Enfin, nous trouvons encore quelques traces d'un amphithéâtre à Berçamah, autrefois Pergame, capitale du royaume de ce nom, fondée par Attale, l'un des généraux d'Alexandre.
Les théâtres sont, dans l'Asie Mineure, en bien plus grand nombre que les amphithéâtres, et leur conservation est généralement plus parfaite que celle des théâtres d'Italie, si l'on en excepte ceux de Pompéi et de Tusculum. Celui que nous donnons (planche 50) est situé sur le bord du golfe de Macri et fait partie des restes (le Telmissus. U est, comme presque tous les théâtres antiques, pratiqué sur le
penchant d'une colline qui supporte une partie de ses gradins. Tout rhéniicycle est assez bien conservé, mais les extrémités qui le réunissaient à la scène n'étant pas soutenues par le terrain, ont presque entièrement disparu. Parmi les plus intacts des théâtres de F Asie Mineure, on compte le grand théâtre et TOdeum de Laodicée, le théâtre de Pompeiopolis, auquel est joint un magnifique portique, d'ordre corinthien, dont un grand nombre de colonnes sont encore debout ; celui d'Aizani, remarquable par l'élégance de ses sculptures et la magnificence de son appareil, qui doit appartenir à la plus belle époque ; celui de Patara, sur la côte de Lycie, dont la scène est détruite, à l'exception de quelques colonnes corinthiennes qui la décoraient aux extrémités, mais. dont l'hémicycle est intact avec tous ses gradins; enfin, ceux de Cacamo et de Castel-Rosso , qui sont dans le même état.
Le théâtre de Milet se distingue des autres en ce qu'il est entièrement construit de main d'homme, et isolé comme celui de Marcellus, à Rome. Ce théâtre était immense; sa façade extérieure, toute de marbre blanc, avait cent cinquante-trois mètres de largeur.
On trouve encore des restes de théâtre à Eski-Hissar (Stratonicée), à Priène, à Éphèse,à Gnide, à Nicée, à Mira, à Phaselis, à Eski-Adalin, àTeos, etc., etc.
Quelques constructions assez informes , trois arcades de maçonnerie , cinq ou six piliers, voilà tout ce qui reste du gymnase d'Éphèse, qui était situé non loin de la muraille orientale de la ville, au pied du mont Prion. A Tarse et à Alexandria-Troas; sont des ruines qu'on attribue également à des gymnases.
A Cacamo, l'ancienne Myra, Adrien construisit en 119 des greniers qui existent encore presque en entier, et dont nous donnons ici le dessin (planche 51 ). Sur la frise on lit l'inscription :
noniiF.4 mp. ccsaris divi trauni p\nTUir.i Divi ^EnViC ifiPOTis trai%?ii iiai>ria!<ii AticrsTi eus. m.
Au même endroit est une salle voûtée de grand appareil, d'une parfaite conservation ; elle fit partie, d'un bain romain. On trouve aussi des ruines de thermes romains, à environ quatre kilomètres d'Aoscat, sur la route de Sivas. Eski-Shehr, l'antique Dorylaium, en Phrygie, a été célèbre, de tout temps, par ses eaux thermales, ot aujourd'hui encore on y trouve un établissement de bains, dont le principal bâtiment est un pavillon, couronné d'un dôme, supporté par des colonnes de jaspe; il y fait une telle chaleur qu'à peine y peut-on demeurer quelques minutes.
Parmi les nombreuses ti*aces que les Romains ont> laissées de leur passage dans l'Asie Mineure, nous ne devons pas oublier les aqueducs que l'on y l'encontre fréquemment.
A Ketch-Hissar, l'ancienne Tyane , capitale de la seconde Qippadoce, sur la route de Césarée aux Pyles ciliciennes, sont plusieurs ruines, dont la plus remarquable est un superbe aqueduc de granit , supporté par des arches en même temps élégantes et majestueuses, et s'étendant jusqu'au pied des montagnes, à une distance d'environ sept ou huit milles. Cet aqueduc, aussi bien que les autres bâtiments, est attribué à
'im ASIK MINEURE.
>[emnMl par les habitants, mais ils sont, sans aucun doute, Touvrage des Romains.
Près d'Éphèse sont les restes d'un bel aqueduc de marbre blanc; enfin, on en voit encoi-e plusieurs dans une gorge prèsMe Taurus, à Àlexandria-Troas , à Zumbat- Kalassi, à Nicée, etc.
Un travail plus étonnant, fait dans le même but, était la montagne percée de Samos; c'était un canal de huit cent soixante et ({uinze pas de long, pratiqué dans une montagne, pour amener Teau à la ville <le Samos; ce canal est aujourd'hui comblé, mais on en a reconnu Fou vert nre.
Ces aqueducs conduisaient ordinairement les eaux à un réservoir ou piscine dont <m retrouve les restes en plusieurs endroits, entre autres, à Imbaher, Tancienne Nicomédie, et à Séleucie.
On r(»ncontre fréquemment des restes de voies romaines, entre autres, ceux qui existent à peu de distance de Nicée, sur la route d'Angoi*a; mais il est une chaussée qui olfre bien plus d'intérêt à l'antiquaire, par son ancienneté; c'est celle dont on voit encore les vestiges à Vourla, l'ancienne Clazomène, près de Smyrne, et qui fut construite par Alexandre le Grand.
Parmi les ponts antiques, le plus beau, et par son style, et par les matériaux qui y furent employés, est celui jeté sur le Rhyndacus, à Aizani (planche 52); il a cinq arches de marbre blanc et se reliait à un quai, aujourd'hui détruit, mais dont beaucoup de piei'res, richement sculptées, s(î voient encore sur le bord de la rivière. Citons encore un beau pont, de onze arches, construit par Justinien sur le Sangarius, à Saphon, et les restes de celui de Sabandja.
Si, sortant du domaine de l'antiquité, nous cherchons parmi les constructions civiles élev('»es par les modei^nes, nous ne trouvons aucun édifice digne de nous arrêter; nous avons voulu cependant donner ici une vue des ruines de l'habitation <les chevaliers de Rhodes (platiche 53). A défaut d'autre mérite , cet ancien manoir se recommande par les héroïques souvenirs qui s'y rattachent.
Il est en Asie Mineure peu de traces d'enceintes de villes, datant de l'époque jjçrecque ou romaine, quoique M. Texier ait trouvé à Pterium un reste de muraille, (le construction cyclopéenne, et qu'il en existe des ruines considérables à Soandos, ville de l'ancienne Cappadoce. Presque toutes celles qui existent aujourd'hui sont, au moins en partie, l'ouvrage des Turcs, bien que souvent on y ait employé des matériaux antiques. Ainsi, les murs de Césarée, dont le premier nom fut McLcaza, et qui s'appelle aujourd'hui Kaiserieh, ont été bâtis par Justinien; mais une grande partie est due aux princes Seidjoucides, ainsi que les murailles de Konieh (Iconium)^ composées de fragments de colonnes, chapiteaux, bas-reliefs, etc.; il en est de même de ceux d'Angora.
<:<i>"STKU(:Tin>s .Mn.riAiitBS. iB-
Ij's iinini dn Turs<; sont eu piirtie iiiiliqnos, en partiit consli'iijt!) par Huroiin-iil- Raschid.
Lni'sque les rliivliens se fuient i-cndns maîtres de Constantinople , on t^4, Théodoi'e Las^'uris s'empara de Nicée, qn'il fil capitale de son empire, qui s'étendait duM<-andi'e auBnspliorc, et il on rolova les murailles. Os murailles sont construites de pierres et do chaux, avec dos rang/os de briques à des intorvalles réguliers; elles ont à peu pi'ès Unit nièli-es de liauleiir ol Unit do largeur au sommet. Pros de la porto du nord, on lit eneoiv, sur Tune des toiiis, le nom de Tliéodoro Liscaris en caractères gi-ecs La porte que nous donnons {planche 5i), et qui porto le nom de Yeni-Chelier, fait partie de cette enceinte.
Sans nous arrêter plus longtemps, nous dirons quelques mots do portos qui, pat' la richesse de leur décoration, doivent être rangées dans la classe dos ,ircs de triomplie. A bplièso, assez près de la forteresse qui occupe le sommet du mont Pion, on en voit une, beaucoup plus petite, dans laquelle on entre par une arcade construite avec les fragments antiques assez mal rapportés d'une porte triomphale.
A l'est de Mylasa est une porte de marbre blanc, dont le dessin est i)ur et les proportions belles, si l'on on excepte toutefois la frise, qui est un peu trop bass(^ Sur la clef de l'arc est sco!pt<« une double liacbe, symbole de Jupiter de Sabranda , dont le temple dépendait do Mylasa. Enfin, à Adalia, ou Salalie, est nn bel arc do triomphe érigé en l'honneur d'Adtien.
Si des villes nous passons aux forteresses proprement dites, nous en trouverans une en ruines, datant de l'époque romaine, à Alanissa , l'auliquc Magnésie, non loin de Smyrne.
1.3 citadelle d'Halycarnasse , aujourd'hui Boudroun, dont nous donnons le dessin {planche r>$), a été bâtie par les chevaliers do Hhode.s, à rentrée du poi't,'el sur l'emplacement présunu't du tombeau de Mansnle, auquel, sans doute, ont été empruntées plusieurs dos sculptures encaslrt'os dans la conslruction du moyen âge.
CLASSEMENT DES PLAINCHES
CONTENl'ES DANS LE PREMIER VOLUME II).
Temple souterrain à Éléphanta.
Intérieur du temple d'Indra ii Ellora-
Le Kelaça à Ellora.
Pagode à Benarès.
Pagode de Tritchengour.
Sarnat, monument du culte de Bouddha
Kuttub minar à Delby
Mosquée de Mustapha-Kban.
Juhma-Mesjid à Delhy.
Atou la-Khan-Mesjid .
Tombeau du sultan Mobaininefl-shah.
Tombeau d'ibrabim à Béjapour
Porte du Cotillab de Firoz-sbah
Idoles deSamiam.
Tope de Manikyala.
Palais de Kandy.
Temple de Boro-Bodo.
Palais de Kalassan.
Pagode de Rangouii.
Temple de Bankock.
Pagode souterraine.
Habitation et fort à Touraniuv
Le Poo-ta-la, près Zéhol.
Façade du grand temple à Macao
Tour de porcelaine
Palais impérial de Hoo-kew-sliah
Route sur des piliers
Grande muraille
Temple de Kugopea.
Palais de Tassisudou.
I*agi*)i
Pap»"!»
Temple de Canon.
Palais d'Onnay.
Fort de Firando.
Tombeau de Zobéide.
Birs-Nemrod, ou Tour de Babel.
Mosquée de Sultanieh.
Tombeau de Cyrus.
Tombeau près de Persé[>olis.
ih.
Tombeau de Nakschi-Roustam
Bas-relief de Nakschf Roustaiii
Ruines de Persépolis.
ih.
Tour de Rages.
Place d*Ispaban.
Tour des cornes à lsp:ihau
Caravansérai de Jarroii.
Pont d*Allahverdi-kban à Ispahaii.
Église du monastère de TEcksmiaKin.
Temple d'Auguste à Angora
Tombeau de Midas
Tombeau à Mylasa
ih.
Dikili-Tascb tombeau à IJrgub
Nécropole de Docimia
Hippodrome d'Aphrodisias
Théâtre de Macre
ih.
Grenier romain à Cacamo.
Pont sur le Rbyndacus.
26fi
Maison des che^-aliers ii Rhodes.
ih.
Porte de Nicée.
HH
Intérieur de la citadelle d'Halicarnasse.
ih.
[\) Plusieurs erreur'» ï*rlunl gli^MT» diiii> le iiiiiiu'rolagi' <lr> plancli(r>, on devra, puur leur clas^cinriil . roiisullff crllc lablr.