ASIE MINEURE
du monde; on a déjà nommé le temple de Diane d'Ëplièse; on sait que, dès les temps antiques , il ne restait plus de traces de celui qui avait été brûlé par Érostrate , mais celui qui avait été construit à sa place ne lui cédait point en magnificence; on le rei^rdait comme le plus grand temple construit par les Grecs; il avait cent quarante-trois mètres de long sur soixante et treize de large; il était décoré de cent vingt-sept colonnes de marbre, hautes de vingt mètres, et dont les chapiteaux étaient sculptés par les premiers artistes. De ce merveilleux édifice, il ne reste plus que les voûtes immenses qui le soutenaient. Quelques ruines d'uu autre temjde corinthien, les vestiges d*un stade et d'un théâtre, des débris qui ont servi i la construction d'une mosquée, d'un aqueduc et d'un château dans le misérable village voisin de Ayasalouk, voilà tout ce qui reste de la grande ville d'Éphèse, Tune des premières de l'Asie Mineure, et par ses monuments, et par le nombre de ses habitants, et par la célébrité de son sanctuaire. Il en était deux autres, presque aussi révérés, et que le temps n'a pas plus épargnés. Je veux parler du temple de Baccbus, à Teos, aujourd'hui Bodrun, et de celui de Minerve Polyade, érigé à Priène par Alexandre le Grand ; l'un et l'autre ne présentent plus que des monceaux de décombres qui attestent leur première magnificence. Nous sommes plus heureux pour le temple de Bacchus, à Myus, aujourd'hui Baffi. Ce petit temple m aniis est situé sur un rocher escarpé, et sa façade, à l'est, est accessible. Il est constniit en marbre blanc. Le plafond est détruit; cet édifice a servi d'église, et l'entrée en est bouchée par une muraille grossière. I^s marbres épai*s dans les environs, les colonnes brisées et les statues mutilées qu'on rencontre dans ce lieu, tout annonce que ce monument est d'une haute antiquité.
Le temple de Vénus, qui avait donné son nom à la ville d'Aphrodisias, avait été également converti en église, en y ajoutant une abside. Quelques colonnes corinthiennes s'y voient encore au milieu de constructions plus récentes. A Sart, misérable village turc qui a remplacé la plus riche des villes de l'Asie Mineure, Sardes, la •magnifique capitale des opulents rois lydiens , sont les débris d'un magnifique temple de Cybèle. Quelques restes d'un autre temple, consacré à la même déesse, se voient dans rtle de Scio, l'antique Chios.
Non loin de Kiselgick, autrefois Euromus, sur la route d'Alabanda à Mylasa, est un temple construit de marbre blanc; il est périptère, hexastyle et corinthien. Les quatre colonnes du milieu de la façade sont renversées > mais ou retrouve encore les parties avancées du stylobate. Les côtés avaient neuf colonnes; il en reste huit du côté droit et trois du côté gauche; cinq des six du positcum sont encore debout. Quant à la cella, il ne reste plus qu'un angle de sa muraille et un chambranle de la porte.
A Halycarnasse, aujourd'hui Baudroun, on voit une belle ruine d'un temple de Mars, construit par Hausole, le mari d'Artémise.
Sur une hauteur qui domine la ville de Bechiza est un monument appelé l'église aux colonnes. C'est un joli temple prostyle (avec un seul portique à la façade) et tétrastyle (quatre colonnes au portique). Les deux colonnes du milieu sont ioniques.
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mais celles des angles, dont une a disparu, avaient bien une base ionique, mais étaient surmontées d*un chapiteau singulier, qui n'appartient à aucun ordre. Sous le portique est rentrée de la cella avec une porte carrée richement décorée; quant aux murs latéraux, ils ont disparu.
Près d'Hium Recens, plusieurs colonnes doriques, encore debout, indiquent qu'eu ce lieu existait un temple d'assez grande importance. (Voyez la vignette^ page 267.)
Si je voulais énumérer toutes les ruines de temples qui couvrent le sol de l'Asie Mineure, j'excéderais de beaucoup le cadre que je me suis tracé; je me contenterai donc de décrire encore l'un des plus beaux de tous, celui d'Angora, l'antique Ancyre, autrefois principale ville de la Galatie, province ainsi appelée d'une colonie de Gaulois à qui saint Paul prêcha l'Évangile el adressa une épitre.
Dans une petite cour attenant à une mosqu(^e est un antique édifice, entièrement bâti de marbre blanc, et consistant en un vestibule, une grande salle oblongue et une petite salle à la suite. Sur la muraille du vestibule est une longue inscription , rappelant les principaux faits de la vie d'Auguste, auquel le temple parait avoir été consacré. Une partie de l'inscription a été effacée à dessein, et môme plusieurs pièces de marbre ont été arrachées violemment. La porte menant du vestibule à la grande salle (planche 44) est ui^ chef-d'œuvre d'environ huit mètres de haut sur trois de large. Les linteaux, aussi bien que l'entablement, sont admirablement sculptés et d*une parfaite conservation. La grande salle a neuf mètres soixante centimètres de long et quatre mètres de large; le plafond est tombé, et on ne trouve aucun vestige des colonnes qui durent le suppoiier. Les murailles ont environ quinze mètres de haut et sont encore surmontées, dans quelques parties, de fragments d'une belle corniche. Kinneir croit voir dans cet édifice une basilique ; cette opinion nous semble être contredite par sa forme même, et il est probable que c'est au premier siècle de l'empire, au plus beau temps de l'art romain, qu'appartient le temple d'Angora, et que c'est avec raison que les savants lui ont donné le nom d'Augusteum. Un autre temple existait sur une petite éminence, non loin d'Angora; un monceau de ruines indique l'emplacement qu'il occupait.
La plupart des mosquées de l'Asie Mineure ont été construites de matériaux antiques; telles sont presque toutes celles de Nicée, autrefois la principale ville de Bithynie, parmi lesquelles je ne dirai pas la plus belle, mais la plus jolie est r Yochil-Djami , ou mosquée verte. Elle présente une jolie façade, à trois arcs ogivaux, soutenus par deux colonnes de porphyre, entre lesquelles s'ouvre une porte élégamment ornée et surmontée d'une inscription arabe. Les deux autres arcades sont fermées, à hauteur d'appui , par une balustrade de pierre découpée comme une dentelle. A l'extrémité du portique s'élève un minaret rond, dont les ornements verts ont donné le nom à la mosquée que surmonte une grande coupole.
AKoutaieh, l'antique Cotyceum; est une grande et ancienne mosquée, d'une architecture assez remarquable. A Brousse, on cite celle construite par Sélim, sur le modèle de Sainte-Sophie de Constantinople ; la principale mosquée, l'Oulou- Djami, vaste édifice qui date de l'époque de la conquête de cette ville par les Turcs,