‹ Monuments de tous les peuples: décrits et dessinés d'après les documents les plus modernes (volume 2)Chapitre 7 sur 17 · EMPIRE BIRMAN · texte numérisé non relu

EMPIRE BIRMAN

le royaume d'Ava au nord, celui d'Arrakan au milieu, et celui de Pégu au sud.

Les principales villes sont : la capitale actuelle, Amarapoora ( la ville immortelle), Tancienne capitale Ava ou Kûtnâpoora, Pégu, Rangoun, Syriam, Prome ou Piayémieu, Négrais, Persain et Chagein. Les principaux fleuves qui arrosent ce pays sont rirawaddy ou la grande rivièi*e d'Ava, qui prend sa source dans le Tibet, et, après un cours de cent myriamètres, se jette dans le golfe de Bengale par plusieurs eaibouchures; TArrakan, qui coule du nord à Touest pour venir se perdre dans le même golfe; le Kiu-Duem ou Kindaum, qui prend sa source dans un lac situé à quatrevingt-dix jours de marche de son embouchure dans Tlrawaddy, et sépare le territoire du Cassay de celui d'Ava ; le Pégu , qui n'a qu'un cours très-borné, et qui, coulant du nord au sud-ouest dans un espace d'environ cent vingt-cinq kilomètres, forme la limite qui sc^parait autrefois les royaumes d'Ava et de Pégu; enfin le Sa-louen ou Loukiang, et le Sétang, dont le cours supérieur communique avec Tlrawaddy, près d'Ava, et qui pai* conséquent pourrait être regardé comme une dérivation de ce fleuve.

Les côtes présentent plusieurs bons ports, dont les principaux sont Rangoun et Bassein , situés sui' deux bras de Tlrawaddy. .

Le pays d'Ava contient une carrière de marbre statuaire aussi beau que c^lui d'Italie, et qui est considéré comme sacré, parce qu'on en fait les statues du dieu Goutania; le gouvernement s'en est réservé le monopole, et n'en permet l'exportation qu'en vertu d'une autorisation spéciale.

Depuis le traiU' d'Yandabo, dont je parlerai bientôt, les anciennes divisions géographiques de l'empire Birman ont subi de grandes modifications; il n'est resté à l'ancien souverain que \os provinces de Birma, de Pégu et du Haut-Martaban , et quelques pays tributaires. La part que les Anglais se sont faite dans la Birmanie se compose des royaumes d'Arrakan et d'Assam, des pays de Katchar, de Djintbia, de Garraus, etc., et de ceux situés à l'ouest du Saluen, tels que Martaban, Yeah, Tavay et Tenasserim. Dans tout ce territoire acquis aux Anglais figure une seule ville de quelque importance : c'est Arrakan, bien déchue aujourd'hui de son ancienne splendeur; mais le plus important pour les conquérants était la cession des principaux points du littoral, qui olfraient à leur commerce des havres pour les relàcbes de leui*s navires dans le golfe de Bengale.

L'empire des Birmans n'est encore aujourd'hui qu'imparfaitement connu. Ses peuples aborigènes, les Birmans ou Braghmans, régnèrent autrefois, dit-on, sur toute l'Inde au delà du Gange; mais à diverses reprises, et suivant les chances des armes, ils virent se i^esserrer ou s'étendre leurs frontières. Un voile épais a caché aux Européens les événements qui se sont passés sur cette terre, dont les anciens paraissent avoir seulement connu l'existence. Les Birmans ont bien des annales, et, à ce qu'il parait, des historiographes ofiiciels, qui ont compté cent vingt-trois souverains birmans depuis l'an 301 avant Jésus-Christ. Suivant cette chronologie, qui a été traduite par le colonel Bumey, à cette époque reculée le siège de leur gouvernement était à Prome, qui resta capitale pendant près de quatre cents ans. Vers

INTRODUCnON. 71

r«i M de notre ère, le dernier roi de Prome mourut; une nouvelle dynastie s'éleva et résida à Pngan, qui conserva le titre de capitale pendant douze siècles. Prome et Pagm, situées toutes deux sur le bord de Tlravaddy, offrent encore des ruines ooBsidérables. Depuis le troisième siècle avant notre ère, le nord du pays des KmuuM lut fréquemment envahi par les Chinois, qui y dominèrent môme assez longtemps. En 1300, le siège du gouvernement fut établi à Panya, et cinquante-six aas après, Pogan fut détruite. Pendant le règne des princes de Panya, le royaume d*Am fat conquis par les Hogols, et ne s'affranchit du joug qu'à la Taveur des titiahies qui agitèrent la Chine au milieu du quatorzième siècle. C'est en 4304 qs*ATi devint la capitale de l'empire. Quoi qu'il en soit, il est impossible d'avoir pleine confiance dans ces traditions, et nous ne pouvons regarder comme positives qne les connaissances acquises depuis le moment où les Portugais, guidés par le génie hardi de leur roi Emmanuel, ont ouvert à l'Europe une nouvelle source de ri ches s es en doublant le cap de Bonne-Espérance. C'est aux écrivains de cette nation que nous devons presque tout ce que nous savons sur les contrées orientales de llnde; d*après eux, il parait que, vers le milieu du seizième siècle, le pays était diviaé en trois grandes souverainetés connues des Européens sous les noms de rojanme d'Arrakan, d'Ava et de Pégu. Les Birmans étaient anciennement soumis n roi de Pégu, mais à cette époque, aidés des Portugais, commandés par l'aventnrier Mendei Pinto, ik secouèrent le joug des Péguans, et les subjuguèrent à leur lonr; ils conservèrent leur suprématie jusqu'au milieu du dix-huitième siècle. En I75i, les Péguans, soutenus par les Européens qui fréquentaient leurs ports, se révoltèrent et remportèrent plusieurs victoires sur leurs oppresseurs. Leur audace •*aocnit tellement par leurs succès, qu'en 4752 ils allèrent mettre le siège devant In ville d*Ava. Les Birmans, découragés par leurs nombreuses défaites, se rendirent i discrétion; Donipdie, le dernier prince d'une ancienne race de rois birmans, fut iût prisonnier avec sa famille. Beinga-Della , roi de Pégu, se voyant maître d'Ava, songea à s'affermir dans sa conquête; mais pour ne pas négliger le soin de ses propires États, il s'en retourna à Pégu, et confia le gouvernement d'Ava à son frère Apporan, qu'il chargea de soumettre le reste des mécontents, et d'exiger un aernent de fidélité de tous les Birmans propriétaires. Contraints par la force, les prindpanx Birmans durent plier la tète sous le joug, et de là résulta une apparente tranquillité, qui toutefois ne devait durer que peu de temps; les Birmans devaient voir se lever un libérateur. Un homme de naissance obscure, uu simple chasseur, était chef du village de Monchabou , non loin des bords de la rivière d'Ava ; nouveau Bmtns, Alompra médita la délivrance de sa patrie; il sut cacher la haine qui le déromit, les projets qu'il rêvait, sous une apparence de soumission au pouvoir des vainqueurs, et ceux-ci le laissèrent à la tète de Monchabou. Une proclamation, dans laqnelle le roi de Pégu annonçait avec arrogance à tous les peuples de la terre la conquête de Tempire Birman, en soulevant l'indignation des vaincus, hâta l'exécution dn généreux projet d'Alompra. Cet homme avait alors à Monchabou, et dans les environs, cent de ses amis, sur le courage et la fidélité desquels il pouvait

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