‹ Monuments de tous les peuples: décrits et dessinés d'après les documents les plus modernesChapitre 18 sur 75 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

la description des monuments de chacune des contrées que nous avons visitées, deviendraient entièrement superflus. Nous allons donc désormais consacrer chacao de nos chapitres, non pas à un pays» mais à une classe de monuments, et Bous examinerons ces monuments à la fois chez tous les peuples de FEurope. Noua ferons naître ainsi des rapprochements qui ne peuvent manquer d'être curieux» et de répandre de nouvelles lumières sur les pensées, les influences diverses qui ont présidé à rérection de ces monuments si diflërents |>ar la forme, quoique analognea par h destination.

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CYGLOPEENS.

Il Tïom de Pélasgie fut donné, à une époque trèsreculée, non seulement à toute la contrée de TAiiîe Mineure, et particulièrement ù la partie qu i ijavoîsme les côtes, au Péloponèseet à la Grèce 1 entière, mais encore à cette partie de Tltalie désignée plus tard sous le nom de grande Grèce ; on rétondit même à presque toutes les iles qui couvj ent la Méditerranée depuis les côtes de . ritatie jusqu'à celles de TAsie; c'est dire assez qtifî Fantique nation des Pélasges fournit à tautes ces contrées leurs premiers ou du moins leurs phis anciens habitants connus. Cependant ce nom primitif ne les suivit point partout o« ils allèrent, puisqu'on les trouve désignés aussi sous les noms d'Arcadiens,

Pélagoniens, Gyclopes, GéantSt Lapitbe8,Perrhebéeiis,Tyrrbéniens»OËiiotrieii8,et€., et enfin d'Hellènes et Grecs.

Ces peuples ont laissé dans les contrées où ils se sont établis des monuments qui pendant bien des siècles restèrent inconnus aux savants, et qui aujoard'boi sont désignés sous le nom de Cyclopéens ou Pélasgiques.

C'est à un Français qu'est dû Tbonnenr d'avoir attiré le premier Tatlention sur ces restes si intéressants, qu'il découvrit pour la première fois en 1792. Obligé comme prêtre de fuir devant la révolution française, M. Petit-Radel chercha un asile en Italie; ses connaissances en botanique lui valurent la place de directeur du Jardin des Plantes de Rome. Ayant eu besoin pour ce jardin d'une sorte de palmier nain, le palmier éventail, on lui dit qu'il se trouvait en abondance sur le mont Ciredlo, dans le voisinage de Terracine. Il y débarqua en juin 1799, et trouva on effet l'arbuste qu'il cherchait. Il remarqua un de ces palmiers qui avait pris racine dans les assises gigantesques d'un mur cyclopéen; aussitôt le palais de Circélui revint en mémoire, puis il en vint à penser que cette construction devait plutôt appartenir aux Polasges. De retour à Rome, il communiqua sa découverte à d'Agincourt et à d'autres savants, qui rejetèrent bien loin sa supposition. M. Petit- Radel ne se rebuta pas; il entreprit plusieurs voyages pour chercher les villes signalées par Varron , et bientôt il reconnut Alatri , Segni , Cora. Ses travaux et ceux entrepris plus tard par d'autres artistes et voyageurs, surtout depuis 1829, n'ont plus laissé aucun doute sur la réalité de la découverte de M. Petit-Radel, qui maintenant est universellement reconnue. Ces recherches ont été poursuivies en Grèce principal.ement par Stackolberg et Dodwell, et on y a retrouvé le même mode de construction : preuve nouvelle de l'origine commune de ces monuments dans ces diverses contrées.

Quatre modes de construction paraissent avoir été employés par les Pélasges et se rapportent sans doute à diverses époques. Les plus nombreuses murailles cyclopéennes sont composées de blocs polygonaux irn'^guliers enchâssés les uns dans les autres, sans chaux ni ciment ; ce sont celles-ci qui ont une analogie si parfaite avec certaines constructions mexicaines que nous avons eu occasion de signaler.

D'autres murailles sont formées de grands blocs-rectangulaires, placés les uns audessus des autres, de manière que les joints de trois ou quatre assises soient précisément dans une ligne verticale, ce qui donne k l'ensemble un aspect étrange et inusité.

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