‹ Monuments de tous les peuples: décrits et dessinés d'après les documents les plus modernesChapitre 19 sur 75 · MONUMENTS PÉLASGIQUES OU CYCLOPÉENS · texte numérisé non relu

MONUMENTS PÉLASGIQUES OU CYCLOPÉENS

D'autres eDfin, priDcîpalement dans le voisinage des portes où la construction est plus soignée, présentent des assises régulières presque toujours superposées, pleins sur joints, suivant la méthode ordinaire.

Enfin il est encore un dernier appareil, qui doit être le plus moderne, car on le retrouve dans des constructions que Ton sait être contemporaines d'Alexandre le Grand, telles que certaines parties des murs de Platée, en Béotie, de Galexidi Tantique Xanthia^ ou de Cossa, en Italie. Cet appareil consiste en assises horizontales, mais à joints obliques.

Cette distinction a été considérée par plusieurs antiquaires comme un moyen de classification chronologique; mais il ne faut pas cependant adopter ce système d'une manière trop absolue et lui donner plus d'importance qu'il n'en a réellement. Peu de temps a dû séparer l'emploi de ces diiïérents modes, et souvent ils ont même dû éàre employés en même temps selon les pays et les matériaux. Il est même une remarque singulière, mais que les Taits confirment et qui appartient à M. Biouet,

rhabile architecte auquel on doit la plus grande {>artie des travaux publiés dans le grand ouvrage de YExpidiiion des Françaù en Marie; cW que dans les temps les plus reculés, on a employé le système d^appareil par assises horizontales et joints verticaux , et qu*on est ensuite revenu k un autre mode de construction moins régulier, lequel pourtant a souvent passé pour avoir précédé le premier.

Nous avons indiqué déjà les monuments cyclopéens en petit nombre qui existent encore dans TAsie Mineure; c'est donc par la Grèce que nous commencerons ici notre revue ; c'est là que nous rencontrerons les monuments cyclopéens les plus anciens, en même temps que les plus intéressants par les souvenirs qui s'y rattachent.

Presque tous les monuments cyclopéens que nous possédons paraissent se rapporter à Tarcliitecture militaire. Nous en trouverons cependant quelques-uns ayant eu une destination religieuse, civile ou funéraire. C'est peut-être parmi ces derniers que doit être rangé celui désigné sous le nom de trésorerie d'Atrée.

« On montre encore à Mycènes, dit Pausanias, la fontaine de Persée, et des chambres souterraines où Ton dit qn'Afrée et ses enfants cachaient leurs trésors. Près de là est le tombeau d'Atrée et de tous ceux qu'Agamemnon ramena avec lui après la prise do Troie, et qu'Égisthe fit périr dans un festin qu'il leur donna. Pausanias ne donne pas la description du trésor d'Atrée; mais ce qu'il dit du trésor deMynias à Orchoroènes s'applique si parfaitement à l'édifice de Mycènes» qu'il est impossible de méconnaître l'identité de leur destination. A peu de distance de l'acropole de Myccnes, et sur le penchant de la montagne qui porte cette ville, sont de vastes instructions en pierre bâties sur un plan circulaire, et dont les voûtes présentent une forme parabolique. Le moins endommagé de ces édifices est celuidésigné par les voyageurs sous le nom de tombeau d'Agamemnon ou de trésorerie d'Atrée.

U serait difficile de contester cette opinion; cependant on est disposé à croire que le tombeau d'Agamemnon devait être ou plus riche ou plus grand que ceux qai l'entouraient, et d'autres ruines voisines paraissent avoir appartenu à des coDStmctions de même genre et d'égale importance. Ce qui est certain , c'est que si on ne peut affirmer que ce monument soit le tombeau d Agamemnon, ou le trésor d'Atrée, plutôt qu'un de ceux dont les débris l'environnent, nous verrons par sa disposition qu'il est plus que probable que c'était un sépulcre, en même temps qu'un trésor. Un exemple nous autorise à le croire; car Plutarque nous apprend que Philopoemeu fut enterré dans le trésor de Hessène.

Le monument qui nous occupe, à l'exception de sa façade, est entièrement souterrain ; et son aspect était celui d'un tumulus. Un corridor, ou passage à del ouvert de six mètres vingt-cinq centimètres de largeur et de dix-neuf mètres cinquante centimètres de longueur, formé par deux murailles de construction cyclopéenne à assises régulières, conduit à la façade où se présente la porte (voyez la leitre). La partie la plus remarquable de cette porte est le linteau qui la surmonte, et qui est formé de deux énormes pierres superposées. Au-dessus du linteau est une ouverture triangulaire qui formait sans doute une sorte de soupirail, destiné i donner de l'air, et à servir en même temps de décharge aux pierres qui forment

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