‹ Monuments de tous les peuples: décrits et dessinés d'après les documents les plus modernesChapitre 20 sur 75 · MONUMENTS PÉIASGIQUES OU CYCLOPÉENS · texte numérisé non relu

MONUMENTS PÉIASGIQUES OU CYCLOPÉENS

le liiiteao. L'entrée des pyramides d'Egypte offre la même disposition. Lorsqu'on a franchi la porte, on est étonné de l'énorme épaisseur des murailles, qui ont près de six mètres, et qui forment un corridor par lequel on pénètre dans Tintérieur de rédifice. On se trouve dans une grande salle circulaire, surmontée d'une voûte de forme parabolique, dont la construction dénote la haute antiquité. Les voussoirs qui la composent sont simplement des assises taillées circulairement à Tintérieur, el posées en encorbellement l'une sur Tautre, de manière à observer la coupe que Ton voulait obtenir; après quoi les arêtes inférieures de chaque assise ont été abattues pour les alBeurer aux arêtes supérieures des assises qui se trouvent audessous. Les lits de ces assises sont horizontaux, et les points latéraux n'étant concentriques que dans une très-courte longueur, les intervalles qui séparent chaque voussoir ont été remplis par de petites pierres. Le sol actuel étant à environ un mètre cinquante centimètres auKlessus du sol antique, la hauteur, comme le diamètre de la salle, s'est trouvée diminuée. Aujourd'hui le diamètre, pris ù la hauteur des lits des troisième et quatrième assises, est de quatoi7.e mètres. La hauteur de la chambre est de douze mètres cinquante centimètres. A droite de cette chambre est une seconde salle plus petite, qui, sans doute, fut spécialement destinée h servir de sépulture. La hauteur de la porte, sous laquelle on passe aujourd'hui difficilement, était de deux mèti'cs quatre-vingt-dix centimètres; sa largeur, à la base, d'un mètre cinquante centimètres, et au sommet d'un mètre trente centimètres. Au-dessus du linteau est une cavité triangulaire semblable à celle qui surmonte la grande porte. Cette arrière-salle est de forme rectangulaire; sa longueur est de huit mèlres soixante centimètres, sa largeur de six mètres vingt-cinq centimètres, et a hauteur actuelle de quatre mètres cinquante centimètres. Avant Texhaussenenl du soi, elle dut être de six mètres. Cette chambre ayant été entièrement taillée dans le roc, ses parois n'ont pas été recouvertes de maçonnerie. On ne remarque aucun reste du monument funéraire qui, sans doute, dut s'y trouver. Peut-être qu'un jour le déblaiement de ce caveau nous apprendra qu'en cet endroit, comme dans Ions les tombeaux souterrains, il existe un sarcophage taillé dans la masse.

Un édifice du même genre s'élevait à Orchomène, ainsi que je Tai dit, et Pausaaias nous en a laissé une description détaillée; aujourd'hui la voûte est entièrement écroulée, mais la porte reste encore entière. Elle est encombrée, dans la plus grande purtie de sa hauteur, par l'élévation successive du terrain, de manière qu'on ne découvre plus au-dessus du sol que six assises d'une construction i*égulière. Cette porte, dans sa partie encore visible, a deux mètres trente-trois centimètres de hauteur» el deux mètres cinquante centimètres de largeur au sommet. Le linteau est d'un leul bloc, dont on évalue le poids à vingt-quatre mille kilogrammes. Le trésor de Mynias, à Orchomène, est tout entier construit en marbre blanc, qui doit avoir été apporté d^assez loin, car il ne s'en trouve pas dans le voisinage (t).

(I) PoBr de plas grands détails sur ces trésoreries, on peut voir ma notice formant la soixanteliiltae IfvTafton des Mfmvmenfs ancien* et nmtfemet, publiés par Jules Gailhahaud, Paris, i»4*, 1045.

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Nous ne trouvons point en Grèce de temple proprement dit appartenant à l'époque Pélasgtque; mais Dodvell signale les restes des dépendances d*un temple, à trois quarts d'heure au nord d'Eleuta , Tantique Élatée.

Pausanias nous apprend qu'en ce lieu , sur un rocher escarpé , mais d*nne élémtion et d'une étendue peu considérables, existait le temple de Hinenre CrsfMM. Ce temple était entouré d'un péribole, dont le côté sud était soutenu par un mur cydopéen qui s'est conservé jusqu'à nous. Il se compose aujourd'hui de onse assises de pierres, et offre dans l'appareil une irrégularité qui approche beaucoup du système polygonal. Ce mur est percé d'ouvertures pour l'écoulement des eaux, placées trois par trois sur une mc^me ligne veiticale.

Quant au temple lui-même, il est d'une époque plus récente et rappelle celai de Thésée à Athènes.

Près de Hycènes sont quelques restes de VHerœum, ou temple de Jnnon ; d'aotres se voient à Eleusis et proviennent d'un temple de Cérès. ËnGn k Delphes, aujoor^ d'hui CaHri^ en Homélie, sont des vestiges du péribole du fameux temple d*A pollon.

En cherchant hors du territoire de la Grèce, nous serons plus heureux et nous trouverons un temple cydopéen presque cx>mplet dans l'ile de Gozo, près de Malte. Ce monument est connu dans le pays sous le nom de GiganUja^ on tour des Géants. Dans un massif considérable de blocs de pierre calcaire de très-grandes dimensiotts, de formes irrégulières et placés alternativement debout et dans le sens de lenr longueur, les constructeurs ont ménagé deux tomples, composés chacun de cinq demi-cercles peu réguliers, communiquant à une nef qui forme l'axe de chacun de ces deux édifices. Les deux portes s'ouvrent sur une façade commune. A llntérieur, de grandes dalles recouvraient originairement les parois; quelques-unes sont encore en place; le pavé était formé de la même manière. La plus grande longueor da temple principal est de vingt-six mètres trente-deux centimètres, sa plus grande largeur est de vingt-trois mètres. La première abside , située à droite en entrant, est celle que nous avons placée au second plan du frontispice de ce chapitre, elc^est aussi la partie la plus intéressante de l'édifice. Elle présente d'abord plusieurs pierres debout formant une clôture sacrée, au milieu de laquelle sont plmieQrs marches donnant accès au sanctuaire. La marche inférieure est demi-drcnfaiire et portait une grille de même forme, dont on retrouve encore les scellements. An fond de l'abside, qui est pavée de larges dalles, s'élève une édicule, formée de pierr e s debout recouvertes d'une architrave.

Sous cette espèce d'autel était placée une pierre conique, symbole de la divinité adorée dans cette partie du temple. Cette pierre est parfaitement semblable an simulacre delà Vénus de Paphos, décrit par Tacite et pah Maxime de Tyr; e*éiaH l'emblème du feu générateur, du phallus des Grecs et des Romains, oo dn Nmgmm des Indiens.

Dans l'abside qui fait face à celle que nous venons de décrire . sont les mines d'un autel d'assez grande dimension , derrière lequel est un bassin circulaire. Eu

MONUMENTS PÉLASGIQUI'IS OU CYCl.OPÉENS. U«

grinasinl un degré dans la nef, on trouve à droite la seconde abside plus gi*ande que la précédeiite» dans laquelle on a reconnu un bassin, deux petits fours et des tables qui durent servir à la fabrication de quelques gàleaux suci^ës, que Ton offrait sans doute sur un autel qu'on y voit encore.

An fond de Tabaide, vis*à-vis celle-ci , sont des espèces de niches que Ton aqipoce avoir dû contenir des colombes sacrées. EnGn la cinquième abside qui forane le fond du temple ne pi'ésente aucune particularité. 1^ second temple, plus petit que le premier, offro dans son plan des formes semblables, mais il est entièrement dégarni de sculptures et d'ornements. Ces deux temples paraissent n'avoir jamais eu ni plafonds ni voûtes.

Un antre temple du même genre, mais appartenant sans doute à une époque pcMiérieure, car ses pierres sont parfaitement équarries, se voit au sud de File de Malte» sur une petite élé\*ation nommée Gibbel-Scliil, auprès du village de Krendi. La position de ce temple sur un lieu élevé, la pierre conique encoro en place au oenire des deux absides, que Ton peut considérer comme deux sanctuaires, tout indique ici le culte de la même divinité (I).

Des monuments d'un auti'e genre nous rappellent en Grèce. Nous y trouverons à TboricoSt bourg autrefois important de TAttique et patrie de Céphale, le mari de rinforiimée Procris, les restes d'un théâtre magnifique, qu'on peut regarder comme «ides plus anciens de la Grèce, à en juger par l'irrégularité de son appcireil. Les gradins existent encore, ainsi que quinze assises du mur extérieur dans sa partie ckciilnire.

la plnpart des «Hablissements grecs furent d'abord fondés sur des éminenees, phm fnvorablea à la défense que les plaines; difficilement accessibles par leur pniilioa» entoarés d'épaisses murailles, ces lieux fortifiés étaient la meilleure sauve* firde contre les invasions. Quand, plus tard, la population augmentant se trouva géaée sar ces étroits plateaux, elle descendit dans la plaine et s'étendit autour deréminencet qui» devenue citadelle» continua de la protéger et retint de sa desti* «ilion première le nom d'A»p«x«A/f , Acropole, ville haute. Dans l'Acropole, on continua à renfermer tout ce que la ville avait de plus précieux, le trésor public, lea archives» le temple de la divinité protectrice , etc.; enceinte sacrée et forteresse Uml à la fois» l'Acropole était pour les Grecs ce que depuis le Capitole fut pour les Romains. Presque toutes les villes de la Grèce avaient donc une acropole, et aujourd*lnii encore cette contrée nous oiïre sur sa surface un grand nombre de ruines de conatructions de ce genre, dont les plus anciennes sont entourées de murailles cjdopéennes. Telle est l'acropole de Tyrinthe, aujourd'hui Paheo-Anapli , ville de rArgolide» à peu de distance de Nauplie, en Morée.

m La forteresse de Tyrinthe, dit M. Petit-Radel, est un des monuments les plus irquablas de l'antiquité; on y a trouvé des constructions moins régulières les

(1) Voycx, pour de plus grands détails, la notice de M. Albert Lenoir, MonumeiUs anciens el mo éermtê, 4* UvrsiMNi.

iiues que les auti^es ; ce sout évidemment des ouvrages des derniers règnes. J*atlribue à Prœtus la plus régulière, et je considère les autres comme devant dater de la londation de la ville par Tyrins, fils d'Argns. »

L'acropole de Tyrinthe est construite sur un rocher oblong, qui dans sa plus grande hauteur ne s'élève pas à dix mètres au-dessus du sol de la plaine, et qui dans plusieurs endroits se confond presque avec elle; sa direction est du nord au sud. Ses murs renferment une superficie d'environ soixante mètres de longueur sur dixhuit mètres de lai*geur; ils sont construits en ligne droite et, par conséquent, ne suivent pas les sinuosités du rocher.

« Une forteresse si petite, dit Dodwell, peut nous paraître indigne du héros de Tyrinthe (Hercule); mais malgré le peu d'étendue du terrain qu'elle occupe, son mur d'enceinte nous oflVe des dimensions que sans exagération on peut nommer herculéennes. Il a en généi*al six mètres d'épaisseur, et dans quelques endroits sept mètres soixante et dix centimètres. Sa hauteur actuelle dans les endroits où il est le mieux conservé est de treize mètres. » Les blocs qui les composent semblent avoir été assemblés a peu près dans l'état où ils étaient en sortant de la carrière; les plus volumineux ont trois à quatre mètres de longueur sur un mètre trentetrois centimètres d'épaisseur; leur giandeur ordinaiœ est d'un à deux mètres trente-cinq centimètres. La hauteur primitive des murs n'était probablement pas moindre de dix-huit mètres. L'acropole avait trois entrées, l'une à l'est, l'antre i l'ouest, la troisième à l'angle sud- est. L'entrée de Test est la mieux conservée, la porte a encore son architrave longue de trois mètres quarante centimètres. An sud de cette enti*ée est le dernier reste des galeries qui étaient ménagées dans l'épaisseur des murailles. Nous les avons placées au premier plan à gauche, dans le frontispice de ce chapitre, l^s côtés de ces galeries sont formés par deox assises de pierres, et la voûte consiste en deux autres assises également horizontales, qui de chaque côté se projettent les unes contre les autres. La portion de galerie maintenant découverte est longue de trente mètres environ, et présente du côté oriental six ouvertures. Les voûtes de cette galerie sont probablement le plos ancien exemple en Grèce de l'emploi de la foime ogivale (t).

Dans l'intérieur même de l'acropole, on trouve une porte également surmontée de pierres se rapprochant par encorbellement, et formant une sorte d'arc aigu. On en connaît plusieurs autres exemples en Grèce, à^Mycènes, à Céfala, près Biissolonghi , et a ïhoricos. Telle est la porte empruntée à ce dernier bonrg de i'Attique, dont nous donnons ici le dessin. Cette porte n'a guère plus d'un mètre soixante et dix centimètres de haut , mais il est pi'obable qu'elle est enterrée. (Voyez la planche,) Nous retrouverons cette forme eu Italie, dans les ruines d'Arpino, de S^ni, et d'Alatri.

Une autre acropole non moins intéressante que celle de Tyrinthe, existe encore à Mycènes. Elle s'élevait sur une colline située entre deux hautes montagnes coniques

(1) Voir ma nolice sur TAcropole de Tyrinthe dans les MouuinenU ancientet moderneê^ 3i* livaiaoo.

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qui b commandaient entièrement. Cette acropole (voyez le dernier plan du frantitpke) est OD long triangle irrégulier, s'étendant à peu près de Test à Fouest. La moraille qui l'entoure suit les sinuosités du roc. Ces murailles présentent, comme celles de Tyrinthe, plusieurs modes de construction paraissant se rapporter à diverses époques; certaines parties présentent de grands blocs de pierre rectangulaires, placés les uns au-dessus des autres, joints sur joints; d'autres parties sont formées de blocs polygonaux, irréguliers, d'autres enfin, dans le voisinage des portes, d'assises régulières superposées pleins sur joints. Aussi est-ce à ces ruines que nous avons pu emprunter les trois exemples que nous avons donnés au commencement de ce chapitre. Trois^portes donnaient accès à la citadelle. La première, située au nord» est formée de deux gros blocs de pierre, carrés et posés verticalement avec UD troisième, placé en travers et servant de linteau; une seconde porte, plus petite encore, de forme aiguë, est presque ensevelie sous les broussailles et les décombres; enfin la troisième porte, située à l'ouest et qui fut la principale, est la fameuse fiorte des lions, que présente notre planche. Cette porte parait dater de la seconde fondation de la ville par Persée, 4400 uns environ avant Jésus-Christ. On y arrivait par on passage long de dix-sept mètres sur une largeur de dix mètres. Les murs qui forment ce passage sont composés de grands blocs rcH^tangulaires posés par assises horizontales, joints sur joints. Autant qu'on a pu en juger, malgré les décombres qui ont exhaussé le sol, la hauteur de la porte devait être de cinq mètres trente-cinq centimètres environ, et la largeur dans la partie supérieure de trois mètres. L*architrave consiste en une seule pierre de quatre mètres quatre-vingts centimètres de longueur, deux mètres de hauteur, et un mètre vingt centimètres d'épaisieor. Cette porte doit surtout sa célébrité au bas-reliof qui la surmonte et qui lui a dooné son nom. Ce bas-relief, sans doute le plus ancien exemple que nous possédions de l'art des Ages héroïques qui ont précédé la guerre de Troie, est sculpté dans une pierre triangulaire, encastrée au-dessus de l'architrave, large de trois mètres vingt centimètres à la base, haute de deux mètres quatre-vingt-dix centimètres, et épaisse d'un mètre soixante et dix centimètres. Au centre du bas-relief s'élève une sorte de pilier drculaire, qui offrirait quelque analogie avec l'ordre dorique si, à l'inverse de Tuaage, il ne diminuait sensiblement de haut en bas. Aux côtés de ce pilier se dressent deux animaux qui semblent lui servir de supports, et qu'en style de blason on désignerait |iar l'épithète de rampants. Ces animaux ont été reconnus pour des lions, moins à cause de leur forme que grâce au témoignage de Pausanias. U est impossible de ne pas reconnaître dans ce bas-relief une analogie évidente aveir des sculptures niithriaques de la Perse. On y retrouve le même pilier, qui n'est autre chose que l'autel du feu qui se voit également sur les médailles des rois perses de la dynastie sassanide; quant au lion, il est bien connu pour être l'emblème de Mithra, et il est sans cesse répété dans les sculptures persanes. Nous ne pouvons donc voir dans le bas-relief de la porte des lions autre chose qu'un symbole emprunté aux religions asiatiques.

Les mun d'enoeinte de l'acropole d'Orchomène nous offrent, comme ceux do

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Tyrinthe, iea trois styles différents de constructions cydopéennes. Les polygones bnits et irrégiiliers ne se trouvent qu'en peu d'endroits, et Tappareil polygonal régulier prédomine. Ces murs pai*aisseot avoir subi au moins deux grandes et TÎolenles destructions. En effet, suivant le témoignage de Diodore de Sicile, Orabomène fnt détruite une première fois par Hercule , et elle éprouva le même sort dans Ii guerre contre les Thébains, vei*s Tan 564 avant Jésns-Cbrist.

Les murs qui portent le caraclère du style le plus ancien furent probablement construits avant Tépoque d'Hercule; ceux qui indiquent le second style, c'est-à-dire où les polygones sont assemblés à joints exacts, furent élevés postérieurement à la première destruction. EuGn les restaurations plus régulières encore doivent avoir été postérieures à la démolition de la ville par les Thébains. L'acropole d'Orchomène paraît avoir eu trois portes, une à sa base orientale, près de la ville basse, l'antre au nord, la troisième au sud. Il ne reste plus rien de la première, la seconde est à présent sans linteau. La troisième diminue de largeur en s'élevant, et est couverte de son linteau formé de gros blocs.

Lycosure, en Arcadie, était en ruine dès le temps de Pansanias. L'acn^iole était située sur un monticule escarpé de forme oblongue, et dont le pins grand diamètre se dirige à peu près du nord au sud. Sa construction est du plus ancien appnreil. Cette acropole semble n'avoir eu qu'une seule porte, dont les fondations sont i visibles du côté.sud. 11 ne reste rien des murs de la ville basse. Ce lieu porte \ d'bui le nom d'Agios-Georgios, Saint-George.

Nous trouvons encore en Grèce des restes d'acropoles à SeiUuns, ville de TÉlide, aujourd'hui Scillonte, en Moi'ée; à Argos, dont le chltean moderne est fondé mr une ligne de constructions cydopéennes; à Nauplia, anjonrd'bui Mnupii on Mapoii di Remania; à Pharsale, ville de la Thessalie, aujourd'hui Satadje; en LinHtie, enGn à Pronœ, dans l'Ile de Céphalonie.

Quant anx simples enceintes de villes, on en trouve dans toutes les parties de b Grèce; il suffira de citer celles de Midea, ville de l'Argolide, aujourd'hui JMsn, en Morée; de Rhammus, ville de l'Attique, aujourd'hui TauirnCaiêro^ en Livadie; de Chéronée, ville de la Béotie, aujourd'hui Mikrohmra^ de Coronée, également en Béotie; de Crissa, en Phocide; de Calydon ou Heleagria, ville de l'Étolie, aujourd'hui Gouria; d'Holyze^, ville de l'Acarnanie, aujourd'hui NaioUeo; d'Argo»*Amphilochicum, ville de l'Ëpire, aujourd'hui FUoquia, en Albanie; d'Ambracia, viHe de l'Épire, aujourd'hui Rogous: de Passaro, ville des Molosses, aujourd'hui Drmmmm, en Albanie; enfin de Palatia, dans l'ile de Céphalonie, etc.

Avant d'arriver à rilalie, où nous trouvons des monuments cyclopéens en très>* grande quantité, indiquons en passant ceux qui subsistent en bien petit nombre en Sicile et en Espagne. Dans la première de ces contrées sont des mines qui Srent autrefois partie du temple de Vénus, construit sur le mont Eitx , anjoard*hui Jfenlf Smm^ GhUioMo, près de Trapani; dans la seconde, une partie des murs de Tlirragone, autrefois Tarraco , appartient également à l'époque des constructioiis cydopéennes.

En lUilie, Denis d'Halycamasse place les villes des peuples Pélasges an environs

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<jfe Rieli, daM rancienne Sabine. Varron indique aussi comme existant en ce lieu HB aasex grand nombre de villes de ces premiers temps. Les recherches des antiqviîret et des voyageurs de 1810 à IM29 ont amené la découverte du site de la phipart de cet villes. En étendant les recherches dans le pays limitrophe, au nord H au midi, 00 a trouvé aussi dans des villes, dont la plupart portent encore le nom antique, des murs cyclopéens. Ainsi au débouché de la vallée du Salto ou Cicolano, qui a'éleiid de Rieti au lac Fucin, et près du lac même, on a reconnu les ruines de Tantique Alba Ftiostim, ville du pays des Marses, conservant son enceinte cyclopfenne.Une autre ville de même origine, Luco, autrefois Lucus Angeliœ, existe encore sur les bords du même lac. Le pays des Berniques nous oirre également des villes pélasgiques où se voient les monuments de ce genre les mieux conservés de rilalie. Les villes principales étaient Ferentinum, aujourd'hui Ferentino, Alatria (Alatri), Aiuigni et Cora. Au delà dans une partie do pays comprise plus tard dans le Latiom, on a trouvé des monuments bien conservés, comme à Circei ou Monte Grrello, lien des premières découvertes de M. Petit-Radel, à Terracine, où existe «ne porte, à Fondi, dont Tenceinte tout entière remonte à cette époque.

La liste des établissements cyclopéens en Italie, reconnus jusqu'à ce jour, ae oHMite pas à moins de quatre cents; voici quels sont les principaux : Dans la Sabine* doni Rieti est le centre, la vallée du Salto renferme encore Lisêa, aujourd'hui Lesta, 'IVebala, dont le nom antique a disparu, Tiora, aujourd'hui Torano, où, selon Varron, était un temple et un oracle de Mai*s, Murcia, Vesbola, Suna, Mephula, Onniniura, déjà signalé en ruine par Denys d'Halycarnasse, qui parle aussi des tanahis qui s*y trouvaient, Curts, aujourd'hui Corrèse, l'antique cité des Sabins, eafia Jfttemiim, aujourd*hui Mitemo» leur capitale.

An pays des Marses, on reconnaît Alba Fucemis, et Luco, dans le Samnium Bo- «MmiMi, aujourd'hui Bojano, Caiaia, maintenant Cajato, Ampkidena, et ftmniia. avjoord^bai Isernia; dans le Latium, Préneste, aujourd'hui Palestrine, Sigtijim^ avjovd'boi Segni, Cora, Norba, aujourd'hui Norma, Terracine, Circei, Fondi. Sur la oAte de l'Étnirie on trouve souvent des constructions étrusques, par assiseï^ fëgnlières, superposées à des constructions cyclopéennes par blocs irréguliers, cmnme à Cosa, à Saturnia et à Roselle. Le même fait se reproduit dans l'Ombrie, qoi fot occupée en partie d'abord par les Pélasges, puis par les Étrusques, c'est ce qui se voit à Ameria, Spolette et Cortone. EnCn près de Tivoli, pays qui fit partie du Latium, il existe treize villes dont les ruines ont été signalées par Uodvrell, et qui la plupart sont inconnues dans l'histoire.

Les villes péfaisgiques de l'Italie sont toutes situées sur les hauteurs les plus escarpées; ainsi il ne faut pas moins de deux heures pour monter à Segni, conftruite au sommet du mont Lepinus. I^s deux villes les plus importantes par leurs restes cyclopéens sont Norba et Segni. Noi*ba est, ainsi que je l'ai dit, une vHIft de rauden Latium, située sur une éminence qui domine les Marais Pontins; die reçut uue ookmie romaine sous Tarquin le Superbe, dans le m* siècle de Rome. Depuis eMe resta fidèle à la métropole; mais, ayant suivi le parti de Marins, elle

fut détruite par Sylla, Tau 8â avant Jésus-Christ, et dès cette époque elle fut abaDdoonée. Ou est donc certain que toutes tes ruines qu'on y trouve sont ou pélasgiques, ou au moins du temps de la république romaine; ces dernières composent, tout au plus le quart des restes de la ville. Les trois, portes ont perdu leurs linteaux et sont découvertes. L'une de ces portes, appelée aujourd'hui Paria Grande, est flanquée à gauche d'une grosse tour de celles qu'Homère désigne dans le uf livre de l'Iliade, sous le nom de scées, £««i«<, gauche, qui étaient destinées à inquiéter le le côté droit des assaillants, le gauche étant couvert par le bouclier. On trouve partout de ces portes scées; ce ne fut que plus tard et, pour la symétrie, qu'on ajouta une seconde tour du côté opposé.

L'enceinte de Morba, en blocs polygonaux irréguliers, existe en totalité suivant les contours inégaux de la colline, qui est très escarpée surtout du côté des Marais Pontins. Les blo<:s ont d'un mètre trente centimètres à trois mètres trente ceutimètres de large; du côté accessible ils sont appareillés avec assez de soin et le parement est poli , du côté du précipice ils sont absolument bruts. Toute cette enceinte a sept milles de circonférence et conserve généi*alement une hauteur de six à dix mètres. A l'intérieur ou reconnaît plusieurs rues, aux carrefours desquelles existe presque toujours un puits. A gauche de la Porta Grande est une hauteur, portant des édifices contenus dans une enceinte carrée; c'était sans doute un grand temple entouré de petits. Sous ces temples sont de ces grottes appelées favùcœ^ creusées dans le roc, et soutenues par des maçonneries. Ces grottes servaient à déposer les objets autrefois consacrés au culte et que le temps avait mis hors d'usage. En descendant de cette hauteur, on trouve un terrain aplani et sans construction, que l'on croit avoir été le forum. Près de là sont de grandes ruines parallélogrammatiques, qui sans doute sont des restes de portiques. On a trouvé des fragments de fûts, mais aucun chapiteau pouvant servir à en reconnaître l'ordre. Ces colonnes ne sont pas cannelées, mais à facettes. On en a trouvé de semblables à Albe des Marses et à Cora. Enfin on a encore reconnu à Norba plusieurs autres constructions remarquables, telles qu'une sorte de silos avec une voûte en encorbellement, une piscine carrée et parfaitement intacte, enfin uue foule de ruines de petites dimensions que l'on croit être des restes d'habitations.

Passant à Signia, nous trouvons, au sommet de la montagne qui la porte, une acropole, dont Tenceinle se distingue de celle de la ville placée plus bas, dans laquelle on reconnaît la construction romaine. La muraille qui entoure l'acropole offre huit portos, dont six couvertes par des linteaux. L'une de celles-ci est désignée sous le nom de Porta Saracenica (voyez la vignette). Son mode de construction, qui se retrouve à Circei, est remarquable et dut conduire à la voûte en voussoirs : sur les pieds-droits sont deux blocs inclinés supportant le linteau, disposition que présente aussi une autre porte de la même ville.

On trouve dans les ruines de Signia un monument trèsHremarquable, dont il existe l'analogue à Alatri et à Alba. Au sommet du plateau sont trois grands degrés de construction cyclopéenne, sorte de pyramide en retraite, formée de trois assises qui

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