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RESQUE toutes les parties du monde nous offrent de ces pierres idoles, de ces pierres consacrées, objets du culte des premiers hommes. Le Nord surtout est resté dépositaire d'un grand nombre de ces monuments primitirs; PAngleterre, TÉcosse, Flrlande, les îles Hébrides et les Orcades, Pancienne Germanie, la Sarmatie, le Daneroarck, la Suède et la Russie en offrent de nombreux exemples. Il ne Tant pas pour cela adopter l'opinion si hasardée de certains historiens qoi prétendent que le culte des Celtes a été répandu sur toute la terre. Nous devons plutôt penser que, dans ces temps reculés, des religions différentes quant aux dogmes
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mais offrant quelque analogie entre elles, puisque toutes étaient basées sur la religion naturelle, ont pu donner naissance à quelques manifestations extérieures analogues dans la forme, surtout lorsque les moyens matériels de ces manifestations étaient fournis par la nature dans Tétat même où on les employait. Nous trouvons une preuve bien frappante, selon nous, à Tappui de notre hypothèse, dans la simultanéité de l'érection des monuments de pierres brutes par les Scandinaves et les Celtes, dont les religions, parfaitement connues, offrent des différences m palpables. Qui pourrait aujourd'hui confondre le culte d'Odin avec celui de Tentâtes et d'Esus?
Nous pensons donc que ce n'est que sur le sol de la Gaule, de la Germanie, de la Grande-Bretagne et de ses dépendances, et de quelques parties de TEspogne, que les monuments qui nous occupent doivent être rapportés à la religion des Druides; encore dans les Iles Britanniques doit-on les distinguer avec soin de ceux qui se rattachent au culte d'Odin et sont l'ouvrage des Danois, qui ont i plusieurs reprises envahi ces contrées.
Dans les Gaules, rArmorique, le pays des Vénètes et les lies voisines de ces côtes furent le principal siège de la religion des Druides. Autun, Dreux, Chartres, Montmartre, Mout-Javoult, la forêt d'Ivry, la forêt de Marseille, les Ardennes, Lyon, le Forez, Toulouse, Bordeaux, Bourges, furent leurs principaux collèges dans le reste de la Celtique, dans la Belgique, l'Aquitaine et la Narbonnaise.
Reculant devant les conquérants romains, chassé peu à peu de la partie méridionale de la Gaule, tombée la première au pouvoir des vainqueurs, le druidisme trouva un refuge dans les Apres rochers, les noirs ajoncs de l'Armorique, et dans le cœur de ses sauvages habitants qui seuls peut-être conservèrent, en dépit de la conquête, leur caractère, leurs mœurs, leur nationalité et leur religion. Aussi est-ce dans cette partie de la France que nous trouvons le plus grand nombre des monoments celtiques qui sont parvenus jusqu'à nous, et si dans quelques autres contrées nous en reconnaissons encore quelques-uns, nous ne devons attribuer leur conservation qu'au hasard, et surtout à leur masse qui semblait devoir braver h toat jamais les injures du temps et des hommes.
Des témoignages de l'antiquité, il nous semble qu'on peut conclure avec oertitode, que c'est de l'Armorique que la religion druidique est passée dans les lies Britanniques, où elle se répandit rapidement, et se conserva longtemps, surtout dans les parties les plus reculées, telles que l'Irlande, les Hébrides, les Orcades, d*abord moins immédiatement soumises à la puissance romaine, et plus tard à Tijifloence du christianisme. L'île de Moua, aujourd'hui Anglescy, fut dans la Grande-Bretagne le princi|Kil sanctuaire des Druides.
Les monuments celtiques semblent avoir eu presque tous un emploi religieux ou funéraire; quelques-uns seulement peuvent être considérés comme des monuments civils; nous nous efforcerons de rendre compte des différentes destinations de ces pierres, dernières traces d'une civilisation qui n'est plus. Il est impossible d'adopter dans la description des monuments celtiques une classification chronologique.