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A Aiibie est bornée au nord par TÉgyple, à laquelle elle confine, à la hauteur de la première cataracte; au sud, par TAbyssinie, dont elle est séparée par un petit fleuve appelé iîahab ( le tonnerre); à Test, par la mer Rouge; et à Touest, par la Nigritie.
Cette contrée, qui faisait partie de Tancienne Ethiopie, est partagée par les géographes modernes en haute et basse Nubie, comprenant :
la première; le Sennaar, les pays de Halfay, de Chendy, de Damer, de Barbar, des Ghaykyé, dePnngolah, de Mahas et de Sokkot, et le Ouadi eF Hadjar; la seconde, le pays
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des Barabras, ou Kenouz. Chacun de ces petits pays forniait uu État indépendant, dont un, le royaume de Sennaar, a eu au moyen âge une assez grande importance; mais depuis l'invasion faite, en 4822, par Ismayl-Pacha, fils du vice-roi d^Égypte, toute cette vaste contrée peut être regardée comme tributaire de Mohammed-Ali.
La religion dominante est le mahométisme. Ce que j'ai dit de l'architecture égyptienne peut s'appliquer à celle de la Nubie. Plusieurs auteurs, et parmi eux H. Gau, à qui Ton doit uu magnifique ouvrage sur les antiquités de ce pays, pensent, avec toute apparence de raison, que ses monuments sont antérieurs à ceux de rÉgypte, et qu'ils leur ont servi de lype. En Nubie nous aurons, plus souvent encore qu'en Egypte, à constater l'existence de ces édifices souterrains qui, évidemment, ont dû précéder les constructions isolées.
MOMMENÏS RELIGIEUX.
C'est à Derry , capitale de la basse Nubie, que nous devons chercher l'un des plus anciens monuments de celte contrée, dans le temple situé sur la rive droite du Nil, en dehors des murs de la ville. Entièrement taillé dans le roc, il révèle, par l'imperfection de son exécution , l'époque reculée à laquelle il remonte; et renfance>de l'art est facile à reconnaître dans toutes ses parties architecturales, et dans les restes de la sculpture primitive, tels que les statues adossées aux piliers du profuws, et celles de la niche du sanctuaire qui font partie de la masse du roc. Les bas-reliefs dont les parois intérieures sont couvertes indit|uent, au contraire, les progrès que fit le slatuaiie pendant le laps de temps qui s'écoula entre la fondation et l'achèvement de l'édifice. La façade du temple est détruite, et ne conserve plus que quatre piliers bruts, auxquels sont encore attenantes les jambes des cariatides qui leur étaient adossées. Derrière ces piliers, est l'eutrée du pronaos soutenu par des piliers carrés, couverts de bas-reliefs peints, et au fond duquel est le secos contenant les restes d'une statue assise presque entièrement détruite.
Citons, en passant, le petit temple de Kalabcheh, le Talmis des anciens, taillé dans le roc sur une longueur de trente mètres et une largeur de près de vingt mètres, et composé de plusieurs salles toutes revêtues de bas- reliefs, dont les figures ont encore le caractère des Nubiens de nos jours, et le petit temple également taillé dans le roc à Balagne, sur la rive droite du Nil, et arrivons aux deux plus beaux monuments de la Nubie; les temples d'Ebsamboul. Pour les décrire, nous prendrons pour guide l'excellente notice de M. Jomard (1).
Les deux temples souterrains d'Ebsamboul, situés sur la rive gauche du NU, à soixante lieues au sud-ouest de la première cataracte, et à douze lieues au nord-est de la seconde, s'annoncent au dehors par des figures gigantesques, rappelant les
< ) Monymeniê ancient et modernes publi(^s par Jule» Gailhahaud, i'*^ Hvr.
plus grands et les plus beaux ouvrages de la Théba'ide. Ils sont creusés dans une montagne appelée Djebel Ebsamboul; le plus petit des deux touche presque à la rive du fleuve, Tautre est plus éloigné.
Le grand temple, construit par Sésostris, est une excavation immense, dont la pensée peut à peine concevoir la prodigieuse entreprise. Le sable du désert, continuellement apporté par les vents, s'accumule à rentrée de ce magnifique monument, et nécessite de nouveaux déblaiements chaque fois qu'on veut y pénétrer. La façade est décorée de quatre colosses assis , de vingt mètres trente centimètres de hauteur, représentant Rhamsès III, ou le grand Sésosiris. Arintcrieur, la première salle est soutenue par huit piliers, contre lesquels sont adossés autant de colosses, de dix mètres chacun, représentant également Sésostris. Sur les parois de cette vaste salle, règne une file de grands bas-reliefs historiques, relatifs aux conquêtes de ce pharaon en Afrique; ou admire surtout celui qui représente son char de triomphe, suivi de groupes de prisonniers nubiens, nègres, etc., de grandeur naturelle. Les seize autres salles sont revêtues de beaux bas-reliefs tirés des cérémonies sacrées, et offrant des particularités curieuses. Les couleurs appliquées à ces sculptures semblent avoir conservé leur éclat primitif. Le temple est terminé par un sanctuaire, au fond duquel sont assises quatre statues colossales d'un beau travail.
Le petit temple a été dédié à Athôr, la Vénus égyptienne, par la femme de Sésostris le Grand, Nofré-Ari. Il sert depuis longtemps de refuge aux habitants de Beyilagy, village situé à une demi-lieue au sud, et à ceux des villages voisins inquiétés par les Bédouins du Gharb, ou de la Lybie. Les Kennouz font entrer dans le temple leurs troupeaux avec eux; s'ils y sont attaqués, ils peuvent s'y défendre avec avantage ; aussi les sculptures sont-elles en partie noircies et dégradées par la famée des feux qu'on y allume. La façade est taillée sous un plan incliné dans une longueur de vingt-sept mètres, et une hauteur de douze; on y a creusé six niches hautes et profondes, en réservant les blocs de six statues colossales sculptées plus tard avec le plus grand soin. Ces figures, d'un style grave et noble, représentent, suivant Champollion , Sésostris et sa femme, ayant à leurs pieds, l'un ses fils, Tautre ses filles, avec leurs noms et titres. A l'intérieur, on trouve dans le roc vif, sur une profondeur de vingt-trois mètres, un pronaos , une cella ou naos, ayant à chacune de ses extrémités une petite salle, et enfin un sanctuaire ou secos. Les six supports du pronaos, au lieu d'être des colonnes, sont de larges piliers carrés un peu massifs, posant sur un large socle, et couronnés par une tête de femme sculptée en relief-
Les parois sont, comme au grand temple, couvertes de bas-reliefs peints, d'un excellent travail.
Aux temples entièrement creusés dans le roc succèdent ceux précédés de constructions, et formant ce qu^on appelle des hémispéos ou demi-cavernes. Tel est celui de Guircheh, en partie taillé dans le roc, sur la rive gauche du Nil. Sa construction est assez compliquée. On trouve d abord l'emplacement d'un pylône qui n'existe plus, puis une cour, dont les portiques étaient soutenus par des cariatides