‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 2)Chapitre 104 sur 106 · partie de la précieuse bibliothèque de M. de Thou · texte numérisé non relu

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N° ». — Légende : ALEXANDER. VICTORIA. SCULPTOR.

Revers : BERNARDINUS. INDIUS. PICTOR.

C'étaient, comme on voit, deux artistes, lun sculpteur, l'autre peintre. Nous n'avons rien à dire d'Alexandre fictoria, dont nous ne trouvons pas même le nom dans les biographies des artistes. — Mais Lanzi fait mention (r) de Bernardino India, peintre célèbre du seizième siècle, qui peignait dans le goût de Jules-Romain, et qui a laissé dans plusieurs églises de Venise de très-bons

tableaux à fresque.

N° 3. — Legende : F. D. ET. LONGIUS. VIVAT. SERVATA. FIDE.

Cette médaille nous offre, d'un côté, les traits d'un personnage à cheveux

(1) Storia Pütorica, À UT, p. 161

plats, qui m'est désigné que par ces deux lettres F b.; ce qui ne suffit pas pour nous le faire connaitre. Le reste de la légende ne contient qu'un vœu : c'est que le ciel lui accorde une longue vie.

Le sujet gravé sur le revers de la médaille est allégorique. On y voit un homme nu et robuste, une espèce d'Hercule, qui, un genou en terre, porte sur sa tête et retient de ses mains un grand vase plein de fleurs. Un enfant (un Amour), debout et monté sur un globe, avance une main vers le vase. Un grand caducée est du côté de homme agenouillé; et un cep chargé de grappes de raisin, qui est du côté de l'enfant, vient en serpentant se joindre au vase de fleurs. La légende, qui ne jette aucune lumiere sur cette obscure allégorie, est ainsi conçue : IOANNES MARIA POMEDELIUS. VERONENSIS. F. C’est sans doute là le nom de Partiste auteur de la médaille; et la figure que Pon voit de l'autre côté pourrait bien être son portrait. Mais nous mavons rien trouvé qui nous fournisse quelque renseigne-

ment sur ce Pomedelius où Pomedelio.

N° 4. — Legende : 30. PET. MAN. BONAVI. MEDIGUS. PATER

Revers : MARCUS. MAN1 BONAVIT. PATAVIN. JUR. CON

Cette médaille offre les portraits de deux citoyens de Padoue, dont Pun surtout à joui d'une haute réputation. C'est le père et le fils que nous voyons ici : lun médecin, l'autre jurisconsulte. Ce dernier, le seul qui soit vraiment célebre, fut professeur de jurisprudence à Padoue, eu publia plsieurs ouvrages pleins d'érudition , entre autres ceux-ci : Collectanea super Jus C@SATeUM in-folio: Venise, 1584; et fe vtrorum ülustrium; Paris, 1565; in-4°.

Son nom, sur sa médaille, est étrangement défiguré; on à transformé le nom Benavidio où Benavidius, en Bonavita. Voici comme vraiment il s'appelait : Marcus Wantua Benavidius.

Diverses puissances, parmi lesquelles äl faut mettre au premier rang Charles- Quint, le créèrent chevalier. Il mourut dans sa patrie, à l'âge de quatre-vingt-

treize ans, célèbre et honoré.

N° 5 et 6. — MÉDAILLES de deux princesses (la mère et la fille).

Le nom de ces deux princesses ( Gonzague ) est célèbre dans lhistoire.

La médaille de la mère, N° 6, porte l'inscription : ISABELLA GAPUA PRING MALFICT FERDIN GONZA XOR. Il n'y à donc nul doute que ce ne soit là l/sabelle de Capoue, qui épousa, en 1529, Ferdinand où Ferrant de Gonzague, né en 1507, et fils de

Francois I, marquis de Mantoue, et d'Isabelle d'Est (1).

1) Voyez Art de vérifier les Dates ; t. 1, p. 679, à l'article des comtes de Guastalla et des comtes de Montechiarugolo

Ce Ferdinand de Gonzague se distingua dans les guerres d'Italie de son temps. On le vit tour à tour sous les drapeaux du connétable de Bourbon, du prince d'Orange, ete. Mais il flétrit de belles qualités guerrières par une grande cruauté et une excessive avidité.

Il eut d'Isabelle de Capoue cinq fils et une fille, cette Hippolyta dont nous voyons l’image, N° 5, et qui bientôt doit nous occuper.

L'auteur de la médaille d'Isabelle s'est fait connaître en inscrivant son nom (Jac. Trezo ) dans lexergue au bas du portrait. Lanzi ne l'a point oublié : il le cite comme un des meilleurs peintres en mosaïque et graveur en pierres fines de son temps (1); et il nous apprend qu'il travailla surtout en Espagne, et y

acquit une telle réputation, qu'une rue de Madrid, où il demeurait, prit son

nom, qu'elle conserve encore. —Jacopo da Trezzo mourut en 1595; il appar-

tient à l'école de Milan, puisqu'il y fit ses premières études dans Part de la mosaique.

La médaille, N° 5, offre, comme nous l'avons dit, le portrait d'Hippolyte de Gonzague, à l'age de seize ans; c'est ce que nous apprend l'inscription : HPPOLYTA4

GONZAGA. FERDINANDI. FIL. AN. XVI Au-dessous de cette inscription on lit, en

caractères grecs, Ces mots : Acw. Ages C'est le nom de l'artiste graveur de la médaille.

Tout ce que nous savons de Leon Æretino où Léon d'Arezzo, C'est Benvenuto Cellini qui nous l'apprend dans ses confessions; et ce qu'il dit de ce Léon n’est pas trés-honorable pour sa mémoire. Benvenuto était enfermé depuis long-temps au château Saint- Ange, à Rome; et, si on veut l'en croire, le pape Paul IT, excité par son bâtard Pierre-Louis Farnèse, avait résolu de lempoisonner dans sa prison, en faisant mêler à ses mets de la poudre de diamant (poudre qui n'est nullement un poison; ce que lon ne savait pas alors). On sacrifia un assez beau diamant, qui, bris

é et pilé, devait fournir la poudre vénéneuse. Laissons -à présent parler Benvenuto lui-même : « Un certain orfèvre, Léon Æretino, lun de mes plus grands ennemis, fut chargé de mettre le diamant en poudre. Mais comme il était fort pauvre, et que le diamant valait quelques dixaines d'écus, il le garda pour lui, et donna à sa place la poudre d'une autre pierre. On la mêla avec tous les mets que l'on me servait, ete.» Benvenuto aperçut la poudre, reconnut qu'elle n’était point de la poudre de diamant, se tranquillisa, et termine le récit de cette anecdote en s'écriant : «Je bénis la pauvreté qui m'avait sauvé la vie, tandis qu'elle tue tant de malheureux (2)».

Sur le revers de la médaille on voit Diane partant pour la chasse, entourée

(1) Voyez Storia Pittorica, t. 1, p. 269.

(2) Mémoires de Benvenuto Cellini, orfèvre et sculpteur florentin, chap. 15, vers le commencement.

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de chiens et donnant du cor.

artiste a voulu exprimer la triple puissance de cette divinité en la montrant d'abord sur la terre au milieu des bois, et ensuite en figurant le soleil et les astres dans le ciel, et enfin, du même côté, la porte des enfers, sur le seuil de laquelle on voit Pluton serrant Proserpine dans ses bras; plus bas, le chien à trois têtes vomit des flammes. Nous devons avertir que Pluton. Proserpine el Cerbcre, se distinguent avec peine sur notre lithographie, tandis que tous ces objets sont tres-distinets sur la médaille même que nous avons en ce moment sous les VEUX:

La légende du revers de cette médaille est: PAR. UBIQ. POTESTAS; ce qui ne peut laisser aucun doute sur l'intention de l'auteur d'exprimer le pouvoir de Diane sur là terre, au ciel et aux enfers. Par cette allégorie il aura voulu sans doute indiquer, d la manière des peintres, la grande puissance qu'exerçait la jeune

princesse Hippolyte sur tous les mortels par sa jeunesse, ses charmes et ses ol

talents. Mais ici la louange ne paraitra-t-elle point exagére

Il est vrai que, si lon s'en rapportait à une autre médaille que nous possédons, et dans laquelle on la voit un peu plus jeune encore (à l'âge de quinze ans), cette princesse étudiait dèslors avec ardeur les sciences et cultivait les arts agréables. Elle est représentée debout, tendant une main vers le ciel qu'elle contemple avec admiration, tenant de l'autre un livre ouvert. Près d'elle est une table « hargée d'une sphère céleste et d'instruments de mathématiques; à ses pieds sont pêle-méle des livres, des instruments de musique de toute espèce. La légende est: NEC rEmpus, Née ras. Nous présumons qu'il faut attribuer cette autre médaille au même artiste, quoiqu'il n'y ail pas mis SON NOM, CAT HOUS y trouvons la même manière.

Au reste, la plupart des femmes de la maison de Gonzague se distinguérent

dans les lettres et par de grands caractè

jeune Hippolyte, dont nous venons de nous occuper ; épousa Fabrice Colonne, prince de Stigliano , qui fut un grand capitaine. Mais nous ne pouvons la suivre dans le reste de

sa carrière.

N° 9. — WEDAILLE d'un prélat

C'est un prélat, peut-être même un cardinal, dont nous voyons iei le portrait, bien qu'il ne porte aucun des insignes de ces dignités. Les abréviations de la légende qui entoure sa figure sont telles qu'il est assez difficile de l'expliquer. La voici : COR. A MIEROP. D. G. PPTS. ET. ARÜI?. TRA. ÆT. S. 48. Tout ce qu'on trouve là

de bien clair, éest que ce personnage était archevêque, et avait quarante -huit

ans lorsque sa médaille fat gravée. Le revers, que lon n'a pas pris la peine de

lithographier, parce qu'il ne contient qu'un écusson , n'apprend rien de plus à

son sujet. Cependant on y lit cette légende : DURUM. PATIENTIA. FRANGO. 4 1558. Si

c'était là sa devise, elle nous donne quelque idée de la fermeté de son caractère,

qui, au reste, est très-bien exprimée dans ses traits.

Cette médaille, qui fut, comme on le voit, frappée en 1558, est la dernière médaille du seizième siècle que présente notre planche. Toutes les médailles de ce siècle sont remarquables par un style ferme et prononcé. Les artistes prenaient pour modèles les médailles antiques, grecques et romaines. Cétait en Italie, et surtout dans les États vénitiens, que la numismatique était cultivée avec le plus de succès. Presque toutes les médailles que nous venons d'examiner ont pour

auteurs des artistes de ce pays

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