MÉDAILLES FRANCAISES, DANS LE DIX-SEPTIEME SIECLE
N° 1. Henri IV et Marie de Wédicis
La légende est : HENRIEUS nn MARIA AUGUSTA
Sur le revers de cette médaille on voit Mars armé de sa lance, et Minerve tenant son égide, qui unissent leurs mains sur un jeune enfant debout, et dont un des pieds pose sur un dauphin. L'enfant, les bras levés, semble vouloir se couvrir la tête d'un énorme casque, tandis qu'un aigle, les ailes déployées, lui apporte du ciel une couronne. Toute cette allégorie est fort claire, et la légendi l'explique encore : PROPAGO INPERI.
L'espèce de prédiction qu'offre aux yeux la descente de l'aigle sur la tête de l'enfant fut accomplie. En effet, le premier fils qu'eut de Henri IV Marie de Médicis, régna sous le nom de Louis XII; mais il ne ressembla nullement à son père, ni par le noble caractère, ni par l'esprit, encore moins par le courage
Le revers de notre médaille porte une date : on lit sur l'exergue, 1603. Ainsi,
Louis étant né en 1601, il était dans sa deuxième année orsque la médaille fut exécutée. Il n'y avait pas alors trois ans que Henri IV, son père, avait pris pour femme la Florentine Marie; et peut-être pouvait-on encore les représente aussi unis que nous les voyons sur la face de la médaille : plus tard, cette intime union eût paru une amere dérision. Tout le monde sait que la jalouse Marie ne voulut jamais pardonner au bon Henri ses fréquentes infidélités; qu'il n trouva plus de repos dans Fintérieur de son palais. Mais serait-il vrai qu'elle ne
fut pas étrangère à Pattentat qui priva la France Du seul roi dont le peuple ait gardé la mémoire?.
De graves soupeons l'accusérent, à l'époque même du crime; mais on en est encore réduit à des conjectures.
Au reste, elle fut cruellement punie. Ce fut sur une terre étrangere, chassé du pays où elle avait régné, que la veuve de Henri IV termina, dans la misère et labjection, une longue vie passée dans l'agitation et les chagrins.
Disons pourtant que cette reine, que son caractère rendit si malheureuse, avait apporté de son pays en France le goût des arts. Parmi les monuments dont elle décora la capitale, il faut citer, au premier rang, le palais du Luxembourg et laquédue Arcueil
Notre médaille est un ouvrage de Guillaume Dupré (on lit son nom dans
l'exergue de la face principale ). C'était un fameux sculpteur de ce temps, qui
éleva sur le terre-plein du Pont-Neuf la statue de Henri FN que l'on y voyait
avant la révolution.
N°2 Grand MÉD 4ILLON offrant le buste d'un magistrat.
Ce magistrat était, suivant la légende que nous transcrivons ici, juge dans larchevèché de Lyon et dans Fabbaye d’Aïnay : PHIL CROPPET. IN ARCHIEP. LUG. ET ABRAT, ATHEN, JUDEX. Ce mot Æthen. qu'on trouve dans cette inscription ne pourrait embarrasser que ceux qui ignoreraient qu'il y avait dans la ville de Lyon, au confluent de la Saône et du Rhône, au temps des Romains, une académie célebre, nommée Æthenœum, et qui avait été instituée par Caligula. Juvenal fait mention de cette académie et de la rigueur de ses réglements. C'est dans le lieu où elle se réunissait que fut bâtie, par la suite, une abbaye, qui prit le nom dAthenæa, que lon à transformé en ina).
Nous ne savons rien du juge Phihppe Croppet; mais ce qu'il est plus intéressant d'apprendre, c'est que l'énorme médaillon où on le voit représenté est un ouvrage de Farin, dont on peut lire le nom dans l'exergue , suivi de la date 1651
Jean Warin, qui naquit à Liége en 1604. et mourut à Paris en 1672, fut incontestablement le plus habile graveur de médailles et monnaies du dix-septième siècle; aussi fut-il nommé graveur-général pour les monnaies; et il oceupa cette
place sous le règne de Louis XIE et pendant la minorité de Louis XIV. On lui
doit l'invention de plusieurs machines ing Ieuses qui servent au monnayage.
Ses médailles sont extrémement recherchées des amateurs. N° 4. — La reine de France, ANNE D'AUTRICHE
La légende porte : ANNA D. G. FR. ET NAV. REG
Anne d'Autriche, née à Valladolid en 1607, devint reine de France en 1615, par son mariage avec Louis XII.
Elle avait de la beauté, de la grace , de la dignité; et cest ce que confirme
la médaille que nous avons ici sous les yeux. Malgré ces avantages, auxquels il
faut joindre de l'esprit, mais un caractere impatient et altier, les deux époux ne
rent pas à sentir réciproquement une indifférence qui ressemblait quelque-
tai fois à la haine
Après la mort de ce roi, son attachement pour Mazarin fut, comme on sait, la cause des plus grands troubles. Mais c'est dans les Mémoires du cardinal de Retz qu'il faut chercher des détails sur l'histoire de ce temps.
La médaille d'Anne d'Autriche nous parait être, comme la précédente, un
ouvrage de Warin.
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N° 6. — Un JETON sur lequel est représentée la Jusnicr.
La Justice est représentée assise, un bandeau sur les yeux, un glaive dans
une main, et sa balance dans l'autre. La légende est T GENTES TOLLATQUE PREMATQUE.
C'est là sans doute un de ces jetons que l'on fabriquait pour les cours de jus-
tice. [l porte la date de 1623. La netteté de la gravure en est remarquable.
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