DES ARTS CHEZ LES ÉGYPTIENS
Le style égyptien est si bien connu, surtout depuis la publication du grand ouv
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a été l'unique, mais précieux résultat de l'expédition des Français dans l'antique empire des Pharaons, qu'il serait presque superflu d'en exposer ici le véritable caractère. IL n'est pas d'homme, pour peu qu'il ait d'instruction et de goût, qui n'ait admiré la masse imposante des Pyramides et l'élégance des obélisques; personne qui n'éprouve un sentiment de respect autant que de surprise, à l'aspect de ces palais, de ces vastes temples de la haute Egypte, décorés d’une multitude innombrable de statues colossales, tout couverts d'hiéroglyphes
sculptés ou gravés avec un soin, une pureté presque inimitables.
Après tant de représentations de tous ces monuments, rendus avec la plus grande exactitude dans l'ouvrage que nous venons de citer et dans quelques autres qui ont paru plus récemment encore, M. Denon n'a pas cru devoir augmenter la collection des planches qu'il se proposait de publier, par des planches d'architecture égyptienne. D'ailleurs, il avait déja suffisamment prouvé, par celles qui forment l'atlas de son Voyage en Égypte, que personne
ne conn:
ait mieux que lui cette architecture, et ne savait mieux l'apprécier.
Il s'est borné, en conséquence, à renfermer dans trois ou quatre planches ce que son cabinet renfermait de plus digne d'observation, en monuments égyptiens d'une proportion ou moyenne ou très-petite.
Un autre motif nous détermine, à notre tour, à ne pas nous arrêter long-temps sur les arts de l'Egypte. Les notions que nous pourrions en donner seraient infailliblement inexactes,
erronées en plusieurs points. En effet, depuis que l'attention des érudits s'est fixée sur ce
peuple si ancien, qui nous a laissé tant de témoignages d'une civilisation déja trèsavancée
à des époques où, suivant la chronologie vulgaire, le monde aurait à peine compté quelques
ècles d'existence; depuis que, pour seconder les louables efforts, les recherches et les tra-
vaux de ces savants, le gouvernement a sacrifié des sommes considérables pour acquérir et
accumuler, dans un musée spécial, les productions des arts, dans tous les genres, d'un peuple si extraordinaire, et jusqu'ici bien mal connu; depuis surtout que sa mystérieuse
écriture a cessé d'être pour toujours inintelligible, grace aux heureux travaux et à la se té
‘croitre nos Connais-
d'un savant Français (M. Champollion ), nous voyons tous les jours s':
sances
sur la religion, la politique, les mœurs et les arts des anciens Égyptiens. Il y aurait
donc de la témérité à émettre aujourd'hui des opinions que demain quelques nouvelles
découvertes pourraient contredire. Ce serait vouloir bien sciemment augmenter le nombre
déja si grand de tous ces ouvrages sur l'Égypte, devenus désormais inutiles, dont les auteurs,
lors il leur était absolu-
à l'exemple du père Kirker, ont si laborieusement expliqué ce qu
ment impossible de comprendre. Ils erraient dans les ténèbres, et ils ont osé nous présenter comme des êtres réels, les fantômes de leur imagination. Que d'in-folio vont étre condamnés
à un éternel oubli!