DES ARTS CHEZ LES EGYPTIENS
Ce n'est que depuis quelques années seulement, et presque par hasard, qu'on est entré dans la vraie route qui doit nous conduire dans le plus secret sanctuaire des mystères égyp-
tiens : et déja de combien d'importantes découvertes n'a-ton pas à se féliciter
et, ce qui
jugés, n'a-t-on pas
n'est peut-être pas d'un moindre avantage, de combien d'erreurs, de pr I
débarrassé la science !
On comprend aujourd'hui ce que voulaient dire quelques auteurs grecs, en parlant des
lrois espèces d'écritures en usage dans l'Egypte : nous avons de nombreux monuments de
ces écritures, et deux d’entre elles, au moins, ne sont plus, pour nous, absolument illisibles.
L'écriture Aréroglrphique ou sacrée, celle qui couvre les temples, les monuments les plus
antique E
remarquables de ypte, n'est pas, comme on l'avait cru, entièrement composée de
signes figuratifs, vepr entatifs des objets. Pour peu qu'on y eut réfléchi, on eût dû sentir
qu'une écriture de cette espèce, si elle pouvait exister, serait extrémement défectueuse; ce
it une suite de tableaux qui ne pourraient gucre être expliqués que par leur auteur
se:
méme. Aussi, est-il bien prouvé que des signes intermédiaires qui représentent des sons,
des lettres, des mots de là langue parlée, lient entre eux ces signes figu ifs, et produisent
une pensée.
L'écriture Aiératique, celle qu'on trouve le plus ordinairement sur les rouleaux de papyrus renfermés dans les momies, n'est qu'une abréviation, une tachygraphie de l'écriture hitroglyphique ou monumentale. Ce sont ces deux espèces d'écritures que l'on commente, de nos jours, à pouvoir déchiffrer.
L'écriture démotique où éprstolographique , celle dont on se servait dans les relations
sociales et dans les affaires de la vie, était formée d'après un tout autre système. Il
ritures modern elle était purement phonétique où plutôt
parait que, comme nos €
phonographique ; e'està-dire que, par des signes de convention, elle peignait les articulations , les lettres des mots dont se compose la langue parlée. Cette écriture sera, sans aucun doute, la plus difficile à interpréter; mais quelques découvertes donnent déja l'espoir d'en pénétrer le mystère.
On a fait une observation qui tend à déprécier les découvertes récentes que l'on a faites
dans l'interprétation des hiéroglyphes. Quelles lumières nous ont-elles apportées? a-t-on dit. Les inscriptions, les légendes qu'on prétend avoir traduites de cette langue inconnue
jusqu'à nous, ne contiennent que des hommages à de bizarres divinités, des formules
adulatrices adressées à des souverains, lesquelles ressemblent presque à des actes d'ado-
ration. Que nous apprend tout cela? sinon que la nation égyptienne était la plus supers-
est ce dont on ne doutait guère, depuis des
Le)
titieuse comme la plus servile des nations; et €
siècles
r que nous trouvions, dans les légendes hiéroglyphiques
Mais d'abord, pourquoi désespé
qu'on interprétera dans la suite, autre chose que ces formules d'adoration et de respect ?
N'a-t-on pas déja découvert et traduit plusieurs inscriptions qui contiennent des actes au-
ihentiques, des traités même, peu importants, il est vrai, par leur objet, mais qui font
and intérêt?
présager qu'on en trouvera aussi qui offriront un plus g
Ensuite, ces formules d'adoration et de respect qui n'inspirent que du dégout à quiconque
ne fait pas de la science des antiquités une étude sérieuse, approfondie sont pour l'érudit
une source abondante d'instruction. Elles apprennent les noms, les attributions d'une foule