DOTE
iducée où un sistre
especes de bottines. Il devrait aussi tenir dans une main un «
égyptien, et dans l'autre deux épis de blé. C'est à peu près ainsi qu'on e voit représenté sur l'abraxas dont nous allons nous oc cuper. NET 1BRAXAS, en Jaspe vert, gravé en creux sur ses deux faces (1).
Ce monument appartient à la nombreuse classe de ceux que l'on désigne vulgairement
sous le nom d'Æbramas, et qui proviennent soit des sectes gnostiques elles-mêmes, soit de celles qui ont eu avec ces sectes, des rapports plus où moins intimes. I] offre l'une des compositions les plus riches et les plus remarquables; et il est édit. En effet, les recueils consacrés aux pierres gnostiques, ceux de Macarius, de Pignorius, de Spon, de La Chausse, de Molinet, d'Augustinus, de Gorlée, de Fabretti, de Capello, de Mafféi, de Montfaucon et de Ficoronius, n'offrent nulle part la même série d'idées ou de symboles. La plupart de ces collections ne contiennent, sous ce rapport, qu'une simple image d'Anubis sans légende, tandis que la pierre qui nous occupe représente, pour ainsi dire, un drame mystique tout entier
le côté gauche de notre gravure est ce mystérieux Anubis que la
La figure qu'ofl
éco-latine nomme Hermès et Mercure, et que les Égyptiens confondaient
mythologie g
souvent avec
th, confusion qui s'explique d'autant mieux que, dans les théogonies qui reposent sur le principe de l'émanation, les diverses divinités inférieures ne sont que les déploiements des êtres supérieurs.
Fils d'Osiris et de Nephté (la mère des dieux de la troisième classe), et Génie de la brillante étoile de Sothis (Sirius), Anubis ordinairement représenté avec une tête de chien,
rdien des deux horizons, inférieur et supérieur, et le
est, dans l'antiquité égyptienne, le g
conducteur des âmes dans les diverses régions qu'elles ont à parcourir, suivant les divers
degrés de leur purification. Le caducée qu'il tient dans sa main droite, l'indique comme
Psychopompe: la palme qui est placée dans sa gauche, signale la victoire qu'il vient de
remporter avec l'âme qui le suit dans les régions célestes, le plérome des gnostiques.
réfute une conjecture de Chifflet,
Nous ferons remarquer, en passant, que cette pier qui prétend, dans son Commentaire sur les Abraxas de Macarius, page 99, que sur un monument de ce genre, le caducée doit se trouver dans la gauche, et la palme dans la
6 cet ordre
droite; tandis que, selon lui, le graveur aurait chang
«La figure d'un homme nu qui occupe le côté droit de notre gravure (le revers du
ne Anubis sur un
monument), pourrait être celle du jeune Harpocrate, qui accomp
Le)
xrand nombre de monuments, et particulièrement sur quelques pierres gnostiques. L'idée
entière qui domine dans cette composition, s'oppose cependant à cette hypothèse; et c'est,
en général, l'âme d'un défunt quelconque qui est ici caractérisée dans sa migration après le trépas. La flamme qui s'échappe d'une tort he, placée sur un vase à encens, et que tient
la main droite de ce personnage, est le symbole de la purification; le couteau qui se voit
dans la gauche, est l'emblème d'un sacrifice consommé ; la persee, attribut ordinaire d'Isis,
1) La Wotice suivante, qui contient une explication complète de ce curieux monument, nous à été communiquée
par M. Marrer, professeur à l'Académie royale de Strasbourg, et auteur de l'Histoire critique du Gnosticisme, et de
son influence sur les sectes religieuses et philosophiques des six premiers siècles de l'ère chrétienne; ouvrage cou-
ronné par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Paris, 1828; 2 vol. ir et 1 vol. de planches.
et qui surmontée ici la tête d'un mortel, est le signe de la sagesse divine, de la science des mystères.
« C'est done aux épreuves et aux lumières d'une initiation que le défunt doit sa brillante destinée
« Cette destinée est indiquée par quatre symboles empruntés au règne animal. Le serpent, qui enveloppe tout le corps, est le symbole de la vie divine, à laquelle initient les mystères ou la gnosis; la tte d'épervier, que l'Égypte donnait à plusieurs divinités, semble dire que e défunt va prendre part à leur félicité comme à leur nature; le Zon, au-dessus duquel plane tout le personnage, indique qu'il est élevé au-dessus de la région du soleil, dont le lion est ‘emblème, non-seulement dans la symbolique de FEgypte, mais encore dans celle de plu-
sieurs ré
sions de l'Orient; enfin, l'espèce de scarabée, qui se remarque sur les bords supérieurs de la pierre, proclame, pour ainsi dire, limmortalité de celui qui est arrivé si haut
« Les légendes de cette sorte de monuments jettent rarement un grand jour sur l'idée rincipale qu'ils doivent peindre. Elles contiennent d'ordinaire les noms de quelques Génies
tutélaires, ou quelques supplications qu'on leur adresse. D'autres fois ce sont des caractères
izarrement mélés, qui se combinaient sans doute d'une manière mystérieuse et dans un but
magique, mais dont le sens est inconnu aux profanes. Ici, le nom de /ao semble se trouver
deux fois à côté d'Anubis
écrit de cette manière: 1 À W. Il est vrai qu'il faut en choisir les
ettres dans des lignes différentes. On peut y trouver aussi le nom de Gabriel, AHISIGAT, de
; mais, au fait, on ne doit attacher aucune espèce de prix à ces sortes de
a méme man tätonnements. D'un autre côté, il ne faut pas désespérer de lire un jour cette ins ription
tout entiere, si nous parvenons à retrouver un plus grand nombre de ces monuments. Ce
qui prouve que l'auteur de celui qui nous occupe à fait des combinaisons de plus d'un genre,
c'est qu'il donne plusi TetA; Het =
Quant à l'origine et à la destination de cette pierre, rien ne semble s'opposer, au pre-
‘urs formes aux mêmes lettres: on y trouve, par exemple, D et >;
mier aspect, à Ce qu'on ne la prenne pour un ouvrage purement égyptien, et relatif aux idées
religieuses des sanctuaires de l'Egypte. Les personnages et les symboles qui les ac compagnent pourraient, en effet, être revendiqués par le culte de ce pays. Le lion, en particulier, y
le corps d'Osiris a été transporté sur un lion, ce que l'on a entendu du Nil (2) Cependant
ire très-souvent et d'une manière très-remarquable (1). D'après un mythe fort connu,
tous ces personnages et tous ces symboles se rencontrent également sur les monuments des
es de
gnostiques. Les caractères g à légende et la forme latine de quelques-uns de ces signes
prouvent d'une manière inc outestable que ce monument ne remonte pas au-dela des premiers siècles de l'ère chrétienne. L'analogie de quelques autres pierres de ce genre, qui appartien-
nent aux sectes gnostiques 3), et l'ensemble de toute cette composition si profonde, si reli-
gieuse, si sublime, ne permettent pas de douter qu'elle ne provienne de l'une de ces nom-
breuses écoles de la Gnose, qui, dans les premiers temps du christianisme, se plaisaient à
rendre quelques-unes des vérités de cette religion sous les emblèmes les plus éloquents de
l'antiquité paienne.
1) Voyez Curer, Harpocrates, pag. 48 et suivantes. — JomanD, dans la Description de l'Égypte, 1, Antiquités, chap. 8, $ 3, pag. 7
(2) Zokca, de Obeliseis, pag. 320 (3) Voyez les planches qui accompagnent l'Histoire critique du Gnosticisme, par l'auteur de cette Notice
1Â Il serait assez difficile de préciser la secte particulière à laquelle à pu appartenir ce mo-
nument. La plupart de ces sectes se confondaient ensemble dans leur origine et dans leur
décadence, au point d'offrir le synerétisme dans le syncrétisme. West pourtant à présumer
qu'une école égyptienne a seule emprunté à l'Egypte les symboles que nous venons de signa-
ler; et dès-lors cette pierre doit être revendiquée aux Basilidiens, aux Valentiniens où aux Ophites. L'idée qui y domine est aussi celle qui domine dans les systèmes de chacune de ces écoles. L'homme, composé d'un principe preumatique et d'un principe hytique, doit développer le premier et combattre le second, en suivant la lumiere et les éléments de vie divine qui se sont offerts à lui dans la manifestation d'une intelligence supérieure, de Christos. Si parvient à vaincre la matière et à s'élever au point d'entrer en commerce avec les intelligences pures, son âme, dégagée des entraves du monde, guidée par des esprits de lumière, traver-
sera intacte les régions des puissances sidérales pour aller prendre part au banquet de la
Sophia céleste, aux félicités du plérôme. Tel est le sommaire des doctrines de la Gnose; tel
est le mystère caché sous les emblèmes de notre monument, qui à sans doute servi aux
initiés à leur rappeler la partie la plus ve de leur immortelle destinée.
J. Marrer