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reau premier, c'estdire, d vie. Au moment oti Ahriman et ses Dews donnent la mort à ec
taureau, les prototypes de tous les êtres vivants sortent des diverses parties du corps de cet
animal: € g
, par une conséquence naturelle des idées qui se rattachaient à la signification d'un pareil symbole, le taureau devient le principal attribut d'Ormuzd et de Mithra, comme il est
celui de la plupart des autres divinités génératrices des peuples de l'antiquité (r). Au reurouz,
premier jour d'une année religieuse qui commencait à l'équinoxe du printemps, les rois de
il,
Perse, assimilés à Ormuzd et à Mithra, maitres ou seigneurs de la vie, et au dieu Sol principe de la vie et source de tous les biens, paraissaient en publie montés sur un taureau
* ou Persépolis, {a wie était représentée
À l'entrée du magnifique portique de Tchehelmini
ne
par un taureau colossal (2); la vie humaine, par une figure hun corps de taureau (3 Sur les bas-reliefs des édifices intérieurs, on avait symbolise Véquinoxe du printemps par la représentation d'un lion furieux dévorant un taureau subjugué (4), image expressive de l'action violente de la chaleur solaire sur le principe humide, à une époque où les phénomè-
nes de la vie, et ceux de la végétation en particulier, attestent, chaque année, la puissan
de la combinaison de ces deux principes. Dans une autre partie de ce même palais, le mir,
embléme du dieu générateur, est placé au milieu d'une rangée de lions et d'une rangée « taureaux (), et rappelle, par cette disposition, le titre de créateur et père de toutes choses , qui fut donné particulièrement à Mithra (6). I n’est pas enfin jusqu'aux tombeaux des anciens rois de Perse (7), où il ne füt facile de démontrer que l'art, enchainé par l'autorité absolue des doctrines religieuses, se soumit à employer des combinaisons bizarres, dans lesquelles le lion et le taureau avaient encore la même valeur symbolique que nous leur avons attribuée su
le petit monument qui fait le sujet de cette notice.
N® 96 et 27. — CONE, en calcédoine saphirine, gravé en creux
« Les deux figures barbues, à queues de poisson, que l'on voit représentées sous le n°27,
sont gravées en creux sur la base du cône qui est dessiné au-dessus, et qui porte le n° 26.
Sur un des côtés de ce cône, on aperçoit une petite figure à tête de chien, également gravée
en creux, et placée perpendiculairement au plan des deux figures barbues. Ce monument
trés-curieux est en calcédoine, d'un bleu noirâtre; il est percé transversalement dans sa
1) « l'evéceur: cpBooy à », dit Hermias, dans un Commentaire manuscrit sur le Phédre de Platon, cité par
Van Goeus, Animadvers. ad lib. Porphyr. de Antro nymph., pag. 108. Ce Commentaire a été publié depuis par
M. F. Ast, à Leipzig, en 1810: r vol. m-8 (2) Voyez Ponren's Travels in Georgia, Persia, etc., vol 1, pl XXXI — Crannix, oyage er Perse, ete., tom. LE, pl. LVI, édit. d'Amsterdam, 1735. —Nirnuun, l'oyage en Arabie, ete., tom. I, pl. XX, fig. À
3) Porrens Zravels, ete., loc. eit., pl. XXXIT et XXXIIL. — Cnannis, doc. cit, pl. LVIT. Nirpuin, loc. cit,
gure, moitié homme, moitié taureau, est le guéithémérété des livres de Zoroastre, et porte un nom
fig. B. — Cette f
qui, dans la langue zende, a la double signification de taureau-homme et de vie mortelle où de vie humaine. De
gutiéhémérété se sont farmés les mots gatomard, kaïomorts et Héhomorts, dont les auteurs modernes de l'Orient ont
fait Le nom du premier roi du monde ou de la Perse ete.; loc. cit, pl. XXXIV et XXXV.— Cranmix, doc. cit, pl. LVL. — Nisnumn, doc. ©
5) Portes Travels pl. XXIV.
5) Voyez Grannix, loc. cit., pl. LXIIT et LXIV. — Ninumm , doc. cët., pl. XXIX et XXX rarobs Mono. » Eunu., apud Ponpnyr. de Antro nymphar., cap. 6, , etc., loc. supr. cit., pl. XVIL — Cuannin, loc. supr. cit, pl. LXVIE et LX VI
d. van Goens
roù #
Voyez Pourt ns Travel
partie supérieure, Feu M. le baron Denon l'avait acquis au Caire en 1799, d'une femme qui le portait suspendu au milieu du front, en guise d'amulette, et que l'offre d'une somme considérable put seule décider à s'en défaire (1).
« La forme conique est une de celles qu'affec tent le plus souvent les pierres gravées qui appartiennent à la série des antiquités orientales dites persépolitaines. Cette forme, comme
ere re ait spécialement consacrée à Vénus, au So-
on le sait par divers témoignages authentiques, € il, et, selon des observations récentes (2), au dieu Mithra. Ainsi que les cylindres, les cônes résentent des sujets relatifs aux doctrines psychologiques des mystères; mais, à raison du peu d'étendue de leur base et de l'inflexion de leurs côtés, on semble les avoir plus habituellement consacrés à la représentation des symboles où emblémes m
stiques, et à celle des différentes métamorphoses que les initiés €
nt censés subir; tandis que les cylindres
qui
offrent dans leur circonférence un espace beaucoup plus propre à recevoir des compositions d'une certaine étendue, reproduisent ordinairement des scènes entières d'initiation. « Les traditions relatives aux mystères de Mithra nous apprennent que dans la célébra-
tion de ces mystères, on représentait, sous la forme de certains animaux, les 6
éments et les
ons où climats par lesquels les âmes qui étaient descendues sur la terre, ou tombées
dans les voies de la génération, selon l'expre
ssion antique, étaient oblig
de pouvoir remonter au ciel. Ces divers passa
*s de passer avant
es de
ne constituaient les grades mithriaques; et plusieurs de ces
ades empruntaient leurs dénominations des noms mémes de quel-
ques animaux, tels que le taureau, le lion, le corbeau, le griffon, l'aigle, l'épervier, etc. 3
que l'on voit figurés sur les monuments télétiques de l'Orient.
« Dans les cérémonie
qu'on appelait /eontica, les initiés, avant de recevoir le titre de lions, devaient se transformer en animaux de diverses espèces (4). L'auteur de cette notice a fait connaitre, dans le mémoire d
ja cité, quelques monuments oric figurées de semblables transformations
itaux ou se trouvent
On peut supposer avec raison que les deux figures barbues, à queues de poisson, que
l'on reconnait sur le cône dont il s'agit ici, se rapportent à cette série de métamorphoses. Le
croissant placé
au-dessus de leur tête indique surabondamment que ces êtres mixtes appar-
tiennent encore à la région la plus soumise à l'influence de la lune, à la
ion humide,
selon les doctrines antiques; et les liens qui descendent du ciel de la lune, comme pour les
envelopper, semblent attester ici
a dépendance où ils sont à l'égard de cet astre.
« Les nombreux systèmes cosmogoniques qui avaient cours dans l'Orient, reposaient ,
pour la plupart, sur la croyance que les premiers êtres vivants avaient été formés dans l'eau.
De là l'œuf du monde nageant au milieu d'un vaste océan, ou le monde lui-même porté
sur les eaux
, la naissance de Vénus- Uranie au sein de la mer, la métamorphose de la
(1) Ce monument fait maintenant partie de la collection de l'auteur de cette Notice. Le sujet principal qu'il repré
sente se retrouve , avec quelques légères différences, sur la base d’un cône du Musée britannique, dont M. Münter,
évêque de Sélande, a récemment publié une gravure peu exacte, dans un ouvrage intitulé : Aeligion der Babylonier, Kopenhagen, 1827; iu-4°, pl. IL, n° 18.
2) Ces observations ont été consignées, par l'auteur de cette Notice, dans le Mémoire sur le eulte et les mystères
de Mithra, cité plus haut.
(3) Voyez Euurr et PaLLas, cités par Porpnyre, de Abstin., lib. IV, $ 16.—Sair Jérôme, dans sa lettre à Lcta, Oper. omn., tom. 1, D, ed. Vallars.
bear ravrodar:
(5) Voyez Zend-Avesta, tom. I, 2° part., pag. 386
(4) « Üre
<.» Eunur. et Par, ap Porpnyr., loc. supr. cit.
déesse Dercéto où Atergalis en poisson, la représentation du dieu Dagon et de lOannès avec
un corps et une queue de poisson, ete. (1). Ces diverses traditions confirmeraient donc, sil en était besoin, l'opinion où nous sommes que les queues de poisson qui forment la partie inférieure des deux figures barbues du cône de feu M. Denon, indiquent que l'état physique des initiés ainsi représentés participait essentiellement de la nature humide.
« D'autres animaux, les uns amphibies, les autres terrestres, devaient être, dans les Zontica. les symboles des régions mixtes de la terre, c'est-à-dire, de celles où le principe hu-
mide et le principe de la chaleur sont mélés en diverses proportions, Les initiés, après
avoir été poissons, passaient successivement par les formes de ces autres animaux; et c'est
au moment où ils recevaient enfin le titre de lons, et revêtaient une forme moitié homme,
moitié lion, qu'ils étaient censés être transportés dans la région de la chaleur, dont le sym-
bole était le lion. Les Æontiques étaient done une suite de scènes symboliques dans lesquel-
les, à
\ l'aide de ces costumes mithriaques, que saint Jérôme appelle portentosa simulacra
> croire
on représentait la métempsycose en action : étrange spectacle, où l'on serait tenté € que deux acteurs, en se voyant affublés de costumes aussi singuliers, ne pouvaient sempécher de rire, si lon ne savait combien appareil du mystère donne d'importance et de gravité aux choses en apparence les plus puériles, les plus bouffonnes.
« Nous ne nous arréterons point à rechercher ici l'état moral auquel pouvait correspon-
dans «
dré s scènes singulières et dans la pensée des mystagogues, la constitution physique
qu'on attribuait aux initiés ainsi travestis en #Y{ons où hommes-poissons. Les textes anciens
ne fournissent aucun renseignement à ce sujet; et nous éviterons de nous égarer dans des
suppositions plus où moins conjecturales. Qu'il nous soit permis seulement de rappeler ici
que les Perses considéraient les poissons comme une classe d'êtres impurs, et faisant partie
de l'empire d'Ahriman ou du mauvais principe (3) (4), et que selon les doctrines psychologi-
ues de l'antiquité, les âmes humides étaient réputées les plus faibles, les plus Tâches, les
ges, les plus savantes (5).
plus portées à la volupté; et les âmes sèches, les plus sè « Le monument qui porte les deux figures dont nous venons de nous occuper, présente
une circonstance particulière que nous devons d'autant moins passer sous silence, qu'elle
nous parait ne laisser aucun doute sur le sens psychologique qu'on attachait à ces sortes
soit un Anubis à tête
de représentations (6). En eflet, sur un des côtés de ce cône, on ape
1) Anaximandre, disciple de Thales, disait que de père et la mère des hommes passaient communément pour être
un poisson. «us. rüv élsérey rarépa mù prépa zovèr éroptrae gli...» Ap. Piurancn. Sympos., lib. VIII, sub
fine.; ed, Reiïske.
>) Loc. supr. cit
3) Prurarcn. Oper. Omn., tom. VII (de Jsid. et Osirid.), pag. 457
, ed. Reiskc
es qu'il faut rapporter certaines traditions propres aux Assyriens &
5) C'est probablement à des idées anal aux
xyptiens, et les motifs du précepte qui défendait à ces peuples de manger d'aucune espèc
de poisson. Une défenst
semblable existait parmi les disciples de Thalès et de Pythagore, et se trouvait peut-être aussi dans les livres de Zoroastre qui ne sont point parvenus jusqu'à nous. On peut faire remarquer, à cet égard, que les Persans, qui professent l'islamisme, montrent encore eux-mêmes une aversion tres-prononcée pour la mer et pour toute espèce de poissons.
5) Heracrar. ap. Porpayn. de Antro Nymph., cap. 11. — Van Goëxs, Animadv. ad hunc libell., pag. 101. —
Sron., £elog. physie., Üb. 1, cap. 5, tom. IL, p
g. 988, ed. Hecren.
6) On peut citer encore, à l'appui de cette opinion, un cylindre qui a été publié par sir W. Ouseley (oc. cé, fig. 9 b). Il représente un initié luttant contre deux figures moitié hommes, moitié poissons, semblables à celles du cône de feu M. Denon. La disposition de ce sujet est la même que celle du combat mystique qui est gravé sur lé
cylindre que nous expliquerons dans la notice suivante. Ici,comme sur ce dernier monument, la scène est dominée par
de chien, tenant, dans la main droite, un objet qu'on pourrait prendre pour un poignard
o ou pour une fleur de lotus, et, dans la main gauche, un autre objet qui n'est pas plus facile à distinguer. Le travail et le style de cette figure n'ont point le même caractère que la gravure qui OCCupe la base du monument; et il nous semble évident qu'une main étrangère
a ajouté ici cet Anubis, à une époque ancienne, mais postérieure à celle de l'exécution du
sujet principal qui est gravé sur cette base. Quelles que soient les suppositions que l'on pourra faire sur les circonstances, le lieu et l'époque précise de cette curieuse addition,
toujours est-il certain qu'on ne saurait méconnaitre qu'elle a dû être la conséquence d'une
opinion qui admettait l'existence de relations quelconques entre les fonctions attribuées à
la divinité égyptienne nommée Anubis, et le sujet mystique représenté sur notre monu-
ment oriental. Or, personne n'ignore que dans le système religieux des
yptiens, et dans ceux qui, à diverses époques, se formèrent du mélange des doctrines de l'Egypte, de l'Orient et de la Grèce, Anubis remplissait les fonctions de Psychopompe ou conducteur des ämes,
comme les remplissaient également Mithra dans le système théologique des Perses, et
Hermès où Mercure dans la mythologie grecque.
Le sujet principal du cône que nous venons de décrire, la présence d'une divinité,
d'origine égyptienne, sur une pierre gravée dont la forme, le sujet, le style, appartiennent
à l'Orient, donnent à ce monument un haut degré d'inté
sacrifice d'argent que feu M. Denon m'avait pas hésité à faire pour se le procurer, et l'em-
LS
ui justifie suffisamment le
pressement remarquable qu'il mettait à le montrer aux personnes qui visitaient ses précieuses
aussi facilement l'étendue de cette notice, et
collections. Puissent ces mêmes motifs justifie
servir d'excuse à l'aridité des détails dans lesquels nous avons été obligé d'entrer. Puissent-
ils encore inspirer aux amateurs de l'antiquité figurée, le désir de connaître une série assez
nombreuse de monuments, sur lesquels nous nous proposons d'appeler l'attention des savants, après la publication de nos Æecherches sur le culte et les mystères de Mithra. Ces monuments présentent, d'une manière indubitable, l'association et le mélange des idées religieuses de l'Orient, de 1
sypte et de la Grèce.
N°28 et 29. — CYLINDRE en calceédoine blonde.
« La pierre gravée qui est figurée sous ces deux numéros est une calcédoine blonde, de
forme cylindrique, perforée dans le sens de son axe. Elle appartient encore à cette classe
précieuse de monuments qu'on désigne sous la dénomination un peu vague d'antiquités perse politaines, et que l'on trouve principalement dans les ruines de plusieurs villes anciennes de l'Asie occidentale.
« La plupart des cylindres, selon les observations les plus récentes, étaient à l'usage des
personnes qui avaient été admises à la célébration des mystères de Mithra. Les initiés les portaient attachés ou suspendus sur une partie quelconque du corps (1), soit par esprit de dévotion, soit pour se faire reconnaitre à l'entrée des grottes ou temples souterrains de
Mithra, soit enfin pour consacrer le souvenir de leur initiation aux divers grades qu'ils
le mihr, emblème de Mithra; et elle ne permet, en aucune manière, de prendre les deux figures barbues, à queues
de poisson, pour l'Oannès des Babyloniens, comme l'a fait M. Münter, dans l'ouvrage déja cité
(1) On voit encore les Musulmans, en Perse et dans l'empire ottoman, porter, soit attachés au bras gauche, soit
suspendus sur le front ou sur la poitrine, des amulettes de formes diverses.
avaient obtenus. On trouve, en effet, sur les cylindres, les symboles, les emblèmes, les céré-
monies, les costumes, les instruments et les autres accessoires qui étaient propres à chacun
des grades mithriaques. Ce fait, qui était resté inconnu jusqu'à ce jour, a été établi par l
teur de cette notice, dans le Mémoire déja cité sur le culte et les mystères de Mithra,
I ya fait remarquer que les cylindres qui se rapportent aux grades inférieurs, sont ordinairement d'une matière de couleur noire où obscure, telle que l'hématite, le jaspe noir, la chlorite verte, ete. Ceux des grades supérieurs sont, au contraire, d'une couleur
claire, et tantôt en calcédoine, tantôt en agate, tantôt en cristal de roche. Les cylindres de
cette dernière classe sont nécessairement les plus rares, et en même temps les plus remarquables par la beauté de leur exécution. On en conçoit facilement la raison: peu d'initiés
nchissait pas les deux ou
parvenaient aux grades supérieurs; le plus grand nombre ne fr
êtes, dans lesquelles il existe
es associations sec
trois premiers grades. L'histoire de toutes une hiérarchie de grades, donnerait lieu à une observation semblable
Le cylindre dont nous avons à nous occuper peut servir de preuve en faveur de l'opinion rappelée plus haut, et faire voir les relations qui existent entre la couleur de ces
lui-ci est de couleur claire, d'un beau
monuments et le grade auquel ils appartiennent. C
fon. Vun des plus élevés qui se conféraient dans les
travail, et il se rapporte au grade de gr?
sanctuaires de Mithra
On y distingue l'emblème sacré que les antiquaires sont convenus d'appeler le méhr.
Selon l'auteur du Mémoire d cité, cet emblème était originairement une colombe aux
ailes éployées, symbole de Vénus-Uranie et de Mithra, dont l'altération successive à produit le globe ailé, que l'on trouve non moins fréquemment sur les monuments anciens de la
Perse, de lAssyrie et de FAsie-Mineure, que sur ceux de la Phénicie et de l'Egypte. Au-
dessous du mihr, on voit ici un arbre fantastique. Beaucoup de monuments mithriaques
offrent des arbres composés d'une manière analogue, ou des arbres dont l'espèce est facile
les uns et les autres, comme les
à reconnaitre. Nous n'hésitons point à les considére
symboles de l'âme, soit à cause de la position qu'ils occupent sur ces monuments, soit
par la considération puissante que, dans la langue zende, le même mot oroûéré ou oroûüé à la double signification d'arbre et d'éme (1). Mithra, protecteur et médiateur des âmes et des corps, roi des vivants et des morts, conducteur des âmes, ou Psychopompe, devait naturellement présider à des mystères fondés sur le dogme de la descente et de l'ascension des àmes. Le mihr, ou la colombe, emblème de cette divinité, est en effet placé sur un des côtés de notre cylindre, au-dessus de l'arbre, symbole de l'âme; et semble ainsi nous avertir que le sujet, qui est représenté sur le côté opposé de ce monument, appartient à l'une des scènes psychologiques dont se composait la célébration des mystères mithriaques. Ici, l'on
remarque une figure humaine, barbue, ayant aux épaules quatre ailes, dont deux sont élevées
e lient, de chaque main, un
vers le ciel, et deux sont abaissées vers la terre. Cette fig griffon ailé, dressé sur ses pattes de derrière. Elle est vêtue d'une robe plissée et brodée,
qui laisse découvertes la cuisse et la jambe droites, particularité qu'on observe sur un
grand nombre de monuments analogues. Cette robe est attachée par la ceinture mithria que, appelée #osti ou évanguin dans le Zend-Avesta. Le osti et le sadére', espèce de tunique
ou chemise qui se mettait immédiatement sur la peau, constituaient Zhabit de combat,
1) Voyez Zrxo-Avrsra, tom. Il (vocabulaire), pag. 472
dont le ciel avait donné le modèle à Mithra (1). Membres d'une église toute militante, et admis à des mystères où le premier degré d'affiliation donnait le titre de soldat de Mithra (>), les sectateurs de cette divinité contractaient l'obligation d'être revêtus jour et nuit du kosti et du sadéré. Ici, l'initié que nous voyons ceint du hosti, a combattu et dompté les deux griffons ailés qu'il tient de chaque main. Sa victoire sur ces animaux sy mboliques la rendu
digne d'être salué lui-même du titre de griffon (3), qualification de l'un des grades les plus
élevés des mystères de Mithra.
on, sur les monuments mithriaques, est un animal imaginaire , constamment
composé de diverses parties empruntées au lion et à l'aigle. Ces deux derniers animaux
donnent chacun, séparément, leur nom à deux autres ades Mithriaques, celui de lon (4
édait le le de grifjon, et le second était une
et celui de père-aigle
. Le premier pré 6
des trois plus
zrandes dignités auxquelles pouvaient parvenir les initiés. Le lion, symbole
Gi
de la chaleur solaire, et l'aigle, symbole de la chaleur éthérée, montrent ici, par leur
alliance, que
griffon ne pouvait être que le symbole d'une région élevée (6). Les quatre
ons célestes; et, en
ailes de l'initié attestent d'ailleurs qu'il est déja parvenu à l'une des ré
effet, le grade de grtffon élevait Le myste au rang des êtres purs et lumineux, suivant les ex-
pressions du Zend-Avesta, et le préparait à recevoir, pour ainsi dire, les honneurs de Fapo-
théose; car il était suivi des grades qui assimilaient l'initié aux demi-dieux et aux dieux
mêmes (7).
« On ne sera pas étonné d'apprendre, après ces explications, que parmi les deux cents cylindres environ qui existent dans les cabinets d'Europe, il ne s'en trouve que trois, y compris celui de feu M. le baron Denon ,quise rapportent au grade de grif/on. Les deux autres
l'autre, dans le cabinet de M. le Prince Poniatowski,
sont: l'un au musée britannique
tte notit
tome. Celui que nous venons de décrire à été acquis par l'auteur de « ; qui le regarde comme lun des plus beaux ornements de sa collection d'antiquités orientales. F. L.
ATUETTE
en bronze, de travail romain
Elle représente Ærubis debout, un bâton à la main.
Ce dieu, soit qu'on le regarde comme un fils d'Osiris, ou seulement comme
un antique roi de l'Égypte, était presque toujours représenté avec une tête de
ant des
chien sur un corps d'homme, quelquefois vêtu d'une tunique, et por!
(1) Zexp-Avesra, tom. 1, 2° part., pag. 1123
, 232, G16 et passim
tom. IE, pa
(2) Voyez Tenruruien, de Præscript. hæretic., cap. 40, p. 216, D; ed. Rigalt.—De Corond, cap. 15, p. 111, B, C.
3) Voyez Saint Ji . 672, C, D; ed. Vallars
dme, lettre à Læta, Oper. omn., tom. 1,
(4) Voyez Eunure et Parras, cités par Porpayre, de Abstin., Kb. IV, $ 16. — Sainr Jérôme, oc. supr. cit. (5) Voyez Euruze et Pazras, loc. cit.
de ces deux divinités, ou appuyé sur la roue du soleil, ou placé dans des compositions consacrées à Apollon. Selon
griffon , attribut d'Apollon et du soleil, se voit souvent , sur les monuments grecs et romains , attelé au char
Philostrates (ir vit. Apollon. Tyan., cap. 47, pag. 134, ed. Olear. ), les Indiens représentaient aussi le soleil sur un char traîné par des griffons.
(7) Les grades de Aélios ou soleil, de père-aigle, de père-épervier et de père des pères.
(8) Celui-ci a
6 figuré peu exactement dans l'ouvrage déja cité de M. Münte