PLANCHE XIX
La figure grotesque qui occupe le milieu de cette planche est en bois de bambou.
On a cru voir dans ce magot un portrait du sage Confucius; et cela sans doute à cause de sa volumineuse barbe, de l'énorme bosse qu'il porte sur le sommet de sa grosse tête, et surtout parce que les deux branches inégales et dépouillées qu'il porte dans ses deux mains, et que lon à qualifiées de sceptres, semblent indiquer la puissance qu'il exerçait sur la raison humaine par ses écrits et ses vertus. Mais nous avons vu d’autres statues chinoises de Confucius, qui n'ont ni rapport, ni ressemblance avec celle-ci; et, quoique nous sachions que les artistes chinois ne connaissent nullement ce que nous appelons le beau, les
convenances dans les ouvrages de l'art, nous ne croirons jamais qu'ils :
ient pu représenter dans une attitude et sous des traits si ignobles, le sage, le législateur que la nation entière révère comme un dieu, qui a des autels, et à qui, chaque année, on offre des sacrifices dans tout l'empire.
Ce n'est donc vraiment là qu'un magot, Comme on en trouve tant dans les cabinets des curieux; mais il est d’un travail plus parfait. Il y a de la vie, de
la vérité dans toute cette figure.
C'est encore un magot en bois de bambou que nous voyons à la droite du prétendu Confucius. Il est dans l'attitude d’un homme qui, à demi-couché, se réveille ou s'endort. Il bäille et ses yeux sont fermés = Il Ya aussi beaucoup
de vérité dans cette figure.
Le petit groupe que l'on voit du côté opposé, et qui fait pendant au magot que nous venons de décrire, est en ivoire.
Un personnage à longue barbe pointue, vêtu et coiffé à la chinoise, se tient debout tout près d’un petit génte fort laid, vers lequel il penche la tête, et qu'il semble écouter avec attention.
C'est l'usage des Chinois de donner aux génies une grosse tête et des traits hideux.